DouisT nARCy. Collection des sceaux, n°' 087 et
2. Ibid., n- 2350 et 6S13. — Demay. Inventaire des sceau.i- de Flandre, n° 59S7. — Inventaire des sceaux de Normandie, pi. XXII II"' 316 et 411.
DE l'emploi des LNTAH.LES 01 PIERKES GRAVÉES 283
Pour un certain nombre crintailles, le sujet représenté en fixe l'époque, qui ne peut être que le moyen âge. Ce sont, par exemple, le célèbre saphir du Louvre qui représente un roi debout couronné et nimbé, accosté des lettres S. L., et le saphir de la collection du baron Pichon, figurant un homme assis, artistement drapé, les mains appuyées sur les accotoirs de son fauteuil, œuvres tous deux d'un artiste du xv'' siècle '. Ce sont encore une abbesse crossée (abbaye de la Trinité de Gaen, 1220) ; un abbé à mi-corps tenant une crosse et un livre (Guillaume Lambert, abbé de Saint-Jean de Falaise, 1384) ; un buste mitre (commanderie de Saint-Antoine de Paris, 1489) ; un roi debout tenant un sceptre et im globe (Elie Chevalier, 13o2j ; un buste couronné entre deux fleurs de lys (Guillaume le Coutelier, 1367) ; un fou à mi-corps, ailé, tenant un perroquet et une marotte (Raphaël des Champs, 1343) ; une main tenant une crosse (Marie, abbesse de la Marquette, 1409) ; une Mélusine tenant un miroir (Bernard de Saverdun, 1323)2.
On peut en dire autant d'intailles représentant des cavaliers brandissant leur épée ou leur lance à pennon, types évidemment copiés sur les sceaux, et de certains bustes de Jésus-Christ, de la Vierg-e, de saint Paul, de saint Pierre, de sainte Catherine, etc., qui n'ont rien de byzantin.
1. Catalogue (lu buntn l'iclion, ii" l.'). Cette iiitailk' a atlcint le prix de 8200 francs.
2. DoL'iix n'AncQ. Collection de sceaux, n"" 9193 et 9946. — Dem.vy. Inventaire des sceaux de Flandre, n" 7265. — Inventaire des sceaux de A'ormandie, p. XXII, n" 311. — Roman. Inventaire des Pièces originales, n°" 2S0S et 3092. — Bibl. nat., Pièces ori^'inalcs. t. 2652, dossier 58925, n" 2.
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Dans d'autres intailles, les accessoires dénotent une invention relativement moderne ; l'accoutrement des personnages est, entre autres, un sur moyen de contrôle. Les cornettes, les chapeaux de fleurs ou d'orfèvrerie qui coiiTent les têtes féminines, les chaperons qui surmontent les tètes viriles, le type même du proiil, ne laissent aucun doute sur 1 âge du monument. Une admirable bague du Cabinet des médailles a pour chaton une calcédoine laiteuse quadrangulaire, dans laquelle est gravé un buste viril, imberbe, de profil, coiffé d'un bonnet à retroussis orné de trois coquilles. La légende :
Fig. 38. Fig:. 30.
Signet de B. de la Tour. W's. Signet de Richard de S... 1391.
S. B. de Turre, est gravée sur la monture métallique (fig. 38). Ce bijou est lun des plus beaux spécimens dintaille annulaire du xv*" siècle encore en place. Il présente comme technique une affinité évidente avec un certain nombre de signets qui ne sont plus connus que
par des empreintes. Celui de Richard de S (LJ91)
/fig. 39), par exemple, représente une tête de femme coiffée d'une couronne ornée de pierreries et les cheveux tombant sur les oreilles ; celui de Martin de Domp { 1412) (fig. 40) représente un profil d'homme aux cheveux ras. Tous deux sont visililement du moven âge assez avancé '.
1. Kibl. liât., mss. Iraiio. :2o.'>S6. n" 22. et 20904, ii" .>3.
m: 1,'kmi'i.iii dks intaii.i.ks (H i'ii:nKi:s gkavéks 2S5
.l'eu dirai ataiiut d'une tèle d'enfant de face issant dune tleur de lis qui sert de signet ii un clerc des comptes.
Viy:. 10. Fii;. il.
Siffiiet de Murlin de Uonij). IM->. Sitjnel d un ;iuoiifinie. l'd)9.
anonyme de 140!> [{\<^. 41j. Une tète d'homme coiffée d'un larg-e chapeau surmonté d'un globule (1391), un buste de femme entre deux bons /Regnaud Pinart, 1382)1 rentrent dans la même catégorie, aus.si bien que les lions, les aigles et autres animaux à tournure héraldique qui évidemment ne peuvent être antiques.
Mais à côté de ces intailles il en est d'autres au sujet desquelles le doute est permis, car, si elles ne sont pas antiques, ceux qui les ont gravées se sont inspirés de l'antique dont ils ont quehiuefois imité le travail dans la perfection. Certaines Minerves casquées, certains bustes féminins de profd rappelant des divinités. Diane ou Vénus, par exemple, sont évidemment des copies d'intailles antiques.
Le signet de Philippe de Vitry (1349) est l'une des plus curieuses parmi ces imitations ; il représente Hercule de face, et si la facture de la draperie, l'exiguïté de la massue et l'ornementation de lécu, ne peuvent laisser de doute sur l'époque où il a élé gravé, il n'est pas
1. Bibl. nal. l'iècos originales, t. 1479. dossier 33500, n" 15; l. 1511. dossier 3i225, n° 6; t. 2282, dossier 51606. n"14.
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douteux non plus que le pastiche ne soit fort habile (P^ig. 42). De même on hésite à décider, en présence du personnage qui figure sur le sceau de Gui Grestien (1384), si c'est Hercule ou Samson étreignant un lion qu'on A a voulu représenter '.
Vig. 42. — Signet de Philippe de Vilry. 1349.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que dès l'époque carolingienne l'art de la gravure sur pierre fine n'ait été cultivé en France par des artistes de plus en plus nombreux, formés à l'école des byzantins et par l'étude directe des monuments de l'antiquité. Inexpérimentés au début, ils ont fini par acquérir une grande habileté et se sont rapprochés de leurs modèles.
1. Bibl. nal. Pièces originales du cabinet des titres, t. 930, dossier 20520. n" 10. et t. 3032. dossier 67183. n"' S et 11.