‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 150 sur 205 · Anjou, Maine · texte numérisé non relu

Anjou, Maine

C'est en Anjou que l'on trouve les plus anciens sceaux des princes séculiers '2; Geoffroy-Martel, comte d'Anjou (1040-1060), et ses successeurs Geoffroi le Barbu (1060- 1109), Foulques (1109-1129) et Geoffroi V M129-1150), sont représentés à cheval au pas, regardant en face et tenant leurs lances à pennon droites ou en arrêt, et des écus, soit portés transversalement, soit vus par dedans. Les plus anciens de ces sceaux étaient unifaces et rivés à l'acte. Geoffroi Plantagenet (1149) a un sceau à double face et équestre ; d'un côté il porte sa lance à pennon sur lépaule, de l'autre il brandit l'épée. Les rois d'Angle-

1. BiuLioGRAi'HiE. HiciiKH. (]nl:ilo(jue de la collection de sceau.imatrices de M. Eufjène Hiicher. Paris et Caen, 1863. in-S", 23 p. (Extrait <\u Bullelin Monumental . — J 10 sceaux.

Sigillor/rapliie du Maine. Éièques du Mans Mémoires de la Sncièlé 4' agriculture, sciences et arts de la Sarthe. niai's I8T3. juin 1S73, jan- \ier 1875). — 7 sceaux.

Monuments funéraires et sigilloyraphiquesdes vicomtes de Beaumonl au Maine {Revue historique et archéologique du Maine, iSS2, p. 319\ 33 sceaux.

(îonARD-FuriKiER. Inventaire du musée d'antiquités Saint-Jean et Toussaint. Aiifiers, lS8i, in-S". — 50 sceaux.

Farcy (L. dei. Sceau-r du charlrier de doué au-r archives de la .Mayenne. Laval, J8S5, iii-8". — 12 sceaux.

Uertrand riE Bnrifssii.i.ON et uiî Farcy. Sigillogra[ihie des seigneurs <le Laval. Paris. Picard. 188, in-8°, 152 p. — 21 i sceaux.

La maison ilc Craon. Paris, Picard. 1803. in-S". 2 vo!..3H8 el i02 p. — I 75 sceaux.

2. Cela doit s'entendre, on le comprend, en faisant :ibslraction de ccu.\ des rois de Franco.

290 MAM i:i. \)\: skiii.lochai'Iiii-: fi!AN(:aisf:

terre, depuis Guillaume-lono'ue-épée, ont pris sur leurs sceaux le titre <le comtes d'Anjou, ({u'ils ont cessé déporter à partir (le I2(').'î.

Les puissantes familles de Laval et de Craon ont eu des sceaux depuis le xiT siècle. Gui Y de Laval, en 1 144^ a un sceau à deux faces, avec heaume pointu à nasal, broigne renfoncée de disques métalliques, épée haute, écu vu en dedans, sur chacune d'elles. Ses successeurs, usent du sceau équestre classique avec contre-sceau armoriai. Maurice (1206) et Amaury de Craon 1223) ont aussi des sceaux équestres à revers armoriai ; celui d'Amaury est remarquable par le heaume cylindrique et le caparaçon du cheval, tous deux aux armes. Après cette date, les Craon usent du sceau équestre ordinaire avec contre-sceau. Les vicomtes de Beaumont depuis 121 1 ont des sceaux équestres ou armoriaux avec contresceau. Juhel de Mayenne en llo8 a un sceau équestre imiface ; à partir de 1211 cette famille n'use plus que du sceau armoriai.

Le sceau municipal de la ville d'Angers représente un pont surmonté de trois tours et chargé d'un écusson; le contre-sceau est armoriai. Nous n'avons de ce sceau que des épreuves assez modernes (loOG).

On connaît les sceaux des évêques d'Angers depuis Geoifroi (1081) qui est debout, coille d'une mitre cornue et tenant une crosse et un livre. En 1182 Raoul, son successeur, est coiffé de la mitre droite qui depuis lors persiste. Les sceaux des évêques du Mans commencent à llildebert (1120), qui est assis, nu-tète, crosse, bénissant. Guillaume de Passavant (1147) est debout avec la mitre cornue et quelques années plus tard il adopte la mitre

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droite. L'usage du contre-sceau ne commence que sous son successeur Hamelin (1191-1203) et à l'évêché d'Angers également vers la même époque.

Le chapitre d'Angers a pour type (1262) un évêque assis de face, et celui du Mans (1291) saint Ju.lien dans la même attitude. Les abbayes de Saint-Mncent et de la Couture au Mans ont des sceaux au xii'' siècle. La première a pour type une façade d'église, la seconde l'abbé debout. C'est aussi le type du sceau de l'abbaye de Saint- Aubin d'Angers (1232).

Comme on peut le voir au xi'" siècle, les sceaux d'Anjou et du Maine sont unifaces et rivés sur le parchemin ; à partir du xii*, ils sont suspendus et ont deux faces de même dimension; à partir de la fin du même siècle, ils ont deux faces de dimensions inégales, l'une pour le sceau proprement dit, l'autre pour le contre-sceau. Les sceaux épiscopaux datent de la fin du xi*^ siècle ; l'évêque y figure ou nu-tète ou coiffé de la mitre cornue; à la fin du xii" paraissent à la fois la mitre droite et le contre-sceau.

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