fV/.. Il
80 MAM i:i. uK sK.iLLoGHAi'iiiE fham:aisi-:
Mnntl'ort il sf servit du nièiiu' type, pnrce qu il 1 ;i\;iit trouvé adopté par les comtes ses prédécesseurs.
La plupart des sceaux de majesté dont se sont servis les princes dont il vient d'être question sont à double face, 1 une au type de majesté, comme rois à 1 étranger, l'autre au type équestre, comme princes français vassaux de la couronne. Comme conséquence de ce princij^e. Louis le Hutin, lorsqu'il n'est plus (lut- d'Aquitaine, siqiprime Lrevers é([uestre qu'il a inauguré lorsqu il a acquis ce duché par son mariage, et les rois d'Angleterre, au contraire, lorsqu'ils ont la prétention d'être rois de France, font disparaître de leurs sceaux le revers équestre dont ils usaient comme ducs d'Aquitaine et de Normandie.
§3. — Tfipe équestre ^ .
Le type équestre est celui des princes de la Camille royale, des grands feudatairc^. puis, par extension, de tous les possesseurs de fiefs de haubert. Depuis 1106 où Louis, fils de France et futur Louis VI, avait un sceau équestre, jusqu'en !72i- au moins, où Louis d'Orléans, fils du Régent, avait un sceau du même genre -, tous les princes de race capétienne, comtes d'Artois, de Provence, de Toulouse, ducs de Bourgogne, d'Orléans, dauphins de Viennois, sires fie Bourbon, etc.. ont eu des sceaux équestres.
1. Dbmay. Le costume deyacrrc el d Hp/jnntl d'Hprès les .sceau.) '/// moyen âge. Paris. 1875. in-8°.
2. Le sceau de Louis de France esl reproduit dans Mabillon De lie diplomatie» : \in exemplaire du sceau de Louis dOrléans m'appartient.
TV 1^1-: É(JLESTRE 81
Le plus ancien que nous connaissions est celui de Geoffroi-Martel. comte d'Anjou (1040-1060 . Depuis cette date les seigneurs laïcs se servent exclusivement de ce type jusqu'à la fin du xii® siècle ; il est encore dominant au xiii^, se fait plus rare au xiv'', rare au xv*" et est tout à fait exceptionnel au xvi'' siècle et dans les siècles suivants, sauf pour quelques princes du sang, les ordres (le chevalerie et les ducs de Lorraine.
Il existe deux types différents de sceaux équestres : celui de g-uerre et celui de chasse.
Le premier présente les caractères généraux suivants : le seigneur, armé de toutes pièces, monte un cheval de bataille, brandit ses armes et tient son écu '.
Les plus anciens sceaux équestres représentent le cavalier coiffé d'un heaume conique et ouvert, vêtu d'une longue cotte de mailles, tenant une lance ornée d'un gonfanon. ou droite et appuyée sur son épaule, ou projetée en avant : son écu est serré contre sa poitrine. (xeoffroi-Martel, comte d'Anjou 1040-1060), a la tête tournée de face, tandis que son cheval, sans caparaçon, marche au pas à droite. Ses successeurs jusqu'à Geoffroi V (1129-llol), Louis qui fut Louis VI, roi de France ri 1 06 , Thierri, comte de Montbéliard (112")- 1160), et Raoul, comte de Vermandois (vers 1160), sont représentés d'une façon presque identique -'. Guil-
1. M. Prinet a remarqué que les vassaux de l'empire germanique montaient plutôt un cheval tourné à gauche, à la mode allemande, et les vassaux du royaume de France un cheval toui-né à droite. Mais cette règle comporte de nombreuses exceptions.
2. Bibl. nat. mss. lat. 5419, p. 90, J446,p. 135, 5480, p. 380 ; mss. franc- 20370, p. 59. — Jules Gauthier. Elude sur les sceaux des comles el <hi pays de Monthéliard Mémoires de lu Société d'émnlnlion de Montbéliard. lS9!t. p. 3 M,.
82 MA.M KL Iti: SI(,ILL0(;RAPHIE KRANÇAISK
lîiunie le Conquérant (1069» (pi. \ II, n" 1 est figuré, comme duc de Normandie, à cheval, au galop, et sa lance à pennon reposant sur son épaule. La représentation du cavalier tenant une lance à pennon devient rare à partir du milieu du xu'' siècle, mais elle ne disparaît pas absolument. En 1294. Pierre de Chambly porte encore cotte arme offensive, et au milieu mémo du x\'' siècle, (iuiot de Rye. galopant sur un cheval tourné à droite, tient un écu et uni' lance à pennon armorié reposant sur son épaule '.
La lance .sans pennon et tenue en arrêt ne se rencontre guère qu'à la fin duxii^ siècle et au siècle suivant, et ce type n'a jamais été commun. On peut citer comme exemple la bulle barbare de Géraud Adhémar '4184 et les .sceaux d'Hugues, comte de Troyes (1118), de Hoger-Bernard. vicomte de Foix i 127f)) et de Roger de Mauléon ' 1279 . Celui de Geoffroy de Milly 1242 i nous montre ce seigneur galopant et tenant des deux mains sa lance en arrêt sans indice de bride ni d écu ^
Dès le XI 1'^ siècle, c est une large et forte épée que presque toujours tient le cavalier : il la brandit derrière lui en fauchant. Très rarement elle est tenue droite contre l'épaule; cependant Foulque d'Aunou (vers 1180) et Geoffroi de Richemonl, duc de Bretagne (1184), la tiennent de cette façon. Très rarement aussi elle est pointée en avant comme sur le sceau de Jean de