DÉFINITIONS
Les arbres qu'on conserve dans une coupe sont des réserves j et leur ensemble constitue la réserve de la coupe.
Une coupe exploitée sans aucune réserve est faite à hlanc étoc.
Le sous'hois est formé par les jeunes tiges qui s'élèvent au-dessous des réserves.
Les chablis sont des arbres brisés ou renversés par une cause quelconque, le plus souvent par le vent. Quand l'arbre est simplement brisé, on appelle volis la partie qui gît sur le sol ; quille, chandelier ou tronc la portion restée debout.
On entend par couvert soit la projection de la cime sur le sol, soit l'action exercée par la cime sur cette projection. Le couvert agit en interceptant la lumière directe et la pluie, et en s'opposant à la formation de la rosée. Il est nuisible et ne doit pas être confondu avec Vabri,
Uomhrage s'entend également soit de la surface oipbragée sur le sol, soit de l'action de l'ombre. Cette action diminue momentanément l'évaporation par les feuilles ou par le sol , et suspend la lumière directe. L'ombrage, moins nuisible que le couvert, n'est utile que par l'abri qu'il procure.
On met un bois en défends quand on en interdit l'entrée aux bestiaux; un hoiê déf ensable est celai qui est assez élevé pour n'avoir ^us rien à
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craindre de la dent du bétail; un bois ahroutt est celui qui a été brouté par les animaux.
Un bois est exploitable quand il est arrivé k son maximum d'utilité pour le propriétaire. JSexphitabilité est l'état d'un bois qui réalise cette condition.
La j?03Si'èt7ifa' est la quotité de matière qu'on peut retirer chaque année d'une forêt à la condition d'en maintenir le rendement soutenu.
Notions générales.
Climal. — On distingue deux sortes de climats: le climat géographique qui dépend de la latitude (distance du lieu à l'équateur), et le climat y%sique ou local qui est surtout influencé par la situation et l'exposition. Le premier a pour principal résultat la répartition des différentes espèces sur la surface du globe; il n'a pour le Ibrestier qu'un intérêt général, quoique très-important. Le second, tout en contribuant aussi àja distribution des plantes, a une action plus directe sur la végétation et la qualité des bois. Il demande quelques explications. ^
La situation, qui entraîne l'idée de conâgura- *'"n terrestre, amène à distinguer les climats de .ine des climats de montagne.
Climats des plaines. — Pour une ' même latitude, le climat des plaines est généralement plus égal que celui des montagnes. Il varie avec l'altitude de la plaine, la nature du sol, la proximité ou Téloignement des mers et des chaînes de montagnes, ainsi qtfavec leur orientation; il est encore modifié par la présence ou l'absence de grandes nappes d'eaux superficielles et des forêts.
Les eaux superficielles abaissent la température en été par leur évaporation. Comme elles se refroidissent moins vite que ^at^losphère, elles peuvent atténuer les froids au commencement de rhiver; mais lorsqu'elles sont à Tétat solide, elles ajoutent à leur rigueur par un rayonnement plus actif; Enfin, au printemps , elles se réchauffent lentement et abaissent également la température. — Quand les vapeurs d'eau sont à l'état de brouillards, elles interceptent la lumière et la chaleur solaire et peuvent amener des celées. — Les eaux rendent l'atmosphère humide. — Enfin elles n'opposent aucun pbstacle aux vents qui conservent ainsi toute leur violence.
Si les forêts empêchent l'évaporation de Tcau du sol par leur couvert, elles répandent néanmoins dans l'atmosphère beaucoup de vapeurs d'eau par les feuilles, et abaissent ainsi la température pendant toute la saison de végétation. Pendant l'hiver, elles s'opposent au rayonnement
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du soi et, par conBéquent, diminuent l'intensité du froid. Mais des expériences, encore en cours d'exécution, montrent que la moyenne de température annuelle est un pet(^ moins élevée sous bois que hors bois, et établissent que les forêts, sous le rapport de la chaleur, ont 'surtout pour effet d'empêcher, en les adoucissant, les écarts brusques de température. — L'atmosphère est plus humide dans les pays boisés que dans les pays déboisés; il y pleut plus souvent et, peutêtre, en plus grande abondance. — Enfin les forets brisent les vents et s'opposent à leur violence. — ^Elles ont sans aucun doute d'autres actions sur le climat, mais elles sont encore incomplètement connues et il serait prématuré de les énoncer.
L'altitude des plaines influe principalement sur la température; c'est ainsi que, pour la France, 100 mètreS'd'altitude exercent une influence ana- \ logue à celle d'un degré de latitude en plus vers î le nord, soit un demi-degré de chaleur en moins. La nature du sol se fait sentir sur la température et l'humidité de l'atmosphère. Un sol meuble, en pennettant l'infiltration des eaux, donnera moins de vapeurs d'eau et augmentera la chaleur de l'air; un sol compacte produira des effets con- ^ traires. La coloration de la terre accroîtra d'autant plus la température qu'elle sera plus foncée.
La proximité des mers agit en égalisant la température de Tannée, en augmentant l'humidité atmosphérique et en laissant aux vents leur violence.
Enfin les chaînes de montagnes, suivant leur orientation, influent sur la température et Thumidite, et brisent les courants.
Climats des montagDes. — Le climat des montagnes varie surtout avec l'altitude et l'exposition résultant de la configuration terrestre, tout en restant soumis aux causes qui font varier le climat des plaines.
^ mesure qu'on s'élève, l'atmosphère devient moins chaude, plus sèche (au moins généralement), et les courants sont plus violents. C'est dire que la végétation, active dans les vallées, se ralentit sur les versants pour devenir très-lente, et même nulle, sur les plateaux élevés et non abrités; la forme des arbres devient défectueuse. Mais il est impossible de bien caractériser le climat des vallées et des versants, parce qu'il se modifie com* plétement avec la direction des vallées et qu'il faudrait examiner tous les cas particuliers.
Infloenee de l'exposition. — Ce qui précède fait déjà pressentir l'influence de Texposition sur le climat et la nécessité d'étudier son action sur la végétation.
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A Texpositibn du Nord, le soleil n'apparaît pas; la chaleur y est donc faible et la lumière diffuse; les vents sont peu violents, froids et peu chargés d'humidité. Mais en raison du peu de chaleur, l'humidité du sol se maintient bien. Aussi la végétation y est rapide ; la forme des arbres est régulière, mais leurs tissus sont tendres et mal lignifiés. Les essences qui y croissent donnent un bois peu propre aux constructions, très-apte au contraire à tous les emplois de travail, notamment aux sciages.
A VEstj le soleil frappe obliquement et aux heures les moins chaudes de la journée; la température et la lumière y sont donc modérées ; les vents sont secs et peu violents. Dans ces conditions, l'humidité du sol se conserve assez bien. Aussi la végétation est active, la forme des arbres régulière, et les bois y acquièrent des qualités moyennes qui les rendent propres à tous les emplois. C'est Texposition la plus favorable à la végétation forestière.
A ces deux expositions, surtout à celle du nord, la végétation est tardive et les bois échappent aux gelées du printemps; mais les pousses de Tannée, mal lignifiées, peuvent être victimes des premières gelées d automne.
Au Suilf le soleil donne pendant presque toute la journée, la température est élevée et la lumière
très-vive ; les vents sont violents et souvent accompagnés d'orages et de pluies torrentielles qui détrempent le sol et entraînent les terres vers le bas des pentes. Dans ces conditions, la terre végétale, ordinairement peu profonde, se dessèche rapidement. Aussi les bois ont une croissance lente et une forme défectueuse; en revanche, ils sont parfaitement lignifiés, ne conviennent pas au travail, mais sont très-recherchés pour les constructions quand leur forme le permet.
A \Oue9iy le soleil frappe obliquement, mais aux heures les plus chaudes de la journée ; la température y est élevée et la lumière assez vive; les vents y ont les mêmes caractères qu'au sud. L'humidité du sol s'y maintient mal. On y trouve, comme au sud, des bois à croissance lente, à forme défectueuse, participant aux mêmes qualités et aux mêmes défauts.
A ces deux expositions, la végétation est précoce, et les jeunes pousses sont souvent victimes des gelées printanières.
L'effet des gelées est toujours à craindre en pays de montagnes, dans les vallées profondes et humides, parce que l'atmosphère est chargée de vapeurs d'eau qui se condensent en brouillards ou en givre au moment où le soleil disparaît brusquement. Les arbres n'échappent à cette * influence que lorsqu'ils ont dépassé la hauteur
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habituelle de ces brouillards, c'est-à-dire 2 à 4 mètres.
Les caractères propres à chaque exposition peuvent être modifiés par des circonstances locales : dans une vallée, un éperon changera la direction primitive des vents ; sur les bords de la Méditerranée, le long du Roussillon, ce sont les vents d'est qui ont le plus de violence et ils amènent de rhumidité, etc. — D un autre côté, l'altitude atténue l'influence de l'exposition, et vers la limite de la végétation forestière, on ne remarque plus de différences sensibles au nord et au midi : la croissance est très-lente et la densité faible. ^^ Enfin, les abris dans telle ou telle direction changent encore les effets généraux de l'exposition.
ClassiGcation des cliaiats. — Pour préciser le langage, on a divisé le climat général de la France en :
Climat chaud, celui où croissent spontanément les chênes liège, yeuse, kermès, les pins d'Alep et pinier ;
Climat douXj caractérisé surtout par le pin maritime et le chêne occidental ; les chênes rouvre et pédoncule j portent fruit presque tous les ans.
Climat tempéré, les chênes rouvre et pédoncule, le charme et le hêtre y sont très-répandus, mais
les glandécs et les fainées n'7 réussissent que tous les quatre, six et même huit ans;
Climat rude, le hêtre avec le sapin et le pin sylvestre constituent la grande masse des forêts;
Climat très-rude, on n'y retrouve plus, parmi les feuillus, que des bouleaux, des sorbiers, des alisiers, etc., et c'est la région naturelle de Tépicéa et surtout du mélèze, du pin cembro et du pin de montagne ou à crochets.
Sol. — Le sol remplit deux rôles principaux à regard des végétaux: il leur sert d'assiette et il concourt à leur nutrition. Mais en raison du peu d'exigence des essences forestières en matières inorganiques assimilables, en raison surtout de ce que les forêts rendent au sol par leurs feuilles et leurs fruits la plus grande partie de ces principes utilisés chaque année, on, peut dire que les propriétés physiques d'une terre sont bien plus importantes que sa composition chimique.
Les principales propriétés physiques du sol sont la profondeur, Vfu/groscopicité, la compacité et la coloration. Les deux premières influent surtout sur la végétation : dans un sol profond et hygroscopique les arbres croissent rapidement et prennent une grande hauteur. Ce dernier trait est caractéristique, et permet déjuger avec certitude du plus ou moins de profondeur d'un terrain.
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L'hygroscopîcité, qui est proportionnelle à la compacité, est l'aptitude d'une terre à absorber plus ou moins d'eau, à la retenir avec plus ou moins de force.
La compacité détermine la plus ou moins grande perméabilité du sol aux racines des plantes.
Enfin la coloration favorise l'aptitude à réchauffement; elle est. sans importance pour les forêts.
Le meilleur sol forestier est celui qui joint à , une grande profondeur une -con^pacité et une hygroscopicité moyennes.
La composition minérale de la terre végétale modifie profondément ses propriétés physiques. Toutes les terres sont formées d*éléments argileux, calcaires ou siliceux, purs ou mélangés entre eux dans des proportions très-variables, avec une certaine quantité de principes assimilables par les végétaux. Si donc on étudie les propriétés physiques de chacun de ces éléments, il sera facile de connaître celles des sols où ils sont dominants; on en déduira également les propriétés des terrains intermédiaires.
JJ argile est très-compacte; elle absorbe Teau lentement, mais en grande quantité, et forme avec \ elle une pâte très -tenace; elle la maintient à la surface quand elle en est saturée. Elle retient Teau avec force et, en se desséchant, prend beaucoup de retrait et se crevasse profondément. Pure,
elle ne conyient pas à la végétation, parce que les racines la pénètrent difficilement, et n'y trouvent pas asse^ d'air quand elle est saturée d'eau ; parce qu'elles sont déchirées et desséchées lorsqu'il s'y produit des crevasses par la sécheresse. De plus, l'argile ne fournit point de matières nutritives. ^
Le calcaire^ réduit à l'état terreux, donne des rois très-légers, absorbant rapidement beaucoup d*eau avec laquelle il forme une boue claire. Il perd son eau avec la même facilité et devient pulvérulent. Il fournit à la végétation des sels de chaux, mais il lui convient mal parce qu'il est alternativement trop mouillé ou trop sec, et n'assure pas une assiette suffisante aux grands végétaux. Le calcaije présente encore un autre danger : s'il est saisi par la gelée quand il forme boue, il se boui-souffle en sWilevant avec lui les jeunes plants ; au moment du dégel, les particules terreuses s'affaissent, ^ais en déchaussant les racines qui sèchent et meurent.
La silice se présente à l'état de grains plus ou moins gros et constitue des sols qui varient beaucoup , avec la ténuité des particules terreuses. Quand le sable est très fin, en poudre, presque impalpable, il a les propriétés de l'argile; la compacité et l'hygroscopicité sont, en eflfet, proportionnelles à l'état de division de la matière. Mais,
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habituellement, les grains d^ silice sont assez gros pour donner une terre légère, laissant filtrer Teau très-profondément et la rendant avec une grande facilité. Les sols siliceux sont donc très-variables quant à leurs propriétés physiques; convenant mieux à la végétation quand il§ sont fins, même purs, qvie Targile et le calcaire, ils sont cepen.dant des sols pauvres ne pouvant fournir aucun aliment aux plantes.
Si l'argile, le calcaire et la silice ne peuvent former, à eux seuls, des terres fertiles, leur mélange constitue un sol riche et excellent, parce qu'il est nutritif par le calcaire, et qu'il a des propriétés physiques moyennes. Un tel sol, dans lequel presque tous les végétaux se plaisent, s'appelle une terre franche.
Quelle que soit la composition minérale de la terre, le terreau suffit à en faire un très- bon sol. Il corrige, en eflfet, Texcès de compacité de l'argile et la légèreté du calcaire et de la silice; il absorbe et retient, gans la laisser filtrer, jusqu'à deux fois son poidsd'eau; il la rend plus facilement que l'argile, plus lentement que le calcaire et la silice; enfin, par un dépôt charbonneux qui n'est pas absorbé, il colore en noir tous les terrains. Le terreau fournit en outre et abondamment des éléments nutritifs immédiatement assimilables.
Classification des terrains. — Si on tient compte de la quantité d^eau qu'ils renferment, on divise les terrains en :
Marécageux, qui sont constamment détrempés par des eaux stagnantes; ils ne conviennent pas à la végétation forestière ;
Mouilleux ou aquatiques, ce sont ceux qui sont constamment détrempés, o{i Teau apparaît sous la pression du pied, mais où eHea,de l'écoulement; | on y trouve le bouleau pubescent. Terme, le frêne, des saules, le pin de montagne, etc.;
Humides yOÙ Teau n'apparaît plus sous la pression du pied, mais qui ne se dessèchent en aucune saison à la surface ; c'est la station du chêne pédoncule, de l'aune, du frêne, de l'orme, de l'épi- C6&, etc. ■
Frais, ce sont ceux qui peuvent se dessécher à la surface, mais pas au delà de. 12 à 15 centimètres de profondeur; ils conviennent à presque toutes les essences;
Secs, qui peuvent se dessécher à une plus grande profondeur ; on y trouve le boqleau blanc, le pin sylve.stre, le pin maritime, le pin noir d'Autriche, le pin d'Alep, etc.
Au point de Vue de la compacité, on distingue les terres fortes, qui sont à base d'argile ou de silice impalpable, et les terres légires, qui comprennent les calcaires et les sables plus ou moins
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gros ; feU raison de Teau qu'elles retiennent, les premières sont dites /roidîe»; les secondes sont des terres chaudes.
On distingue encore les sols d'après leur composition, et on appelle : terres grasses ou suhstantielleSy celles qui renferment une forte proportion de terreau ; terres maigres ou stériles, celles qui en renferment peu ou point.
La marne est un mélange intime d'argile et de calcaire qui a la propriété de se^ déliter quand elle est exposée à Fair ; suivant la prédominance de Targile ou du calcaire, elle est dite argileuse ou calcaire et forme une terre forte ou une terre
légère.
Les marnes donnent de très-bons terrains, nutritifs par eux-mêmes et recherchés par toutes les cultures. .
Le sable gras est un mélange de sable et d'argile. Avec du terreau, c'est le meilleur sol forestier.
Essences. — La description botanique des essences appartient à l'histoire naturelle; il n'en sera donc pas question dans ce manuel. Mais, avant d'indiquer le traitement des plus importantes, nous dirons le climat et le sol qui leur conviennent le mieux, leur station en plaine ou en montagne, leur mode de croissance, leurs qua-
lités et leurs usages , les e^^gençes des jeunes plants, en un mot, tout ce qui est de, nature à influer sur les opérations culturales. Il suffira de donner ici les traits caractéristiques des deux grands groupes : les feuillus et les résme^ux.
IjC8 feuuîus^^, des feuilles annuelles, à^l'exception de quelques espèces méridionales : les chênes lîége, occidental, yeuse, kermès....; les feuilles ont.un limbe bien développé, et on trouve un boIri^gV à l'a^^sàle de chacune d'elles. Il en résulte une ramification diffuse. Leur bois est toujours formé de vaisseaux,.de fibres et de rayons médullaires. Ils possèdent tous, quoique à des degrés différents, la faculté de se reproduire par rejets ou drageons.
Les résineux ont des feuilles persistantes, sauf le mélèze qui les perd chaque année; Ces feuilles sont linéaires et ressemblent à des aiguilles; il ïi'y a généralement que celles qui entourent le bourgeon terminal qui présentent à leur aisselle des bourgeons capal)les de se développer en branches. Aussi la ramification est régulière. Le bois ^ des résineux est formé exclusivement de fibres et de rayons médullaires ; les vaisseaux y font complètement défaut ; il renferme des sucs résineux. Ces essences, au moins celles d^Europe, ne rejettent pas de souches.
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Bois eiploitaUes. — Le maximum d'utilité qui rend les bois exploitables peut être envisagé à deux points de vue principaux : le maximum d'utilité de la matière ligneuse elle-mêmç et le maximum d'utilité qu'on peut retirer, d une propriété boisée. D'une manière générale, un arbre donne des produits d'autant plus utiles qu'il est plus gros, sous la condition de conserver son bois sain. Outre
/ qu!il convient alors à un plus grand nombre d'emplois, le déchet est beaucoup moindre dans le dé- \ bit. Le maximum d'utilité de la matière ligneuse correspond donc à Vâge de maturité^ c'est-à-dire
{ à Tâge au delà duquel on s'exposerait à voir le bois s'altérer.
Exploiter les arbres un à un, ^u. fur pt à mesiire que chacun d'eux arrive à l'âge de maturité, ou bien élever des peuplements uniformes pour les réaliser quand l'ensemble des arbres qui les composent ont atteint cet âge, c'est évidemment agir dans le plus grand intérêt de la consommation générale ; c'est par conséquent agir dans l'intérêt de l'Etat qui est la personnification de la société tout entière. Mais, pour cela, il est nécessaire de laisser vieillir longtemps les arbres, ou de soumettre les peuplements à de longues révolutions. On est ainsi conduit à faire de la futaie, en
^ général, puisqu'on dépasse l'âge favorable à la production de rejets abondants et vigoureux.
Or, la futaie à longue révolution exige la constitution d'un capital superficiel considérable et hors de proportion avec Taugmentation de revenu qui peut en résulter. Le rapport entre le revenu et le capital employé à le produire, c'est-à-dire le taux de placement ou encpre la rente, suit une marche décroissante à partir d'un âge peu avancé. C'est pourquoi l'Etat et les propriétaires perpétuels sont seuls capables de produire la matière l^plus utile.
Pour l'Etat, c'est • d'abord un devoir puisque, comme représentant de la société, il est obligé de produire ce dont la consommation ne peut pas se passer et ce que le particulier est incapable de faire. C'est même la principale raison à invoquer pour justifier la propriété des forêts par l'Etat. Mais il y trouvfe encore son intérêt au point de vue du trésor public, le développeflîent des transactions et du bien-être tendant nécessairement à augmenter les recettes. Enfin, dans sa perpétuité, l'Etat est formé par la suite des générations successives dont chacune est usufruitière des propriétés domaniales, sans qu'aucune d'elles puisse disposer du capital qu'elles représentent.. Or constituer les forêts de l'Etat de manière à ce qu'elles donnent les produits les plus rares et les plus utiles, c'est évidemment leur faire rendre les revenus les plus élevés, abstraction faite du taux de placement.
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LeB autres propriétaires perpétuels, tels qaelee commanes, les établissements publies, etc., ont, à ce dernier point de vue, le même intérêt que l'Ëtat ; mais l'intérêt général ne leur importe pas au jnême degré. Cela revient à dire que leur devoir est de conserver les forêts constituées djs-à '-présent de façon à fournir les produits les plus utiles^ mais qu'ils ne sont pas obligés à les constituer en cet état, eî l'intérêt de la génération actaelle devait trop en souffrir.
Quant aux particuliers, propriétaires périssables, les forêts sont pour eux des propriétés au même titre que les autres immeubles et les valeurs mobilières; elles repréeentent le placement d'un capital dont ils ont la pleine disposition, qu'ils peuvent vendre, échanger, modifier dans son fonctionnement. L'intérêt général ne les guide nullement. Avant tout, les particuliers sont des spéculateurs qui recherchent dans leurs placements des conditions variables de sécurité. S'ils possèdent des forêts, ils cherchent à en tirer le produit le plus lans la limite du taux qu'ils ont choisi. Us insi conduite à prendre des révolutions : pour ne pas accumuler un capital super- Dnsidérable. D'ailleurs la spéculation s'actnal avec des réalisations à très-longs ; c'estpourquoi, quand l'essence le permet.
les particuliers exploitent à l'âge où les rejets se produisent encore abondants et vigoureux; ils font du taillis.
En dehors de ces deux exploitabilités : relative aux produits les plus utiles ou économique pour les propriétaires perpétuels, relative à la rente la plus élevée ou commerciale pour les particuliers, on peut en concevoir encore une autre qui convient à tous : c'est Texploitabilité physique, qui consiste à exploiter les arbres un à un, quand ils meurent ou sont tout à fait dépérissants. Dans ces conditions, onJSsût-absiraction de la qualité de la matière ligneuse et du revenu qu'on peut en retirer, pour considérer seulement l'utilité qui résulte de la présence des bois sur pied. On poursuit un but d'agrément ou de protection.
Pour réaliser les conditions de l'exploitabilité choisie, on est conduit à prendre des révolutions longues ou courtes et à adopter le régime de la futaie ou celui du taillis qui, tous deux, comprennent plusieurs modes de traitement.
Possibililé. — La possibilité est la quotité de matière qu'on peut retirer annuellement d'une forêt, à la condition de maintenir le rendement soutenii. Pour Tobtenir, on peut se baser sur la contenance, en exploitant chaque année des sur-