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TAILLIS SOUS FUTAIE. ÉCLAIRCIES

voquer leur existence qu'on doit tendre^ dans les éclaircies. Ces deux opérations sont complémentaires l'une de Tautre. Logiquement, il aurait fallu parler d'abord des éclaircies, mais il a paru préférable de prendre les opérations dans Tordre où on les exécute à partir de l'exploitation principale.

Lorsque la révolution du taillis ne dépasse pas trente ans, on ne fait qu'une éclaircie ; on peut en faire deux quand elle atteint quarante ans. Mais avant l'âge de vingt-cinq ans, sauf dans des terrains exceptionnellement fertiles où Tétai de perchis est rapidement atteint, elles sont très-difficiles à exécuter et, par conséquent, dangereuses.

Pour provoquer les semis et assurer leur maintien^ Téclaircie, ou la dernière éclaircie quand on en fait deux, doit faire disparaître l'étage tout à fait dominé qui recouvre le sol, et relever le couvert autant que possible sans détruire l'état de massif. Ici l'interruption du peuplement serait encore plus funeste que dans les futaies, parce que la durée des révolutions est plus courte, et que le sol n'est déjà que trop longtemps découvert à chaque exploitation. Aussi Téclaircie consistera-t-elle seulement dans Télagage de certaines perches et l'enlèvement de quelques rejets. Dans une cépée, les rejets les plus forts s'élèvent seuls verticalement parce qu'ils ne sont pas gênés. Les

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plus faibles sont plus ou moins dominés ; ils ne se développent que du côté où la lumière peut leur venir, et prennent une direction de plus en plus inclinée jusqu'à devenir traînants. Ce sont . ces rejets obliques qui gênent le plus les semis, parce qu'ils les dominent de plus près, et c'est sur eux que doit porter l'éclaircie.

Il peut bien y avoir un certain intérêt à desserrer les maîtres rejets pour les pousser en diamètre ; mais il ne faut pas oublier que, dans un taillis sous futaie bien constitué, à réserves nombreuses par conséquent, le sous-bois est secondaire au point de vue de la production. L'éclaircie ne doit pas dès lors dépasser le but poursuivi : la provocation des semis et le dégagement des brins de semence. Seulement s'il s'agit d'un taillis simple, elle pourra tendre plus particulièrement à favoriser le développement des plus belles perches pour en obtenir autre chose que du chauffage.

On conseille quelquefois de respecter les traînants dans l'espoir qu'ils s'enracineront au contact du §ol et pourront plus tard former de nouvelles souches. Sans nier qu'il en puisse être ainsi, on peut faire jemarquer qu'il est fort difficile de couper quelque chose dans une cépée sans les endommager ; il faudrait, pour cela, exploiter à une certaine hauteur. De plus, ces traînants ne se présentent guère que chez le charme dont les

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rejets sont nombreux, se produisent jusqu'à un âge avancé, et dont le maintien dans le taillis est encore assuré par une semence fréquente et abondante. Leur conservation est donc d'un intérêt médiocre.

Ilepeaplements artificiels — Si on a fait avec soin les nettoiements et les éclaircies dont il vient d'être question, les repeuplements artificiels perdent singulièrement de leur importance. Cependant la réserve généralement trop peu nombreuse de nos taillis a amené peu à peu la diminution du nombre des chênes. Quelquefois même cette essence est trop rare dans la réserve et le sousbois est trop fourré pour qu'on puisse en espérer des semis suffisants. Il faut alors la réintroduire artificiellement.

On a proposé dé nombreux moyens pour atteindre ce but. Quoiqu'il n'ait pas encore été question de la manière de procéder aux repeuplements artificiels, on conçoit qu'il ne peut s'agir ici que de plantations. Les aemis ne sont possibles que pour reboiser des espaces d'une certaine étendue ; autrement ils sont infailliblement dominés.

Hartig a indiqué de planter, après l'exploitation, cinquante pieds de haute tige, afin de leur donner l'avance sur les rejets; Ce mode est défectueux à plusieurs points de vue. Comme on le

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verra plus tard, la reprise d'un plant est d'autant plus incertaine que le plant est plus grand. En eflfet, il perà toujours un certain nombre de racines par l'extraction, le transport et la mise en terre. Au cas particulier, en supposant même que lie plant réussisse, il lui faudra toujours un certain temps pour rétablir l'équilibre rompu. Il sera dès lors rejoint et dépassé par les rejets, et on aura perdu l'avantagé qu'on poursuivait en employant des hautes tiges. D'un autre côté , les plants de haute tige coûtent cher, et on est souvent obligé de leur donner des tuteurs, ce qui augmente encore la dépense.

— Un autre moyen, qui a donné de très-beaux résultats, consiste, après l'exploitation, à sillonner la coupe par des sentiers cultivés qu'on dispose suivant des lignes droites se recoupant entre elles. Cette disposition a pour but de retrouver toutes les lignes quand une fois on en a trouvé une seule, et de donner aux plantations les soins convenables. On procède à la plantation à l'aide de sujets de basse tige qu'on écarte à un ou deux mètres les uns des autres, et qu'on recèpe en les mettant en terre. Cette dernière opération permet de rétablir l'équilibre dès la première année. A laide de nettoiements répétés, et qui sont facilités par la distribution en lignes droites, on arrive à dégager ces plantations de rejets voisins. — Mal-

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gré les beaux résultats obtenus, ce mode n'est pas non plus à recommander : il est dispendieux par . le nombre des plants employés, par la culture des sillons, par les nettoiements répétés, et il dépasse le but de faire face aux besoins du balivage.

— On a encore indiqué de cultiver les places vides ou mal garnies, et d'établir des placeaux de trois ou quatre mètres de diamètre, sur lesquels on plante un certain nombre de basses tiges. — Ces placeaux sont difficiles à retrouver et, par conséquent, à soigner; puis il n'y a qu'un seul des plants qu'on y accumule qui ait chance de servir utilement.

— Le défaut commun de ces différents procédés provient de ce qu'ils ne peuvent être employés qu'après l'exploitation de la coupe, c'est-àdire quand les rejets existent déjà. C'est là une condition très-désavantageuse pour les plantations dont la reprise est déjà forcément retardée. Aussi faut- il chercher à faire ces travaux de repeuplement avant la coupe. Depuis un certain nombre d'années, on s'est très-bien trouvé de faire des plantations de basses tiges au moment de Téclaircie. On les dispose aussi régulièrement que possible, mais surtout sur les places dégarnies, celles où le couvert est le plus relevé, ou sous les réserves destinées à tomber lors de la prochaine exploitation. En raison de la difficulté de produc-

tion des rejets sous le couvert, on ne les recèpe pas en les mettant en terre. Pendant les quelques années qui séparent l'éclaircie de la coupe du taillis, ces plants ne se développent guère ; mais ils prennent possession du sol et, quand vient l'exploitation, on les recèpe avec le sous-bois. Ils sont alors très-aptes à fournir un ou deux rejets qui se développent en même temps que les cépées voisines, qui ont une végétation plus rapide que les brins de semence, et qui sont plus faciles à retrouver et à dégager lors des nettoiements. Pour les retrouver plus facilement on peut d'ailleurs ficher eii terre, à côté d'eux, une baguette ou simplement la partie recépée du plant. La dépense occasionnée peut être aussi faible qu'on le veut, et les résultats obtenus sont très-satisfaisants. C'est de cette manière également qu'on doit procéder dans les futaies pour réintroduire le chêne au moment de la coupe sombre ; seulement, dans ce cas, on recépera ou on ne recépera pas, selon les indications du couvert et la qualité des plants.

Élagage des réserves. — Sous ce nom général, il est essentiel de distinguer deux choses : la coupe des branches gourmandes qui se développent sur les fûts des arbres après leur isolement, c'est Yémondage ; — la coupe de certaines branches de la cime, c'est Vélagage proprement dit.

L'émondage des chênes est une opération toujours utile et qui ne peut être négligée sans danger. Il en a déjà été question pour les chênes à réserver dans les futaies lors de la coupe définitive. Si on laisse ces branches gourmandes se développer, elles absorbent, à leur profit et au détriment des parties les plus élevées de la cime, la sève qui était destinée à ces dernières. Le feuillage de larbre n^en est pas augmenté, mais simplement déplacé, « bien qu'on ne tarde pas à voir celui-ci se couronner et dépérir, . On est souvent alors tenté d^attribuer ce fait à un dépérissement naturel et prématuré. Au lieu d'en chercher la cause dans Texistence des branches gourmandes, on prétend que le sol ne peut plus nourrir de vieux ai^bres. On oublie trop facilement que les anciennes réserves ont passé par ces épreuves et que, si on n'en voit pas toujours les traces, cela tient à ce que la repousse du taillis a fini par .étouffer les branches gourmandes et a permis à Tarbre de refaire sa cime.

Il est vrai que pendant cette crise un certain nombre de sujets meurent, et ceux qui ont résisté présentent souvent du bois vicié à Tintérieur. C'est qu'en effet, au bout d'un certaiifi temps, les branches sèches de la cime se cassent; les cassures se décomposent, absorbent l'humidité et permettent l'infiltration de l'eau jusque dans l'in-

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tériour de l'arbre. C'est la cause la plus fréquente des bois viciés que les réserves élevées sur taillie : présentent en plua grand nombre que les arbres des futaies pleines. Mais on peut le plus souvent : parer à cet inconvénient.

Le moyen consiste à enlever les branches gour- , mandes dès leur apparition ou, an pins tard, denx ans après. Cette coupe doit se faire avec des instruments tranchants, la serpe ou l'émondoir, en allant de bas en haut pour ne pas arracher 1 ecorce, et en faisant la aection rez-tronc. 11 est nécessaire de prendre quelques précautions. Il faut notamment proscrire l'emploi descramponspooTBionter sar les arbres ; toat coup qui traverse 1 ecorce et pénètre jusqu'à l'aubier est la caose forcée d'une tare. La portion piquée meurt ; la sève on l'eau de plaie s'accumule dans la piqûre et détermine l'altération du bois en lai donnant ani couleur noirâtre. Le moins qa'il poisse en réeolteri est une solution de continuité qui empêche de débiter le bois en merrain. L'arbre conserve eou vent sur l'écorce les traces perpétuelles de ces

de crampon. On les reconnaît à nne fente

a moins longue, fermée par deux lèvres

itea qui rappellent a^ez bien une gelivore

erte,

t pour éviter l'emploi des crampons qu'on

«vantagensement d'an étnondoîr

au bout d'une perche de trois à quatre mètres. Si on ne peut atteindre à une hauteur suffisante avec cet instrument, le mieux est d'avoir une échelle légère qu'on transporte facilement d'arbre en arbre, et qui laisse la libre disposition des deux mains.

Si on a trop tardé à faire l'émondage, et si les branches gourmandes atteignent quatre à cinq centimètres de diamètre, il est souvent plus avantageux de les laisser ou d'exploiter l'arbre s'il n'a plus d'avenir. En effet, on serait obligé de faire de grandes et nombreuses plaies pour couper ces branches rez-tronc, et on ajouterait de nouvelles tares à celles qui résultent peut-être déjà d'infiltrations par les branches mortes.

Il arrive ordinairement qu'après la coupe des branches gourmandes il s'en reproduit d'autres. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à recommencer l'émondage. Mais déjà cette production sera moindre que la première, et il est rare qu'on soit obligé de la combattre une troisième fois quand l'opération a été bien conduite.

On s'est demandé quelle était la meilleure saison pour procéder à l'émondage. Comme on doit ayant tout éviter ce qui pourrait favoriser la rci pousse de ces branches, et qu'il s'agit ici de véritables rejets, le moment le plus convenable paraît être depuis le milieu de l'été jusqu'aux

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fût, OU de restreindre un couvert qui s'étale trop, on enfin de parer à un accident.

Il est certain que la hauteur de fût est d'une grande importance ; mais il ne faut pas se laisser aller aux apparences. Un arbre élagué dans ce but peut paraître très- sain tant qu'il est sur pied. Malheureusement bien des mécomptes ont lieu quand on veut le mettre en œuvre. Non-seulement chaque branche coupée donne naissance à une solution de continuité, mais il est très-rare • que la plaie se recouvre avant que le bois ne soit altéré. La décomposition peut alors devenir trèelente, mais elle ne s'arrête pas. Des plaies recouvertes depuis quinze à vingt ans cachent presque toujours des poches vides, et souvent le mal s'est propagé en descendant, de telle sorte que la hauteur de fût obtenue artificiellement n'est d'aucune utilité, si même elle n'a pas déprécié le reste de la pièce. Il faut en conclure que, sur tout arbre de la grosseur d'un moderne et audessus, il faut se garder de jamais élaguer une | branche vive de plus de trois à quatre centimètres, parce qu'on est certain de retrouver, au milieu de l'épaisseur du bois, un vice plus ou moins grave au moment de l'abatage. ' Il ne faut pas oublier, en effet, que toute por- i tion de bois mise à nu meurt nécessairement. La plaie peut se recouvrir avec plus ou moins de

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rapidité; le bois peut s'altérer plus ou moins ; mais jamais les accroissements qui recouvrent cette partie morte ne se soudent à elle. Les enduits dont on recouvre la section n'ont d'autre effet que de retarder l'altération du bois; ils ne peuvent le maintenir vivant. De petites plaies, comme celles qui résultent de l'émondage des branches gourmandes ou de l'élagage de faibles branches, sont sans influence ou peu nuisibles. Il n'en est plus ainsi pour des branches principales, dont l'élagage rez-tronc, le seiil qui permette un recouvrement rapide, entraîne à faire de larges plaies. C'est ainsi que les plaies les mieux recouvertes donnent toujours, au bout de quinze à vingt ans, du bois décomposé, surtout vers le bas. C'est là en effet que l'eau s'accumule après s'être infiltrée entre la plaie et les couches de recouvrement.

Ce danger est singulièrement amoindri pour les baliveaux de l'âge. En effet, leurs branches sont toujours faibles, et la plaie qui résulte de leur élagage se recouvre en un an ou deux. Elle est d'ailleurs peu dangereuse, parce qu'elle est toute voisine du centre, et qu'elle se trouvera dans une partie non utilisée pour les grands emplois. Ici, il y a tout à gagner à augmenter la hauteur de fût. Encore ne faut-il pas oublier que le baliveau n'a jamais trop de feuilles. C'est pourquoi on devra borner l'élagage aux branches les plus

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basses de la cime^ à celles qui sont déjà étiolées et que l'élagage naturel aurait fait disparaître si Tétat de massif avait duré quelques années de plus. C'est dire qu'on ne peut guère gagner plus de deux mètres de hauteur, mais c'est quelque chose.

S'il s'agit d'un chêne, la légèreté de son feuillage ne peut jamais causer un grand dommage.

D'ailleurs ce chêne est plus précieux que le sousbois qu'il surmonte. Il n'j^a donc aucun motif de lui retrancher des branches vives pour diminuer son couvert. C'est toujours une faute de le faire, puisqu'on ne peut diminuer la surface foliacée sans diminuer la végétation. Tout au plus pourrait-on raccourcir un peu les extrémités d'une branche s'étendant très-loin et pouvant gêner un baliveau de la même essence ; souvent même alors il est encore plus sage de s'abstenir.

Enfin, une branche vive peut être brisée par le vent ou par un accident d'exploitation. Dans ce cas, la solution est bien simple. Ou bien la branche possède encore assez de rameaux pour assurer son existence: il faut alors la couper à la naissance du dernier rameau pour essayer d'obtenir le recouvrement. Ou bien la branche est brisée à peu de distance de son insertion et doit mourir : c'est le cas d'agir comme pour une branche morte, c'est-à-dire qu'on la coupe rez- tronc

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