CHAPITRE TROISIÈME
Application aux taillis «ou» fatale d*e«aence«
Les taillis sous futaie sont rarement formés d'une seule essence et il est même avantageux qu'il en soit ainsi. On y trouve ordinairement les chênes rouvre et pédoncule, le charme, le hêtre, l'orme, le frêne, les aliziers, les érables, l'aune.
198 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
le tilleul, le bouleaa, le tremble^ puis des saules et des morts*bois. Toutefois il est évident que, selon le sol et le climat, le mélange doit renfermer plus ou moins de ces essences et dans des proportions très variables ; mais il est rare que le chêne n'en forme pas un élément important.
Toutes les fois que le chêne est nombreux ou peut l'être et qu'il peut végéter dans de bonnes conditions, le point le plus important est de régler la durée de la révolution du sous-bois, parce que cette durée a une grande influence sur l'utilité de la réserve. Il ne faut pas songer à descendre au-dessous de vingt-cinq ans et, dans les taillis où elle est inférieure à cet âge, il y a tout avantage, même pour les particuliers, à porter la révolution à ce minimum. L'intérêt général, et par conséquent celui de TEtat, demande qu'on se rapproche autant que possible de l'âge de quarante ans dans les forêts domaniales.
La révolution du sous-bois fixée, chaque propriétaire doit ensuite se rendre compte du moment où il devra exploiter les réserves : les particuliers en se plaçant au point de vue du capital engagé comparé au revenu, les communes et l'Etat en s'inquiétant surtout du revenu absolu ou, plus simplement, de l'utilité des produits. Il est évident que cette recherche ne s'applique qu*aux réserves devant donner du bois d 'œuvre.
APPLICATION DU TAILLIS SOUS FUTAlfe. 199
Fintérêt de tous les propriétaires n'étant jamais de conduire à un âge avancé les essences réservées uniquement dans le but de renouveler le sous-bois à Taide de la semence.
Lors du balivage, on fera toujours une large part au chêne, dont on devra conserver tous les sujets bien venants dans toutes les catégories de baliveaux. On n'abandonnera à l'exploitation que ceux qui sont réellement mûrs, trop serrés ou dépérissants, et on ne s'arrêtera pas à quelques branches mortes dans la cime, si ce ne sont pas des branches principales. L'isolement suffit à les produire sans que, pour cela, l'arbre n'ait plus d'avenir. On sera plus large dans l'abandon des autres essences, surtout quand elles sont trop près de chênes en croissance, mais on se rapprochera toujours de l'âge de maturité, sauf pour le charme. Ce dernier n'entrera dans les baliveaux de l'âge que dans la mesure nécessaire pour entretenir le sous-bois. Si on tient à répartir l'ombrage, il est souvent préférable de réserver quelques belles perches de tremble ou de bouleau qui, du moins, ne s'opposeront pas au maintien des semis et donneront en outre des produits spéciaux et estimés.
On doit ensuite apporter tous ses soins à l'exploitation et on veillera à ce que l'abatage se fasse rez-terre. On devra particulièrement s'atta-
cher h faire recéper tous les brins de semence chêne qui peuvent exister à ce moment, ainsi que les plantations qu'on aurait pu effectuer.
Quand le recru aura trois, quatre ou cinq ans, selon la rapidité de lit végétation, le moment sera venu de faire un premier nettoiement. On renouvellera cette opération périodiquement jusque vers vingt ans, sans avoir la prétentioii de faire sortir toiLs les sujets de fpinc pied. Il est bien rare qu'ils puissent servir de baliveaux à la prochaine exploitation. Mais on peut les maintenir dans un état assez satisfaisant pour que, recépés, ils concourent au balivage des exploitations suivantes.
Selon la durée de la réyolution du sous-bois, on fera une ou deux éclaircies. Leur but sera de continuer le dégagement des brins de semence et d'en provoquer d'autres. Au besoin-on y aiderait par quelques plantations, cinq ou six ans avant la coupe.
Il va de soi que, tout en s'abstenant d'élagages systématiques, on pourra élaguer les baliveaux de l'âge et qu'il faudra pratiquer soigneusement l'émondage. Si cela est possible, il faudra le faire l'année même de l'apparition des branches gourmandes ; plus on agira promptement, plus le résultat sera certain et la dépense faible.
L'avantage des taillis mélangés est évident par