NOTIONS PRÉLIMINAIRES
1. La TENUE pes Livres est l’art d'enregistrer les transactions avec méthode. |
L'objet de la teuue des livres est de montrer l'éat des affaires d’une personne, de constater si elle doit ou s’il lui est dû, si elle a perdu ou gagné quelque chose dans ses transactions.
2. Pour arriver à ce résultat, il faut prendre des notes de toutes les transactions suivant une méthode qui distingue bien la différence entre ce que l’on donne et ce que l’on reçoit. C’est pourquoi les comptes se divisent en deux parties : celle du débit ou des choses reçues, et celle du crédit ou ües choses données. On fait ensuite l'addition des deux, puis on soustrait le nlus petit total du plus grand, et la différence montre si l'on a plus reçu que donné ou plus donné que reçu, c’est-à-dire si l’on a gagné ou perdu, si l’on doit ou s’il nous est dû. On indique la partie du débit par l’abréviation Dr., ou compte débiteur, et celle du crédit par Cr., ou compte créditeur (1).
(1) Nous adoptons ces abréviations, au lieu de Dr., doit, et Awr., avoir, du système français, parce qu’elles sont les mêmes que celles de la comptabilité anglaise, généralement reçues dans
notre pays.
Ainsi, je suppose que mon voisin, Jean Giroux, m’achète, à diffé. rentes dates, pour $12,50 de Nlé, $7.50 de beurre, $5.00 de bœuf, et que, dans l'intervalle, il me paye à-compte $8.50. Puis, un jour, il veut savoir où nous en sommes de nos transactions. Si j'ai inscrit pêle-mèêle, sans méthode, ce que je lui ai donné et ce qu’il m'a payé, il me faudra, pour lui répondre, parcourir toutes les inscriptions, une par une, et en faire le triage ; au contraire, si j'ai classifié mes notes, il me suffira d'ouvrir mes livres pour lui donner une réponse exacte. Exemple :
J'ai vendu à Jean Giroux du blé, du beurre et du bœuf ; c’est autant qu’il reçoit, et dont je dois le débiter par une inscription distincte ;
Op A
Mai, fu. Bb. - - . . | 2|50 te sf, Bausse ° e ° . . ; V4 IC C7 à Bu - ne ue De LÉ
Mais le 3 juin Jean Giroux me paye à-compte $8.50. Pour distinguer cette somme qu’il me donne, des choses qu’il a reçues, je dois l’en créditer en l’inscrivant à part :
Fun, À, Poe aigent . . . . . P |\50°
Ensuite, pour savoir où nous en sommes, je miens | eme | mme
fais l'addition des deux colonnes : AS|\ C0 & |50 | 50
Puis, j'opère la soustraction :
La différence, qui est de #|\ 6 | 50
étant en faveur du côté débiteur, je constate que Jean Giroux m'est endetté de cette somme.
Si je voulais avoir de semblables renseignements, non plus sur des
Der: AT 7
personnes, mais, par exemple, sur mes propriétés, l'opération serait la même. Il me suffirait d'inscrire au crédit ce qu’elles me rapportent, et au débit les dépenses qu’elles m’occasionnent, puis d'établir la différence entre l’un et l’autre,
Et si je veux connaître l’état de toutes mes affaires, je suis encore la même méthode : je fais l'addition de toutes les différences que j'ai établies entre le crédit et le débit de chaque personne et de chacune de mes propriétés, puis je soustrais le plus petit total du plus grand. Si la différence est en faveur du crédit général, j'ai fait des bénéfices ; sinon, j'ai éprouvé des pertes.
La tenue des livres n’est donc, pour ainsi dire, qu’une application
pratique des deux premières règles de l’arithmétique, l'addition et la soustraction.
8. Pour faire correctement les inscriptions, il suffit de savoir si la personne a reçu ou payé. Exemple : Louis Fortier achète pour $ 100 de marchandises; vous inscrivez ces $100 au débit de son compte, car il a reçu pour autant. Plus tard il paye $75, que vous inscrivez à son crédit, car il a donné cette somme. Le compte accuse ainsi $100 au Dr. et $75 au Cr. de Fortier, c’est-à-dire que ce dernier est encore endetté de 825.
&. 1l y a deux méthodes de tenue des livres : celle en partie simple et celle en partie double.
&. La Tenue des livres en partie simple est appelée ainsi parce que, suivant cette méthode, on n’ouvre de compte qu'aux personnes et que Chaque transaction n’exige qu’une inscription au Grand-Livre, c’est-àdire que l’on ne constate qu’une seule chose, savoir : la personne qui reçoit ow celle qui fournit, le débiteur ou le créancier.
Les comptes tenus en partie simple ne sont que des “ mémoires ” des ventes et des achats à crédit, des recettes et des payements.
. . 4 Q Q à , G. La Tenue des livres en partie double est appelée ainsi parce qu'elle ouvre des comptes aux choses comme aux personnes, qu’elle inscrit chaque transaction à deux comptes différents, c'est-à-dire qu’elle constate
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