‹ Manuel de tenue des livres à l'usage des écoles primaires [microforme]Chapitre 20 sur 38 · NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES

L. La tenue des livres en partie double est ainsi appelée parce que, suivant cette méthode, chaque transaction exige une double inscription à deux comptes distincts, l’un débiteur, l’autre créditeur, c’est-à-dire que, dans chaque transaction, on constate deux choses : la personne ou le le compte qui reçoit et et la personne ou le compte qui fournit, autrement le débiteur et le créancier

2. L'objet de cette méthode, en passant ainsi les écritures à deux comptes correspondants, est d'établir le contrôle des inscriptions les unes par les autres. En effet, si je fais, pour la même transaction, denx inscriptions, l’une au débit d'un compte et l'autre au crédit d'un autre compte, ces deux inscriptions peuvent être vérifiées l’une par l’autre.

8. Le principe fondamental de la tenue des livres en parie double est celui-ci : Pas de crédit sans débit, et réciproquement, pas de débui ‘ans crédit, c'est-à-dire que tout ce qui est porté au crédit d'un compte doit être inscrit au débit d’un autre compte, et réciproquement.

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4. Pour mettre ce principe en pratique il faut ouvrir des comptes aux choses comme aux personnes, et c’est ce que l’on fait en substituant, dans les Livres, au nom du négociant les diverses parties de son commerce. Toutes les transactions ont pour objet l'échange de certaines choses contre d’autres, de marchandises contre des marchandises, ou contre de l'argent, ou contre des effets, et ces échanges occasionnent des profits ou des pertes : au lieu de s'ouvrir un compte à lui-même pour garder mémoire de ce qu’il donne ou reçoit de marchandises, d'argent ou d'effets, des profits qu’il réalise ou des pertes qu'il éprouve, le commerçant ouvre un compte à chacune de ces choses et se fait représenter par elles dans ses livres. Puis, en balançant tous ces comptes, il établit sa situation générale.

On divise ainsi les affaires du commerçai.. en six comptes, que l’on appelle comptes généraux :

lo Le compte de Marchandises, qui représente le commerçant sous le rapport de l'entrée et de la sortie des marchandises ;

20 Le compte de Caisse, qui le représente sous le rapport de l'entrée et. de la sortie de l'argent ;

30 Le compte d'Æffets à recevoir, qui le représente sous le rapport de l'entrée et de la sortie des effets — billets, lettres de change, etc. — à recevoir ;

40 Le compte d’Æffets à payer, qui le représente sous le rapport de l’entrée et de la sortie des effets à payer ;

50 Le compte de Profits et pertes, qui le représente sous le rapport des pertes et des bénéfices ;

6° Le compte de Capital, résumant celui de Profits et pertes, qui représente les soldes de l'actif, déduction faite du passif, c’est-à-dire l'avoir réel et net.

5. Puisque, dans toute transaction, le commerçant est représenté par l'un des six compies généraux, cette trausaction doit être enregis-

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trée au compte spécial de la chose qui a été donnée ou reçue ; mais si l'on n’en faisait pas d'autre inscription dans les livres, le commerçant m'aurait, en réalité, de compte qu'avec lui-même ; il faut donc, de plus, inscrire cette transaction au compte de la personne qui a donné ou reçu. Exemple :

J'achète de Beaudry & Cie. pour $100 de soie. C’est autant que cette maison me fournit, et que je crédite à son compte. Mais aussi c’est autant que je reçois, et je le débite au compte qui me représente dans mes livres, le compte Marchandises. Supposons, au contraire, que je vende ces articles : alors, je crédite le compte Marchandises, et je débite le compte de l'acheteur.

Dans lun ou l’autre cas, la même transaction a donc exigé une double,inscription. Aïnsi s'explique l’axiome : Pas de crédit sans débit, et réciproquement, et le sens des mots tenue des livres en partie double.

6. En d’autres termes, les six comptes généraux du commerçant sont autant d'agents qui se contrôlent les uns les autres en lui faisant chacun un rapport indépendant. En ouvrant un compte à une partie de son commerce, le commerçant personnifie ce compte, et, pour ainsi dire, fait affaires avec lui. Par exemple, j'ouvre un compte de Caisse : pour moi Caisse devient aussitôt une personne ; je la tiens responsable de ce qu'elle reçoit et de ce qu'elle donne, et son compte me permet de contrôler les opérations des autres comptes, également personnifiés. Exemples :

40 Napoléon Bernier vous vend pour 850.00 de marchandises, à crédit. Ilest évident que Napoléon Bernier est votre créancier pour ce montant ; mais quel sera le débiteur ? Le compte Marchandises, qui a reçu ce que Bernier a donné ou fourni.

Pour acquérir ces marchandises, vous avez contracté une dette et vous vous Ôtes appauvri de $50.00, si vous ne pouvez recourir ni à une personne ni à une chose pour trouver de quoi solder cette dette. Mais vous avez eu des marchandises qui ont été ajoutées à votre fonds de

marchandises, qui les a reçues et qui, par conséquent, les doit à votre

commerce, tant que vous ne les avez pas reprises pour les vendre. C’est

donc le compte Marchandises qui est débiteur de ce montant, lequel sera consigné dans vos livres par les inscriptions suivantes :

Marchandises fe le SS0'00 À SW apottan nniiitsssisrisinicere Ve HIT CR

Cette double inscription vous permet de constater en tout temps l'état de vos opérations sur les marchandises, et de vos affaires avec N. Bernier.

2° N. Bernier vous achète pour 850.00 de marchandises à crédit : comment passerez-vous cet article ? Partant du principe qu’il faut porter chaque article au débit du compte de celui qui reçoit et au crédit du compte de la personne ou de la chose qui donne, vous voyez de suite que c’est le compte Marchandises qui donne, puisque c’est lui qui fournit les marchandises vendues à N. Bernier, et que c’est ce dernier qui reçoit ; par conséquent, cette vente doit être enregistrée comme suit :

BP Bruni... De SIC OZ A ds tit CA SSC'00

3° N. Bernier vous achète la même quantité de marchandises et la paie en son billet. C'est encore le compte Marchandises qui donne, mais c’est le compte Æffets à recevoir qui reçoit ; en sorte que la transaction sera consignée comme suit :

Efoi EPS PES SIC 00 M Mhtlauahis sin Ce ICO

4° N. Bernier vous achète la même quantité de marchandises et la paie comptant. C'est la Caisse qui reçoit l'argent de Bernier, et le compte Marchandises qui fournit les marchandises vendues : or, en vertu du prin-

mn ce

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— 4i eme.

cipe que l’article doit étre porté à l'avoir du compte qui donne et au débit de celui qui reçoit, vous enregistrerez cette transaction comme suit :

Dassin eee SIC 00 À Maichandiits.nnnnnnnnnn. 72 SIC: C0

7. Quant aux comptes qu'on ouvre aux choses, on porte au Dr. tout ce que coûte l'acquisition de ces choses, et au Cr. tout ce qu’elles rapportent. Et puisque chaque montant doit être porté au compte qui reçoit et à celui qui donne, il arrive souvent qu’une même opération nécessite beaucoup plus que deux inscriptions. Ainsi, supposant que vous vendez à Georges Beaulieu pour 875.00 de marchandises que vous avez achetées à N. Bernier pour $50.00, et que Beaulieu vous donne son billet en paiement, avec intérèt, vous aurez les inscriptions suivantes :

. A Effets OA, ire tisianu de SSC'00 A Maichandiics....s. SSC'00 Paie 27 4 Dane cn SZS 00 SOA PPS PORT RTS KLS C0 Maichanaises...... nn SE CP

ST ta a SS 00

Ce dernier exemple montre clairement que la tenue des livres en partie double enregistre chaque transaction dans tous ses détails et qu'elle fait connaître non seulement l’état des relations d'affaires avec les autres personnes, comme la partie simple, mais aussi les valeurs qu'on possède, les profits et les pertes et même les causes de ces profits et de ces pertes,

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