I. ACîliE ARSÉNIEUX
11 est difficilement soluble dans l'eau, plus soluble dans les acides.
PHYSIOLOGIE
Action locale. — L'acide arsénieux est caustique, il produit sur la peau et les muqueuses des phénomènes inflammatoires et la destruction des tissus. On ne sait à quoi attribuer cette action, car l'acide arsénieux n'a pas grande affinité pour les principes immédiats des éléments anaLomiques.
Absorption et élimination. — L'acide arsénieux se dissout dans l'estomac et s'absorbe.
L'élimination se fait en nature par les urines, la bile, la peau et les muqueuses. Elle dure de quinze jours à un mois.
Action sur le tube digestif. — Les doses thérapeutiques (1 à 15 milligrammes) ne produisent pas de phénomène sensible sur le tube digestif. On a noté l'augmentation de la soif, de l'appétit, l'hypersécrétion salivaire par irritation locale.
Mais à dose plus élevée il survient des nausées, des vomissements, de la diarrhée et, dans l'intoxication, une inflammation violente de l'intestin dont les symptômes sont analogues à ceux du choléra.
Les lésions stomacales se produisent alors même que l'arsenic a été injecté dans les veines ou dans le tissu cellulaire sous-cutané (Pistorius).
Action sur le sang. — Elle est peu connue. On sait seulement, par les recherches de Schmidt et Brettschneider, que l'acide arsénieux introduit dans le sang se retrouve dans le caillot et non dans le sérum, ce qui semble indiquer une action spéciale
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sur les hématies. Pour Rabuteau l'acide arsénieux donnerait naissance dans le sang à de l'hydrogène arsénié, lequel a la propriété de réduire l'hémoglobine. Il nous semble impossible que les doses minimes données en thérapeutique soient capables de fournir assez d'hydrogène arsénié pour réduire une quantité d'hémoglobine suffisante à la production des phénomènes que nous observons sur la nutrition.
Pour Gubler l'acide arsénieux agit sur les globules rouges comme sur les organismes inférieurs qu'il tue. On a constaté en effet qu'il met obstacle à la fermentation de l'urine et du lait, et que les cadavres des sujets morts empoisonnés par l'arsenic se conservent longtemps sans se putréfier.
La diminution des hématies a été constatée par Delpeuch dans le laboratoire de Hayem.
Action sur la nutrition. — Schmidt, Brettschneider, Loliot, Rabuteau, Ritter et Delpeuch, ont reconnu une diminution de l'urée, et l'un d'eux, Loliot, l'abaissement delà température. On sait d'autre part que sous l'influence de ce médicament les malades engraissent. Dans la Styrie, le Tyrol, les paysans font un usage quotidien de l'arsenic pour se donner de l'embonpoint, de la vigueur, de l'agilité. L'embonpoint des arsénicophages résulte de i'insuffîsance de combustion des matières grasses et féculentes; la vigueur est produite par l'oxydation plus lente du muscle et par conséquent la formation moins rapide de Tacide sarcolactique qui est la cause de la fatigue musculaire (Rabuteau).
Action sur la circulation. — La circulation se ralentit, et dans l'empoisonnement le cœur des animaux s'arrête en diastole. Ce ralentissement est dû
probablement à une action directe sur le muscle cardiaque.
La pression vasculaire baisse.
Action sur la respiration. — Les arsénicophages éprouvent peu d'essoufflement, de dyspnée quand ils font des ascensions de montagnes. Si les oxydations sont ralenties, il se produit moins d'acide carbonique, et par suite le centre respiratoire (dont l'excitant normal est l'acide carbonique) est moins vivement excité.
Action sur le système nerveux. — L'arsenic n'agit sensiblement sur le système nerveux que dans les intoxications professionnelles ou accidentelles. On observe alors des tremblements, secousses musculaires, la diminution de la sensibilité, puis la paralysie. Popoffa observé l'existence d'une myélite dans les intoxications arsenicales.
Tolérance. — L'arsenic est une de ces substances auxquelles l'organisme peut s'habituer dans de certaines limites.
Les arsénicophages augmentent progressivement les doses, si bien qu'au bout de plusieurs années, ils en prennent tant, que leur santé s'altère, qu'ils deviennent cachectiques. Si pour recouvrer la santé on cesse brusquement l'usage de la substance, les accidents d'intoxication aiguë éclatent. Il faut diminuer petit à petit les doses.
A ction sur les muqueuses et la peau. — L'acide arsénieux s'éliminant par les muqueuses y produit de l'irritation, d'où le coryza, la conjonctivite, la stomatite, l'irritation des bronches, qu'on observe.
Sur la peau il détermine des éruptions érythémateuses, vésiculeuses et pustuleuses.