III. PERCHLORURE DE FER
PHYSIOLOGIE
Le percblorure de fer possède à un haut degré la propriété de se combiner avec l'albumine, en donnant naissance à des albu minâtes en partie insolubles ; il est le plus puissant hémostatique que nous possédions.
Son affinité pour l'albumine le rend astringent comme l'acétate de plomb, mais à un degré bien supérieur; aussi a-t-il une action caustique beaucoup plus énergique, ce dont il faut tenir compte dans son emploi.
Rosenstirn et Rossbach ont constaté que le percblorure de fer produit aussi le resserrement des artérioles et veinules, non des capillaires. Pour que cette constriction vasculaire ait lieu, il faut que la solution de percblorure soit assez forte pour coaguler le sang.
La puissance hémostatique du percblorure est grande, avons-nous dit ; il suffit de o gouttes d'une solution à 30° pour convertir en caillot dur 3 centimètres cubes de sang. Le caillot est formé de deux couches principales, une couche centrale ferme, due à la combinaison du fer avec le sang, une couche périphérique plus molle, dans laquelle le perchlo-
rure n'entre pour rien et qui est due à la coagulation spontanée du sang autour du caillot primitif.
Dans l'estomac, le perchlorure de fer se transforme en protochlorure, lequel est dépourvu de propriétés coagulantes. On ne peut donc espérer que cette propriété se dissémine dans l'organisme par la circulation.
Le perchlorure de fer est employé surtout comme hémostatique. A ce titre il rend de grands services dans toutes les hémorrhagies dont le foyer peut être atteint par le médicament; hémorrhagies externes, hémorrhagies stomacales, hémorrhagies rectales, uréthrorrhagies, métrorrhagies, etc. Se fondant sur cette propriété hémostatique on a donné le perchlorure dans les hémorrhagies de toutes sortes : hémoptysie, hémorrhagies cérébrales, purpura, hémophilie, etc. ; malgré les succès qu'on dit avoir obtenus, il est impossible d'admettre, dans ce cas, la mise en jeu de la propriété coagulante du perchlorure.
Les injections de perchlorure de fer dans les anévrysmes ont été faites la première fois en 1853, à la suite des recherches de Pravaz sur les propriétés coagulantes du perchlorure. Des succès et des revers furent signalés, et l'on est arrivé aujourd'hui à réserver l'emploi des injections de perchlorure au traitement des anévrysmes peu volumineux.
Des précautions opératoires doivent être prises pour cette injection, et nous renvoyons, pour ce sujet, aux traités de pathologie externe; mais nous devons insister sur le titre de la solution employée, car un liquide trop concentré produirait la destruc-