L CAUSTIQUES PHYSIQUES
La chaleur est le seul caustique physique. Le froid peut, il est vrai, déterminer la mortification des tissus vivants, mais il n'agit qu'indirectement par l'intermédiaire delà circulation.
Action de la chaleur sur les tissus. — Le premier degré de l'action de la chaleur sur les tissus est la rubéfaction, le second est la vésication, puis on observe la destruction des tissus. Le caustique doit aller jusqu'à cette destruction. Le fer rouge appliqué sur les tissus les crispe, les racornit, les brûle et carbonise leur surface. Veschare produite est sèche, sonore, sa couleur est bleuâtre ; son épaisseur ne dépasse guère 3 ou 4 millimètres ; sa largeur a 4 à 8 millimètres de plus que la surface du cautère; elle est entourée d'un cercle blanchâtre de 3 à 4 milli-
mètres de large circonscrit lui-même par une auréole rouge, diffuse, produite par la chaleur rayonnante.
La douleur, très vive au début, se calme assez rapidement, surtout quand on fait des applications d'eau froide sur la partie cautérisée.
L'escliare, agissant comme corps étranger, détermine autour d'elle une inflammation dont le résultat sera le détachement et l'élimination des parties mortifiées, élimination qui a lieu du 5« au 8® jour. La plaie ainsi produite marche rapidement vers la cicatrisation.
Dans l'application du cautère actuel il y a à tenir compte de deux conditions importantes: la. température du cautère et son pouvoir rayonnant.
La température du cautère produit des effets variables suivant son degré.
Le fer chauffé au rouge blanc a une action rapide et profonde, sa cautérisation est moins douloureuse que celle du fer chauffé au rouge sombre; il n'adhère pas à sa surface d'application ; il n'arrête pas les hémorrhagies.
Le fer chauffé au rouge sombre a une action moins profonde, limitée, très douloureuse; il adhère aux tissus, c'est un hémostatique puissant.
Le rayonnement de la chaleur produit aussi des effets plus ou moins marqués suivant son intensité. Il exerce son action au voisinage du point de contact, en surface et en profondeur, et cette action, qui peut avoir des inconvénients, doit être évitée.
Le pouvoir rayonnant dépend de la nature du métal et de la surface du cautère. A ce point de vue l'argent bruni est un des métaux dont le pouvoir rayonnant est des moins considérables.