INTRODUCTION. XXXI
secousse morale ou une douleur excessive peuvent produire la syncope sans qu'aucune altération préalable de l'économie s'ajoute nécessairement à la réaction nerveuse. De même enfin la lithiase rénale peut être la conséquence d'une viciation de la nutrition générale sans la coopération des réactions nerveuses. Ce sont làdesfaits exceptionnels. La gale, qu'on cite si volontiers comme le type des affections locales, n'est pas exclusivement parasitaire. L'acarus peut bien provoquer la réaction directe, autonome, des cellules qui subissent ses atteintes ; mais c'est en excitant les extrémités terminales des nerfs cutanés qu'il détermine, par voie réflexe, les phénomènes congestifs et exsudatifs qui impriment à l'éruption un certain nombre de ses caractères. Le pityriasis versicolor aussi est parasitaire ; mais pour que le microsporon furfur se développe, il faut qu'il se soit implanté sur la peau d'un phthisique ou d'un arthritique. L'érysipèle est assurément une maladie infectieuse ; mais on est obligé de reconnaître qu'une certaine détérioration de la santé facilite son développement et qu'il a une prédilection marquée pour les scrofuleuxet pour certaines femmes au cours de la période menstruelle. Si, comme tantde raisons autorisent à le penser, la phthisie est infectieuse,
Bbhlioz. — Thérapeutique 2« éd. ^
XXXIl INTRODUCTION.
l'agent infectieux s'attaque de préférence aux individus dont la nutrition est viciée par l'hérédité, par la mauvaise hygiène, par la maladie, par la lactation, etc.
Je conclus. Réactions élémentaires autonomes, troubles préalables de la nutrition, infection, réactions nerveuses, ce sont là les quatre grands processus pathogéniques qui, isolés ou combinés, suffisent pour expliquer la genèse de toutes les maladies.
La connaissance de ces quatre processus permet de poser les grandes indications de la thérapeutique pathogénique.
Quand les cellules sont attaquées directement par la cause morbiûque, quand la maladie est ce que je nomme une dystrophie autonome, il n'est pas toujours impossible d'atteindre cette cause; c'est ce qui a lieu dans bon nombre d'empoisonnements. Si la nutrition et le fonctionnementdes éléments se trouvent viciés par l'imprégnation de la substance vivante par le plomb, on peut ramener le protoplasma à sa constitution chimique normale, soit en le faisant traverser par les agents chimiques capables d'entrer en combinaisons solubles avec le métal toxique, tels sont les ioduresou les bromures alcalins; soit en activant la désassimilation, en rendant plus acti-