‹ Manuel de thérapeutiqueChapitre 44 sur 250 · V. — CIGUË · texte numérisé non relu

V. — CIGUË

Le genre Ciguë, des Ombellifères, renferme plusieurs plantes employées en thérapeutique et possédant un principe actif qui leur est commun. Ce sont la grande ciguë, la ciguè vireuse, la petite ciguè, la ciguë aquatique.

Le principe actif est la cicutine (C'^H^^Az) encore appelée coniinine ou conicine. C'est un liquide incolore, plus léger que l'eau, peu soluble dans l'eau, mais soluble dans Talcool et l'éther.

PHYSIOLOGIE Effets généraux. — Des expérimentateurs obser-

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vant sur eux-mêmes les effets de la cicutine ont constaté des vertiges, de l'obscurcissement delà vue, une grande faiblesse, de l'anesthésie, le ralentissement du cœur et de la respiration, la dilatation de la pupille, des vomissements.

Action sur le système nerveux. — Des doses toxiques produisent d'abord, chez les animaux, de l'excitation et des convulsions qui paraissent dépendre d'une action irritante du poison sur les centres nerveux.

Puis survient la paralysie générale. Des expériences analogues à celles faites par l'étude du curare montrent que la paralysie est due à l'action du poison sur les nerfs moteurs.

La sensibilité est notablement diminuée ou disparait même. On peut croire que cette anesthésie provient de la paralysie des nerfs sensitifs, car la cicutine appliquée localement sur les nerfs sensitifs abolit leur pouvoir conducteur.

Action sur les muscles. — Les muscles striés conservent leur contractilité.

Action sur la circulation. — D'après Bohm, la cicutine accélère le cœur par paralysie du pneumogastrique ; plus tard le cœur se ralentit et s'arrête par paralysie des ganglions automoteurs.

Action sur la respiration. — La respiration se ralentit et s'arrête par suite de la paralysie des muscles. La mort arrive par asphyxie.

L'action sur la nutrition et les sécrétions est peu importante.

La ciguë était beaucoup vantée autrefois dans les tumeurs cancéreuses, les ulcères, la phthisie. Son seul

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emploi rationnel découle de ses propriétés aneslhésiques et analgésiques.

Préparations. — Doses.

Ciguë. Poudre de feuilles. — O^^IO — 1 gr. en pilules ou infusion.

Vextrait alcoolique est une mauvaise préparation, car la cicutine s'est volatilisée.

Teinture et alcoolature 0g'",50 — 1 gr.

Cicutine 0",00 1/2 O^^OOS

Pour usage externe :

Cataplasme de ciguë. — Ciguë 50 gr.

Eau 1000

Farine de lin. . . q. s.

Pommade. — Extrait de ciguë 1 gr.

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On fait aussi des emplâtres de ciguë.

Traitement de l'empoisonnement par les paralyso-moteurs. — Il n'existe de contre-poison ni chimique ni physiologique. On devra d'abord s'opposer à l'absorption du poison par les vomitifs et les purgatifs ; puis, comme ces poisons amènent la mort par asphyxie, pratiquer la respiration artificielle jusqu'à ce que la substance soit éliminée et favoriser son élimination par les diurétiques, sudorifiques et sialagogues.

DEUXIÈME ORDRE

Ce sont des médicaments dont l'action principale consiste à exagérer le pouvoir réflexe de la moelle épinière.

Cet ordre comprend les strychniques, les ammo-

niacaux, V argent, et trois alcaloïdes de l'opium : la thébaïne, la papavérine et la narcotine. Il faudrait donc, pour être exact, placer ici l'étude de ces alcaloïdes de l'opium, mais on serait obligé de scinder la description des opiacés, scission qui serait désavantageuse à l'unité du sujet.

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