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ESSENCE DE MENTHE

C'est un liquide incolore, très volatil, soluble dans

Berlioz. — Thérapeutique. 2^ éd. 7

Feau et l'alcool. Après évaporation il laisse déposer un corps cristallisable, le menthol {C^^R^'^0).VaiV sdi grande volatilité l'essence de menthe est réfrigérante et anesthésique. C'est un sédatif général peu énergique.

Elle est très utile dans la gastralgie, les coliques intestinales, hépatiques ou néphrétiques.

Doses : L'essence n'est pas employée pure à cause de sa causticité, mais en solutions aqueuse, hydrolat (20-100 gr.), alcoolique, alcoolat (2-10 gr,), éthérée, étliérolat (2-10 gr.).

3° BROMURE DE CAMPHRE {C^<>lP^BrO).

C'est du camphre ordinaire dont un atome d'hydrogène a été remplacé par un atome de brome. 11 est soluble dans l'alcool et l'éther.

Les expériences de Bourneville ont montré que le bromure de camphre a les mêmes propriétés physiologiques que le camphre. Comme lui, il ralentit la circulation et la respiration, abaisse la température, est sédatif.

Les indications sont les mêmes que celles du camphre.

Doses : Il a été préparé en dragées (dragées de Clin) dont chacune contient O&'^jlO de bromure ; 2-12 dragées par jour.

On peut l'employer en injection sous-cutanée, dissous dans la glycérine.

n. ACIDE CYANHYDKIQUE (HCn).

C'est un liquide incolore, très volatil, soluble dans l'eau.

PHYSIOLOGIE

Action locale. — L'acide cyanhydrique pur appli-

que sur la peau et les muqueuses y produit des eschares, il détermine aussi de l'engourdissement et de TanesLliésie locale.

Effets généraux. — A la dose de Oe^OOS-Os^OOe on observe chez l'homme des nausées, des vomissements, de la céphalalgie, de la dyspnée, le ralentissement du cœur.

Si la dose est plus élevée, 0sr,01, la dyspnée devient intense, il y a menace d'asphyxie, les pupilles se dilatent, un grand afFaihhssement musculaire se produit, la connaissance se perd et des spasmes toniques et cloniques se manifeslent.

A dose toxique, les convulsions sont violentes, le coma arrive, puis la mort par asphyxie.

Action sur le système nerveux. — Les centres nerveux ne sont pas excités par l'acide cyanhydrique comme pourraient le faire croire les spasmes et les convulsions. Ces convulsions en efîet ne sont pas dues au poison, mais à l'acide carbonique en excès dans le sang par suite des troubles respiratoires; les animaux à sang froid, notamment les grenouilles, qui n'éprouvent jamais de convulsions par l'asphyxie, n'en présentent pas dans l'intoxication par l'acide cyanhydrique (Hermann). Les centres nerveux sont donc déprimés par l'acide cyanhydrique comme le montrent l'abattement, la perle de connaissance.

Les nerfs sensilifs et moteurs ne se paralysent que consécutivement à la paralysie des centres, dans l'intoxication (KoUiker). Mais les applications locales abolissent rapidement la conductibilité des nerfs.

Action sur la circulation. — Le cœur se ralentit dès le début, il bat encore après que l'animal est mort par asphyxie. Ce ralentissement paraît dû à l'excita-

112 MODERATEURS REFLEXES.

tion des pneumogastriques, car une injection d'atropine (qui paralyse les pneumogastriques) rend comme une vie nouvelle au cœur très affaibli par de fortes doses d'acide cyanhydrique (Preyer, Rossbach). La pression artérielle monte rapidement, mais elle redescend bientôt à la normale et même au-dessous.

Action sur la respiration. — C'est le centre respiratoire qui ressent le plus vivement et le plus rapidement les effets de l'acide cyanhydrique. D'abord excité, il détermine des mouvements respiratoires accélérés dans lesquels l'expiration est spasmodique comme dans l'asthme; lorsqu'il est paralysé, la respiration devient superficielle et des pauses prolongées séparent les mouvements inspiratoires; enfin la respiration s'arrête.

Action sur le sang-. — En dehors des vaisseaux l'acide cyanhydrique se combine avec l'hémoglobine et le spectre solaire donne les raies d'absorption de l'oxy-hémoglobine.

Chez les animaux empoisonnés, le sang veineux devient rutilant, absolument semblable au sang artériel. On est donc fondé à croire que l'acide cyanhydrique se fixe, dans l'organisme, sur les hématies et les empêche d'absorber de l'oxygène. Il agit comme l'oxyde de carbone et le bioxyde d'azote.

Est-ce à dire qu'il faille mettre sur le compte de cette altération globulaire tous les phénomènes de l'empoisonnement? Non, caries grenouilles, chez lesquelles les poisons hématiques sont sans effel, meurent par l'acide cyanhydrique. Lewisson empoisonne par l'acide cyanhydrique des grenouilles exsangues chez lesquelles il a remplacé le sang par une solution de chlorure de sodium.

Action sur la nutrition. — L'acide cyanhydrique ne modifie la nutrition, en diminuant les oxydations, que lorsqu'il est donné à dose suffisante pour produire le ralentissement de la respiration et l'intoxication hématique. Les doses thérapeutiques sont in-^ suffisantes à produire ce résultat.

Duméril, Demarquay et Leconte ont observé un abaissement de la température avec le cyanure de potassium. Dans ce cas l'élément potassium ajoute son effet à l'élément cyanhydrique.

Élimination. — L'acide cyanhydrique s'élimine en nature par les poumons (Preyer). On l'a également, retrouvé en nature dans divers organes plusieurs jours après l'empoisonnement.

L'acide cyanhydrique est employé comme sédatif dons V asthme, la coqueluche, les gastralgies, les palpita- , tions; mais il est rare qu'il soit donné seul, le plus souvent il est associé à d'autres médicaments plus actifs. Son efficacité propre n'est pas bien déterminée. Il serait avantageux en applications locales dans les douleurs.

Préparations. — Doses.

L'acide cyanhydrique n'est pas employé pur, mais en solution aqueuse à 1/10; cette solution s'appelle Vacide cyanhydrique médicinal, elle se donne à la dose de 5 à 16 gouttes (0gr,25 à 0^^50) pro die.

Le sirop d'acide cyanliydrique à 1/200 renferme 0^>',10 d'acide médicinal par cuillerée à bouche.

COMPOSÉS CYANIQUES ET SUBSTANCES AGISSANT PAR l'acide CYANHYDRIQUE

Divers composés cyaniqiies, les amandes amères, le

114 MODERATEURS REFLEXES.

laurier-cerise y ne doivent leur action qu'à l'acide cyanhydrique. Passons-les rapidement en revue.

I. Cyanures. — Les cyanures de sodium^ de potassium, à'ammonium, de magnésium, de calcium, de mercurCj de zinc se décomposent dans Festomac au contact de l'acide du suc gastrique et laissent dégager l'acide cyanhydrique qui s'absorbe et produit ses effets.

Doses : 0g',05-0s>-,l0.

II. Amandes amères. — Elles sont fournies par YAmygdalus amara, famille des Amygdalées. Ces fruits renferment deux principes, Vamygctaliné et Yémulsine ou synaptase.

L'amygdaline au contact de l'eau et de l'émulsine jouant le rôle de ferment se décompose et donne naissance à de la glycose, de l'essence d'amandes amères et de l'acide cyanhydrique. L'ingestion d'une forte quantité d'amandes amères produit un empoisonnement, et cette intoxication est due à l'acide cyanhydrique, car ni la glycose, ni l'essence d'amandes amères, ni l'amygdaline, ni l'émulsine ne sont toxiques. La décomposition de l'amygdaline se produit dans le tube intestinal.

Doses : Pour émulsion, 4-6 gr. d'amandes amères. Eau distillée d'amandes amères : 10-30 gr.

III. Lâurier-cerise. — Les mêmes considérations s'appliquent au laurier-cerise, Prunus lauro-cerisus, famille des Amygdalées.

Doses : Eau distillée de laurier-cerise, 10-30 gr.

Traitement de l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique. — L'acide cyanhydrique n'a pas d'antidote réel , on pourra cependant donner de l'hydrate de peroxyde de fer et de la magnésie.

Il faut réveiller le système nerveux par des affu-

OMBELLIFKRES AROMATIQUES. 115

sions froides, des injections sous-cuLanées d'éther, de l'alcool, etc. Si la respiration se suspend et s'arrête, pratiquer la respiration artificielle. Des inhalations d'oxygène sont indiquées.

lU. VALÉRIANE.

On emploie la racine du Valerlana offlclnalis. Elle renferme une huile essentielle et de l'acide valérianique.

D'après Rabuteau l'acide valérianique et ses sels sont dépourvus de toute propriété antispasmodique^ La valériane agit probablement par son huile si tant est qu'elle agisse sérieusement. Elle est usitée dans les phénomènes divers de Vhystéricisme et du nervosisme.

On l'a reconnue utile dans la. polydypsie et le diabète azoturique. Bouchard a constaté dans ce cas une diminution de l'urée.

Doses : Poudre , 1-10 gr.

Extrait 1-10

Teinture 2-30

Sirop 20-30

Essence 0^'',20-0^r,50

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