I. ATROPINE (Ci'H23Az
L'atropine est l'alcaloïde de i'Atropa belladona; elle existe dans toutes les parties de la plante, mais surtout dans les racines.
L'atropine cristallise en prismes, elle est peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, elle se décompose facilement ; elle forme des sels solubles dont le
sulfate est le plus usité. La quantité d'atropine que renferme la belladone varie de 0,06 à 0,30 p. 100.
Toxicité. — L'atropine n'est pas également toxique pour tous les animaux. Les herbivores (lapins, cobayes) supportent des doses élevées de ce poison; il faut en f^énéral 1 gr. d'atropine pour tuer un lapin (Nothnagel et Rossbach). L'homme est au contraire très sensible à cette substance ; Os^,00'6 peuvent provoquer des accidents graves, 0^^,18 doivent être con^ sidérés comme une dose mortelle.
Absorption et élimination. — L'atropine ne s'absorbe pas par la peau, mais elle s'absorbe rapidement parles muqueuses ; les effets se montrent peu de temps après son injection.
L'éhmination par les urines est rapide, car l'atropine a abandonné l'organisme au bout de dix à vingt heures (Dragendorff, Schmidt),
Effets généraux. — D'après les expériences faites sur eux-mêmes avec la belladone par seize[médecins de Vienne et dont les résultats ont été publiés par Schneller et Flechner ; d'après les expériences faites avec l'atropine, par Lusanna, Schiff, Lichtenfels et Frolich, voici les effets généraux que produit l'atropine.
Sous l'influence de 0^^003 à 0s'",02 d'atropine on observe : de la sécher-esse de la bouche et du pharynx, de la difficulté de la déglutition, de l'enrouement, des nausées, le ralentissement, puis l'accélération du pouls, des troubles de la vision, la dilatation de la pupille, du déUre, des mouvements choréiques, de la rougeur de la peau.
Si la dose est très élevée (O^^Oa — OS'',!) la sécré-
tion salivaire disparaît, la déglutilion est impossible et im effort pour l'exécuter provoque des convulsions générales, l'aphonie est complète, la respiration accélérée, difficile; du délire, des tremblements et des convulsions cloniques se produisent, la peau est chaude, couverte d'une rougeur scarlatiniforme; puis la connaissance se perd, la sensibilité s'éteint, la paralysie envahit le cœur et la respiration, et la mort arrive.
Action sur le système nerveux. — Le cerveau est manifestement influencé par l'atropine et Ton peut distinguer deux périodes dans cette influence : une première période d'excitation caractérisée par l'agitation, le délire, les hallucinations; une seconde période de dépression , dans laquelle on observe la perle de connaissance, le coma. L'atropine ne produit le sommeil qu'avec le coma, elle n'est donc pas une substance hypnotique comme on l'entend en thérapeutique. Ces divers phénomènes ne peuvent être mis sur le compte de troubles circulatoires, car, ainsi que nous allons le voir, les troubles circulatoires produits par l'atropine sont semblables à ceux que provoque la section des pneumogastriques, or la section des pneumogastriques n'est pas suivie des phénomènes cérébraux ci-dessus décrits.
D'après Nothnagel et Rossbach Texcitabilité réflexe de la moelle est d'abord accrue, puis diminuée par l'atropine chez les animaux à sang chaud. Chez les animaux à sang froid la paralysie ne serait pas précédée d'une période d'excitation.
Les nerfs semitifs paraissent être rapidement paralysés chez l'homme, car les douleurs disparaissent sous l'influence d'injections sous-cutanées ou de
l'absorption ipar le tube digestif de doses thérapeutiques d'alropine.
Les nerfs moteurs se paralysent chez les grenouilles intoxiquées (Rabuieau, Nothnagel et Rossbach), mais chez les mammifères cette paralysie ne se produirait jamais (von Bezold). Cette dernière proposition est trop absolue, car certains nerfs, l'oculo-moteur par exemple, se paralysent certainement.
Nerfs sécréteurs (Voyez Actions sur les sécrétions).
Les muscles striés restent excitables pendant tout le temps de l'empoisonnement; mais si on les met directement en contact avec le poison ils perdent leur contractilité (Rabuteau, Rossbach) .
Action sur la pupille. — La dilatation de la pupille se produit quand l'atropine a été absorbée par le tube digestif, mais elle a lieu beaucoup plus rapidement quand on l'a instillée dans l'œil. Dans ce dernier cas, il suffit de doses très petites, Os^OOOl d'après de Graefe, 0S%000,000d d'après Ruiter.
Le mécanisme de cette mydriase n'est pas encore bien élucidé; d'après certains auteurs elle est due à l'excitation du sympathique (fibres radiées), d'autres l'attribuent à la paralysie de l'oculo-moteur (fibres circulaires). Essayons de résoudre la question par les données expérimentales.
Les mouvements de l'iris dépendent de l'action de deux nerfs : l'oculo-moteur et le sympathique. La section de l'oculo-moteur produit la dilatation de la pupille, son excitation en produit le resserrement. La section du sympathique (ganglion cervical supérieur) produit le rétrécissement de la pupille, son excitation en produit la dilatation. Quelques auteurs ont attribué l'influence qu'exerce le sympathi-
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que sur les mouvements de l'iris à l'action vaso-motrice de ce nerf; sa section rétrécirait la pupille par suite delà congestion des vaisseaux de l'iris paralysés : son excitation dilaterait la pupille par la contraction des artérioles de l'ischémie de l'iris. Les expériences récentes de Franck réfutent cette opinion; il nous suffira de citer la suivante : la dilatation de la pupille par excitation du sympathique se produit chez un animal tué par hémorrhagie, tout comme avant la mort.
Aitisi nous n'avons pas à nous occuper de l'influence de la circulation sur les mouvements de l'iris. Si chez un animal on enlève le ganglion cervical supérieur d'un seul côté, et qu'on lui fasse une injection sous-cutanée d'atropine la pupille ne se dilate que du côté opposé à celui de l'ablation (Gh. Laurent).
Lorsqu'un animal a les pupilles dilatées par l'atropine, la section du sympathique cervical d'un côté est suivie du rétrécissement de la pupille du même côté (Schur).
Dans les mômes conditions, l'irritation du sympathique cervical n'augmente pas la dilatation de la pupille.
Ces expériences prouvent manifestement que l'atropine excite le sympathique et que l'on est en droit de faire intervenir cette excitation dans la mydriase atropinique. Mais l'excitation du sympathique n'agit pas seule. En effet, lorsque la pupille est dilatée au maximum, l'irritation de l'oculo-moteur mis à nu ne peut plus faire rétrécir la pupille (Nothnagel et Rossbach). Donc ce nerf est paralysé.
Ainsi la pupille se dilate et par irritation du sympathique et par paralysie de roculo-moteur. Ces
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deux actions ne se manifestent probablement pas en même temps; l'irritation du sympathique s'exerce la première, et la paralysie de l'oculo-moteur ne survient qu'ultérieurement, elle produit alors l'effacement à peu près complet de la pupille (Rabuteau).
L'action de l'atropine porte sur les extrémités périphériques des nerfs et non sur les centres, car, quand on instille de Tatropine dans un œil, la dilatation de la pupille ne se produit que dans cet œil. En même temps que la mydriase il se produit une "paralysie de l'accommodation dont la conséquence est la difficulté de la vision de près, ou si l'on veut l'éloignement du punctum proximum. Cette paralysie est surtout sensible sur les yeux hypermétropes. Elle est due à la paralysie des rameaux de l'oculomoteur qui se rendent au muscle ciliaire (Nothnagel et Rossbach).
Les effets de l'atropine sur la pupille et l'accommodation durent, suivant la dose employée, de un à plusieurs jours.
Action sur la circulation. — Le premier effet de l'atropine sur le cœur est d'en ralentir les battements, mais ce ralentissement n'est pas constant ; dans tous les cas, il n'est que passager et dure d'autant moins longtemps que la dose d'atropine est plus forte. Nothnagel et Rossbach l'attribuent à l'excitation des pneumogastriques.
L'action importante de l'atropine sur la circulation est V accélération considérable des battements du cœur dont le nombre peut être double ou triple du chiffre normal. Elle est due à la paralysie des terminaisons du pneumogastrique dans le cœur, car le?
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irritations les plus vives de ces nerfs ne peuvent plus ralentir les battements de cet organe (Nothnagel et Rossbach).
La pression sanguine s'élève fortement par suite du resserrement des artérioles par excitation du centre vaso-moteur, et comme conséquence de l'accélération du cœur qui n'a rien perdu de sa force d'impulsion.
Tels sont les effets des doses thérapeutiques. Si la dose est plus élevée, les ganglions accélérateurs du cœur se paralysent et le cœur se ralentit de plus en plus en perdant son énergie de contraction ; le centre vaso-moteur et les muscles lisses se paralysent à leur tour, les artères se dilatent et la pression artérielle baisse. C'est à ce moment que se produisent les rougeurs scarlatiniformes de la peau. Le muscle cardiaque lui-même perd son excitabilité, ce qui accentue les phénomènes de dépression circulatoire. Enfm le cœur s'arrête en diastole (Bezold et Blôbaum).
On peut donc considérer trois périodes dans l'action de l'atropine sur le cœur : dans la première le cœur se ralentit, dans la seconde il s'accélère, dans la troisième il se ralentit de nouveau et s'arrête.
Action sur la respiration. — D'après Nothnagel et Rossbach la respiration se ralentit au début par paralysie des terminaisons du pneumo-gastrique dans le poumon. Plus tard elle s'accélère rapidement, probablement par excitation du centre respiratoire, et elle devient superficielle. Si la dose est toxique, l'accélération fait place au ralentissement et à l'arrêt.
Vaphonie esl due à la sécheresse de la muqueuse et â la faiblesse de la respiration.
Action sur la nutrition. — La nutrition subit sons rinfluence de l'atropine des oscillations en rapport avec les oscillations de la circulation et de la respiration. Ainsi, Schroff, Frohlicli et Lichtenfels ont noté l'abaissement de la température, au début; Duméril, Meuriot, Demarqaay et Leconte ont constaté une élévation marquée de la température, chez les chiens, au moment de l'accélération du cœur, et de la respiration. Enfin, quand le coma arrive, la température baisse sensiblement. Harley a constaté dans les urines une augmentation de l'élimination de l'azote, de l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique, et une diminution des chlorures.
Action sur le tube digestif. — Nous avons noté la sécheresse de la bouche et du pharynx, sur laquelle nous reviendrons bientôt.
L'atropine et la belladone déterminent fréquemment des nausées et des vomissements.
Les expériences de Keuchel et de Rossbach permettent de se rendre compte de l'action qu'exerce l'atropine sur les mouvements intestinaux. De faibles doses excitent et accélèrent les contractions de l'intestin par la paralysie des nerfs modérateurs de l'intestin^ les splanchniques. Ce qu'il y a de remarquable dans cette action, c'est que la paralysie respecte les fibres sensitives et vaso-motrices de ces nerfs et ne s'attaque qu'aux fibres motrices. En effet la section de ces nerfs reste douloureuse chez l'animal atropinisé, et fait baisser la pression artérielle ; si d'autre part on irrite le bout périphérique de ces nerfs, la pression vasculaire remonte immédiate-
Berlioz. - Thérapeutique, 2" éd. 8
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ment. Nous verrons ce même fait se produire pour la corde du tympan.
Il est intéressant de rapprocher l'action paralysante de l'atropine sur les splanchniques et sur les pneumogastriques qui sont tous deux des nerfs modérateurs.
Des doses élevées paralysent les ganglions moteurs de l'intestin (Bezold), et les fibres lisses (Luchsinger).
Action sur les sécrétions. — L'action qu'exerce l'atropine sur les glandes est remarquable en ce qu'elle est venue confirmer l'existence des nerfs sécréteurs dont la découverte a été faite par Ludwig sur les nerfs de la glande sous-maxillaire.
Sécrétion salivaire. — Examinons donc tout d'abord faction de f atropine sur la glatide sous-maxillaire, action qui consiste dans la suppression de l'écoulement de la salive par le canal de Wharlon.
La sécrétion de celte glande est soumise à trois influences nerveuses : l'une, excito-sécrétoire, s*exerce par les fibres sécrétoires de la corde du tympan (Ludwig); l'autre, imso-constrictive, passe par le sympathique cervical (Gzermak, Langley), elle a pour effet l'ischémie de la glande et la dnninution de sa sécrétion ; la dernière, vaso-dilatatrice, s'exerce encore par la corde du tympan dont fexcitation fait congestionner la glande (Schilf, Cl. Bernard) et peut par conséquent en déterminer l'hypersécrétion.
L'atropine pourrait donc tarir la sécrétion sousmaxillaire par trois mécanismes différents : 1° en excitant les fibres vaso-constrictives du sympathique; 2° en paralysant les fibres vaso-dilatatrices de la corde du tympan; 3° en paralysant les fibres sécrétoires de ce même nerf. Lequel de ces mécanismes *^sl le vrai ? Les expériences vont nous le dire.
4^ Quand chez un animal on a excité la sécrétion sous-maxillaire par le jaborandi, la l'aradisalion du sympathique diminue la sécrétion, mais elle est impuissante à Varrêter {Langley, Yulpian). Si au lieu d'électriser le sympathique de cet animal on lui fait une injection d'atropine, la sécrétion s'arrête (Vulpian). Je conclus, du rapprochement de ces deux expériences, que ïairopine n'excite pas les fibres vasO' constrictives du sympathique.
2° U atropine ne paralyse pas les fibres vaso-dilatatrices de la corde du tympan, car lafaradisation de ce nerf exerce sur les vaisseaux la même action qu'à l'état normal (Heindenhain).
3** L'atropine paralyse les fibres sécrétoires de la corde du tympan^ puisque l'électrisation de ce nerf, qui normalement produit l'hypersécrétion de la glande, ne provoque pas la moindre sialorrhée (Heidenhain).
Ainsi l'atropine paralyse les fibres sécrétoires de la corde du tympan en respectant les fibres vaso-dilatatrices. Elle a sur ce point, comme substances antagonistes, le jaborandi, l'ésérine et la muscarine.
La glande sublinguale ayant la même innervation que la glande sous-maxillaire, il est rationnel de penser que l'atropine a sur elle la même action.
La glande parotide a aussi son nerf sécréteur, le rameau de Jacobson (voyez Jaborandi), on est donc en droit de supposer sur elle une action semblable à celle que l'atropine exerce sur la glande sous-maxillaire ; mais on n'a pas fait d'expériences à cet égard.
Sécrétion sudorale. — Les expériences de Luchsinger et Nawrocki ont montré que l'électrisation du nerf sciatique produit l'apparition de la sueur sur la pulpe
digitale des chais, alors même qu'on a préalablement lié l'aorte abdominale (Voy. Jaborandi). Les glandes sudoripares ont donc -aussi des nerfs sécréteurs.
L'atropine supprime la sécrétion sudorale. Le mécanisme de cette suppression est vraisemblablement le même que celui qui arrête la sécrétion salivaire. Bien que nous ne puissions en fournir des preuves péremptoires, on peut par analogie approcher de la vérité. Le jaborandi détermine une hypersécrétion sudorale par excitation des fibres sécrétoires, or l'atropine empêche l'action sudorifique du jaborandi; elle agit donc probablement sur les mêmes fibres.
Sécrétions diverses. — L'atropine diminue la sécrétion lactée (Sydney- Ringer et Gould).
Vulpian a reconnu que l'atropine arrête la sécrétion pancréatique provoquée par le jaborandi et diminue l'abondance de la sécrétion biliaire, dans les mêmes conditions. La sécrétion iirinaire n'est pas influencée par ce médicament.
Antagonisme entre l'atropine et la morphine. — Pour que deux substances soient antagonistes il ne suffit pas qu'elles produisent des effets contraires, mais il |aut que ces effets contraires résultent d'une action opposée sur le même élément anatomique.
L'atropine et la morphine ont certainement quelques effets antagonistes : ainsi l'atropine paralyse les pneumogastriques, la morphine les excite ; l'atropine excite le centre respiratoire, la morphine le paralyse; mais ces deux substances produisent aussi des effets semblables : elles excitent et paralysent toutes deux les centres nerveux, toutes deux elles paralysent les nerfs sensitifs, excitent et paralysent les cen-
ATliOPINE. 137
1res vaso-moteurs. Peut-on dire après cela que l'atropine et la morphine soient antagonistes?
En admettant un certain antagonisme entre quelques-uns de leurs effets physiologiques, cet antagonisme disparaît à coup sûr dans les empoisonnements, car la mort arrive dans les deux cas par la paralysie des centres nerveux, du cœur et de la respiration. Est-il donc possible de fonder un espoir sur l'antagonisme de l'atropine et de la belladone dans l'empoisonnement par l'une de ces substances ? Plusieurs auteurs l'ont pensé, mais les faits n'ont pas répondu à leur attente. Camus et Denis ont constaté expérimentalement, le premier, que la belladone n'empêche pas la mort par l'opium, le second, que la morphine, la codéine et la narcéine ne modifient en rien les effets de l'atropine. On a publié cependant un certain nombre d'observations où la morphine s'est montrée efficace dans l'empoisonnement par l'atropine. Gubler pense que la guérison se serait faite tout aussi bien sans l 'intervention de la morphine, et il rapporte lui-même un cas d'empoisonnement par 0s^%05 d'atropine qui guérit parfaitement sans morphine. En résumé nous croyons qu'on ne doit pas avoir une grande confiance dans l'antagonisme de la belladone et de la morphine.
Antagonisme de l'atropine et de l'ésérine. — L'atropine et l'ésérine ne sont antagonistes que dans leur action sur la pupille : la première dilate la pupille par paralysie de l'oculo-moteur, la seconde la rétrécit par excitation de ce même nerf. Les expériences de Fraser démontrent que les autres effets de ces deux substances ne se neutralisent nullement,
Antagonisme de l'atropine et de la pilocar-
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pine. — C'est certainement entre ces deux substances qu'il y a le plus d'antagonisme, l'une paralyse les nerfs sécréteurs, l'autre les excite ; l'une paralyse le moteur oculaire commun, l'autre l'excite; l'une paralyse le pneumogastrique, l'autre l'excite. (Voyez pour plus de détails : Jaborandi),
Les usages de l'atropine sont basés sur ses propriétés de dilater la pupille, de diminuer la sensibilité, de tarir certaines sécrétions, de faire contracter les tuniques musculeuses de l'intestin.
1° L'emploi de l'atropine comme mydriatique est, on le sait, très répandu. On s'en sert pour le simple examen ophthalmoscopique; dans ce cas, il suffit d'instillations avec des solutions étendues. Les collyres à l'atropine sont employés dans les kératites, les iritis, pour prévenir ou rompre les adhérences de l'iris ; dans le glaucome, pour diminuer la tension intra-oculaire, résultat qui est la conséquence de la paralysie du muscle accommodateur; dans toutes les affections oculaires enfin l'atropine peut rendre des services en diminuant la sensibilité et les douleurs.
2° La propriété d'abolir la sensibilité que possède l'atropine la rend utile dans un grand nombre d'affections, dans les douleurs et névralgies diverses, dans la gastralgie, Vhépatalgie, les coliques hépatiques, néphrétiques, etc. Les affections spasmodiques réflexes sont également justiciables de l'atropine, telles sont la coqueluche, Vépilepsie, l'asthme, la chorée, la toux; les contractures réflexes de Va)ius, de la vulve, du col de Vutérus, de ïurèthre pourront être vaincues par ce moyen.
3° L'atropine est le plus puissant des anti-sécréteurs; elle n'a pas d'égale pour la suppression des sueurs, et son usage est aujourd'hui journalier depuis que le professeur Vulpian a fait connaître les résultats merveilleux qu'il en a obtenus pour arrêter les sueurs des phthisiques.
L'indication de supprimer la sécrétion salivaire s'offre rarement, mais si le cas se présentait, il faU' drait avoir recours à l'atropine.
De même cet agent est utile dans la galaclorï'hée, ou pour tarir la sécrétion lactée des femmes qui ne veulent pas allaiter.
i° L'excitation des mouvements intestinaux qu'on obtient par l'atropine est mise à profit dans la constipation, Vobstruction intestinale, V étranglement herniaire, mais nous ne pensons pas que dans ces derniers cas on doive beaucoup compter sur ce moyen.
Le resserrement des vaisseaux produit par l'atropine peut être utilisé dans les hémorrhagies , mais il est inférieur sous ce rapport à l'ergot de seigle.
Appliquées localement sur les organes pourvus de fibres lisses, les préparations belladonées font cesser les spasmes et contractures ; aussi les emploie-t-on avec succès dans les contractures de l'urèthre, de l'a' nus, du vagin, du col de Tutérus.
Traitement de l'empoisonnement par l'atropine. — Après les évacuants on a recommandé d'administrer le tannin, le charbon et l'iode. Le reste du traitement ne peut être que symptomatique. Nous avons vu ce qu'il fallait penser de l'antagonisme de l'atropine, entre l'ésérine et la morphine ; pour nous.
si nous voulions avoir recours à une substance antagoniste, c'est au jaborandi que nous nous adresserions.
Préparations. — Doses.
BeUSidone^ Poudre déracine. 0sr,02 O^r^io
Poudre de feuilles 0,03 0 ,30
Extrait aqueux 0 ,01 0 ,10
Teinture 0 ,10 0 ,10
Sirop. 10 20,
Pommade belladonée. 1/8
Atropine et sulfate d'atropine : O^r^oOOô — 0Br,003.
Sirop lOàSO
/wyec/zon50ws-cM?«^2ee.' Sulfate d'atropine 0,01
Eau de laurier-cerise 10
Chaque seringue renferme 1 milligr. d'atropine. Il est utile d'associer la morphine à Tatropine.
Collyre faible 0^^001/10
Collyre fort 0,005/10 (Desmarres.)