OBSTRUCTION INTESTINALE
Vileios ou passio iliaca des anciens auteurs. Je n'ai pas besoin de vous rappeler combien a été ajouté à nos moyens de diagnostiquer cette affection par les recherches de feu le D'^ Brinton. Et nous ne pouvons mieux faire que de suivre ses conseils dans le traitement de ces cas quant à ce qui est de la limitation des ingesta et du maintien au repos. Nous n'avons que faire, tout en y applaudissant, de ses injonctions de s'abstenir de médicaments purgatifs ; et remploi des lavements, de l'insufflation, de l'électromagnétisme et des procédés chirurgicaux, nous est commun à tous ; la seule différence est que les remèdes médicinaux que nous possédons nous rendent à un haut degré indépendants de ces secours.
Au point de vue pratique, il est important de bien diagnostiquer les cas de simple obstruction, et ceux d'étranglement, ces derniers comprenant nécessairement ceux d'invagination. Que l'obstruction simple, sans tendance spéciale à l'inflammation, puisse exister, cela est je pense
de toute évidence, si nous jetons les yeux sur une collection quelconque de cas de cette espèce. Elle a sa parallèle dans la hernie engouée. Si on peut découvrir raccumulation fécale, Texplication va de soi ; et il en est de même des indications thérapeutiques. Opium est le médicament approprié, car la paresse des mouvements péristaltiques doit avoir précédé Taccumulation, et les lavements, les manipulations et Télectro-magnétisme sont des auxiliaires utiles. (Lorsqu'il n'existe pas un obstacle mécanique semblable, j'admets qu'il existe sous ces cas un spasme ou une paralysie partiels. Ici je vous recommande l'emploi constant de Plumbum. On l'a à peine donné avec la confiance qu'il mérite ; mais il a joué un rôle important daïis le traitement de plusieurs cas d'obstruction intestinale (1); quant à sa parfaite homœopathicité, je n'ai pas besoin de la faire ressortir.
Lorsque les symptômes d'obstruction sont accompagnés de ceux d'inflammation locale, nous avons à redouter l'invagination chez l'enfant et plutôt l'étranglement (plus communément) chez l'adulte. Dans le premier cas, l'insufflation hippocratique d'air dans les intestins paraît le remède mécanique le plus rationnel contre une lésion mécanique elle-même ; tandis que Belladonna^ Nuœ vomica et Aconit peuvent aider à corriger des mouvements péristaltiques irréguliers et excessifs, et prévenir l'inflammation. Le cas du D^ Morgan, dans lequel les deux derniers médicaments se montrèrent curatifs, parait avoir été un exemple de cette forme d'obstruction chez l'adulte (2). Si l'étranglement interne, comme par des brides, des adhérences, etc., extérieures à l'intestin, est diagnostiqué d'une manière satisfaisante, je ne saurais conseiller de meilleurs médicaments, mais je ne pourrais espérer beaucoup de leur action si j'étais moi-même le patient. Je ne pense pas que j'hésiterais à me faire ouvrir l'abdomen dans le but de lever l'étranglement. Les chances de
(1) Voy. Britisk Journal of Homœopdthy, XVÏ, 76; XXXI, 376. Monthly Hom» Review, II, QQ,
(2) Voy. Monthlu Hom, Review, IX, 100.