‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 132 sur 189 · I.A SYPHIUS PXTIiMONAIRK · texte numérisé non relu

I.A SYPHIUS PXTIiMONAIRK

est décrite comme se présentant sous deux formes. Ce peut être une irritation bronchique chronique, avec les symptômes généraux de laphthisie, complémentaire de syphilides cutanées secondaires; ou elle peut consister en dépôts de nodules gommeux qui se ramollissent quelquefois comme des tubercules, (Phthisie syphilitique). Dans la première variété, les lodures de mercure seraient probablement curatifs; dans la seconde je ne saurais espérer d'amélioration en dehors de l'emploi de l'Iodure de Potassium.

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doit être mentionné ici, pour que nous soyons complets ; mais je n'ai aucun renseignement ni aucun conseil à donner quant à son traitement. Dans le seul cas que j'aie rencontré, Hamamelis arrêta l'hémorraghie; et ce fut tout ce que je pus faire.

Pour compléter les maladies affectant les organes respiratoires, il nous reste à étudier les affections de la plèvre et du diaphragme, et celles des parois thoraciques.

est une maladie dont le traitement homœopathique est aussi bien institué que celui de la pneumonie. Les médi-

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caments indiqués par le D' Wurmb il y a trente ans (je vous renvoie à son excellente monographie sur la maladie, traduite du douzième volume de VHygea pour le premier volume du British Journal) continuent d'être ceux auxquels presque tous nous avons recours aujoud'hui. Nous avons de plus dans notre pouvoir d'arrêter Tinflammation de la plèvre sans moyens héroïques une confiance qui ne semble pas exister dans la vieille école. Fraentzel (1), après avoir parlé du « tort infini » que fait Texpectation appliquée à la pleurésie, conseille d'en revenir à la pratique de nos prédécesseurs, c'est-à-dire « un traitement antiphlogistique sévère, combiné avec dés moyens susceptibles de provoquer la résorption, » et si ces moyens échouent, à la thoracentèse. D'un autre côté, Béhier et Peter attestent que la mortalité parmi les pleurétiques dans les hôpitaux de Paris a doublé pendant ces six dernières années, en sorte que les vues les plus récentes des Français sur ce sujet, ne paraissent pas conduire à des résultats très heureux. Dans la pleurésie aiguë simple, par suite de l'exposition au froid, chez une personne saine, et accompagnée d'une fièvre distincte, kconiY est de l'aveu detous le médicament suffisant. La plèvre est un des nombreux tissus pour lequel il est un irritant spécifique, d'où il suit qu'il couvre toute la maladie. Lorsque l'état du malade indique ce médicament, il peut guérir très rapidement et à des doses très faibles; « toute Taffection, » comme dit Jahr, « est quelquefois enlevée comme par magie en vingt quatre ou vingt huit heures au moyen d'Aconit 30, donné toutes les deux ou trois heures. » Comme exemple probant de son efficacité, je puis vous référer au cas relaté par le D^ Hayle à notre congrès de Bristol (I). Il paraît avoir eu lieu (il y a de nombreuses années, dit-iJ) avant les jours de la thermométrie, ou même du diagnostic physique, mais je pense qu'on

(1) Fraentzel. Jn Ziemssen's Hcmàbuch, t. V, !'• édition, 1874; 2« édition, 1877.

(2) Voy. Monthly Hom. Review., XX, 671.

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ne peut douter que c'en était un de pleurésie commençante avorté par Aconit 30*.

Mais je pense que comme moi vous touverez que cette pleurésie typique se rencontre rarement. Sans parler actuellement de Tapparition de la maladie comme lésion secondaire, elle s'établit communément d'une manière plus insidieuse, sans frisson distinct, et avec un épanchement fibrine -séreux précoce. D'où il suit que notre grand anti-pleurétique, Bryonia, est le remède de cette variété de la maladie. Vous vous rappellerez mes citations de Trinks au sujet de la place de ce médicament dans toutes les inflammations séreuses (1).

Etudiez de plus, les rapports de l'hôpital Léopoldstadt, dans lesquels d'année en année il tient la tête des médicaments de la pleurésie ; et vous verrez bien confirmé son emploi presque invariable dans la forme et la période de la maladie que j'étudie actuellement. Bryonia est recommandée aussi après Aconit lorsque ce dernier n'a pu arrêter les progrès de la maladie; et moi-même j'ai l'habitude de l'employer dans la pleurésie plastique cir-^ consente que nous rencontrons souvent, et qui, si elle n'est pas reconnue, devient le siège d'adhérences très nuisibles.

Le D' Jousset est le seul thérapeutiste (à ma connaissance) gui ne compte pas sur la Bryone dans la pleurésie ordinaire. Il la remplace, aussitôt que l'épanchement s'est établi, par Cantharïs, ainsi que je l'ai dit en parlant de ce médicament; il admet qu'il échoue quelquefois (dans un cas Apis le remplaça avec avantage); mais cçmme règle générale, il recommande de le continuer patiemment, nous rappelant que dans la pleurésie les changements sont graduels.

D'autres médicaments peuvent être nécessaires d'après des traits particuliers de cas individuels. Si l'épanchement était principalement plastique, et lent à disparaître, Sulfur est éminemment calculé pour en provoquer la ré-

(1) Hughes, Pkarmacodynamique^ article Bryone.

sorption. Encore plus loin de la lésion primitive, Hepar SulfurU est fortement recommandé par Wurmb pour dissiper le dépôt de lymphe qui reste ; et on peut en lire un bon exemple dans le dix-huitième volume du British Journal of Homœopathy,

Le même auteur parle chaleureusement de V Arsenic lorsque Tépanchement séreux de la pleurésie est extraordinairement rapide et abondant. « L'Arsenic, » dit-il (( est indiqué spécialement dans la pleurésie séreuse, et notre confiance en lui est si grande, que nous désespérons entièrement de la possibilité de guérir un cas de pleurésie séreuse dans lequel Tarsenic n'a produit aucun changement favorable, comme dans Tépanchement hémorrhagique qui défie l'art. ftLes premiers bons effets du médicament se manifestent par le soulagement de la respiration péniblement asthmatique ; ensuite les gonfiements hydropiques s'affaissent, et à la fin la résorption de Fépanchement à lieu. L'Arsenic est aussi un des médicaments qui font du bien rapidement s'ils doivent en faire. » Il recommande aussi, (avec Fleischmann et Bâhr) Bigitalis pour cette « pleuritis serosa. » Une expérience plus récente a ajouté Apis comme un excellent médicament lorsque les épanchements séreux de la plèvre restent trop longtemps sans être résorbés.

Lorsque l'épanchement pleurétique subit la métamorphose purulente, et qu'il y a emphysème, il est très douteux que l'on puisse accomplir quelque bien sans évacuer le liquide. Si les symptômes ne sont point urgents, nous pouvons essayer, (comme le conseile Bahr) de combattre l'altération, à l'aide du Mercurius, ou de provoquer la résorption du pus avecHepar Sulfuris; mais comme règle je pense qu'il serait d'une meilleure pratique d'évacuer la matière, et d'essayer au moyen de Silicea de prévenir sa nouvelle formation. Vous pourriez en injecter une solution dans la cavité pleurale, outre que vous donnerez le médicament à l'intérieur. Vous vous rappellerez nécessairement le pouvoir du China sur la fièvre hectique engendrée par l'écoulement du pus.

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La pleurésie secondaire, lorsqu'elle appelle l'attention d'une manière particulière, doit être traitée d'après le principe déjà émis. Si elle survient dans le cours du rhumatisme aigu, vous continuerez votre Aconit et votre Bryone. Si elle coïncide avec des tubercules pulmonaires, Bryonia peut suffire. Mais c'est ici que Kali Carbontcum a acquis tant de réputation. La pleurésie survenant dans le cours de la maladie de Bright serait probablement guérie par Arsenicum de préférence à tout autre médicament: ceci nous amène à

li'HTDROTHORAX,

terme que je me permets d'employer pour désigner une collection de liquide dans la cavité pleurale, quelle que soit son origine. Cette collection peut donc être soit l'épanchement qu'a laissé derrière elle une inflammation, soit une bydropisie secondaire. Dans le premier cas, nous pouvons entreprendre le traitement avec des cbances très grandes de succès, et nous n'avons besoin que de ponctionner le thorax lorsque la quantité de liquide est excessive. Si l'atteinte inflaminatoire est assez récente, on peut obtenir de bons résultats à' Apis. Mais notre grand médicament ici est Sulfur, Je puis vous renvoyer pour des renseignements en sa faveur par le D'^ Cate, de Salem (États-Unis) à son mémoire très soigné sur l'hydrothorax contenu dans les Transactions of the Américain Institute of homœopathy de 1868. Qu'il s'agisse d'un épanchement pleurétique non résorbé, ou de celui qui a lieu insidieusement tout d'abord, « je ne connais, » écrit-il, « aucun médicament aussi efficace que Sulfur. »

J'ai souvent guéri ces formes de l'hydrothorax par l'emploi continu de Sulfur, trois à quatre doses par jour d'abord, mais, si Famélioration continue, je n'en donne plus qu'une ou deux par jour; sous l'influence de ce médicament j'ai eu la satisfaction de voir F épanchement diminuer rapidement de jour en jour, jusqu'à sa disparition complète. Lorsqu'il n'y avait plus de liquide, j'ai

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trouvé disparus aussi les points indurés et épaissis, et la santé se rétablissait entièrement par l'usage continu du même médicament. Dans ce but j'en ai continué Fusage plusieurs mois de suite, et dans quelques cas, pendant même un an et demi » ; il en obtient aussi des effets considérables dans les cas où il s'est formé des adhérences. « Par son usage continu les adhérences sont absorbées graduellement, la poitrine se développe, et le poumon rétracté reprend, à un certain degré du moins, son ancienne action et son volume ordinaire. »

Lorsque Thydrothorax est une h-^dropisie (et ce nom ne conviendrait strictement qu'à cette forme),la possibilité de la guérir par un traitement médical doit dépendre de sa cause. Lorsqu'il est d'origine mécanique, et coïncide avec une obstruction pulmonaire ou une insuffisance du cœur droit, Digitalis. Arseiiicum pourraient quelquefois améliorer l'état cardiaque, et on peut souvent donner un soulagement temporaire considérable (comme l'a démontré le D' Cate) en agissant sur les poumons engorgés avec le Tartarus Émeticus et le Phosphorus. Mais l'affection est réellement incurable. Lorsque l'hydrothorax fait partie d'une hydropisie générale ayant sa racine dans les reins, on peut souvent le soulager parles moyens que nous adoptons pour améliorer l'état de ces organes et le sang appauvri.

Je n'ai rien à dire ici du pneumothorax, qui est évidemment en dehors des ressources médicinales.

Nous savons très peu de chose sur les maladies du diaphragme^ au point de vue pathologique comme au point de vue thérapeutique. Kafka est le seul de nos auteurs qui nous donne sur elles quelques renseignements. Son inflammation est toujours une extension de la pleurésie ou de la péritonite à son revêtement séreux et ne demande pas de traitement spécial, à moins que ce ne soit pour l'état spasmodique dans lequel peut se trouver jeté ce muscle. Lorsque celui-ci est continu, déterminant une douleur contractive entourant le corps comme un cercle, Cactus ou Cuprum seraient indiqués. Quelquefois (dit

PLEtJRODYNIE. 429

Kafka) il peut déterminer un rire spasmodique, pour lequel il recommande le dernier de ces médicaments avec Belladonna, Hyoscyamus etignatia. Plus souvent encore il se manifeste sous la forme de hoquet qui peut être soulagé (dit-il) par les mêmes remèdes et par le sulfate d'Atropine si la Belladone échoue, quoique indiquée. Je suppose que le hoquet est toujours un spasme chronique du diaphragme ; et quelquefois il se présente à nous comme symptôme désagréable tenant à d'autres affections, ou apparemment de nature idiopathique. Dans des cas pareils je vous recommanderais Cicuta; et lorsqu'il est lié à de l'épuisement (comme dans la dernière période de la phthisie) Mosckus,

J'ai vu un cas de rhumatisme aigu du diaphragme, il céda très bien à Bryonia.

Les parois thoraciques sont le siège de la

PLEURODYNIE.

Je comprends sous ce titre toutes les formes de douleurs se montrant dansles parois thoraciques. La Pleurodynie, dans cette acception étendue, peut être un rhumatisme, une myalgie ou une névralgie.

1. Dans la pleurodynie rhumatismale vous donnerez Acomt, à doses répétées d'une basse dilution, si l'atteinte est récente, spécialement s'il y a de la fièvre. Mais à moins d'avoir obtenu un prompt soulagement, vous ferez bien de subsistuer des médicaments ayant plus d'affinité locale pour les parois thoraciques. Bryonia^ Actœa racC' mosUy Ranunculus hulhosus^ et Colchicum sont tous plus ou moins homœopathiques et curatifs. Je choisirais le premier là ou la diathèse rhumatismale est très marquée; le second chez les femmes, le troisième lorsque la douleur est très-intense, telle que le malade n'ose pas bouger ; (1) le quatrième dans les cas où il y a une tendance goutteuse aussi bien que rhumatismale.

(1) Voyez le cas du D' Dudgeon, dans le volume XXIV, du Brit, Journ. of Hom., p. 160.

2. La pleurodynie myalgique a aussi trouvé son remède dans Hanunculus, comme le font voir quelques cas relatés par Strong dans le dixième volume du M^onthly Hotnœopathic Beview. Mais son principal médicament est VArnicaj lorsqu'elle ressemble assez à la pleurésie pour rendre le diagnostic embarrassant; a fausse pleurésie. » Quelques doses de ce médicament éclaiciront la question en éteignant les symptômes.

3. La pleurodynie névralgique (névralgie intercostale, douleur sous-mammaire) se montre sous deux formes principales. La première, chez les jeunes femmes bien portantes d'ailleurs, chez lesquelles elle est hystérique, ou autrement symptomatique d'un dérangement dans les fonctions utérines. Ici le spécifique est Actœa racemosa. La seconde forme est une névralgie idiopathique chez des sujets anémiques ou débilités. Chez ceux-ci Arsenicum ou Ranimculus soulageront encore la douleur ; mais son retour doit être nécessairement prévenu par des moyens qui relèvent l'économie.

Telle est ma propre expérience à propos de la pleurodynie, mais je dois y joindre les contributions du D' Jousset à sa thérapeutique. Il ne parle dans son chapitre que de ce que j'ai appelé la forme rhumatismale, c'est-à-dire celle qui résulte de l'exposition au froid ou à l'humidité.

Il recommande Nux-Vomica de préférence à Bryonia, lorsque le patient ne peut pas se coucher sur le côté affecté (le symptôme opposé indiquant le dernier médicament) ; et ActsBa racemosa là ou Bryonia, quoique bien indiquée, a échoué, spécialement lorsqu'il existe cette défaillance d'estomac qui en est la caractéristique. Pour la névralgie intercostale chez les hémorrhoïdaires, ilparle de Nux-Vomica comme d'un médicament très-sûr ; et il vante Pulsatille chez les sujets appropriés à ce médicament lorsque la douleur est soulagée chaque fois que les malades changent de position.

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