LETTRE XLVI
Vous trouverez cette division très arbitraire, et vous serez peut-être disposé à la critiquer, comme ne convenant pas à une classification scientifique. Cela peut être, quoique je ne puisse douter qu*elle soit utile au point de vue pratique, pour présenter en un même cadre les maladies particulières à la première et à la seconde enfance, et les modifications des maladies habituelles que présentent ces sujets. L'élément « jucunde » du traitement homœopathique fait naturellement rechercher ce dernier pour les enfants, en sorte que nous possédons une large expérience du traitement de leurs maladies; et je ne pen^e pas que vous trouviez l'arrangement en question autrement que convenable.
Je commencerai par passer en revue les classes de maladies déjà identifiées, et par noter le traitement de celles d'entre elles qui sont propres aux enfants, ou qui offrent des caractères spéciaux lorsqu'elles surviennent dans le jeune âge.
En plus de ce que j'avancerai moi-même, vous pouvez consulter les traités spéciaux sur les maladies des enfants par Hartman (1), Hartlaub (2) et Teste (3) ; et les remarques sur les affections infantiles qui forment le sujet d'appendices aux manuels gynécologiques desD^^ Leadam et Guernsey (4).
(1) Hartmann, Thérapeutique homœopathique des maladies des Enfants, trad. par Léon Simon. Paris, 1853.
(2) Hartlaub, Le médecin homœopathe des enfants ou Conseils aux pères et aux mères, aux maîtres et aux maîtresses de pension sur la m>anière de les élever et de les traiter dans leurs indispositions y trad. par Sarrazin. Paris, 1837.
(3) Teste, Traité homœopathique des maladies aigués ou chroniques des Enfants. 2* édition, Paris, 1856.
(4) Guernsey, Traité d'accouchements, des m,aladies des femnies. et des maladies des enfants, trad. par Chauvet. Paris, 1880.
618 MALADIES DES EIOi'ANTS.
Parmi les maladies générales, nous avons à traiter une fièvre, la rémittente infantile; puis le crétinisme et le rachitisme. Nous avons aussi à parler delà forme que prend la syphilis dans les premiers mois de la vie.
FlàSVKSt INTERMITTBKTE IKFAXTTTLE.
Je sais que de nos jours \\ est controversé que cette fièvre soit une entité pathologique distincte ; mais je ne puis douter de son existence, ni de son indépendance de toute inflammation locale. Le D' Guernsey en a fait une excellente description; de plus, nous avons pour elle un médicament des plus efficaces dans le Gelseminum, fait qui en lui-même a une grande portée pour en établir la nature essentielle. Je vous recommande bien de donner ce ndédicament au lieu de l'Aconit lorsque le caractère rémittent de la fièvre est bien marqué. Mais il aura en général besoin d'un allié pour parer aux symptômes gastriques, et j'ai toujours trouvé ce dernier dans Pulsatilla^ quoique je ne doive pas oublier Antimonium crvdum. Si les symptômes cérébraux dominaient, leur remède le plus important serait Hyosciamus,
Quelquefois il existe un état analogue à la fièvre rémittente, lequel se prolonge beaucoup, et on découvre alors la présence de l'helminthiase. Que les vers, cependant, soient présents ou non, vous ne pouvez mieux faire que de suivre dans ces circonstances le conseil du D*^ Chepmell, de donner Cina (1).
CRÉTIKISMB.
Les seules connaissances que nous ayons au sujet. de ce que peut l'homœopathie dans le traitement de cette épouvantable maladie nous viennent de l'expérience du D*" Guggenbûhl, condensée par lui dans son Lie Heilung und Verhûtung des Cretinismus und ihre Neusten Forts-
(1) Hints for the Praotioal Stt^y of the Homœopathio Method, p. 35.