ATAXIE LOCOMOTRICE
quelle les muscles affectés sont atrophiés (sclérose spinale latérale amyotrophique). Si on compare la description que j'ai donnée dans ma. pharmacodynamique d'une paralysie du bras chez un ouvrier en cuivre, avec une figure duD'^ Hammond (1), destinée à illustrer cette affection, on trouvera l'analogie exacte,
La sclérose des cordons postérieurs, plus exactement, des zones des racines postérieures avec leurs prolongements intra-crâniens, constitue l'intéressante maladie connue anciennement (comme au temps de Romberg) sous le nom de Tabès dorsalis^ mais appelée aujourd'hui
ATAXTE locomotrice:.
J'ai plus d'une fois appelé l'attention (2) sur l'analogie frappante qui existe entre les effets de la Belladonna et les symptômes de cette maladie; et je suis d'opinion que lorsqu'elle est à sa période commençante, lorsque sont présents les « douleurs fulgurantes » et les autres symptômes d'éréthisme, elle peut rendre des services essentiels. Je pense avoir arrêté par son aide un cas débutant. Mais la connaissance que nous avons de ce fait que le processus morbide est situé plutôt dans la névroglie de la moelle que dans sa substance grise nous fait douter qu'aucun nervin végétal puisse guérir ici, et nous porte à employer de préférence les métaux qui agissent plus profondément. Parmi eux, Argentum, sous la forme de nitrate, et nécessairement à doses massives, a trouvé beaucoup de faveur chez les praticiens de la vieille école; ses succès, cependant, sont très- variable s. Dans nos propres rangs, le D' Von Bônninghausen a publié il y a quelque temps deux cas de « tabès dorsalis » qui, suivant sa description, étaient de l'ataxie locomotrice, dans lesquels la guérison avait été obtenue à l'aide d'Aluminium métallicum (pas Alumina) à la 200' dil. (3). Le D"" Frédault a dernièrement publié quelques expériences encoura-
(1) Voyez Hammond, édition française, page GC9.
(2) Voy. BriU Joum. of Hom,, XXVII, 6.
(3) Voy. Amer, Hom, Écview.^ vol. il.
Hughes. — Thérap. homœop. 13
géantes B.\ec Zincumsulfuricumy qu'il donne àlaô^dil. (1). L'excitation sexuelle pénible qui se montre quelquefois dans les premières périodes de cette maladie peut être soulagée par V Acide Pïcrtque. Mais ie ne saurais penser que ce médicament soit homœopathique au processus morbide essentiel, comme je le démontrerai lorsque j'en viendrai à parler du ramollissement de la moelle. Il y a grande pénurie d'expérience homœopathique ici, et nos livres classiques sont silencieux à ce sujet, ou ne donnent que peu de suggestions quant au traitement.
L'ATROPHIB MXJSCUIiAIRB PROGRESSIVE
est la dernière maladie de ce groupe. Pendant quelque temps on fut incertain si c'était une maladie des muscles eux-mêmes tout d'abord, ou de la moelle. La question est tranchée actuellement en faveur de la dernière opinion, et par là se trouve complétée la ressemblance de ses phénomènes avec ceux de l'empoisonnement chronique par le plomb. Lorsque j'ai traité la question de Plumbum, j'ai fait voir combien Tanalogie était étroite ici, et je n'ai qu'à répéter la recommandation donnée alors que l'on fasse un essai complet du médicament dans \e premier cas se présentant à quiconque d'entre nous, et que l'on publie les résultats.
Il y a une autre forme de cette maladie dans laquelle les muscles, quoique entravés dans leurs fonctions, sont augmentés plutôt que diminués de volume. C'est la paralysie spinale pseudo-hypertrophique de Duchenne (de Boulogne) (2). La dégénérescence et les dépôts graisseux paraissent être l'essence de l'altération musculaire. Tandis que la lésion centrale est identique à celle que l'on trouve dans la paralysie spinale ordinaire. Phosphorus prend ici la place dePlumbum, et dans mes remarques sur ce médicament j'ai cité un cas dans lequel il a donné un résultat remarquable. Depuis, j'en ai vu un autre semblable.
(1) Voy. Bulletin de la Soc, Hom„ XVII, 396.
(2) Duchenne (de Boulogne), Le VElectrisation localisée et de son application d la pathologie et dla thérapeutique^t 3® édition. Paris, 1872.
BAMOLLISSEBfSNT DE LA MOELLE. 219
Ici s'arrête ce que j'ai à dire sur les inflammations de la moelle épinière. Quelques mots actuellement sur le
RAMOLUSSEMBNT DB LA MOBUUC
lequel peut être primitif et non inflammatoire. Je pense que c'est cette maladie qui , plus fréquemment que l'ataxie locomotrice, est désignée dans les anciens livres comme étant le tabès dorsalis ; car la maladie appelée ainsi passe pour être la conséquence ordinaire des excès sexuels, et la forme d'altération déterminée par cette cause est le ramollissement. Nous avons dans Phosphoi^us et Picric acid deux excellents médicaments pour elle, tous deux ayant déterminé la lésion chez les animaux et les symptômes chez l'homme, et tous deux ayant des rapports avec la cause excitante habituelle. Ils ne peuvent, il est vrai, être capables d'effectuer la régénération de la subs'tance déjà ramollie, mais ils peuvent probablement arrêter tout progrès du processus morbide. L'Acide picrique a montré son pouvoir d'agir ainsi dans un cas décrit par le D' Lilienthal (1). Il le cite comme un exemple d'ataxie locomotrice, mais je ne saurais l'interpréter ainsi. Je ne vois aucun symptôme de cet état dans la pathogénésie du médicament. Les animaux empoisonnés par lui moururent paralysés, et on trouva leur moelle épinière blanche, molle et diffluente, pendant que la faiblesse el la pesanteur des membres éprouvées parles expérimentateurs semblent être de même nature et avoir la même signiûcation.
Il me reste à parler des blessures affectant la moelle. Celles-ci peuvent provenir soit de l'intérieurj soit de l'extérieuri
Parmi les premières est l'hémorrhagie spinale, dans laquelle, si quelque bien peut être fait, ce sera probablement (comme le recommande le D' Jousset) par Aconit et Arnica ; et la commotion de la moeUej pour laquelle nous paraissons avoir dans Hypericum un médicament
(1) North Amer, Journ. of Hom „ XXIV, 63.
plein de promesses, j'entends, nécessairement, lorsque ces effets n'ont pas été jusqu'à la congestion ou l'inflammation, cas dans lesquels les médicaments appropriés à ces états arriveraient en ligne. Comme lésions de la moelle d'origine extérieure, je classe les deux importantes maladies connues sou» le nom de Tétanos et d'Hydrophobie.