CIRCULATION LYMPHATIQUE
Pour obtenir du chyle ou de la lymphe, plusieurs moyens sont en pratique. On peut prendre simplement le contenu de la citerne de Pecquet, en ouvrant l'abdomen d'animaux tués en pleine digestion. On peut, et c'est le moyen le plus usité pour expérimenter sur la lymphe, pratiquer une fistule du canal thoracique, ou bien isoler quelques troncs lymphatiques principaux. Enfin un procédé qui fournit du chyle pur, consiste à pratiquer une fistule au canal chylifëre mésentérique des ruminants. Nous en emprunterons la description à M. Colin qui est le premier à avoir employé ce procédé.
Fistule du canal thoracique. — Pour pratiquer cette fistule, il faut se rappeler que ce canal présente chez tous les animaux, et même dans la même espèce, d'un animal à l'autre, des variétés infinies, soit dans son parcours, soit dans sa terminaison, qui est plus souvent multiple que simple. La terminaison se faisant à peu près toujours
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au même point, c'est-à-dire au confluent de la jugulaire gauche et du gros tronc veineux venant du membre antérieur gauche, il sera facile de la découvrir en procédant comme je vais le dire, prenant le chien comme type de la description.
Le canal thoracigue du chien est habituellement simple dans toute son étendue; près de son insertion il se divise quelquefois en plusieurs branches, qui ne tardent pas à se réunir pour former une ampoule qui reçoit les vaisseaux de la tète, du cou et du membre antérieur du côté gauche, et vient s'ouvrir vers la terminaison de la jugulaire gauche. Cette terminaison est loin d'être toujours identique, car si quelquefois on la trouve unique, il m'est souvent arrivé de trouver un grand nombre de branches de terminaison formant une sorte de plexus vasculaire .
Pour arriver sur ce canal, il faut choisir un chien d'assez forte taille et en pleine digestion. On le fixe solidement sur le dos, en ayant soin de maintenir la tête un peu déviée à droite, pour tendre la région latérale gauche du cou. On anesthésie Tanimal et, comme on a besoin d'une grande immobilité pendant un temps assez long pour opérer sur cette région délicate, il est bon de curariser Tanimal et de pratiquer la respiration artificielle. On coupe alors les poils de la région et Ton fait sur le côté gauche du cou et à la partie inférieure, une incision de 5 à 6 centimètres, oblique de bas en haut et de dedans en dehors, à partir du bord externe du sternum. On sectionne la peau, le peaussier et le tissu cellulaire et l'on tombe dans l'interstice cellulaire qui sépare le sternomaxillaire du mastoïdo-huméral. Dans toute cette opération, il faut agir très proprement en évitant autant que
possible récoulement du sang ; les petits vaisseaux cpie Ton rencontre doivent être coupés entre deux ligatures, pour plus de sûreté. Au moyen de la sonde cannelée, on isole alors la veine jugulaire externe que Ton soulève au moyen d'une anse de fil, qui doit servir de guide dans la suite de l'opération. On déchire avec précaution le tissu conjonctif environnant^ en se servant d'un instrument mousse et en ménageant autant que possible les vaisseaux lymphatiques de la région, qui sont le tronc cervical et le tronc brachial, faciles à reconnaître dans une plaie bien propre à leur couleur translucide. En disséquant soigneusement la partie inférieure de la jugulaire, arrivé au point où elle s'abouche avec la sous-clavîère, il est facile de distinguer le canal thoracique à sa couleur blanche, de l'inciser et d'y introduire une canule que l'on fixe au moyen de fils de soie épais, à cause de la délicatesse des parois du conduit. Mais comme la terminaison du canal thoracique dans le système veineux se fait d'une façon assez variée, un bon procédé pour recueillir le chyle est de procéder d'abord comme je viens de le dire, c'est-à-dire de découvrir la veine jugulaire dans sa portion inférieure, puis de sectionner une partie des insertions des muscles grand pectoral et sternomaxillaire, pour mettre à nu le tronc veineux brachiocéphalique gauche. On fait alors une ligature sur le tronc brachio-céphalique, immédiatement en dedans de l'abouchement de la jugulaire; on fait de même sur la veine axillaire, un peu eu dehors de la bifurcation, pour ne pas lier le canal thoracique; puis on lie la veine jugulaire externe assez haut dans le cou et, au moyen d'un crochet tranchant que l'on introduit par une ouverture pratiquée