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PROTUBÉRANCE

La protubérance ou pont de Varole est cette saillie transversale qui se trouve à la face inférieure de l'encéphale, entre les pédoncules cérébraux en avant et le bulbe en arrière. Le développement de cette protubérance est en rapport avec celui des lobes latéraux du cervelet, chez les animaux sur lesquels on trouve le pont de Varole.

On peut arriver sur la protubérance de différentes manières, suivant le procédé que l'on emploie ; ou bien en en-

livoN. — Vivisection*. U

210 SYSTÈME NERVEUX CEiNTRAL.

levant les parois cr&niennes, on met l'encéphale à nu et on touche h ciel ouvert le point que Ton veut, après avoir enlevé les hémisphères cérébraux ; ou bien en ne faisant que perforer le crâne, on tâche d'arriver sur les points que Ton veut atteindre avec des instruments déliés. Ce second moyen amène moins de désordres, mais il demande une grande habitude pour ne pas manquer l'expérience. Pour les vivisections sur la protubérance, les chiens ne sont pas bons, car ils meurent pendant l'opération; il faut choisir le lapin ou le cobaye, qui sont des animaux qui résistent mieux à ce genre d'expérience.

Après ce que j'ai dit antérieurement à propos des autres portions de Tencéphale, je crois ne devoir rien ajouter pour la mise à nu de la protubérance, après ablation des hémisphères cérébraux.

Je vais indiquer seulement le procédé qu'a employé le premier, Magendie, pour atteindre la protubérance par sa face supérieure.

L'animal (lapin) étant solidement maintenu sur le ventre, la tête un peu fléchie pour tendre la région posté rieure du cou, on anesthésie l'animal (ce que ne pouvait faire Magendie) pour pouvoir opérer avec plus de précision et éviter les mouvements, presque inévitables. On met alors à découvert, par une incision longitudinale sur la ligne médiane (Magendie la pratiquait transversalement, mais les délabrements sont alors trop considérables) , le ligament occipito-atioïdien postérieur ; on l'incise, le liquide céphalo-rachidien s'écoule et l'on se trouve en présence du quatrième ventricule.

On introduit alors par l'entrée du ventricule la pointe

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX. 211

recourbée d'une aiguille à cataracte, ou d'un petit couteau adhoc^ que l'on enfonce avec de grandes précautions jusqu'à ce que l'on soit à peu près arrivé à Torifice antérieur de l'aqueduc de Sylvius. On appuie à ce moment l'aiguille en bas, en ayant soin d'élever le manche de l'instrument par une sorte de mouvement de bascule. Alors, après avoir senti le plan osseux de la surface basilaire, on ramène la lame en arrière, dans toute la longueur du pont, de manière à diviser les fibres transversales. T.a section achevée, on retire l'instrument avec précaution, en lui faisant suivre en sens inverse le chemin qu'il vient de parcourir.

L'instrument doit être porté un peu d'un côté ou de l'autre, ou rester sur la ligne médiane suivant le but de l'expérience.

La protubérance peut aussi être atteinte par sa face inférieure, en pénétrant à travers l'apophyse basilaire.

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX

Sur les côtés, la protubérance plonge dans l'épaisseur du cervelet, sous forme de deux gros cordons qui constituent les pédoncules cérébelleux moyens. Du cervelet émergent, accolés à ces pédoncules, deux autres pédoncules, dont l'un se dirige vers les tubercules quadrijumeaux, et constitue le pédoncule cérébelleux antérieur (chez les animaux); l'autre se dirige vers le bulbe, et constitue le pédoncule cérébelleux postérieur.

La lésion des pédoncules cérébelleux constitue une vivisection assez difficile et assez délicate, comme du

reste toutes celles que Ton pratique sur l'encéphale, surtout au voisinage du bulbe.

L'opération peut se faire en pénétrant, comme pour la protubérance, entre l'occipital et l'atlas, avec un petit instrument long et mince, que l'on pousse latéralement dans la direction que l'on présume être celle qui convient, d'après la topographie de la région étudiée sur une tête d'animal qui sert de comparaison.

On peut encore, pour couper le pédoncule du cervelet, pénétrer avec un neurotome semblable à celui qui sert pour la cinquième paire, par un point intermédiaire aux condyles occipitaux et la limite postérieure du rocher, et on le pousse en avant, en allant en bas vers la ligne médiane. Il est indispensable, avant l'opération, d'indiquer sur le manche de l'instrument, de quelle longueur

faut le faire pénétrer, en prenant mesure sur une autre tête d'animal (Cyon). Il est rare, en faisant cette opération, que l'on ne lèse pas le pont de Varole. Aussi, comme pour toutes ces opérations délicates, il est bon de s'exercer au préalable sur descadavros, pour acquérir la précision nécessaire.

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