‹ Manuel des antiquités romaines (volume 3)Chapitre 8 sur 54 · Pater patriae · texte numérisé non relu

Pater patriae

Le surnom àe parens patnœ avait été décerné au dictateur

vinces et réciproquement. L'unique monument qui donne ce titre à Trajan, le diplôme du 8 septembre 116 (C. 7. L. III, p. 870: dans Tinscription de Trajan, C. I. L. III, 4118, c'est Lazius qui a interpolé le mot proconsul) se place à l'époque de la guerre des Parthes. Dans les années 121 (pierre terminale du Pomerium, C. I. L. VI, 1233 , 124 (diplôme militaire C. I. L. III, p. 873; VIII, 10355 = 10363) et 132 (inscriptions provinciales C. I. L. III. 3733. 5734), dans lesquelles Hadrien est ainsi appelé, Il était absent d'Italie. Les inscriptions de Verus {C. I. L. II, 1946. III, 493. 1373 et de Marc Aurèle (C. /. L. III, 1450. VIII, 2276), munies de ce titre, sont aussi conformes à la règle. Les inscriptions de la capitale de Sévère sur lesquelles il est appelé proconsul se placent dans les années 200 'C. I. L. VI, 1028). 201 (G. /. L. VI, 1029. 1030J. 202 (C. I. L. VI, 896 dans lesquelles il était en Orient; pour l'an 203, nous en avons une avec procos. (C. /. L. VI, 1033, arc du Forum), et une sans ce titre [C. I. L. VI, 1034); il manque sur une autre de l'an 204 C. I. L. VI, 1035). Le retour de Sévère doit donc être placé en l'an 203, et les monnaies de 202, qui célèbrent son adventus (Eckhel, 7, 180) sont anticipées. Si Caracalla est appelé proconsul dans les actes des Arvales de 213 et de 214 et dans le diplôme du 7 janvier 216, ces date.i se placent à l'époque de son séjour en Raetie et plus tard en Orient ; comme il a été absent de Rome pendant presque toute la durée de son règne, le proconsulat est à peu près permanent sur ses monnaies. Elagabalus porte le titre de proconsul en juin 218 'actes des Arvales), mais non le 7 janvier 221 (diplôme, Eph. ep. II, 464 = C. I. L. III, suppl. p. 1997) : Alexandre ne le porte pas le 7 janvier 230 (diplôme C. /. L. III, p. 893), mais en 231 (actes des Arvales, p. ccxvii) ; Gordien le portait le 7 janvier 243 (diplôme, C. I. L. III, p. 894; ; toutes choses qui concordent avec ce que Ton sait par ailleurs des séjours de ces empereurs.

(Ij Dion, p. 38, note 3, atteste que la règle ancienne était encore en >'igueur sous Alexandre Sévère. Si sur les diplômes des deux Philippes du 28 décembre 247 et du 7 janvier 248 (C. I. L. III. p. 896. 897), le père porte seul le titre de proconsul, ce n'est qu'une autre confirmation de la règle ; car le père était probablement alors absent de Rome, tandis que le fils y était (Eph. ep. II, 463).

(2) A partir de là il figure sur les monnaies, Eckhel, 8, 339.

César peu avant sa mort (1); Auguste prit de môme, le 5 février 7o2, sur la prière du sénat et du peuple, le titre de paterpatriœ (2). En vertu de ce précédent ce devint la règle d'offrir le môme honneur aux empereurs quelque temps après leur arrivée au pouvoir (3). La première offre en a été fréquemment repoussée, par exemple par Néron (4), Vespasien (5), Hadrien (6) et probablement encore par beaucoup d'autres (7), en sorte que certains empereurs dont le règne a

(1) Il y a des monnaies de la dernière année de sa vie avec Csesar parens patriœ (Cohen, Cossutia, 2. Sepullia, 10). Tite-Live, Ep. 116 et d'autres textes. Drumann, 3, 662. — La République ne connaît pas ce titre. Le nom de parens patriœ donné à Cicéron dans quelques discours des membres de son parti (Cicéron, In Pis. 3, 6; Plutarque, Cic. 23) est naturellement quelque chose de tout différent et n'a été réuni au titre impérial postérieur que par les rhéteurs du temps suivant (Pline, H. n. 1, 30, 117; Appien, B. c. 2, 7; Juvénal, 8, 244).

{2) Mon. Ancyr. 6, 24 : Tertium dec[i]mum consulatu[m cum qerebam, senatus et equ]ester ordo populusq[ue] Romanus universus [appellavit me patrem p]atrise. Cf. les calendriers, C. I. L. I, p. 386 = éd. 2, p. 309 ; Ovide Fast. 2, 119 etss. ; Suétone, Aug. 58; Dion, 55, 10. La dénomination a souvent été employée dès avant cette résolution, dit Dion et confirment les inscriptions (C. /. L. Il, 2107, de l'an 748. XII, 136, de la même époque). Cet honneur se rattache certainement encore à Romulus que les citoyens fêtèrent après sa mort comme deum deo natum regem parentemque urbis Romanœ (Tite-Live, 1, 16, 3; cf. 5, 49, 7). Cf. p. 32, note 1.

(3) Appien, B. c. 2, 7 : Kxl ôoxsî Tiatv r^Bs f, sjçT.ixia... Tzzp'.zX^z'i'^ è; tôiv vGv aÙTOxpaTÔpwv toù; tpaivO[J.£vouî àÇtouî • oij5è yàp TOÏffSè xaiTrep ouat paatAeOffiv e-jBù; làir' ipXTiî a[j.a Taïç àXKoLi^ èzwvujiiaK;, à'K'kk aùv y^pôyix> [iÔAt; t,5c w; svtsî^-î^; ènl [leviaTO'-î Sti [xap-rupia Cfir^'^i^sian. Il s'agit là, en première ligne, d'Hadrien.

(4) Suétone, Ner. 8 : Tantum patris patriœ nomine recusato propter œtatem. Il ne porte pas encore le titre sur le diplôme du 2 juillet 60 (C. I. L. III, p. 1109) ; mais les monnaies le montrent plus tôt (Eckhel, 6, 262).

(5) Suétone, Vesp. 12 : Patris patriœ appellationem [non] nisi sero recepit. Il ne le porte pas sur le diplôme du 7 mars 70, ni davantage sur les plus anciennes de ses monnaies (Pick, dans la Zeitschr. f. Niimismatik de Sallet), mais il le porte sur celui du 5 avril 71. —Sur Titus, cf. Borghesi, 0pp. 6, 16.

(6) Appien, B. c. 2, 7 (note 3). Vita Hadriani, 6 : Patris patriœ nomen delatum sibi statim, et iterum postea, distulit quod hoc nomen Augustus sero meruisset. Orose, 7, 13 : Idem qiioque continuo pater patriœ in senatu ultra morem majorum appellatur (il n'est pas fait mention là du refus). La fixation de l'acceptation à la 11« année d'Hadrien dans Eusèbe est d'accord avec les monnaies (Eckhel, 6, 515 et ss.) et avec les propres diplômes de l'empereur, qui ne contiennent pas ce titre en 127 et le contiennent depuis 129. Pourtant il se rencontre plus d'une fois par anticipation chez Hadrien comme chez Auguste (C. /. L. III, p. 1111).

(7) Claude prit ce titre le 6/12 janvier 42 (actes des Arvales, chez Ilenzen p. 68; Dion, 60, 3; Borghesi, 0pp. 5, 192); pareillement, peu do temps après

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