PREFACE. XI
précautions pour lui faire avaler le remède qui doit le guérir ' ; c'est le bon pasteur qui se charge de tout le fardeau, qui prend même entre ses bras la brebis égarée, pour la rapporter au bercail et lui éviter la fatigue du retour^.
L'imposition de la pénitence, qui demande une connaissance si approfondie du cœur humain, puisqu'elle doit être en môme temps satisfacloire et médicinale, n'est pas seulement traitée en théorie par ces habiles médecins des âmes, ils en montrent la pratique: ils vont jusqu'à indiquer les pénitences les plus généralement salutaires dans les différents cas. Mais leur zèle pour la guérison du malade et la réparation de la gloire de Dieu, toujours dirigé par lacharilé du Sauveur, n'a garde d'oublier le sage el touchant conseil du docteur angéli<jue : Mcliiis est (jnod saccrdos pœnitcnti indicet quanta pœniteiil'ui csscl s'ibi pro pec-
' Tanquani si luilrix foveal filiossuos. (ITlicss. 11,7.)
* Kgo pascani oves ineas... quod pcricrat reqiiiran), el quod abiectimi eral leducam. ol quod confracluni fueral aUij^abo, tl quod iiifiruiiun lucrat oonsolidabo, el quod piugue cl fui'le cuslodiaiu : et pascani illas io judicio. (Ezcch., xxxiv, 15, IC;
Xîl PRÉFACE.
calis injungenda, et injungat nihilominus aliquid, quod pœnitens tolcrabiliter facial. Pouf mettre le confesseur en état de faire remarquer au pénitent l'indulgence dont l'Église lui permet d'user à son égard, nous rapportons les canons pénitentiaux. Ils peuvent aussi servir de règles dans le choix des œuvres satisfactoires.
Voilà le pénitent confessé, dirigé, absous; voilà une brebis ramenée au bercail; le confesseur va sortir du saint tribunal : tous ses devoirs sont-ils accomplis? Non, il en est un qu'il emporte avec lui et dont l'obligation est de tous les instants : c'est la garde du sceau sacramentel, devoir sacré sur lequel repose tout l'édifice du christianisme. En effet, point de christianisme sans communion; point de communion sans confession ; point de confession sans la garde sacrée, inviolable du sceau sacramentel. Nos grands saints l'ont bien compris ; aussi leurs avis se terminent par un traité dans lequel ils exposent et les choses qui tombent sous le secret de la confession, et les précautions nécessaires pour ne jamais le compromettre. C'est ainsi que tous les devoirs du confesseur se trouvent