MANUEL
es Coîigreptîons ks SS. %np.
INTKODUCTION.
« Angélus qui eruit me de cunctis malis benedicat pueris istis." Gen., 48-16.
, « Que l'Ange du Seigneur qui m'a délivré
de tous maux, bénisse ces enfants."
" Custodivit me Angélus ejus .... et non permisit me Dominus coinquinari." Judith, 13-20.
« Son Ange m'a gardé, et le Seigneur n'a pas permis que je fusse souillé."
" Non accedet ad te malum .... quoniam Angelis suis mandavit de te : ut custodiant te in omnibus viis tuis." Ps. 90, v. 11.
" Le mal ne viendra point jusqu'à vous, parce qu'il a commandé à ses Anges de vous garder dans toutes vos voies."
" Credo quod Angélus Dei bonus comitetur ei." Tobie, 5-27.
« J'ai la confiance que le bon Ange de Dieu l'accompagne."
" Tu ergo vis habere ministerium Angelorum, fuge consolutiones sseculi, et tentationibus résiste diaboli." St. Bern., serm. 40.
" Si vous voulez être servi par les Anges, fuyez les consolations du siècle, et résistez aux tentations du démon."
La dévotion aux SS. Anges convient à tous les âges ; mais il semble qu'elle soit surtout la
dévotion propre à l'enfance. La candeur et rinucnuité de cet âge lui donnent plus de ressemblance avec la nature angclique, et lui font mieux sentir tout ce qu'il y a de charmes dans la pieuse croyance de lAnge Gardien . D'un autre côté, la faiblesse de l'enfant le recommande davantafre aux tendres soins des Esprits bienheureux. Que d'enfiints échapp'js au danger par les soins de leur Ange Gardien ! Un Ange couvrant de son aile, le berceau du jeune jMoïse, le préserve du naufrage.
On sait combien N. Seigneur Jésus-Christ affectionna Tenfauce. Un jour, ses disciples craignant que les enfants ne 1 importunassent, ne voulaient pas les laisser approcher; mais ce bon Sauveur leur dit : Oh ! non, ne les empêchez pas ; laissez venir à moi les petits enfants : le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. Il dit encore : Si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule de moulin, et qu'on le jetât
dans la mer car je vous le déclare, leurs
Anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.
C'est donc (aire une œuvre singulit^rement agi'éable au cœur de Jésus, que doHrir à 1 enfance, dans la dévotion aux SS. Anges, uu
TTioyen si puissant pour l'aider à conserver le précieux trésor de î" innocence.
Ce petit livre n'est point un traité sur les Saints Anges. Comme son titre l'indique, c'est un simple Manuel, ou recueil de prières et de pratiques de piété, destiné aux jeunes élèves des maisons d'éducation.
Dans beaucoup de collèges il y a des congrégations de la Ste. Vierge. Ces congrégations se composent principalement des élèves les plus avancés. Exercices et instructions, tout s'y fait en vue de leur avancement spirituel, pour les préparer à un prochain changement d'état.
Les plus petits, étrangers à la direction de la congrégation, et par cela même privés des avantages que procure l'émulation des charges et des emplois, suivent sans goût la grosse phalange des congréganistes, ou dédaignen;^ une association qui n'offre à leur faiblesse aucun intérêt qui puisse exciter une pieuse émulation.
C'est donc aller au devant des vœux comme des besoins de l'enfance que de lui offrir la congrégation des SS. Anges, pour l'aider à fixer
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sa légèreté et à soutenir sa faiblesse, en attendant qu'elle puisse entrer dans la congrégation de la Ste. Yiero-e.
Ainsi la congrégation des SS. Anges sera la préparation, le noviciat de la congrégation de la bienheureuse Vierge, Reine des Anges.
En entrant dans un pensionnat au sortir du toit paternel, l'enfant devenu congréganiste des SS. Anges, s'exercera mieux sous l'œil d'un directeur zélé aux premiers combats de IMme, contre les instincts d'une nature rebelle, qui commence déjà à se révolter. Stimulé et encouragé par l'exemple, il subira cette première épreuve sans trop de difficultés. Ainsi préparé, il entrera dans la conîïi'ésration de la Ste. Vierge, où il trouvera de nouveaux secours pour les nouvelles épreuves qui l'attendent, pendant les années de l'adolescence et de la jeunesse.
Les congrégations des SS. Anges n'ont point -d'organisation fixe et uniforme, comme celles de la Ste. Vierge. On peut les établir sur le plan que l'on veut pourvu qu'il soit approuvé par l'évêque. Le plan d'organisation proposé ci-après n'est donc pas obligatoire.
Pour intéresser davantage la piété des congrégauistes des SS. Anges, le compilateur de
ce Manuel, croit utile de proposer aux réflexions les plus sérieuses de ses jeunes amis, quelques uns des motifs sur lesquels cette aimable dévotion est appuyée, d'après les auteurs les plus autorisés.
l'ange ami de l'homme.
" Fidèles sunt, potentes sunt, prudente, sunt. " — (S. Bernard in Ps. Q,ui habitat).
Ils sont fidèles, puissants et prudents.
Nos Anges gardiens sont nos amis et nos protecteurs. Le feu ardent de la charité divine qui les consume, les porte sans cesse à nous faire tout le bien qu'ils peuvent, quand nous n'y mettons pas d'obstacle.
Les amitiés de la terre sont toujours vaines. Elles disparaissent avec les années, les' intérêts ou les circonstances qui les ont produites. L'ami qui désire le plus notre bonheur n'a bien souvent que des vœux ou des regrets stériles à nous ofliir. Mais le Seigneur, dans le secret de sa divine Providence, nous a donné dans les SS, Anges, selon la pensée de St. Bernard, des amis et des protecteurs fidèles,
puissants et prudents. Fidèles sunt, potentes sunt, prudentes sunt.
1^ Fidèles sinif. — Fidèles et charitables, ils nous avertissent de nos fautes, diversifiant leurs avertissements en mille manières pour les rendre efficaces. Ils prennent le temps et les moments favorables pour faire entrer la vérité dans nos cœurs, trop souvent mal disposés. Oli ! combien de fois, lorsque nous avons excédé les bornes de la tempérance, notre bon Ange ne nous a-t-il pas dit : Pouvez-vous vous oublier jusqu'à ce point, que de préférer à votre salut un plaisir court et brutal ! Combien de fois, lorsque nous nous sommes livrés à la colère, à la vengeance, ne nous a-t-il pas représenté les chastes délices d'une âme qui vit en paix ! Combien de fois, lorsque par notre imprudence nous nous étions engagés dans de mauvaises compagnies, ne ncus a-t-il pas averti de nous retirer au plus tôt d'un si mauvais pas, de peur qu'entrainés par le torrent du mauvais exemple, nous ne vinssions à périr
avec les mécbants! Surge ne et tu pereas
in scelere civitatis. Gen. 19-15. — " Levez-vous pour ne pas périr vous aus-^i dans la ruine de cette ville." Ce sont les paroles que les Anges dirent à Loth ; et comme il ditterait à sortir, ils le prirent par la main, dit l'Ecriture. N'est-ce
pas ce qu'ils ont fait en quelque sorte à notre égard, en nous obtenant de Dieu ces grâces victorieuses et efiScaces, sans lesquelles nous ne serions point sortis du danger ?
Dans toutes les circonstances de la ^-ie, fidèles surtout au malheur, ces Esprits sont constamment près de nous pour nous secourir. N'est-ce pas un Ange qui arrêta le bras d'Abraham, prêt à sacrifier Isaac, et qui préserva Daniel dans la fosse aux lions ? Ces amis fidèles descendaient dans les cachots des martyrs, répandaient dans leur âme le baume de la consolation, pansaient même leurs plaies, et quelquefois les retiraient miraculeusement de leurs noires prisons.
L'ami est heureux du bonheur de son ami. La joie des Anges est bien vive à la conversion d'un pécheur : le Fils de Dieu lui-même nous assure qu'elle remplit le ciel d'allégresse.
Les larmes des pénitents, dit St. Bernard, sont les délices des Anges ; mais s'ils ont une si tendre aifection pour le pécheur repentant, quelle doit être leur charité envers les âmes justes ?
Les amis prennent une part mutuelle à leurs disgrâces. L'Archange Raphaël promet au
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père de Tobie la guérison de son infirmité ; un Ange alla consoler les saintes femmes au tombeau du Sauveur. Ainsi, dans les revers comme dans la prospérité, ils nous environnent de leur protection et ne nous abandonnent jamais.
2° Potentes sunt. — Dans les Anges la puissance seconde la fidélité. Les favoris des princes de la terre jouissent ordinairement d'un pouvoir singulier auprès de leurs maîtres : la prière, chez eux, c'est la grâce accordée. Comment penser que les Anges, ces bien-aimés du Roi des Rois, auraient auprès de lui moins de crédit que les favoris auprès de leurs souverains ? Quelle multitude d'intercesseurs ! quels amis plus zélés ! quels plus puissants médiateurs.
Avec quel air de grandeur et de supériorité, symbole du pouvoir, l'Ecriture nous les représente-t-elle ? Un Archange armé d'une épée étincelante défend l'entrée du Paradis ; devant la tente d'Abraham, trois Anges représentant la Sainte Trinité, reçoivent les hommages du Patriarche ; en Egypte, un d'entre eux, ministre des vengeances divines, immole tous les premiers nés, sans épargner le fils même du Roi. L'Ange des Hébreux divise les eaux de la mer Rouge, et après avoir marché à leur tête, revient sur ses pas pour engloutir dans
les flots l'armée Egyptienne. L'innombrable troupe de Sennachérib tombe en une nuit sous le glaive de l'Ange extenninateur. Au jardin des Olives un Ange descend du Ciel pour fortifier le Sauveur agonisant, A la fin des temps, les Anges, au son de la trompette, appelleront les morts du fond de leurs tombeaux. Ils sépareront les bons des méchants. Quel pouvoir dans les Anges I Les démons., dit St. Ausrustin, sont arrêtés dans leurs malignes opérations ; mais quant aux Anges leur pouvoir en faveur du juste, ast sans limites. Que fîignifient ces paroles, demande Saint Jean Chrysostôme : ^' Les Anges voient la face du Père qui est aux cieux ? " Elles signalent à la fois et leur confiance à demander, et l'accueil fait à leurs prières,
3° Prudentes sunf. — Comme une mère bonne et prudente ne donne pas toujours à son enfant tout ce quïl veut, et ne cède pas à tous ses caprices, ainsi les x\nges n'exaucent pas toujours littéralement nos prières. Mais lors même qu'ils nous refusent, quand il le faut, en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, ils ne laissent pas de nous obtenir de sa miséricorde, à la place de ce que nous demandons, d'autres secours plus utiles.
Donc, quoiqu'il en soit de l'objet de nos de-
mandes, convaincus de leur fidélité et de leur pouvoir, reposons-nous sur eux de nos intérêts, de nos affaires les plus épineuses, de nos situations les plus critiques, de nos plus cuisants chagrin?, fidèles et prudentes mnt. Dans la poursuite d'un légitime succès, ne négligeons sans doute aucun moyen de prudence ; mais après cela, attendons tout de Dieu par les mérites de son Fils, et par l'entremise de la Reine du Ciel et des neuf chœurs des Anges, pnideiites sunt. Ecoute, mon enfant, la voix de ton bon ange qui te dit :
Tiens ma main, bon courage ; Marchons, je t'aiderai.
Toujours contre sa rage Je te protégerai.
lY.