‹ Manuel des Congrégations des Saints Anges à l'usage des jeunes élèves des collèges et des couventsChapitre 110 sur 135 · PRIERES POUR LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

PRIERES POUR LA SAINTE COMMUNION

Voici l'abrégé des merveilles du Tout-Puissant : le sacrement le plus auguste, le plus saint et le plus capable de nous sanctifier. Jésus-Christ s'y trouve en personne ; il y agit en Dieu, il y vient les mains pleines de grâces, et il ne souhaite rien tant que de nous les communiquer.

Une seule communion bien faite peut nous établir constamment dans le bien. Cependant tant de personnes communient, et si peu retirent de la communion ce grand avantage ! D'où vient un si étonnant prodige ? C'est que plusieurs, ainsi que Judas, communient en état de péché, et cette manne céleste se tourne pour eux en poison mortel. C'est que la plupart approchent de la sainte table sans être suffisamment disposés à profiter du divin banquet ; et cette source intarissable de tout bien, qui leur était ouverte, coule inutilement pour eux.

Apportez-y donc les dispositions nécessaires, dispositions éloig-nées, c'est-à-dire une grande pureté de conscience, ou au moins une forte application à l'acquérir.une fidélité constante à remplir les devoirs de votre état, un désir ardent de répondre aux desseins qu'a le Fils de Dieu en se donnant à vous. Dispositions prochaines : elles consistent dans les exercices qui précèdent, qui accompagnent et qui suivent cette sainte action.

Dés la veille, dirigez à cette intention tout ce que vous ferez : tenez-vous dans un plus grand recueillement, pratiquez quelques bonnes œuvres, lisez quelque chose du quatrième livre de V Imitation : allez rendre une visite à celui que vous devez recevoir ; produisez intérieurement les actes des vertus qui ont plus de liaison avec ce sacrement: actes de foi, d'humilité, de douleur de vos fautes, de désir, de joie, d'espérance. Finissez la journée, et tâchez de vous endormir avec cette pensée consolante : Je dois demain recevoir mon Dieu ! Rappelez-vous la le lendemain en vous éveillant, et méditez-la le matin.

Allez à l'église avec modestie, attendez-y votre bonheur en produisant les actes dont nous avons déjà parlé: actes de foi, d'humilité, de contrition, d'espérance, de désir, d'amour. Réitérez-les encore avec une dévotion nouvelle, quand vous posséderez le Sauveur. Ménagez les moments d'un temps si précieux. Remerciez, offrez, demandez, formez de généreuses résolutions. Votre piété vous suggérera les sentiments convenables. Excitez-les en vous-même en lisant les prières suivantes. Lisez-les lentement : rendez-vous les propres ; faitesles passer des yeux dans le cœur : c'est là qu'elles doivent s'allumer, vous enflammer et vous élever jusque dans le Ciel.

Le 10 avril 1580, le Pape Grégoire XIII a accordé cinq ans d'indulgence pour chaque fois que les chrétiens se confesseront et communieront les jours de fête, pourvu qu'ils prient, selon les intentions de sa Sainteté, pour les besoins de lEglise.

Et à tous ceux qui ont l'habitude de communier une fois par mois, aux fêtes de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des Saints Apôtres, et de la nativité de Saint Jean-Baptiste, le même Pape a accordé pour chaque fois dix ans d'indulgence ; et une fois par an indulgence plénière, au jour oii se fait la fête principale de la ville ou du pays dans lequel on se trouve pourvu que ce jour-là, s'étant confessé et ayant communié, on prie selon les intentions du Souverain Pontife, comme ci-dessus.

Page 1