‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 10 sur 24 · V. EMPIERRER · texte numérisé non relu

V. EMPIERRER

FEU. L'adjectif feu ne s'accorde en genre que quand il précède immédiatement le substantif: la feue reine j — notre feue mère : mais on dit sans accord ; feu la reine ; — feu notre mère, l'adjectif feu étant séparé de son substantif par les mots la, notre,

FEVE et HARICOT. Malgré beau^ coup de ressemblance Za/éye et le haricot sont des légumes bien différens, et jamais les naturalistes ne les confondent. Linnée nomme h fève faba, et le haricot pha-

SEOLirs. Nous possédons en abondance la fève et le haricot : mats il est à regretter que nous les désignions presque toujours par le seul moijêve : à peine même le terme haricot nous est-il connu.

FINIR prend à. et de devant Tinfinitif : il ne finit pas de parler ; ou, il ne finit pas A parler. C'est l'oreille qui en décide.

FIXER ne saurait s'employer pour regarder : ne dites pas, on ne peut fîxbk le soleil, sans en être ébloui: dites, on ne peut

REGARDER etC.

FLEURIR employé au figuré, c.-à-d., en parlant des arts, des sciences, d'un empire, fait au pdiYÙcipe fiorissa?it et à l'imparfait j^orm^i/ y alors les sciences florissant en Egypte : — l* empire romain fleurissait sous Tite,

FORTUNE' n'a jamais le sens de riche.

Ne dites pas tm homme fortune' : dites un homme qui a de la fortune,

l^FOUDRE employé au propre est féminin : être frappé de la foudre : employé au figuré il est masculin : quand le sublime vient à éclater, il renverse tout comme v^ foudre: à moins qu'il ne soit accompagné d'une épithète ; alors il est des deux genres ; le foudre vengeur, ou, la foudre vengeresse.

FUNERAIRE n'est guère usité qu'en cette phrase : frais funéraires.

FUR. On (lit ég-alement bien au fur et A mesure^ ou, a fur et a mesure,

G, est nul dans Clugny, Re^natui et Regnard, (poète) : dites Chmi, Reno, Renar, Gessner (poëie) se prononce Guesse-nère,

GABARI est un terme de marine, et signifie modèle de construction de vaisseau, et contour vertical de la carène. Toute autre acception est étrangère à ce mot.

GARDE. S\ garde en composition se dit d'une personne, il a alors le sens de gardien, substantif qui doit prendre 1'^ au pluriel ; des gardes-champêtres, des gardesmarines, des gardes-magasins. Mais si garde se dit ù^une chose, ou se rapporte à une chose, alors il est verbe, et par conséquent invariable : des garde-vue, des garde-manger, des garde-robes.

Garde est masculin quand il désigne un ou plusieurs individus tirés de la totalité, comme UN garde national, des gardes nationaux. Mais il est féminin quand il désigne tout le corps, comme la garde nationale.

GENS veut au féminin tous les correspondans qui le précèdent, et au masculin tous ceux qui le suivent : les veilles gens sont soupçonneux.

Cependant au lieu de toutes on emploie tous.

lo. quand cet adjectif est le seul qui précède le substantif gew^ ; tous les gens dese2

prît : — TOUS les gens qui pensent bien. 2o. quand gens est précédé d'un adjectif qui n'a qu'une seule et même terminaison pour les deux geni'es, comme aimable^ brave, honnête eic. ; tous les honnêtes gens, — TOUS les habiles gens,

GESIR n'est plus en usage que dans il gît, nous gisons, ils gisent, il gisait, ils gisaient,

Ci'git et ci'gisent sont des formules d'épitaphe.

Quoique seule entre deux voyelles dans nous gisons, ils gisent etc., s conserve le son qui lui est propre, et l'on prononce nons gissons^ ils gissent etc.

GRANDE. Ue de l'adjectif ^r^/ïde s'élide toujours dans grand^mère, grandetante ; et fort souvent dans grand^ chambre, grand^chère, grand^croix, grand^messe, grand^peine, graud^peur, grand^rue, grand^pitié, grand'salle : cependant l'élision cesse d'avoir lieu quand l'adjectif grande est précédé de l'article, ou d'un adjectif déterminatif, comme une, ma, ta, sa, cette, etc. : la plus grandiî peine, — une GRANDE chambre; — cette grande messe a été bien chantée,

haïr prend deux points sur V'i dans toute la conjugaison, excepté aux trois personnes du singulier du présent de l'indicatif: je hais, tu hais, il hait, et à l'impératif, hais,

HENRI. On aspire l'A de ce mot dans

le discours soutenu, mais on ne l'aspire jamais dans la conversation.

L'A de Henriette ne s'aspire dans aucun cas.

HIER.. L'usage veut qu'on dise, hier matin, et non, hier au matin : hier au soir, et non, hier soir, V. demain.

HIVERNEMENT n'est pas français, niais hivernage l'est, et signifie le temps qu'un navire passe en relâche pendant l'hiver.

HIVERNER pour signifier, passer l'hiver en quelque lieu, n'est employé qu'en parlant de troupes. On ne peut donc pas dire, fai hiverne' à Trois-Rivières ; — à Québec,

HOLLANDE. L'A de ce mot est toujours aspiré, excepté dans les locutions, toile B^Holtande ; — fromage B^Hollande,

HYMNE est toujours masculin, excepté quand il signifie chant d'Eglise.

IMAGINER. On emploie souvent ima- ^iner pour sHmaginer, I^e premier signifie inventer, ou se former dans l'esprit l'idée de quelque chose : le second se persuader quelque chose sans fondement : il imagine avoir raison ; dites, il s'imagine avoir raison,

Immaginer sans pronom personnel ne peut jamais être suivi immédiatement d'un que, ni d'un infinitif. On dit bien, on ne peut rien imaginer de plus intéressant ; — /imagine une chose, un moyen de . . Mais e3

on ne doit pas dire, 'f imagine que cela est : — il imagine être un grand homme: il faut dire : je MHmagine que cela est ; — il sHmagi?ie être zm grand homme.

IMPARDONNABLE ne se dit que des choses^ et non des personnes : faute IMPARDONNABLE. En parlant des personnes, on dit, inexcusable : homme inexcusable,

La même observation s'applique au mot pardonnable.

IMPATIENTER, (s') L'usage refuse au verbe sHmpatienier un infinitif pour régime. Ainsi ne dites pas, ils sHmpaiientèrent d^attendre.

IMPERATIF. La seconde personne singulière de l'impératif, excepté pour les quatre verbes irréguliers, aller, avoir, être et savoir, est toujours semblable à la premièfe du présent de l'indicatif. Ainsi l'on dira, travaille, cueille, et non pas, travailles, cueilles, à moins pourtant *que la seconde personne de l'impératif terminée par un e muet, ne soit suivie d'un y, ou du pronom en : elle prend alors une s, pour la douceur de la prononciation ; travailles-y, — donnes-en.

L'impératif va, suivi d'j/ et ù^en, prend aussi une s euphonique : vas-y, — vas-en chercher.

IMPOSITION. Le mot anglais imposition signifie quelquefois abus de pouvoir.

ÔO

fraude, etc. Le mot français imposition ne

comporte pas cette acception.

INCLUS. Ci-inclus, ci-joint, sont invariables quand ils précèdent un nom, dont le sens est vague : vous trouverez ci-inclus,— ci-joiNT copie de ma lettre. Mais quand dénonciation est précise, comme la copie, l'accord a lieu ; vous trouverez ciincluse, — ci-joiNTE la copie de ma lettre,

INSULTER quelquhm, c'est l'injurier.

Insulter a quelqiûun, c'est manquer aux égards que réclament sa faiblesse, son malheur : insulter aux malheureux.

INTERJECTIONS. Duvivierdit "que " beaucoup de personnes écrivent indislinc- '* tement AH ! et ha ! — ô! oh! et ho ! — " EH ! et HE ! " et il ajoute, " que cette " diversité d'orthographe vient de la diffi- *' culte de représenter nettement, par l'écri- " ture, le mouvement de l'organe dans l'es- *' pèce de cri inarticulé que nous arrache une '' émotion vive."

Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire de V Académie,

" O avec l'accent circonflexe est une in- " terjection qui sert à marquer diverses pas-

'* sions ô siècle ! à temps ! ô le plaisant

'' homme ! ô si je pouvais !

" O, sans accent circonflexe, désigne *' l'apostrophe, o mon fils ! o mon Dieu !

" OH. Interjection qui marque la sur- " prise ou l'afl^rmation. Oh, oh, je n'y

prenais pas garde :— Oh pour cela,

non.

" HO. Interjection qui sert tantôt pour appeler, tantôt pour témoigner de Péton- '* nement ou de l'indignation. Ho ! venez un peu icu Ho ! que me dites-vous là ? '* Quand il est interjection d'étonnement, ou d'indignation, il s'écrit quelquefois

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