‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 8 sur 24 · DEPLU · texte numérisé non relu

DEPLU

DE QUI, DONT, DUQUEL. De

qui ne se dit que des personnes, ou des cnoses personnifiées. Dont et duquel se disent des personnes et des choses ; mais en général dont est préférable : wi arbre DONT le fruit est excellent, et non pas, un arbre duquel, etc. Cependant duquel doit être préféré à dont;

1 ^ pour éviter une équivoque ; la bonté du Seigneur de laquelle nous ressentons les effets,

2 ° lorsque le mot auquel se rapporte ce pronom relatif est suivi d'une préposition : Vhomme à la réputation duquel vous voulez mûre ; et non pas, fhomme à la réputation DONT, etc.

DESESPERER QUE, étant accompagné d'une négation, veut ne devant le verbe qui suit : je ne désespère pas qu'il NE vienne.

DESHONxNETE, MALHONNETE.

Il ne faut pas confondre ces deux mots. Le premier est contraire à la pureté : le second à la civilité, à la droiture.

DESSUS, DESSOUS ne veulent pas de récrime : ne dites donc pas, dessus la table, BTEssous le lit : dites sur la table, sous le lit : à moins que ces adverbes ne soient précédés d'une préposition : par dessus les murs, par dessous la jambe : ou employés en opposition : il y a des livras dessus et dessous la table.

DIRE. De tous les composés de dire, il n'y a que le verbe redire qui se conjug-ue absolument comme dire : redire fait donc au présent de l'indicatif, vous redites, et à l'impératif redites,

A l'égard des verbes dédire, contredire, interdire, médire, prédire, on dit au présent de l'indicatif, vous dédisez, vous contredisez, vous interdisez, vous médisez, vous prédisez, et à l'impératif, dédisez, contredisez, interdisez, médisez, prédisez,

DISCONVENIR. Lorsque disconve^ nir est accompagné d'une négation, il vei t ne devant le verbe suivant ; je ne disconviens pas qu'il ne soit habile.

DISPUTER. Lorsque disputer signifie, prétendre concurremment à, il prend le pronom personnel, et alors il est suivi d'un régime direct : on se dispute la prééminence,— un rang, — un héritage, Em-

pîôyé dans un sens absolu, signifiant avoir contestation, il ne prend pas ce prononn : ainsi ne dites pas, vous avez tort de vous DISPUTER, — ils SE se sont longtemps dispute's : dites, vous avez tort de disputer; ils ONT longtemps dispute'.

DISTINGUER DE se dit des choses analogues ; distinguer la bienfaisance de la charité', distinguer d'avec, se dit d'objets différens : distinguer l'or cTavec Vargent.

DONC se prononce donk devant une voyelle, et au commencement d'une phrase, ou d'un membre de phrase ; et aussi quand la phrase indique l'indignation, la colère, etc.

DOUTER accompagné d'une négative veut ne devant le verbe suivant : je ne doute pas que vous ne réussissiez. Le participe passé de se douter s'accorde tcnijoius avec le second pronom ; il se so?}t doutes' de cela,

DRESSER. Dites, les cheveux me dressent a la tête, et non sur la tête.

DROIT. On dit, Mademoiselle marchez DROIT, et Mademoiselle marchez DROITE. Le premier veut dire, marchez en ligne droite : droit est un adverbe, et se rapporte au verbe marchez ; le second signifie tenez vous droite en marchant,

DU, DE LA, DES sont employés devant les substanlils communs, pris dans un sens partitif; c.-à-d., pour désigner une

partie, une poriion des personnes ou des choses dont on parle : il a bu papier ; c.-àd., quelque papier : — vous avez de L'encre ; c.-à-d., que/que encre : — ?ious avons acheté DES plumes ; c.-à-d., quelques plumes : excepté quand le substantif dans un sens partitif, estprécédé d'un adjectif; alors on emploie simplement de \ il a de bon papier : — voîis avez de bonne encre : — nous avons acheté D'excellentes plumes.

On ne doit donc pas dire ; fat mangé de LA bo7i7ie viande .— /«i bu du bon vin : — voilà DU beau papier : dites, fai mange de bonne viande : — fai bu de bo?i vin : — voilà DE bon papier,

DU GUESCLIN. On ne fait point sonner 1'^ de ce nom d'homme.

DURANT. Cette préposition se met quelquefois après son régime ; sa vie durant.

Durant exprime '"une durée continue ; pendant marcjue un moment, une époque.

Durant que, n'est plus usité.

ECHOIR, n'est guère d'usage au présent de l'indicatif qu'à la troisième personne du singulier, il échoit, qu'on prononce et qu'on écrit quelquefois il échet : point d'imparfait de l'indicatif, f échus, fécherrai, fécherrais,. point d'impératif, qu'il éché^, qu'ils échéent, que féchiisse, échéant, échu, échue.

Echoir construit avec les adverbes bien, et înal, se dit des personnes ; vous ne sauriez que BIEN échoir ; — je suis mal échu. d2

Noël veut qu'aux temps composés échoir \)xeime avoir eX être. Duvivier prétend au contraire que le participe du verbe échoir se construit avec le seul auxiliaire être.

ECLAIRER. Lorsqu'on donne ordre de poiter une lumière à quelqu'un qui passe par un endroit obscur, il faut dire, éclairez A Monsieur, et non pas, éclairez Monsieur,

E CLORE, il éclôt, ils éclosent, il éclora, ils écloront, il éciorait, ils écloraient, quil eclose, qu'ails éclosent, éclos, éclose, 11 n'est usité qu'aux temps et aux personnes ci- dessus, et de plus à la troisième personne du singulier et du pluriel des temps composés.

EFFORCER A. (s') S'efforcer à, a rapport aux forces physiques ; s'efforcer a courir: — s'efforcer a porter un fardeau. S'efforcer de, a rapport aux facultés intellectuelles : s'efforcer D'être plaisant: — s'efforcer DE paraître calme.

ELLE, EUX, ELLES, précédés d'une préposition, ainsi que les prénoms, lui, leur, ne se disent que des personnes, ou des choses personnifiées : il ne faut donc pas dire, cette maison menace ruine, n'approchez pas rf'ELLE : — ce cheval est méchant, ne LUI touchez pas. Dans ces cas on sa sert des pronoms en et y : w'en approchez pas; — n'Y touchez pas : ou bien on donne une autre tournure à la phrase si les pronoms en et y ne peuvent y entrer.

Placés après le verbe éire les pronoms /«/, elle^ eux, elles ne se disent que des personnes : est-ce Monsieur votre père ? — c'est LUI ; — est-ce votre sœur qui a écrit ? — c'est ELLE ; — s ont- ce là vos cousins ? — ce sont EUX.

Mais aux questions suivantes, où il s'agit ûe choses et non de personnes: est-ce là votre chapeau ? — est-ce là votre épée ? — sont-ce là vos livres? — sont-ce là vos plumes ? — il ne faut pas répondre, oui, c'est LUI, — c'est ELLE, — ce sont eux, — ce sont ELLES : il faut répondre ce i.'est aux deux j")remières questions, et ce les sonidXi)^ deux dernières.

EMPIERRER et EMPIERRE- MENT. (Dict. de Boiste) Empierrer c'est mettre un lit de pierres sous l'aire du gravier pour le consolider. Empierrement signifie le lit de pierres, ou l'action de les

poser. V. FERRER.

EMPECHER QUE, veut toujours ne devant le verbe suivant : j'empêcherai qu'il NE vienne,

EN. Lorsqu'il est question de choses, on se sert du pronom relatif en, au lieu du pronom possessif, ainsi il faut dire ; ce livre me plaît, la reliure en est belle, et non pas, SA reliure est belle .-—cette statue est belle, mais la tête en est trop petite, et non pas SA tête est trop petite.

Au jeu de cartes on ô\\, jouer en pique — d3

EN cœm\ etc., et non pas, du pique, — du cœur, V. SON, sa.

ENGAGER prend à ou de devant l'infinitif : il s'engagea a payer, ou de payer.

ENNOBLIR (prononcer an-noblir,) c'est donner de l'éclat, du lustre : les beaux arts ENNOBLISSENT Une langue,

Anoblir c'est donner des lettres de noblesse : la Reine Victoire Va anobli.

ENNUYANT marque l'action, et ennuyeitx l'état. Un homme ennuyant ennuie actuellement par ses discours, ou de quelqu'autre manière : un homme ennuyeux est celui qui par sa simplicité, par l'habitude de bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour ennuyer. Ennuyeux se dit des personnes et des choses : ennuyant des personnes seulement.

ENTRE. Ve final à'entre s'élide seulement dans les verbes réfléchis, dont le simple commence par une voyelle : s^entr'aider, s^entf ouvrir: et de plus dans enir^acte, enif autres, et quelquefois devant eux, elles: c'est à volonté : entr'eux, entf elles, ou entre eux, entre elles,

ENTRE-NUIRE. (s') Le participe passé de s*entre-nuire est toujours invariable : ils se sont entre-nui.

ENVIRON ne doit pas être suivi de la conjonction ou : ne dites pas ; une somme d'ENviRON quatre ou cinq cens livres sterling : dites ; une somme de quatre ou cinq

cens livres sterling : ou bien, d'environ quatre a ci7iq cens livres sterling. La raison en est qu^envi7 on et ou expriment chacun quelque chose de vague : leur réunion forme un pléonasme vicieux.

Enviroîi ne doit pas être suivi de de : dites, il 'était ejiviron deux heures^ et non, envirwi de deux heures,

ESPERER QUE portant à l'esprit une idée àe futur, ne doit pas être suivi d'un verbe diW présent ou au passé : f espère que vous vous PORTEZ bien :^f espère que vous AVEZ REUSSI. Dites: je me flatte que vous vous portez bien ;—je pen«e que vous avez réussi.

C'est une faute grossière de dire ; espérez U7i moment^ pour attendez un moment,

ESSAYER prend à ou de devant l'jnfinitif qui suit : essayer a ou de combattre : c'est le goût qui en décide.

ET. La conjonction et donne lieu à plusieurs remarques.

lo. Elle ne doit pas unir les mots synonymes ; ainsi ne dites pas, zme douceur et une aménité admirable ; — il est érudit et savant; dites, zme douceiir, une aménité admirable: — il est érudit, savant.

2o. Elle ne doit pas non plus unir deux membres de phrases commençant chacun par une des conjonctions, plus, moins, autant. Dire, plus on étudie, ct plus on

aime Pétîide, serait une faute: dites: plus on étudie, plus on aime Pétude,

3o. Elle ne peut unir que des mots de même nature, c.-à-d., un substantif à un substantif, un verbe à un verbe, etc. : d'où il suit que l'on ne doit pas dire, il aime le jeu et A ETUDIER, mais, il aime le jeu et /'e-

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