‹ Manuel des droits et des devoirs; dictionnaire démocratiqueChapitre 4 sur 11 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Dans un pays où tout citoyen est portion intégrante et active de la souveraineté , où chacun encourt la responsabilité qui résulte de Texercice des droits politiques , un manuel raisonné des- principes de la démocratie devient la base de réducation populaire.

Ce genre d'enseignement est encore à créer : nous apportons une pierre aux fondations d'un édifice que de plus forts cimenteront , que de plus habiles élèveront pour nos descendants.

Comme là consécration du droit procède* de la pratique des devoirs qui le justifient , nous pensons que la liberté obh'ge, plus encore qu'elle

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n'affranchit, et nous croyons avec Montesquieu que la démocratie est, de toutes les formes de gouvernement, celle dont le maintien exige le plus de probité, de religion et de vertu.

Cette opinion, qui lui assigne une suprématie morale sur toute autre organisation politique, laisse entrevoir combien il est difficile de réaliser un système subordonné de la sorte à la perfection humaine.

Nul n'est appelé à pénétrer les secrets de l'avenir que Dieu réserve à la patrie; mais les vœux de toute àme honnête, exempte d'ambitions vaiaes ou de découragement prématuré , sQQt sqf^g doute apquis, coimue les qôtres, à la d^i^ipqratie qui satisfait à l'instinctif amour de la ppffectibilité, forœ motrice des civilisations en travail.

Çap^ cessg inquiat de l'avenir, troublé par les exemples du passé, alarmé par les mécomptes quQ cb|ique jour amène, nous avons entr^epris ces éludes, à l'abri de toute passion; l'œil attentif aux ^vénequônts si rapides, l'oreille quverte, et le cœur fermé aux échos des partis ; désinté^ re§sé Jx]|ujQurs, calme toujours, et spectateur obstiné autant qq'acteur obéissant et froid, du draipe sombre et tumultueux des rues«

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Bn aopft iqâaDt aox bruits de la foule, noug m noQp «ommes heurté qu'à des mépriiet, et noQS u'airQ0» renoontisé de tout oèté, quMncerti* tnde et qii'iguQranoe.

^tpatÎPQ étrange des écrivains du temps où npui soippies 1 les puUioisM de 93 étaient sti« mulés par Tardenr des passions; ceux d'aujourd'hui sont calculateurs et sceptiques copiine la philosophie du dix-huitième siècle. Mais leur logique n'a plus la destruction pour mobile , et le silencQ protège bien moins leur méditation ; car ce9 aïeux de la France nouvelle n'avaient point de« corpfrrde^garde pour cabinets d'étude, ni les opinions, ni les pensées pressées, fogi- ^ tive^ et infuses (|'nn peuple agité, pour bibliothèque,

De cette position bizarre et singulièrement propre à accélérer la maturité de l'expérience, il résulte peut-être, au profit de l'écrivain et du lecteur, l'avantage d'une plus intime assimilation des idées réellement pratiques, etdes véri« té# Qontrèlées par les faits.

Nous réclamons une part modeste du béné* fice de ces circonstances en faveur d'un livre écrit au jour le jour, sous l'empire des nécessités que révélait chaque épreuve, et qui, tout en

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ré^rvant l'iminnabilité des principes , reflète successivement les impressions subies par la foule, au-dessus des sentiments de laquelle Tau* teur n'a pas la prétention d'élever sa pensée. Il cède au courant, il flqtte entraîné par le reflux des vagues, et n'a point l'ambition de planer parmi les nuées.

C'est pourquoi, bien qu'il ait adopté la forme encyclopédique et concise du dictionnaire , il a laissé les articles dans l'ordre où la succession lo^ gique des événements en a dictera composition. Il peut être agréable au lecteur, et profitable à l'historien moral de nos dissensions, de voir çà et là jaillir une date, et de constater une hiérarchie naturelle entre tels ou tels sujets , reliés l'un à l'autre, et abordés dans la naïveté de la sensation du moment. Il suffit, pour reconstruire le dictionnaire, d'une table alphabétique, et l'ouvrage en est pourvu.

Ce que nous avons souhaité, tout en traçant une page imprégnée de l'esprit de l'époque et colorée de la teinte qui lui est propre, c'est surtout d'éviter l'écueil des écrits de circonstance. I^ passion, innocente de nos erreurs, ne servira pas à les rendre excusables.

Nous avons cherché, sans préjugé ni faiblesse,

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