CLASSE PREMIÈRE
•fSYJSŒN. HYDRO-SULFUREUSES , SULFURÉES , HEPATIQUES
Considérations générales.
Les eaux minérales sulfureuses tirent leur nom du gaz hydrogène sulfuré ou de l’hydro-sulfate de soude qu’elles contiennent ; elles sont très-nombreuses dans les Pyrénées et ne se montrent ordinairement que dans les terrains granitiques , un du moins dans les terrains primordiaux. Avant d’examiner chaque source en particulier, jetons un coup d’œil sur leurs propriétés en général.
Propriétés physiques. L’odeur de ces eaux est plus ou moins fétide ; elle a beaucoup de rapport tantôt avec celle des œufs gâtés , tantôt avec un œuf récemment cuit. Plusieurs sources , celles de Saint- Amand, de Barbotan, d’Évaux, de Bagnoles (Orne) , etc. , répandent une odeur analogue sans avoir cependant fourni aux chimistes la plus petite proportion de gaz hydrogène sulfuré; la cause de ce phénomène dépend sans doute de l’extrême volatilité de ce gaz, dont une faible quan-
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
tité suffit pour communiquer une odeur hépatique à un volume d’eau considérable. Quelquefois aussi cette odeur est accidentelle , et tient à la décomposition de matières animales ou végétales qui sont dans les bassins ou près des sources : c’est ainsi que des eaux qui paraissaient au premier abord sulfureuses ont cessé de l’être , lorsqu’on a nettoyé les bassins; il suffit qu’une eau soit chargée de sulfate de soude ou de sulfate de chaux , et qu’elle soit en contact avec des matières organiques , pour qu’elle dégage l’odeur hépatique. Ainsi à Bilazay ( voyez ce mot) une source saline devient sulfureuse en se mêlant avec les détritus d’un lavoir; la source de Pinac, à Bagnères-de-Bigorre , acquiert les propriétés hépatiques en traversant une couche très-épaisse de tourbe.
Toutes les eaux sulfureuses contiennent en plus ou moins grande quantité une matière pseudo-organique encore peu connue., désignée sous les noms de matière grasse , barègine , glairine. Cette matière , qui a l’apparence muqueuse, est douce au toucher , se présente sous diverses formes : tantôt elle est fibreuse, floconneuse, tantôt zonaire, compacte et membraneuse; sa couleur est blanche , brune, verte ou rouge (1).
(1) Un élève distingué deM. Barruel , M. Fontan , qui prépare un travail sur l’analyse des eaux des Pyrénées, a bien voulu nous montrer la barègine qu’il a recueillie dans ces différentes sources. Il admet deux espèces de barègine j l’une vraie , l’autre /imsse. La première ressemble beaucoup à de la gelée : elle est inodore , ne paraît pas susceptible de décomposition , puisque nous en avons vu une assez grande quantité qui était déposée dans un flacon depuis deux ans et qui s’était conservée sans altération ; la. fausse , au contraire , se décompose assez promptement et dégage une forte odeur d’hydrogène sulfuré • elle consiste en filaments blanchâtres , brunâtres , noirâtres ; elle est constamment blanche quand elle n’est pas exposée à la lumière ; le contact de l’air favorise son développement, tandis que la| vraie barègine, indépendante de cette cause semble inhérente à la constitution des eaux sulfureuses. La fausse ba-
On a attribué pendant longtemps à cette substance F onctuosité des eaux sulfureuses ; M. Anglada croit que cette précieuse propriété dépend du sous-carbonate de soude : il suffit en effet d’introduire une quantité déterminée de ce sel dans de l’eau pour la rendre onctueuse ; mais l’action chimique de ce sel alcalin sur le tissu de la peau ne nous paraît pas identique avec l’onctuosité produite par la présence d’un corps, muqueux , tel que la barégine.
Les eaux sulfureuses perdent leur odeur , leur goût et leurs propriétés par l’exposition à l’air, ou par une chaleur douce et continue. Elles sont presque toutes thermales ; il en est cependant quelques-unes de froides.
Propriétés chimiques. Les eaux sulfureuses brunissent ou noircissent les métaux blancs, tels que l’argent, le plomb, le bismuth, le mercure; elles précipitent en noir l’acétate de plomb , et déposent souvent du soufre par l’exposition à l’air. Le soufre se trouve dans ces eaux à l’état d’hydrogène sulfuré ou d’hydro-sulfate. M. Anglada a remarqué avec raison qu’on a trop généralisé l’existence de l’acide hydro-sulfurique libre , et que dans les eaux sulfureuses le soufre se présente presque constamment à l’état d’hydro-sulfate : telle est du moins l’idée qu’il a émise relativement à la constitution des eaux sulfureuses du département des Pyrénées-Orientales. Ce chimiste admet des eaux sulfureuses hydro-sulfuriquèes , des sulfureuses hydro- sulfatées et des sulfureuses hydro-sidfatées sulfurées ; enfin il appelle sulfureuses dégénérées celles qui perdent une partie de leurs principes sulfureux par un assez long contact avec l’air , avant d’arriver à leur issue.
Les eaux qui nous occupent renferment une très-petite proportion de matières fixes : car celles qui en offrent le plus
régine est toujours implantée sur une partie de vraie barégine ; elle prend différentes formes, tantôt celle d’une plume, tantôt celle d’une houppe, etc. Ces deux substances sont azotées.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
ne laissent après l’évaporation à siccité qu’un résidu qui est à peine, d’après M. Longchamp , la trois mille quatre centième partie de l’eau évaporée ; selon M. Anglada , le rapport des matières fixes n’est le plus souvent que de 15000e , et va rarement à 1/2000. Les médecins qui accordent une grande influence au sulfure de sodium dans l’action thérapeutique des eaux pourront juger, à l’inspection du tableau suivant, quelles sont celles qui, dans cette manière de voir, doivent être les plus actives. Les sources sont présentées dans l’ordre de la plus grande quantité de sulfure de sodium qu’elles contiennent.
TABLEAU de îaquantilede sulfure de sodium queMM. Anglada?
Loiîgchamp et Fontan ont trouvée dans 44 sources.
SOURCES
ÉTABLISSEMENTS
THERMAUX.