‹ Manuel des eaux minérales naturelles, contenant l'exposé des précautions qu'on doit prendre avant, pendant et après l'usage des eaux minérales, la description des lieux et des sources, les analyses chimiques les plus récentes, les propriétés médicales, le mode d'administration des eaux minérales de la France, des eaux étrangères les plus célèbres, et des bains de merChapitre 58 sur 103 · SOURCE FORTE · texte numérisé non relu

SOURCE FORTE

Acide carbonique. . . .

q. ind.

Sulfate de magnésie. . .

gr.

Sulfate de magnésie. . .

gr.

— d’alumine. . . .

— d’alumine. . . .

A reporte) . . . .

A reporter. . . .

Report . . . 4,9634

Sulfate de fer . 0,1138

— de chaux . 0,5693

Carbonate de chaux. ... 0,1707

— de magnésie. . 0,2276

— de fer. . . . 0,1138

Report. . . . 4,2242

Sulfate de fer . 0,5693

— de chaux . 0,3414

Carbonate de magnésie. . 0,1138

— de fer . 0,4552

11 est à remarquer que, d’après cette analyse , la source douce contient plus de principes minéraîisateurs que la source forte.

Propriétés médicales. Les eaux de Cransac possèdent des propriétés énergiques ; elles conviennent principalement aux individus à fibre molle, et en général dans la plupart des affections du système lymphatique. Leur emploi est avantageux dans l’atonie des voies digestives, les engorgements abdominaux, les fièvres quartes rebelles, la suppression des règles accompagnée d’un état de langueur. M. Murat assure que ces eaux sont un puissant prophylactique dans les épidémies de fièvres bilieuses , putrides , et dans les dyssenteries.

Mode dé administration. On boit les eaux de Cransac depuis une livre jusqu’à trois. Un des premiers effets qu’elles produisent ordinairement, c’est de procurer desselles abondantes et même des vomissements; mais l’expérience démontre qu’on s’y accoutume peu à peu. Ces eaux doivent être bues froides, autant que possible; en les chauffant, on court le risque de les décomposer. Pour diminuer leur action trop stimulante, on est quelquefois obligé de les mêler avec du lait, de l’eau d’orge ou de gomme.

Il n’y a point de bains à Cransac ; mais on y voit des étuves naturellement formées dans des excavations souterraines pratiquées dans la montagne; près de là sont, dit-on, des houillères embrasées depuis des siècles, et c’est par ces houillères que la température des étuves est entretenue depuis 31° jusqu’à 48° cent. Ces étuves sont fréquentées par les rhumatisants,

FERRUGINEUSES ACIDULES FROIDES.

les paralytiques , les dartreux; elles le seraient davantage si le malade en sueur trouvait à sa sortie un bon lit pour se reposer, et s’il n’était pas obligé de s’exposer aux intempéries de l’air en traversant le vallon pour gagner son logement.

On exporte une grande quantité d’eau minérale de Cransac. En 1835 , il est venu à Cransac 2,1 00 étrangers , qui ont laissé environ 42,000 francs dans le pays. Le prix des eaux bues et exportées s’élève à 7,590 francs.

Les vertus et analyse des eaux minérales de Cransac , par Mathurin Dissis j 1 CSG , in-12. On ne trouve dans cet ouvrage ni analyse chimique, ni observations pratiques.

Notice sur les eaux minérales de Cransac , par Victor Murat; 1822 , in-18.

SELLES ( département de l’Ardèche).

Village de la paroisse de Rampon, près de La Voulte. Les sources minérales qu’on y trouve étaient délaissées depuis longtemps, lorsqu’en 1833 M. Barrier les tira de l’oubli en créant un établissement thermal qui en 1835 a été fréquenté par deux cent quatre-vingt-sept malades.

Nature du sol. La vallée de Selles est étroite , allongée , environnée de montagnes ; elle offre çà et là des couches de sulfure de fer, dont on voit une belle veine au milieu de l’établissement.

Sources. Elles sont actuellement au nombre de cinq , et surgissent au pied des montagnes de l’ouest, près du bord du ruisseau de Chapet. Voici leurs noms : 1° Puits artésien ; il a été obtenu à l’aide de la sonde du mineur ; cette source est intermittente; on peut cependant évaluer son volume à cent mètres cubes d’eau, et plus de quarante mètres cubes de gaz acide carbonique pur dans les vingt-quatre heures. Cette source alimente un établissement de bains et une fabrique d’eaux gazeuses. Elle a été atteinte à une profondeur de soixante

pieds ; en forant ce puits , la sonde a traversé un banc de sulfure de fer de huit pieds d’épaisseur. 2° Bonne Fontaine ; elle est connue depuis longtemps ; son volume est de dix à douze litres par minute ; elle est située à quelques centaines de pas de l’établissement. 3° Fontaine Fentadour ; elle emplit un grand puits de quinze pieds de profondeur. Son volume est très-considérable , et ne saurait être bien apprécié. 4° Fontaine des Yeux ; elle sort des roches de micaschiste; son volume est de cinq mètres cubes dans les vingt-quatre heures. 5° Fontaine Lévy; il est une sixième source qui semble dépendre de celle de Lévy ; ces deux sources coulent sur un lit de sulfate de fer qui a soixante à soixante-dix centimètres d’épaisseur. Le volume de la fontaine Lévy est de dix à douze litres par minute.

Propriétés physiques. Les eaux de Selles sont limpides , ont un goût piquant; celles du Puits Artésien ont une température de 25° cent.; elles forment dans leur trajet un dépôt rouge ocracé qui est plus abondant pour la Bonne Fontaine que pour le Puits Artésien et la Yentadour. La Bonne Fontaine présente seule à sa surface une pellicule irisée.

Analyse chimique. Analysées par le professeur Balard, ces eaux ont fourni les principes suivants :

Eau (1 litre).

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