‹ Manuel des eaux minérales naturelles, contenant l'exposé des précautions qu'on doit prendre avant, pendant et après l'usage des eaux minérales, la description des lieux et des sources, les analyses chimiques les plus récentes, les propriétés médicales, le mode d'administration des eaux minérales de la France, des eaux étrangères les plus célèbres, et des bains de merChapitre 85 sur 103 · PRÉCIS SCR LES EAUX · texte numérisé non relu

PRÉCIS SCR LES EAUX

les acidulés sont celles que la chimie est parvenue à imiter le plus exactement j avec d’autant plus de succès qu’elle peut modifier leur saturation à la volonté du médecin , et composer tantôt une eau plus douce que l’eau naturelle , tantôt une eau plus effervescente et plus active. On pourrait se contenter de charger l’eau de gaz acide carbonique sous la pression ordinaire ; mais l’habitude qu’ont les consommateurs de boire des eaux mousseuses et sursaturées a fait imaginer des appareils de compression plus ou moins perfectionnés: tels sont ceux de MM. Planche , Bramah , et l’appareil de Genève.

Les eaux acidulés , qui sont simplement chargées de gaz acide carbonique sans addition de substances salines , étant peu excitantes , peuvent calmer les spasmes de l’estomac , les vomissements nerveux , etc.

Les qualités et la saveur de l’eau de Seltz factice dépendent de la pureté de l’eau qui en fait la base , des soins que l’on apporte à sa préparation, de la quantité de gaz qu’on y fait dissoudre , et de l’union plus ou moins intime qu’elle contracte avec lui. L’eau de Seltz la plus usitée contient cinq fois son volume de gaz acide carbonique 9 qui exerce contre les bouchons des bouteilles une pression très-considérable. Aussi, lorsqu’on vient à couper la ficelle qui maintient le bouchon , celui-ci est ordinairement chassé avec force, et l’eau ellemême, violemment agitée par le gaz, s’élance avec impétuosité hors de la bouteille , si on ne la verse pas adroitement dans le verre. Pour vider l’eau d’une bouteille sans perdre de gaz , on peut se servir de l’instrument que nous avons indiqué (page 218).

Nous avons déjà dit (page 293) que l’eau de Seltz artificielle n’a pas les mêmes propriétés que l’eau naturelle. Cette différence, peu sensible chez l’homme sain, se fait particulièrement remarquer chez les personnes atteintes d’irritations gastriques. Toutefois, pendant l’épidémie désastreuse du choléra , cette eau minérale factice a rendu des services

MINÉRALES ARTIFICIELLES

si incontestables , que son usage s’est popularisé surtout comme boisson d'agrément, et sa consommation s’étend sans

cesse.

On sait que les eaux naturelles de Vichy sont remarquables par la grande quantité de bi-carbonate de soude qui entre dans leur composition, et qu’en rendant les urines alcalines, elles peuvent saturer l’acide urique de ce liquide, dissoudre les graviers et même les calculs vésicaux. Avant cette précieuse découverte , M. Robiquet avait déjà démontré qu’on obtenait les mêmes résultats sous l’influence d’une solution de bi-carbonate de soude. Sans nier l’utilité de l’eau de Vichy factice, nous devons faire observer que les malades supportent beaucoup mieux l’eau de Vichy naturelle que celle fabriquée par Fart. M. Charles Petit , en effet, a donné des soins à des goutteux et à des graveleux chez lesquels il a pu, sans qu’ils éprouvassent aucun inconvénient, et, au contraire, avec un grand avantage pour leur santé , porter la dose des eaux de Vichy jusqu’à vingt, vingt-cinq et même trente-cinq verres par jour; et si l’on réfléchit que chaque verre d’eau contient environ un gramme (dix-huit grains) de bi-carbonate de soude , on verra que quelques-uns de ces malades prenaient jusqu’à trente-cinq grammes (plus d’une once de ce sel), sans compter qu’ils en absorbaient par les bains qu’ils prenaient aussi régulièrement. L’expérience prouve qu’à des doses semblables le bi-carbonate de soude en dissolution dans l’eau ordinaire est pris avec répugnance par les malades , qui ne peuvent pas en outre en supporter une aussi grande quantité.

III. Eaux ferrugineuses . Nous avons déjà dit ( voy. p. 318) que les eaux martiales naturelles conservées se décomposaient promptement, et que celles qui retiennent du fer en dissolution à la faveur d’un excès d’acide carbonique , l’abandonnent à mesure que le gaz s’échappe. Ce motif doit engager à préférer les eaux ferrugineuses artificielles aux eaux naturelles

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