LOUIS COLAS , LIBRAIRE , RUE DAUPHIIVE
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AVANT-PROPOS
Présenter l’exposé succinct et fidèle de nos connaissances sur les eaux minérales en général et sur chaque source en particulier, tel est le but de cet ouvrage. L’hydrologie minérale se divise en deux parties distinctes : l’analyse chimique et Faction thérapeutique des eaux. Ce motif a engagé un chimiste et un médecin à s’associer pour la publication de ce Manuel .
Jusqu’à présent les auteurs qui ont publié des analyses d’eau minérale n’ont pas adopté une mesure de capacité et des poids uniformes (i); de sorte qu’il est difficile de saisir au premier coup d’œil les analogies et les différences qui existent dans la composition de chaque source. Pour rendre cette comparaison plus facile, nous avons réduit la quantité d’eau employée dans chaque analyse à un litre; nous avons converti les grains en grammes , et exprimé en volume Facide carbonique et les autres gaz, qui généralement étaient évalués
(1) Nous devons toutefois excepter M. Anglada , et MM. Guibourt, Soubeiraii, qui, dans des articles sur les eaux minérales, insérés dans différents dictionnaires de médecine , ont réduit à un kilogramme les analyses qu’ils ont citées.
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en poids. Pour ceux qui ne se rappelleraient pas la conversion des grains en grammes et vice versâj, ainsi que la correspondance du thermomètre de Réaumur avec le thermomètre centigrade, dont nous nous sommes servis de préférence pour signaler la chaleur des eaux , nous avons placé au commencement de cet ouvrage {voyez pages xrv et xvi) des tableaux indiquant ces réductions. Nous avons cité, autant que possible, les analyses les plus récentes, sans néanmoins garantir leur exactitude. Si les analyses d’une même source ne présentent pas toujours des résultats identiques, cette différence dépend, sans doute, de ce qu elles ont été faites souvent par des personnes peu exercées aux opérations chimiques , et a des époques diverses de l’année. En effet , les pluies, la fonte des neiges, qui ont une certaine influence sur la température de plusieurs eaux, doivent aussi modifier leur composition.
Si la chimie n’est pas encore parvenue à nous révéler tous les principes constituants des eaux minérales , la connaissance des effets de cette médication sur l’économie vivante n’est guère plus avancée. En effet, toutes les eaux ont été recommandées si indistinctement dans le plus grand nombre des maladies chroniques, que les médecins qui ne croient pas qu’un médicament quelconque puisse être une panacée accordent aux eaux ellesmêmes peu de vertus , et attribuent les guérisons qu’elles opèrent au voyage , au changement d’air,
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de climat, etc. Mais les eaux minérales ne sont ni un remède universel , ni un spécifique ; leur emploi doit être dirigé d’après les règles générales de la thérapeutique, et, puisqu’elles présentent des différences dans leurs propriétés physiques et chimiques, il est évident quelles doivent être propres au soulagement ou à la guérison de maladies, ou de périodes de maladies différentes. C’est ce point essentiel que nous avons cherché à éclaircir , et sur lequel, malgré nos faibles efforts, il reste encore beaucoup à faire. La méthode numérique nous semble fort utile dans cette circonstance; nous ne doutons pas que si les médecins inspecteurs envoyaient chaque année à M. le ministre du commerce des tableaux récapitulatifs de leurs rapports et indiquant, le nom et fespèce de chaque maladie qu’ils ont traitée ; 2® le nombre des malades guéris ; 5® le nombre des malades soulagés; 4° nombre des malades traités sans succès ; 5° le nombre des malades dont la guérison ou le soulagement ne s’est manifesté qu’après le départ des eaux, nous ne doutons pas, disons-nous, que ces tableaux, rédigés avec bonne foi, ne fissent connaître quelles sont les maladies qui sont le plus souvent guéries ou soulagées par chaque source minérale, et dans quels cas telle eau doit être préférée a telle autre. Quelques médecins inspecteurs ont si bien senti fimportance d’un pareil travail , qu’ils font exécuté depuis plusieurs années. ( oyez Greoulx , Bourbonne-les-Bains , Bourbon-
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l’Archanibaiilt.) Au reste, la commission des eaux minérales créée dans le sein de l’Académie royale de Médecine a demandé au ministre du commerce que de pareils tableaux statistiques fussent annexés aux rapports de tous les médecins inspecteurs.
Les eaux minérales ne doivent pas être seulement un sujet d’études pour les médecins, elles doivent aussi fixer l’attention du Gouvernement , des conseils généraux et des conseils municipaux. Une source minérale est un fonds précieux pour un pays pauvre. Pendant la saison des eaux, elle y attire le numéraire (i) et augmente la valeur des denrées; les sources de Baréges, de Bonnes, de Cauterets, de Spa , etc., enricbissent les contrées stériles oii la nature les a placées. Ces exemples ne doivent-ils pas encourager les habitants des lieux ou sourdent des eaux minérales à réunir dans ce séjour l’agréable à l’utile ; à entretenir les fontaines, à les décorer comme la richesse principale de leur sol ; à embellir le local destiné aux malades , à créer de vastes salons de réunion , a rendre l’emplacement et les sites des environs plus accessibles, à faciliter les moyens de transport des voyageurs, et à établir partout des promenades spacieuses et ombragées? Sans prétendre donner aux établissements d’eaux minérales le luxe et la splendeur que leur
(1) Nous avons présenté à la fin de cet ouvrage un tableau indiquant le produit des eaux et le numéraire laissé dans chaque établissement pendant une année [voijez page 550).
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avaient imprimés les Pioniains, il est désirable cependant qu’on les approprie aux usages et aux habitudes des temps modernes; qu’on y organise des douches de toutes espèces, des bains de vapeurs, afin que l’on puisse administrer les eaux sous toutes les formes, et que les diverses classes de la société puissent en retirer les bienfaits qu’elles ont le droit d’en attendre. Pour arriver à ce but, il faut agrandir les hôpitaux près des sources minérales , leur accorder une dotation plus considérable, donner un plus grand développement aux établissements pour que le service ne soit pas encombré, réduire le taux des bains et des douches, et pour cela creuser, à l’instar des Romains , de vastes bassins communs qui, pour être alimentés, nécessitent un volume d’eau moins considérable qu’un grand nombre de baignoires , et qui sont à la fois plus salutaires, plus récréatifs, moins dispendieux à fonder et à entretenir que les bains privés.
On a écrit vaguement qu’il y avait en France mille localités où l’on trouve des eaux minérales; mais le dénombrement n’en a pas été fait depuis Carrère, qui l’a exécuté en lySÔ pour répondre a l’invitation de la Société royale de Médecine. En attendant le tableau complet de la richesse hydrologique minérale du royaume , nous avons rangé par départements (^>ojez page 555) les eaux que nos recherches nous ont fait connaître. Parmi ces sources, on en compte environ quatre-vingt-dix qui possèdent des établissements plus ou moins
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bien organisés, et sont assez fréquentées pour avoir un médecin inspecteur (i) nommé par le Gouvernement, et chargé de diriger les malades dans remploi des eaux. Quelques-unes de ces sources appartiennent à l’État, sont bien administrées et tenues avec soin ; la plupart d’entre elles sont la propriété des communes , des hospices ou des particuliers ; toutefois , le plus grand nombre de nos eaux, quoique non dépourvues d’efficacité, mais privées d’établissements, sont peu connues hors du canton où on les voit sourdre, et sont consacrées à une utilité locale , souvent fort circonscrite.
Si nous n’avons donné que peu de détails sur les eaux minérales étrangères , c’est que souvent nous avons manqué a ce sujet de documents positifs, et que nous sommes convaincus qu’elles peuvent être remplacées avec avantage par les sources nombreuses et salutaires qui enrichissent le sol de notre belle patrie.
Quant au plan de cet ouvrage, il suffit pour le connaître de jeter un coup d’œil sur la table analytique des matières qui se trouve ci après; nous dirons seulement que , laissant de côté les discussions de pure théorie, nous nous sommes appliqués à présenter brièvement et avec clarté ce qui nous a paru intéressant et utile a la pratique médicale.
(1) Nous avons donné, page 546, la liste officielle des médecins inspecteurs de chaque établissement.
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES-
Avant-propos , page v. — Tableaux de conversion des grains en grammes et vice versa, xiv. — Tableau de correspondance du thermomètre deRéaumur avec le thermomètre centigrade, xvi.
PREMIÈRE PARTIE. Coup d’œil sur l’iiisloire des eaux minérales, page 1.
Chapitre premier. Déflnition des eaux minérales , leur parallèle avec l’eau commune et leur division admise par les chimistes, page 14. — De l’action thérapeutique des eaux; degré d’utilité des analyses chimiques, 17. — Pvéflexion sur les maladies qu’on observe le plus fréquemment dans les établissements d’eaux minérales ; indication des cas dans lesquels on doit préférer une eau minérale à une autre , 26. — Dangers des eaux minérales, 41. — Pvemarques sur l’association des médicaments aux eaux, 42. — ^De l’époque où l’on peut prendre les eaux, 44. — Précautions à prendre avant l’usage des eaux, 45. — Ptégime que l’on doit suivre pendant l’usage des eaux, 46. — Hygiène du buveur d’eau, 49. — Hygiène du baigneur, 62. — Accidents qui peuvent survenir pendant l’usage des eaux, 55. — De la durée du séjour aux eaux, 57. — Précautions à prendre après l’usage des eaux, 58. ~ Précautions nécessaires dans le transport des eaux, 59.
Chapitre II. Des bains, page 63. — Des bains d’eau commune, 64. — Des eaux thermales, 68. — Conjectures sur la cause de la chaleur des eaux, 72. —De la minéralité des eaux, 75. — Le calorique des eaux thermales est-il identique avec celui de nos foyers? 75. — De l’action thérapeutique des eaux thermales, 78. — Des piscines , de leur utilité, 85. — Refroidissement des eaux trop chaudes, 88. — Caléfaction artificielle des eaux, 89. — Des boues minérales, 89. — Des douches, des injections, 90. — Des étuves, 95. — Conclusion, 97.
DEUXIÈME PAPiTIE. — Première classe. Considérations générales sur les propriétés physiques, chimiques, médicales, et le mode d’administration des eaux sulfureuses , page 99. — Description des eaux de Baréges ,
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES
111. — Saint-Sauveur, 123, — Cauterets, 126.— Bonnes, 133. ‘—Eaux Chaudes, 138.— Bagnères-de-Luchon , 141.— Escaldas , 148.— Vernet, 151. — Molitg, 153. — Vinça, 155. — Thuez , 157. — 'Bains près Arles, 158. — La Preste, 161. — Ax, 163. — Greoulx ,166. — Digne , 170. — Bagnols (Lozère), 173. — Cambo, 176. — Castéra-Verduzan , 178. — Saint-Antoine deGuagno, 181. — Pietra-Pola, 183. — Guitera, 184. — Caldaniccia , 185. — Aix-la-Chapelle, 186. — ■ Acqui, 188. — Baden (Autriche), 189. — Aix (Savoie), 190. — Schinznach (Suisse), 197. — Enghien ,199. — Uriage , 204. — La Roche-Pozay , 207. — Gamarde , 209. — Guillon , 210. — Trébas, 211. — Puzzichello (Corse), id. — Montmirail , 212. — Montbrun , id.
Classe deuxième. Considérations générales sur les propriétés physiques , chimiques, médicales et le mode d’administration des tdim. acidulés , page 213. — Description des eaux de Vichy, 218. — Bourbon-TArchambault, 233. — Mont-d’Or, 240. — La Bourboule, 252. — Saint-Nectaire, 256. — Châtel-Guyon , 260. — Châteauneuf , 262. — Saint-Mart, 264.
— Clermont-Ferrand, 265. — [Ussat, 267. — La Malou, 271. — Audinac, 274. — Encausse , 276, — Buxton , 277. — Saint-Alban, 278. — Foncaude, 280. — Gabian, 281.— Contrexeville, 282. — Bussang, 286.
— Pougues, 288. — Seltz,291. — RoisdorlT, 294. — ^Sultzmatt, 296. — Sultzbach, 297. — Orezza, 298. — Sainte-Marie (Cantal), 299. — Saint- Martin-de-Valmeroux , 300. — Vic-sur-Cère , 301. — Camarès, 302. — Saint-Pardoux, 303. — Chateldon , 305. — Saint-Myon , 306. — Pont- Gibaud, 307. — Montbrison , 308. — Sail-sous-Gousan , 309. — Saint- Galmier, 311. — Besse, id. — Medague , id. — Vic-le-Comte , id. — Bar, zVZ.— Langeac, 3i2.— Saint-Parize , id. — Fonsanche, ûZ.etp. 560.
Troisième classe. Considérations générales sur les propriétés physiques , chimiques, médicales et le mode d’administration des c.di\i\ferru£^ineuses^ page 313. — Description des eaux de Tiennes , 319. — Sylvanès , 324. — Campagne, 326.— Forges, 327 . — Passy, 331 . — Vais, 334. — Cransac, 338. — Selles, 341. — Spa, 344. — Pyrmont, 350.— Eger, 352. — Marienbad, 354.— Alais , Alcth , Ambonay , Les Andelys, 356. — Attancourt, Aumale, Bagnères-Saint-Félix , 357. — Bagnères-de-Bigorre , Barberie, Beauvais , Bellême, Bléville, Boulogne, 358. — Briquebec , Brucourt, Cambo, Castéra-Verduzan, La Chapelle-Godefroy, 359.— Charbonnières , Conches, Courtomer, Cours de Saint-Gervais , Saint-Diey, Dieu-le-Filt, Dinan , 360. — Ebeaupin, Féron , 361. — Ferrières, Fontenelle, Forges (Loire-Inférieure), Gournay, 362. — Laifour, Baroque, 363. — L’Épinay,
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES
Sainte-Madeleine-de-Flourens , 3G4. — Saint-Martin-de-Fenouilla et le Boulou , 365. —Montlignon , Nancy, Noyers, La Plaine, 366. — Plombières , Pontivy, Pont-de-Veyle , Pornic , 367. — Provins , Quièvrecourl, 368.— Quincié, Reims , Rieu-Majon , Rouen , Ruillé, 369.— Saint-Santin, Schwalbach . Segray, Sermaise , 370.— Seneuil , Sorède , Tarascon ,371.
— Tongres, Verberie, Watweiler, 372.
Quatrième classe. Considérations générales sur les propriétés physiques , chimiques et médicales des eaux minérales salines, page 372. — Balaruc, 378.— Bourbonne-les-Bains , 383.— Carlsbad , 391. — Tœplitz, 395.
— Lucques , 396. — Plombières, 399. — Luxeuil, 405. — Bains, 408.
— Néris, 411. — Ems (Nassau), 418. — Schlangenbad, 420. — Bagnèresde-Bigorre, 420.— Bourbon-Lancy, 430. — Chaudes-Aigues , 434. — La Chaldette, 438. — Aix (Bouches-du-Rhône) , 439. — Saint-Laurent-les- Bains , 444. — Monestier-de-Briançon , 446. — Bagnoles (Orne), 449. — Saint-Amand, 452. — Barhotan, 456. — Evaux, 458. — Louesche (Suisse), 460. — Bade (Suisse), 465. — Pfeffers (Suisse) ,^467. — Saint- Gervais, 469. — Wisbaden, 471 . — Bade (grand-duché de Bade) , 473. — Bath (Angleterre) , 475. — Lamotte, 476. — Saint-Honoré, 477. — Dax, 47 9. — Tercis , 480. — Avène , 482. — Capvern , 485. — Bilazai , 486. — Labarthe-Rivière , 488. — Niederbronn, 488. — Sainte-Marie, 492. — Syradan, 493. — Barbazan, 494. — Foncirgue, 494. — Soullz-les-Bains, 496. — Forbach, 497. — Eau et bains de mer, 498. — Rosheim, 509. — Availles ou Absac, 510.— Préchac, 512. — Pouillon. 513. — Saubuse, 514. — Jouhe, 515. — Miers , 516. — Salces , 517.— Santenay, 518. — Bétaille, 519. — Martigné -Briant, 520. — Propiac, 521. — Bio, 522.
— Cheltenham, 522. — Sedlitz, 524. — Seidschutz, 525. — Pullna , 525. — Heilbrunn , 526.
TROISIÈME PAPtTIE. Précis sur les eaux minérales artificielles, 528.
QUATRIÈME PARTIE. Ordonnance royale qui régit les établissements d’eaux minérales naturelles et factices , 537 . — Liste officielle des médecins inspecteurs des établissements de la France , 546. — Tableau du produit des sources et du numéraire laissé par les malades dans les principaux établissements de la France, 550. — Tableau statistique des eaux minérales de la France classées par départements, 553. — Table alphabétique des lieux où les eaux minérales sont situées, 561. — Carte des eaux minérales de la France.