‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 25 sur 104 · SUR LES EAUX MINÉRALES SULFUREUSES · texte numérisé non relu

SUR LES EAUX MINÉRALES SULFUREUSES

ne permet de les administrer que dans les maladies où il est nécessaire de réveiller l’action vitale, et lorsque les malades sont d’un tempérament plutôt lymphatique que sanguin.

Prises à l’intérieuret à l’extérieur, elles sont recommandées spécialement contre les maladies chroniques de la peau, la couperose , les éphélides ou taches hépatiques, dans la disposition aux érysipèles , aux furoncles , et surtout dans les aflfections herpétiques et psoriques anciennes, sans phlegmasie locale et indépendantes du virus vénérien ; elles ne sont alors salutaires qu’ autant qu’il y a inertie des propriétés vitales de la peau , et que les malades ne sont pas trop irritables. On a souvent abusé des bains sulfureux; M. Biett ne les prescrit qu’aux individus mous et lymphatiques , dont la peau est sèche et rude, eczema et V impétigo clu'oniques , dans le psoriasis , la lepra vidgaris, la pithyriasis versicolor et dans le prurigo. Pendant le traitement minéral, il faut surveiller l’état de l’organe cutané ; s’il survient de la phlogose, il faut suspendre les bains sulfureux , donner du petit lait, saigner le malade , et appliquer des ventouses scarifiées sur la partie souffrante. La température des bains doit varier suivant l’irritation locale ; les bains chauds ne conviennent que lorsque la peau est dans un état de torpeur et d’atonie ; autrement les bains tempérés et un peu frais, qui calment les démangeaisons, sont plus avantageux. Les dartres étant souvent le reflet d’une affection interne , il ne faut pas négliger la boisson de l’eau sulfureuse.

Les sources sulfureuses ont été beaucoup vantées pour les belles cures qu’elles ont opérées dans les mcdadies chroniques de la poitrine , telles que le catarrhe pulmonaire, la pneumonie, lapleurésie, l’asthme et laphthisie ; mais le bruit de ces guérisons a souvent attiré à ces sources des malades auxquels elles ne convenaient pas. Lorsque ces affections ne sont pas accompagnées d’une irritation trop vive , qu’il n’y a point de fièvre hectique , lorsque surtout leur cause est due à la rétrocession des principes rhumatismal , goutteux , dartreux ou psorique , on peut

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

espérer que les eaux sulfureuses seront utiles en produisant une révulsion à la peau ^ en ramenant les sécrétions cutanées à leur état normal, et en rappelant les fluides du centre à la circonférence; la guérison sera d’autant plus certaine que pendant le traitement ou à sa suite , il se manifestera une crise par les sueurs ou les selles , que des flux supprimés se rétabliront, et qu’il apparaîtra des exanthèmes , des furoncles à la peau , ou des abcès dans le tissu cellulaire sous-cutané. On a recours avec quelque succès à cette médication dans la phthisie au premier degré, et si les tubercules sont récents et peu nombreux , on peut espérer de les résoudre ; mais si l’auscultation a fait découvrir des cavernes pulmonaires, s’il y a émaciation , fièvre intense , crachats purulents , les eaux minérales accélèrent la mort des malades.

Le triomphe des sources sulfureuses réside dans le traitement des blessures , et surtout des plaies par armes à feu. C’est là que les cicatrices vicieuses se relâchent , que les balles retenues dans l’épaisseur des muscles ou du tissu cellulaire tendent à se faire jour au dehors ; que les ankylosés incomplètes , la raideur , la rétraction des tendons et des fibres musculaires diminuent ou cessent; c’est là que l’on voit quelquefois les boiteux se redresser, les estropiés de tout genre recouvrer l’usage de leurs membres et s’en retourner gais et dispos , après y avoir été tristement e t douloureusement apportés. Personne n’ignore combien les douches sulfureuses sont renommées pour la guérison des ulcères calleux , fistuleux et invétérés. Les effets admirables qu’elles produisent alors dépendent de la nature des eaux et de leur haut degré de chaleur. Elles excitent une fièvre locale , augmentent la suppuration , favorisent la détersion de l’ulcère , en fondent les callosités ; en un mot, elles le renouvellent pour ainsi dire , et le ramènent à l’état d’une plaie simple. On sait que l’opiniâtreté des ulcères fistuleux, suite de coups de feu, dépend souvent de quelque morceau de chemise , de drap , qui y est retenu. La nouvelle inflammation ,

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