‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 33 sur 104 · SOURCE FERRUGINEUSE · texte numérisé non relu

SOURCE FERRUGINEUSE

Acide hydro-sulfurique. . q. indét.

gr.

Chlorure de calcium. . . . 0,128

— de sodium, et traces 1 n

> üjüoo

de carbonate de soude. 1

Sulfate de chaux . 0,424

— de soude . 0,278

Carbonate de chaux. . . . 0,207

Matière animale . 0,076

Acide carbonique. . . . q. indét.

gr.

— de sodium et traces 1 ^ de carbonate de soude, j ’

Sulfate de chaux . 0,347

— de soude . 0,387

Carbonate de chaux. . . 0,221

Oxyde de fer . 0,053

Matière animale . 0,053

Propriétés médicales. On recommande les eaux de la source sulfureuse dans les rhumatismes chroniques^ les engorgements lymphatiques , les maladies cutanées, les catarrhes de la vessie, la gravelle , les gastralgies, les pâles couleurs , et surtout dans les tumeurs scrofuleuses et les ulcères de même nature. — M. Bazin regarde Teau de la source ferrugineuse comme le meilleur antispasmodique, et en conséquence la préconise dans toutes les maladies du système nerveux.

On associe ordinairement la boisson aux bains et à la douche; pour l’usage extérieur, on est* obligé de chauffer l’eau minérale. La douche est d’une grande force et peut être dirigée à volonté et dans tous les sens ; on la reçoit dans mi bassin de marbre assez considérable.

L’établissement de Castéra-Verduzan appartient à M. le marquis de Pins ; le nombre des malades qui fréquentent annuellement les eaux est de quinze cents à deux mille. On peut estimer à 80,000 francs l’argent laissé dans le pays.

Traité des eaux minérales de Verduzan, par Raulin , 1772. L’auteur se montre enthousiaste de ces eaux.

Cj ne saison aux eaux de Castéra-J^erduzan , en 1824 , par M. le comle de B’***, Auch, 1825.

Notice sur les eaux de Castéra-Verduzan MM. Gapuron et

Bazin, 1 vol. in-18. Paris, 1830.

SULFUREUSES THERMALES

SAINT-ANTOIINE DE GÜAGNO (département de la Corse) (I).

Commune du canton de Soccia^ arrondissement d’Ajaccio, à 14 lieues de cette ville, à une lieue de Soccia, et une demi-lieue de Pogiolo. On y arrive d’ Ajaccio par deux routes principales. La découverte des eaux thermales de cet endroit est très-ancienne. En 1821, le département fit ériger l’établissement actuel, qui offre six baignoires et différentes piscines, dont plusieurs sont destinées aux soldats et aux indigents. 11 existe un hôpital militaire qui peut recevoir soixante malades. — Les étrangers trouvent près des sources des maisons où ils peuvent se procurer les choses nécessaires à la vie. On prend les eaux pendant sept à dix jours, depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Il y en a deux : 1° la grande source est placée dans une niche en pierre granitique. Elle fournit en vingt-quatre heures 74,880 litres; 2*^ à quelques toises de l’hôpital militaire, existe la petite source, renfermée dans un bâtiment où l’on trouve une douche pour les yeux, les oreilles et la face. Cette source donne 9,360 litres en vingt-quatre heures.

Propriétés physiques. L’eau de la grande source est claire , transparente , légèrement onctueuse au toucher ; elle répand une faible odeur d’hydrogène sulfuré; sa saveur est fade, nauséabonde. Sa température varie entre 50 et 52“ cent. Exposée à l’air libre, cette eau perd son odeur et laisse déposer une matière blanche, floconneuse. La petite source présente

(1) La Corse est riche en sources minérales de toutes espèces, qui seraient très-fréquentées par les habitants et les Italiens , s’il y avait des routes faciles pour y arriver et des logements commodes pour abriter les malades.

les mêmes caractères physiques ; sa température cependant n’est que de 35 à 37“ cent.

Analyse chimique» On doit à MM. Thiriaux et Poggiale l’analyse de l’eau sulfureuse de Saint- Antoine de Guagno ; nous les rapportons ici toutes deux :

Eau (1 litre).

ANALYSE DE M. THIRIAUX.

Acide hydro-sulfurique.

lit.

— carbonique. , . .

Carbonate de soude. . .

gr-

— de chaux. . .

— de magnésie.

Chlorure de sodium. . . .

Sulfate de soude. . . .

— de chaux .

Silice .

Matière extractive animalisée . 0,oa20

ANALYSE DE M. POGGIALE.

Acide carbonique libre. . 0,033

gr.

Sulfure de sodium. . . . 0,1060

Carbonate de soude. . . 0,0870

Chlorure de sodium, . . 0,2420

Nitrate de potasse. . . . 0,0190

— de magnésie. . 0,0330

Sulfate de soude . 0,1130

— de chaux. .... 0,1480

— d’alumine . 0,0230

Silic^. . 0,0480

Glairine . 0,0720

Perte . 0,0270

Propriétés médicales. Les eaux de Guagno conviennent , dit M. Thiriaux, dans les maladies cutanées , les rhumatismes anciens, les engorgements des viscères abdominaux, le catarrhe de la vessie , le gonflement et la raideur des articulations , les contractures des muscles , les ankylosés incomplètes et les accidents, suites de blessures par armes à feu. M. Deframchi, qui dirige ces eaux depuis vingt ans, les recommande aux personnes chlorotiques et aux femmes parvenues à l’âge crir. tique.

SULFUREUSES THERMALES

Mode d* administration. On boit les eaux de Guagno à la dose de trois ou quatre verres le matin ; le médecin leur associe rarement des médicaments. On prend les bains dans des baignoires ou dans les piscines.

M. Deframchi estime à 16,000 francs l’argent laissé dans le pays pendant l’été de 1835.

Essai sur la topographie physique et médicale de Saint-yintoine de Guagno, par M. Thiriaux. (Thèse, Strasbourg, 1829.)

PIETRA-POLA ( département de la Corse ).

Les eaux thermales de Pietra-Pola sont situées dans la commune d’Isolaccio, arrondissement de Corte, sur le bord d’une petite rivière. Quoiqu’il n’y ait point dans cette localité d’établissement thermal , et que l’on ne trouve qu’une maison capable de contenir quarante à cinquante personnes, ces eaux sont fréquentées chaque année par un grand concours de malades , depuis le mois de mai jusqu’à la fin de juin ; à cette époque, la chaleur excessive oblige les baigneurs à quitter les eaux. La saison dure dix à douze jours. Il y a un médecin inspecteur.

Sources, Il y en a quatre :1a première, très-abondante, alimente deux piscines où trente individus peuvent se baigner à la fois; la seconde, dite la Lucçia, fournit à un bain commun qui peut recevoir six à sept personnes ; la troisième, plus chaude, est appelée bain Spiritato, et présente deux baignoires particulières; la quatrième , nommée l'Occhiera, moins abondante , n’a qu’une baignoire. Toutes les piscines sont construites sur les ruines d’anciens bains romains.

Propriétés physiques. L’eau de la première source a 55° cent, de chaleur ; la seconde a quelques degrés de plus ; la troisième n’a que 42°,5, ce qu’on attribue à de l’eau fraîche qui tombe dans le bassin.

Analyse chimique. En 1776^ M. Vacher, médecin, et M. Castagnoux, pharmacien, ont trouvé dans les eaux de Pietra-Pola du muriate de soude , de la soude , du sulfate de chaux , de la magnésie , de la silice, uue matière grasse , et une certaine quantité d’hydrogène sulfuré. Cette analyse a besoin d’être répétée.

Propriétés médicales, La plupart des malades qui se rendent à Pietra-Pola sont atteints de rhumatismes, de paralysies, de sciatiques, d’anLyloses fausses, de dartres, de gale ou d’hémorroïdes, maladie qui paraît très-commune en Corse, d’après le rapport du médecin inspecteur.

Les bains de Pietra Pola ont l’inconvénient grave de n’être pas tempérés et d’agir avec trop de violence sur les hommes sains et malades. Les baigneurs ne peuvent pas supporter la température de la grande piscine au delà de quinze à vingt minutes. Il n’existe aucun appareil pour les douches.

Les bains ne sont pas affermés; chaque baigneur donne seulement après la saison trente centimes à celui qui est chargé de la police des bassins. Onze cents personnes sont venues en 1836 à Pietra-Pola, et ont laissé dans le pays environ 24,000 fr.

GUÏTERA ( Corse ).

Commune du canton de Licavo , arrondissement d’Ajaccio : les routes pour y parvenir sont en mauvais état ; il n’y a point d’établissement thermal. Depuis quelque temps, on a fait bâtir cinq petites maisons pour loger les malades. Les eaux thermales sont peu éloignées de marais qui déterminent fréquemment chez les étrangers des fièvres intermittentes ; aussi ne sont-elles fréquentées que depuis le 26 mai jusqu’au 7 juillet, et depuis le 10 septembre jusqu’au 7 octobre. Il y a un médecin inspecteur.

Les eaux sont reçues dans un bassin; elles sont limpides et ne se troublent que par les orages et les pluies ; leur odeur et leur saveur sont sulfureuses; leur température est de 45*^ à

SULFUREUSES THERMALES

47%5 cent. Une espèce de lichen recouvre les pRTOis dn bassin.

Il n’existe point d’analyse des eaux de Guitera. Elles sont particulièrement employées en bains pour les maladies de la peau ; elles sont utiles aussi contre les rhumatismes çhreniques ^ la sciatique , et facilitent le flux menstruel chez les jeunes filles chlorotiques.

CALDANICCIA (Corse).

Les eaux thermales de Galdaniccia ne sont connues que depuis quelques apnées ; elles se trouvent dans une vallée à une lieue environ d’Ajaccio, près de la grande route qui va de cette ville à Bastia ; il n’existe point d’habitation près des eauX;, et les malades qui viennent- les prendre sont obligés de retourner le soir à Ajaccio.

Propriétés phijsicjues. L’eau est limpide, incolore, répand l’odeur d’œufs couvis, et dégage par intervalles des bulles d’un gaz qui a présenté à M. Poggiale tous les caractères du gaz azote; sa température est de 40^^ cent. Au fond du bassin, on trouve de la glairine.

Analyse chimicjue. Elle a été faite par M. Poggiale.

Eau ( 1 litre ).

gr.

Hydrosulfate de soude. . . . 0,071

Glairine . 0,039

Chlorure de sodium . 0,223

Sulfate de soude . 0,084

— de chaux . 0,107

Carbonate de chaux . 0,038

— de soude . 0,097

— de magnésie. . . . 0,028

Silice . 0,129

Perte . 0,057

Propriétés médicales, MM. Versini et Casile recommandent les eaux de Caldaniccia dans les engorgements du foie , de la rate, suite de fièvres intermittentes, la chlorose, les maladies cutanées anciennes, et les ulcères scrofuleux.

Ces eaux sont administrées en boisson, bains et lotions.

AIX-LA-CIIAPELLE ( Prusse ).

Ville considérable à 12 lieues de Cologne, 9 de Liège, 7 de Spa, et 80 de Paris. Elle se trouve dans un vallon fertile et riant, entouré de montagnes couvertes de bois. Elle offre des eaux thermales qui paraissent avoir été connues des Romains, et qui doivent leur restauration, et pour ainsi dire leur existence, à Charlemagne. On peut prendre les eaux dans toutes les saisons. M. Reumont assure qu’au milieu de l’hiver il a obtenu des eaux d’Aix-la-Chapelle la guérison de plusieurs maladies graves.

Sources et bains. On distingue les bains en hautes sources et en basses sources ; voici les principaux établissements : les bains des hautes sources sont les bains de V Empereur , le bain Neuf, le bain de V Hôtel de la Reine de Hongrie , le bain de Quhinus. Les bains des basses sources sont le bain des Seigneurs, le Rosenbad, le bain des Pauvres; le plus beau de tous est le Herrenbad, bâti en 1710. Dans les hautes sources, il y a des bains de vapeurs , et dans les autres il existe des douches.

Propriétés physiques. Les eaux sont claires, transparentes, ont une odeur sulfureuse et une saveur alcaline , salée et hépatique ; si on les laisse refroidir , elles perdent leur odeur , leur goût et leur transparence, et acquièrent une couleur laiteuse et trouble ; la température du bain de V Empereur est de 57%5 cent.

Analyse chimique. C’est à MM. Reumont et Monheim que l’on doit l’analyse la plus exacte de ces eaux. D’après leur travail, l’eau du bain de l’Empereur contient :

SULFUREUSES THERMALES

Eau (1 litre).

gr.

Carbonate de soude. .... 0,5444

Chlorure de sodium. .... 2,9697

Sulfate de soude. . . 0,2637

Carbonate de chaux. . .... 0,1304

— de magnésie. . . . 0,0440

Silice. . . 0,0705.

D’après des expériences de M. Monheim, il résulte que le gaz qui se dégage des eaux est composé de :

Azote . . .

Acide carbonique .

Acide hydro-sulfurique. . . .

Propriétés médicales. Les eaux d’Aix-la-Chapelle jouissent d’une grande célébrité; leurs vertus sont énergiques^ et ont beaucoup d’analogie avec celles de Baréges, de Bagnères-de- Luchon. Elles conviennent dans les maladies cutanées chroniques , les dartres , la gale , les afifections scrofuleuses , les rhumatismes chroniques , la dyspepsie , les engorgements du foie , les coliques métalliques , les fleurs blanches , l’ankylose incomplète, la faiblesse, la raideur et la contracture des membres, à la suite des plaies d’armes à feu, etc. Le docteur Hufeland recommande ces eaux contre l’hypocondrie ; il faut s’en servir avec beaucoup de précautions dans les paralysies produites par une affection cérébrale.

Ces eaux sont nuisibles dans tous les cas oü il existe une congestion sanguine vers la tête ou la poitrine, ou une disposition aux hémorragies.

Mode d'administration. Les eaux d’Aix-la-Chapelle sont administrées sous toutes les formes ; on doit les boire à petite

EAUX MIiNÉRAUES

close ; elles ne deviennent purgatives que lorsqu’on en boit un ou deux litres. Elles sont désagréables à boire dans le commencement ^ mais on s’y habitue peu à peu. On peut les mêler avec du lait d’ânesse ou de vache ; si elles causent des nausées , des vertiges , il faut les boire refroidies. On trouve à Aix-la- Chapelle des bains, des douches et des étuves très-bien disposées.

Hydro-analyse des eaux minérales chaudes et froides d’Hix-la- Ç7AapeZ/e, par J.-F. Bremelle; Liège, 1703.

Essai sur les eaux thermales d'' Aix-la-Chapelle et de B or cette , par Lucas; Liège , 1762.

Analyse des eaux sulfureuses d’ Aix-la-Chapelle MM. G. Reumont et J,-P.-J. Monheim ; Aix-la-Chapelle, 1810, in-8, 62.pages. Beaucoup d’autres auteurs opt encore écrit sur les eaux d’Aix-la-Chapelle.

ACQUI ( Piémont ).

Ville à 6 lieues d’Alexandrie, 10 de Gênes. On y trouve plusieurs sources d’eaux sulfureuses froides et thermales. L’une d’elles, connue sous le nom ù’Eau bouillante , est située au centre de la ville; sa saveur est saline, amère et sulfureuse ; sa température est de 75" cent. ; cette source contient , d’après M. Mojon :

Eau ( 1 litre ).

Chlorure de sodium .

- de calcium .

Hydrosulfate de chaux. . . .

gr-

A un quart de lieue d’Accfui, on trouve l’établissement thevmaltrès-fréquenté de Montestregone , qui est alimenté par des sources moins chaudes (38 à 50") que la précédente; leur çomposition est semblable. Toutes les eaux minérales d’Acqui

SULFUREUSES THERMALES. 189

sont recommandées dans les maladies cutanées^ les rhumatismes et les affections articulaires.

Idrologia minérale, storia di lutte le sorgenti d’ arque minerali negd stati di Sardegna, Turin, 1822.

BADEN ( Autriche ).

Charmante petite ville ^ à 4 lieues de Vienne , située dans un vallon fertile^ entre plusieurs montagnes escarpées. On y compte deux mille habitants , mais on y voit dans la belle saison une foule d’étrangers qui viennent aux eaux minérales, que les Romains nommaient Jquœ Pannonicce. Une salle de spectacle, une grande salle de bal et un beau jardin planté par Marie-Thérèse, réunissent le soir les baigneurs. Les environs de Baden ressemblent à la Suisse. En juin, juillet et août, beaucoup de gens riches se rendent dans cette ville pour y prendre les eaux.

■ Sources. Sur les bords de la Schwecha , petite rivière qui traverse un des faubourgs de la ville , on voit seize sources d’eau thermale. Chaque propriétaire a fait construire sur la source des bains publics ou particuliers ; ces bains sont de vastes cuviers en sapin , garnis intérieurement d’un banc circulaire ; on y descend par un petit escalier de bois , et l’eau minérale monte par le fond jusqu’à la hauteur convenable. Chaque baignoire contient quinze à vingt personnes ; les femmes et les jeunes filles les plus honnêtes ne font pas de difficulté de se baigner avec les hommes , quoique Teau soit très-limpide et que leur linge mouillé accuse souvent leurs formes.

Propriétés physiques. Les eaux de Baden sont un peu laiteuses , répandent l’odeur d’œufs couvis; leur saveur ek salée, «

acide et désagréable. Leur température varie de 31 à 35“ centigrades.

Analyse chimique. Les analyses que l’on a faites de ces eaux et qui nous sont connues sont trop inexactes pour les citer ici ;

nous dirons seulement que les eaux de Baden semblent contenir de l’acide hydro-sulfurique, de l’acide carbonique et plusieurs sels , tels que chlorure de magnésium , sulfates de soude, de magnésie , carbonates de magnésie et de chaux , et matières terreuses.

Propriétés médicales. Les eaux de Baden jouissent en Autriche d’une grande renommée. On les emploie fréquemment en bains, dans les rhumatismes chroniques, les paralysies, les affections chroniques de la peau , les catarrhes pulmonaires et les engorgements scrofuleux. Elles sont nuisibles dans les cas de grande débilité et dans ceux où il y a pléthore sanguine.

Les bains excitent vivement la peau et produisent souvent des exanthèmes.

Lettera del D. Gasp, BarzeJotti al profess. Giacomo Barzelotli , intorno ai bagni di Baden in Austria. Pise , 1829.

AIX ( Savoie ).

Petite ville à 12 lieues de Genève, 18 de Lyon, 40 de Turin, 12 de Grenoble et 2 et demie de Chambéry. Une belle route de poste y conduit, et les voyageurs se procurent à peu de frais des voitures publiques pour y arriver , surtout pendant la saison des eaux. Les eaux thermales que l’on y trouve étaient déjà célèbres du temps des Romains; l’empereur Graüen fit réparer les bains. — Aix offre aux voyageurs des sites variés et pittoresques , des promenades charmantes, un air pur et tempéré, et toute espèce de ressources pour la vie domestique. On a établi dans un très-beau local un cercle où s’assemble une société choisie pour faire de la musique , jouer au billard et lire les journaux. — On

prend les eaux depuis le mois de mai jusqu’à la fin de sep-

tembre ; les mois de juillet et d’août sont les plus favorables. Il existe un hospice militaire, qui n’est ouvert que pendant quatre mois de l’année, durant la saison des eaux ; il est dirigé par M. Despine, médecin des eaux d’Aix.

Sources, On en distingue deux principales^ qui jaillissent des rochers, à 45 toises l’une de l’autre, avec une abondance extraordinaire : 1“ celle d*Alun ow.de Saint-Paul; V celle dite de Soufre, La première est située dans une partie élevée de la ville ; comme il n’y a pas de traces d’alun dans cette eau , on a changé cette fausse dénomination en celle de Thermes BerthoUet, en l’honneur du chimiste célèbre qui était né dans ces contrées. Cette source sert à la boisson, aux bains, et alimente wwvaporarium, ainsi qu’une piscine à grande eau; elle s’écoule dans un conduit qui traverse une petite place, et se jette dans le bain royal, autre bassin destiné à baigner les animaux domestiques.

C’est la source d'eau de soufre qui fournit les douches et les bains de vapeur du bâtiment royal; cet édifice, élevé en 1779 par les ordres du roi de Sardaigne, estconstruit en forme circulaire. Il règne autour une suite de cabinets destinés aux douches et aux bouillons; ceux-ci consistent en une sorte d’enceinte fort resserrée et fermée de toutes parts, où l’eau arrive au fond d’une cuve carrée en pierre; on se plonge une ou deux minutes dans cette eau pour recevoir par tous les points du corps l’action del’eau et de sa haute température. Le côté droit du bâtiment est destiné aux femmes , le gauche aux hommes.

L’eau froide des fontaines publiques vient de la haute montagne ; elle est limpide, légère et fort agréable à boire. Comme l’aqueduc qui l’amène d’un village nommé Mouxi se dirige entre les deux sources chaudes, l’eau froide semble jaillir du milieu des eaux thermales. Ce fait, qui surprend les voyageurs, n’a rien que de très-simple, puisque c’est un effet de l’art.

Il existe trois autres sources minérales : l’une chaude , qui jaillit dans le jardin du docteur Fleury; l’autre froide et savonneuse , découverte récemment dans la propriété de M. Chevillard ; la troisième , appelée eau ferrugineuse de Saint-Simond , est placée sur la route de Genève. Quoique

analysées par M. Thibaud , ces sources ne sont pas encore utilisées.

Propriétés physiques. Les sources thermales d’Aix présentent la même température et le même volume d’eau dans toutes les saisons , excepté à l’époque de la fonte des neiges et de la chute des pluies équinoxiales ; les variations qu’elles éprouvent alors durent peu de temps. L’eau est parfaitement transparente, un peu onctueuse au toucher ; au moment même de son éruption à travers les canaux , elle exhale une forte odeur d’hydrogène sulfuré , odeur qui disparaît par son exposition à l’air. Elle a une saveur douceâtre , terreuse ; encore tiède , elle laisse dans l’arrière-bouche un goût sensible d’hydrogène sulfuré. Le goût des eaux d’alun est moins terreux; il fait éprouver quelque chose de styptique, d’amer, qu’on ne distingue point dans les eaux soufrées. — Lÿ température des eaux dans les piscines appelées bouillons est de 45“ cent. ; celle de l’atmosphère des cabinets est de 28%7. La chaleur des eaux d’alun est de 38“,2, celle des eaux soufrées est de 43®,7. — Le grand réceptacle des eaux soufrées est tapissé vers son fond et sur ses bords , même à plusieurs pouces d’épaisseur, lorsqu’il n’a pas été nettoyé depuis quelques semaines, d’une espèce de nostoc ou ulva; on a observé dans quelques endroits des oscillatoires ou tremelles, La source d’eau de soufre fournit douze hectolitres par minute.

M. Gimbernat a remarqué que lorsque la température de l’air descend à 10 ou 12° cent, ou plus bas encore, il se forme dans les eaux de soufre des flocons d’une matière assez semblable à la gélatine , substance organisée fort singulière et dont on a pu faire une sorte de bouillon ; elle a l’apparence de la fibre musculaire de veau. Les vapeurs qui se dégagent de la source vont corroder les murs, qui se recouvrent de cristaux , ainsi que les fers et les cuivres ; ces cristaux sont des sulfates, sulfites et sulfures : les premiers sont fortement acides

SULFUREUSES THERMALES

et on a eu des preuves que l’acide sulfurique existe dans ces vapeurs , probablement par suite de la décomposition du gaz hydrogène sulfuré à l’aide du contact de l’air; ou y a même vu, dit-on, des cristaux de soufre. Les bulles qui se dégagent de l’eau de soufre ont été reconnues pour être de l’azote , et M. Michelotti a confirmé cette assertion. Il paraît donc que les eaux de soufre contiennent à la fois de l’azote et du gaz hydrogène sulfuré; celui-ci, mêlé aux vapeurs d’eau chaude, par le refroidissement que cause la détente de la vapeur en se répandant dans l’air à la sortie de la source, et aussi par l’action chimique de l’atmosphère, donne naissance à de l’acide sulfurique. L’eau d’alun ne fournit rien de semblable. (M. Francœur.)

Analyse chimique. Elle a été faite successivement par MiM. Bonvoisin, Socquet, Thibaud; en voici les résultats dans le tableau ci-joint :

EAUX MINERALES

SULFUREUSES THERMALES

Propriétés médicales. En considérant le peu de parties salines dissoutes dans les eaux thermales d’Aix , il est difficile de croire que ces sels aient une action puissante dans les maladies ; il est fort probable que ces eaux tirent leur principale vertu du gaz hydrogène sulfuré, de l’azote, et surtout de leur calorique. Les eaux d’Aix sont fort utiles pour rappeler la sensibilité , rétablir le ton des systèmes musculaire et nerveux; elles conviennent principalement dans les engorgements scrofuleux, les tumeurs indolentes, la chlorose, les différentes espèces de dartres, les sypliilides, les paralysies, les rhumatismes goutteux chroniques, les affections de poitrine causées par la métastase d’un principe morbide , les fleurs blanches , les engorgements des viscères du bas-ventre, les plaies d’armes à feu, les ulcères atoniques, les rétractions des membres , la carie des os , la coxalgie , r ankylosé fausse, et dans tous les cas où les mouvements des articulations sont gênés. Les maladies nerveuses, dit M. Francœur, si difficiles à guérir, sont quelquefois traitées par les douches d’eaux thermales avec un succès remarquable; la catalepsie hystérique même disparaît sous leur influence salutaire. Les eaux d’Aix sont administrées avec tant d’habileté sous toutes les formes, qu’elles réussissent dans beaucoup de maladies qui ont déconcerté les gens de l’art, et qui paraissaient n’offrir aucune chance de guérison.

Les eaux thermales d’Aix sont contre-indiquées dans toutes les maladies où il existe des symptômes de pléthore ou d’inflammation. Elles sont nuisibles aux phthisiques qui ont la fièvre lente, aux épileptiques, à ceux qui sont disposés à l’apoplexie : les personnes d’une constitution maigre et sèche, celles dont la poitrine est délicate, doivent être très-circonspectes dans l’usage des eaux.

Mode d'administration. Les eaux thermales d’Aix deviennent potables lorsqu’on leur a laissé perdre par le refroidissement l’odeur hépatique qui les rend repoussantes : les habitants les

emploient chaudes pour divers usages domestiques , tels que pour savonner, pour arroser des plantes dont elles activent la végétation , pour se raser, etc.

Dans les maladies, c’est plus à l’extérieur qu’en boisson qu’on emploie les eaux d’Aix. On boit celles de l’une et l’autre source depuis une livre jusqu’à quatre : il faut les boire à la source, parce qu’elles s’évaporent aisément; on leur associe le lait d’ânesse, de chèvre ou de vache dans les maladies de poitrine. — Les bains sont pris dans les maisons particulières où logent les malades ; on est obligé de les laisser refroidir avant d’y entrer : dès lors , les bains, perdant les principes volatils des eaux, n’ont guère d’autre action que ceux des bains ordinaires ; les piscines à grande eau sans cesse renouvelée sont bien préférables.

A Aix, les bains de vapeur, et surtout les douches, en rendant la circulation plus active et en procurant d’abondantes sueurs , forment la base du traitement des malades.

Les douches sont administrées dans le bâtiment royal. Chaque malade y arrive à l’heure désignée, et reçoit le bienfaisant secours de l’eau soufrée, dont la température est de 41 à 43“ cent. Deux doucheurs dirigent l’eau avec de longs tubes de fer-blanc en foftne de cornets sur les diverses parties du corps , pendant qu’ils frictionnent la peau , massent les chairs, plient les articulations du malade ; la vapeur d’eau retenue dans la chambre s’y conserve à une température peu différente de celle de l’eau (environ 37°,5 cent.), et une sueur abondante couvre tout le corps. Après s’être soumis un temps convenable à cette action (depuis cinq minutes jusqu’à vingt et plus, selon la force du sujet) , le malade est enveloppé de serviettes , de draps et de couvertures , et transporté, dans une chaise à porteurs fermée, jusqu’à son lit, qu’on a bien chauffé , et où il achève le paroxysme de fièvre causé par la douche ou le bain de vapeur. Telle est la méthode que l’on suit ordinairement pour guérir une foule de maux ; chaque jour le ma-

SULFUREUSES THERMALES

lade prend une douche , sauf le repos qu’on juge à propos de lui faire observer pour ne pas l’épuiser par les sueurs. M. Despine a obtenu de la douche écossaise d’heureux résultats dans le traitement des affections nerveuses. Le malade est successivement soumis à l’action de jets d’eau à 47%7 cent. , et à une température qu’on peut abaisser jusqu’à celle de la glace fondante. Il est inutile de dire que les chutes d’eau de toutes les douches du bâtiment royal sont graduées en force et en hauteur, que des robinets en peuvent modérer le mouvement, que des ajutages en pommes d’arrosoir, en cône, en cylindre, etc., donnent aux jets des formes très-variées.

Les eaux thermales d’Aix s’altèrent beaucoup par le transport.

Le nombre des malades qui affluent à Aix durant l’été s’est élevé en 1835 à trois mille. Le prix des bains et des douches sert à payer le médecin, les réparations et les embellissements que l’on fait chaque année.

Les vertus merveilleuses des bains d’Aix eu Savoie ^ par Jean-Bapliste de Cabias, 1688.

Analyse des eaux minérales de la Savoie , par M. Bonvoisin , 1786.

Traité des eaux thermales d’Aix, en Savoie , par M. Joseph Daquin, 1808. Cet ouvrage , qui parut pour la première fois en 1773 , contient plusieurs observations pratiques.

Essai sur la topographie médicale d’ Aix en Savoie, par Charles Hunibert-Despine (Thèse de Montpellier , an x). Lauteur s’occupe, page 88, des eaux d’Aix.

Analyse des eaux thermales d’Aix en Savoie , par M. Socquel, an.xi, in-8.

JYotice sur les bains d’Aix en Savoie, par M. Francœur; Chambéry, 1826, vingt-quatre pages. Cette brochure est intéressante.

SCHINZNACÏI (Suisse).

Village du canton d’Argovie, à 1,100 pieds au-dessus du niveau de la mer, à trois quarts de lieue de Broug , 3 lieues d’ A-

rau , 2 et demie de Badeii, 7 de Zurich. La grande route d'Arau et de Berne à Broug et à Schaffhouse est à peine éloignée de deux minutes des bains ^ auxquels conduit un chemin bien entretenu ; la diligence d’Arau à Broug et à SchaiThouse passe trois fois par semaine. Le pays est agréable , varié , le climat doux. L’établissement thermal est le rendez-vous d’une société choisie, un centre de réunion du beau monde de la Suisse ; il contient soixante cabinets de bains , des douches , des bains à gaz et à vapeur. On y voit un grand hôtel construit régulièrement, qui contient plus de quatre-vingts chambres commodes et bien meublées ; la grande salle à manger, qui a deux cent cinquante pieds de long et trente de large, a coûté 211,000 fr. pour sa construction. On y donne souvent des bals, et le dimanche on y célèbre le culte divin. Les bains sont trèsfréquentés depuis le mois de mai jusque vers la fin de septembre. On y trouve un médecin et une pharmacie.

Source, Elle est à deux cents pas de l’établissement thermal; les eaux, très- abondantes, sont conduites aux bains au moyen d’une pompe.

Propriétés physiques. L’eau est claire , transparente à la source même ; mais exposée à l’air , elle se trouble et se couvre d’une pellicule. Son odeur est celle de l’hydrogène sulfuré ; son goût est amer et désagréable ; sa chaleur ordinaire est de 31%2 cent. Dans les tuyaux des bains il se forme une substance blanche, glaireuse, qui , séchée, brûle comme du soufre.

Analyse chimique. On doit à M. Bauhof l’analyse de l’eau de Schinznach ; voici sa composition :

Eau ( 1 litre).

lit.

Acide hydro-sulfurique. . . . 0,254

Acide carbonique . . 0,093

SULFUREUSES THERMALES

— de soude . 0,681

— de magnésie . 0,145

Chlorure de sodium . 0,56 1

— de magnésium. . . . 0,328

Carbonate et sulfate de chaux. 0,107

— de magnésie . 0,102

Oxyde de fer . 0,017

Terre ampélite . 0,012

Propriétés médicales. Les eaux qui nous occupent sont plus énergiques que celles de Baden (Suisse) ; elles activent la circulation ; on les recommande dans les rhumatismes ^ les maladies cutanées , et particulièrement dans les affections scrofuleuses ; on les dit également utiles dans les fleurs blanches , l’atonie des organes digestifs, les désordres de la menstruation, les maladies syphilitiques anciennes, celles qui sont dues à l’abus du mercure , etc.

Mode cl’ administration. On boit rarement l’eau de Schinznach ; on s’en sert surtout en bains dans lesquels on ne reste d’abord qu’une demi-heure , et que l’on prolonge peu à peu jusqu’à cinq heures par jour; bientôt survient la poussée. On est obligé de faire chauffer dans des chaudrons l’eau minérale , qui alors se décompose ; on se sert du limon des bains pour faire des cataplasmes.

Il a paru beaucoup d’ouvrages allemands sur ces bains ; nous citerons celui de Wetzler et celui de Rusch, qui a pour titre les Cures des bains.

ENGHIEN-LES-BAINS (département de Seîne-et-Oise ).

Hameau situé au milieu de la délicieuse vallée de Montmorency, sur le bord de l’étang de Saint-Gratien , à un quart de lieue de Montmorency, une lieue de Saint -Denis, 4 de

Paris. Ce lieu, qui ne présentait naguère qu’un moulin mis en mouvement par la chute des eaux de l’étang, offre actuellement un établissement magnifique, fondé par M. Péligot. Plusieurs fois par jour des voitures publiques partent de Paris pour Enghien et d’Engliien pour Paris. — Découvertes en 1766 par le père Cotte, curé de Montmorency, les eaux minérales d’Enghien fixèrent l’attention de l’académie royale des sciences et de l’ancienne faculté de médecine. Les rapports et mémoires publiés à cette époque , et surtout l’analyse de Fourcroy , contribuèrent beaucoup à la réputation de ces eaux; mais ce n’est qu’en 1820 que l’on a construit de belles maisons et des appartements convenablement disposés pour recevoir les malades. Outré le grand établissement de bains , on remarque les bains et l’hôtel de la Pêcherie. Ces établissements , qui appartiennent actuellement à la même administration , sont situés dans une position admirable ; on y jouit des vues les plus pittoresques, de jardins agréables, d’un parc de quatre cents arpents planté de beaux arbres , et d’un lac remarquable par son étendue, la beauté de ses eaux, sillonné par une légion de cygnes et par un grand nombre de canots à la voile et de gondoles de toutes formes. La forêt de Montmorency, les coteaux d’Andilly,de Saint-Prix ^ de Montlignon,de Sannois , permettent des excursions aussi agréables que variées. Le docteur Bouland est directeur de cet établissement. Médecins inspecteurs, MM. Alibert etBiett.

Sources. Il y en a trois qui sont encaissées dans des rotondes et dont l’origine et les propriétés sont identiques. 1” La source ancienne , Cotte ou du Roi; Louis XVIII a fait usage de cette eau transportée à Paris. 2" La source nouvelle. S” La Pêcherie. Par leur réunion , elles peuvent aujourd’hui fournir à plus de quatre cents bains par jour. On recueille dans des réservoirs bien fermés les eaux qui coulent sans cesse , et qui sont élevées dans les bâtiments destinés aux bains et aux douches au moyen de pompes et de tuyaux. Les corps de pompe , les pis-

SULFUREUSES FROIDES

tons, les tuyaux, les robinets, les cols de cygne, les baignoires, sont en zinc , métal que les eaux sulfureuses n’altèrent point. On sait qu’en général les eaux sulfureuses chauffées et exposées au contact de l’air se décomposent promptement ; pour éviter cette décomposition, on a établi des appareils dans lesquels l’eau des sources est recueillie, et chauffée au moyen de cuves en bois hermétiquement fermées; avec cette précaution , on élève les eaux à une température de cent degrés, sans qu’elles éprouvent la moindre altération. M. Longchamp a constaté en effet que l’eau ainsi chauffée ne perd point la plus petite partie d’hydrogène sulfuré , soit libre , soit combiné, et qu’elle ne diffère point de l’eau prise à la source.

Propriétés physiques. Les sources d’Enghien répandent une forte odeur d’œufs couvis, et sont claires, limpides. Leur saveur fade, douceâtre, est suivie d’une légère amertume et ’ d’une espèce d’astriction. Leur température à la source est constamment de 14 degrés centigrades, celle de l’atmosphère étant à 17 ; leur densité est de 10006. Exposées à l’air, elles perdent leur odeur , et forment un précipité et une pellicule qui sont le résultat d’une espèce de décomposition. Il est bien remarquable que dans le canal de décharge de la source nouvelle on observe un dépôt rougeâtre, au lieu de filaments glaireux, qui sont l’attribut des eaux sulfureuses thermales.

Analyse chimique. Elle a été faite en 1774 par Deyeux, en 1788 par Fourcroy, et dans ces derniers temps par MM. Longchamp , Fremy et O. Henry. Voici le résultat de ces analyses dans le tableau suivant :

Page 1