‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 62 sur 104 · LÉVY · texte numérisé non relu

LÉVY

(ferrugineuse).

lit.

Acide carbonique . 0,038

Azote . 0,022

Oxygène . traces

Sulfate de fer . 0,576

— d’alumine . 0,200

— de chaux . 0,137

(dilorure de calcium. . , . . 0,02ft

Propriétés ynédicales. On a accordé aux sources de Selles des propriétés différentes. La Bonne Fontaine a toujours joui d’une grande réputation dans le traitement de la colite et de Fenterite chronique , et pour la guérison des fièvres intermittentes. On conseille les eaux de la source Yentadour aux convalescents , aux individus atteints d’irritations gastro-intestinales , à ceux qui ont la poitrine délicate et le système nerveux trèsmobile. Le Puits Artésien convient aux tempéraments lymphatiques, et réussit dans les maladies scrofuleuses. La Fontaine des Yeux, prise en boisson, est salutaire dans la chlorose; on l’emploie en lotions dans les maladies des yeux, et en bains , dans les plaies et ulcères qui succèdent aux brûlures. La Fontaine Lévy est renommée dans les cas de diarrhée ancienne et d’écoulement gonorrhoïque invétéré. La sixième source paraît convenir aux maladies du foie^

■ ' ■ SPA (Belgique ).

Petite ville située dans un pays montueux , qui fait partie de la forêt des Ardennes, à 10 lieues d’Aix-la-Chapelle, 6 de Liège et 75 de Paris. On y arrive par deux grandes routes, dont l’une commence à Liège et l’autre à Aix-la-Chapelle. Cette petite ville, dont le sol est ingrat, serait pauvre et inconnue, si la nature ne lui avait pas accordé cette abondance d’eaux minérales salutaires qui attirent chaque année la meilleure société de l’Europe. Elle est assez bien bâtie; plusieurs grands hôtels , des maisons propres et bien distribuées, offrent des logements commodes aux étrangers; les édifices et lieux

FERRUGINEUSES ACIDULES FROIDES. 545

d’amusement publics sont vastes et magnifiques: la Redoute, le Vauxhall et la maison Levoz contiennent de très-belles salles pour le spectacle , les assemblées, les jeux , etc. La saison la plus favorable à l’usage des eaux est depuis la fin du mois de mai jusqu’au milieu d’octobre. On trouve à Spa plusieurs médecins instruits.

Sources, Elles sont très-nombreuses dans les environs de Spa; nous nous bornerons à en indiquer sept qui ont acquis une grande réputation. 1° Le Pouhon jaillit au centre de la ville dans un puits quadrangulaire. Près de cette fontaine , qui est la plus célèbre et la plus fréquentée, on voit une salle où se rassemblent ceux qui prennent les eaux dans les temps froids et humides. T La Gcronstère est située à trois quarts de lieue de Spa, sur le flanc d’une montagne, au milieu d’un bois solitaire. 3° La Sauvenière est sur la même côte de montagne que la précédente. 4*^ Près d’elle , on voit le Groesbeck. 5“ Les fontaines dti Tonnelet sont à une demi-lieue de la Sauvenière ; il y en a deux dont les eaux sont reçues dans des puits. 6° Le WatrozQ^i^dimxmQ prairie; c’est une source peu abondante.

Propriétés physiques. Pendant les saisons pluvieuses, les eaux de Spa, en se mêlant avec des eaux étrangères, deviennent insipides et n’ont rien dé piquant. Dans les temps secs et chauds, elles présentent les caractères suivants. Pouhon : l’eau est claire, transparente; sa saveur est acidulé, un peu ferrugineuse. Des bulles de gaz acide carbonique s’en dégagent ; une légère couche ocreuse revêt les parois du puits. La source est très-abondante ; sa température , ainsi que celle des autres fontaines , est de 10° cent. La Géronstère : son eau répand une odeur désagréable qu’on attribue à l’hydrogène sulfuré; sa saveur est ferrugineuse et moins acidulé que celle du Pouhon; exposée au contact de l’air, elle commence par laisser échapper de petites bulles , devient ensuite trouble et dépose un sédiment roussâtre. 1.2^ Sauvenière : la saveur de l’eau de cette

source est acidulé , piquante , agréable et moins ferrugineuse que celle du Pouhon ; elle exhale une odeur sulfureuse qui disparaît presque aussitôt que Peau est puisée. Celle-ci pétille dans le verre et se trouble ensuite en déposant une poudre roussâtre pâle. Le Groesbeck : ses qualités physiques ressemblent beaucoup à celles de la précédente. Fontaines du Tonnelet : Peau est très-abondante, répand une légère odeur sulfureuse ; sa saveur est piquante , agréable et moins ferrugi» lieuse que dans les autres sources. Le FF atroz : la quantité d’eau fournie par cette source est peu considérable ; sa saveur est ferrugineuse , sa température variable. L’eau contient peu de gaz acide carbonique.

Analyse chimique. Les diverses sources contiennent du gaz acide carbonique et du carbonate de fer. Plusieurs chimistes se sont livrés à leur analyse, et cependant leur travail est encore incomplet. Un de ceux qui ont le plus contribué à l’étude des eaux minérales , Bergman, a trouvé dans les eaux de Spa les

principes suivants :

Eau ( 1 litre).

ut.

Acide carbonique . 0,450

gr-

Carbonate de soude cristallisé. 0,201

Chlorure de sodium . 0,027

Carbonate de fer . 0,077

— de chaux . 0,201

— de magnésie . 0,480

Un chimiste anglais, sir Edwin Godden Jones, entreprit en 1816 une nouvelle analyse des eaux de Spa qui diffère de celle de Bergman par la proportion des principes constituants. L’exactitude de Bergman ne saurait être révoquée en doute; il est donc fort probable que ces différences dans les analyses dépendent du mélange plus ou moins considérable des eaux minérales avec les eaux de pluie. Voici le résumé des analyses du docteur Jones dans le tableau ci-joint.

Eau (1 Litre).

FERRUGINEUSES ACIDULES FROIDES

MS

EAUX ]MIXÉRALES

Propriétés médicales. Les eaux de Spa ont acquis une réputation européenne. Prises k Fintérieur, elles portent un peu à la tête, causent parfois des vertiges, de l’assoupissement; elles excitent quelquefois le priapisme chez les personnes vigoureuses qui en boivent une trop grande quantité. En général, elles fortifient les organes et sont efficaces dans les maladies qui proviennent de la faiblesse , du relâchement des tissus. L’expérience a appris , et l’analyse chimique est d’accord sur ce point avec l’observation , que les propriétés médicales varient dans les différentes sources.

L’eau du Pouhon convient aux personnes robustes dont l’estomac n’est pas trop sensible; elle est la plus salutaire contre les règles trop abondantes, les engorgements du foie , de la rate, du mésentère , la jaunisse, l’hypocondrie, les coliques néphrétiques, les gonorrhées, les pollutions. Limbourg regarde cette eau comme propre à prévenir les fausses couches. On s’en sert en lavement contre les vers ascarides.

La Géronstère est plus appropriée aux personnes délicates dont l’estomac est irritable, dans les vomissements, la perte d’appétit, la dyspepsie provenant de l’atonie des voies digestives, dans l’hystérie, la suppression des règles , et dans la plupart des maladies qui se manifestent chez les femmes à l’époque critique. Elle est plus efficace contre le ver plat et les lombrics qu’aucune des autres sources.

La Sauvenière est utile dans les maladies de la peau, le scorbut , la gravelle ; on lui accorde le privilège de guérir la stérilité. Gomme l’activité de cette eau tient à peu près le milieu entre celles du Pouhon et de la Géronstère , on peut la leur substituer lorsque le malade est d’un tempérament nerveux.

Le Groesbeck est employé à peu près dans les mêmes cas que la Sauvenière; ses eaux sont seulement un peu plus actives ; elles augmentent la sécrétion urinaire et résolvent plus facilement les engorgements abdominaux.

FERTIUGINEUSES ACIDULES FROIDES. o49

Les eaux des Tonnelets servent aux délices des étrangers. Unies au vin, elles le rendent très -agréable. Mêlées à du sirop de framboises, de groseilles, elles forment une boisson rafraîchissante, utile surtout pendant les chaleurs de l’été.

On a attribué au Watroz la propriété purgative , qui, d’après Limbourg, est chimérique.

Mode d’ administration. Les eaux de toutes les sources de Spa sont employées en boisson ; des cas particuliers autorisent leur usage en bains, en injections et en lavements. On boit d’abord deux ou trois verres d’eau , et on augmente graduellement jusqu’à douze ou quinze verres; il est dangereux de dépasser cette dose. Il n’est quelquefois pas facile de choisir de prime abord la source convenable au genre de maladie; dans les cas douteux , il faut commencer par une source peu active et par de petites quantités. Pour fixer son choix , le médecin doit consulter avec soin le tempérament du sujet et l’état des organes malades, car telle source qui est recommandée pour une espèce d’affection devient quelquefois nuisible à cause de l’état actuel du malade. Le lait mêlé aux eaux minérales les rend très-salutaires contre le scorbut, les démangeaisons, les dartres.

On a construit aux Tonnelets des bains qui reçoivent l’eau superflue des fontaines; ces bains chauds ou froids sont assez fréquentés et concourent dans beaucoup de circonstances au succès des eaux minérales. Les eaux thermales d’Aix-la-Chapelle et de Chaud-Fontaine , qui sont près de Spa , sont souvent nécessaires avant ou après l’usage des eaux qui nous occupent.

L’eau du Pouhon est la seule que l’on transporte chez l’étranger; mise dans des bouteilles bien bouchées, elle se conserve longtemps sans altération. Cependant elle contient beaucoup moins de gaz qu’à la source.

Traité touchant les eaux de Spa , par Bazin ; 1715.

Spadacren , ou dissertation phjsique sur les eaux de Spa, par Henri Abheersj 1739. ^

Dissertatio de aquis Spadanis y par de Presseux ; 1736,.

Amusements des eaux de Spa , par G. A. Turner. Amsterdam, 1740.

Principes contenus dans les différentes eaux minérales de Spa , par Ledron. Liège, 1752.

Traité des eaux minérales de Spa , par Jean Philippe Limbourg. Liège, 1756 , in-12. Cet ouvrage est rempli de réflexions pleines d’intérêt sur les eaux de Spa.

Analy se des eaux minérales de Spa , par Edwin Godden Jones. 1816 , Liège, Desoër, in-8.

PYRMONT ( Westphalie ).

Jolie petite ville située dans une délicieuse vallée, à trois lieues de distance de la rivière nommée Weser. Les différentes sources de ce lieu paraissent avoir été connues du temps de Charlemagne; mais il est certain que depuis le milieu du seizième siècle , elles avaient une grande réputation qui s’est invariablement conservée jusqu’à ce jour. Pyrmont contient environ cent quinze maisons; on y voit un magnifique bâtiment thermal entouré de plusieurs allées de tilleuls qui donnent un salutaire ombrage. C’est là que se rendent pendant les mois de juin, juillet et août, des princes, des diplomates, des généraux, des négociants et des hommes de toutes les conditions; c’est là que les bals, les fêtes, les spectacles , se succèdent sans interruption; tout contribue à rendre Pyrmont un des principaux établissements de l’Allemagne.

Sources. Il y en a plusieurs; on distingue les suivantes: 1° le Trinkbruuîien ^ qui est la source destinée à la boisson, et dont les eaux sont exportées par toute l’Europe ; Brode tbrunnen, qui jaillit avec bruit et se fait entendre à une grande distance pendant la nuit; 3° le Saiierling , qui possède une eau agréable et légère; 4° le Puits Salé Minéral; 5“ la Source Saline; 6® le Neubrunnen ou Puits Neuf; 7Me Puits des Yeux; S° le petit Badebrunnen.

FETIRUGINEUSES ACIDULES FROIDES.

Propriétés physicjiies. Elles diffèrent dans chaque source. Les eaux de la fontaine principale sont limpides; mises dans un verre, elles moussent avec force ; celles du Brodelbrunnen sont moins transparentes et présentent à leur surface beaucoup de bulles; il en est de même pour le Sauerling. Les eaux du petit Badebrunnen sont troubles et jaunâtres. La température des sources est de 12 à 14” cent.

Analyse chimique. Elle a été faite par Bergman et par ^Yestrumb.

Eau ( 1 litre ).

ANALYSE DE WESTRüMB.

ANALYSE DE BERGMAN.

lit.

lit.

Acide carbonique .

Carbonate de magnésie. .

Carbonate de magnésie. .

— de chaux. . . .

— de chaux. . . .

— de fer .

— de fer .

Sulfatede magnésie cristall.

Sulfate de chaux .

— de soude , id. . . .

— de magnésie. . . .

Chlorure de sodium. . . .

Chlorure de sodium. . . .

— de magnésium. .

Principes résineux .

Propriétés médicales. Quelques verres d’eau de Pyrmont procurent une espèce d’ivresse passagère, un sentiment de bien-être et d’hilarité ; le pouls est accéléré sans qu’on éprouve de l’excitation; prises à une dose plus forte, ces eaux provoquent fréquemment des évacuations alvines plus ou moins abondantes et favorisent l’excrétion urinaire. L’eau de Pyrmont a été appelée la Reme des eaux ferrugineuses, et peut être considérée comme la meilleure médication, dans tous les cas de vraie débilité; ainsi elle est fort utile dans la chlorose,

rétat de faiblesse qui succède à des pertes de sang ou k des fièvres graves, dans la dyspepsie, la disposition à fépigastralgie et aux coliques , dans la diarrhée , le flux hémorroïdal excessif et irrégulier, contre les ascarides, les vers lombrics, contre la disposition aux hémorragies utérines, à l’avortement , les fleurs blanches , la suppression de la menstruation , les spasmes et les douleurs qui en proviennent, la stérilité, l’impuissance virile produite par des débauches ou d’autres causes d’épuisement, les atfections des reins et de la vessie.

Hufeland croit que le Puits des Yeux est salutaire pour la faiblesse nerveuse de la vue ; il a vu disparaître par des lotions avec cette eau des taies , des imaginations^ des toiles d’araignées et d’autres symptômes précurseurs de la cataracte.

Mode d’administration. On boit les eaux de Pyrmont avec précaution; on commence par un ou deux verres, jusqu’à six. On peut les mêler avec le vin aux repas ou avec du lait.

De V usage des eaux minérales de Pyrmont , Carlshad ^ etc., par Frédéric Louis Rreisig. Paris, 1829 ( traduction française).

EGER oü EGPiA ( Bohême ).

Ville située sur la rivière du même nom , près de laquelle se trouvent des sources d’eaux minérales qui ont été beaucoup vantées par F. Hoffmann vers le milieu du dernier siècle. Elles sont particulièrement fréquentées depuis 1793, époque à laquelle une colonie se fixa près des sources mêmes, et construisit des établissements propres à faciliter l’usage des eaux en boisson et en bains.

Sources. Elles naissent d’un terrain volcanique; il y en a plusieurs, parmi lesquelles on distingue le Franzensbrunnen ^ la Salzquelle, le Sprudel froid, la Luisenguelle , le Polterbrunnen.

FERRUGINEUSES ACIDULES FROIDES.

Propriétés pliysicpies. Les eaux d’Eger sont claires, inodores, ont un goût acidulé, salin, légèrement astringent, et produisent une sensation piquante dans le nez , à cause du gaz acide carbonique qui se dégage en assez grande quantité. Elles sont toutes froides * leur température est de 11 à 12" cent.

Jîialyse cliiîmque. Elle a été faite par M. Trommsdortf et par M. Berzélius. Voici ces deux analyses :

Eau ( 1 litre).

Acide carbonique . 1,714

Trommsdorff.

Berzélius

Chlorure de sodium .

gr.

gr.

Sulfate de soude .

Bi-carbonate de soude. . . .

Carbonate de soude .

— de chaux .

— de magnésie. . ,

— de lithine .

• — de strontiane. . .

— de protoxyde de fer

— — de manganèse.

Phosphate de chaux .

Silice .

Phosphate basique d’alumine.

Propriétés médicales. Les eaux d’Eger ont un effet stimulant : elles augmentent l’action du système nerveux et du système sanguin , accélèrent la circulation et disposent à la gaîté lorsqu’elles sont prises en quantité modérée par des personnes en santé. Ceux qui en prennent plusieurs verres à de courts intervalles en éprouvent une espèce d’ivresse. Ces eaux fortifient comme les eaux de Pyrmont et de Spa, mais plus doucement qu’elles et sans constiper comme ces dernières ; elles

sont un peu laxatives, sont fort utiles aux savants, aux hommes d’affaires, lorsque leur santé commence à souffrir par suite des fatigues de l’esprit et d’une vie sédentaire ; elles relèvent les forces et dissipent dès le principe les germes de graves maladies. Elles conviennent aussi dans les engorgements passifs des viscères abdominaux, les mauvaises digestions, la disposition aux hémorroïdes, l’hypocondrie, la migraine, la cachexie, la chlorose, les fleurs blanches, etc.

Mode d’ admmistration. On emploie les eaux d’Eger principalement en boisson. On se sert du gaz qui se dégage avec abondance du Polterbrunnen sous forme de bain et de douche ; en 1826 , on a construit des cabinets et des appareils propres à cet usage.

On exporte une grande quantité des eaux d’Eger.

De l’usage des eaux minévales de Carlsbad, cTEger, etc., pai’Fréd.- Louis Kreysig. Paris , 1829.

MARIENBAD (Bohême).

Village cdfflposé d’une centaine de maisons dont la plupart sont belles ; les sources minérales froides qu’on y voit étaient depuis longtemps délaissées, lorsque le docteur Nehr les retira de l’oubli en publiant en 1813 les observations qu’il avait recueillies sur leurs bons effets dans les maladies les plus opiniâtres. Aujourd’hui ces eaux sont très-fréquentées ; le séjour en est agréable et commode.

Sources. Il y en a plusieurs : deux sources, appelées l’une Kreutzbrunnen , l’autre Ferdinandsbrunnen^ servent à l’usage intérieur; il en existe encore plusieurs autres, parmi lesquelles on distingue le CarotinenqueUe tiV Ainbrosiusque lie.

Propriétés physiques. Ges eaux sont froides, limpides, sans odeur, d’une saveur agréable, acidulé, saline, et vers la lin légèrement astringente ; dans les deux dernières sources, le goût est plus sensiblement ferrugineux que dans les premières.

FERRUGINEUSES ACIDULES FROIDES. 555

Analyse chimique. Les eaux de Marienbad contiennent du sulfate de soude, du carbonate de magnésie, du carbonate de fer et une assez grande quantité d’acide carbonique.

Propriétés médicales. Les eaux de Marienbad excitent moins le système sanguin que les eaux d’Eger, mais elles sont plus laxatives ; à la dose de quatre à cinq verres, elles augmentent d’abord la sécrétion urinaire , qui diminue à mesure que les évacuations alvines deviennent plus abondantes. Elles purgent sans coliques,sans affaiblir les malades, qui, tout en continuant les eaux pendant un mois ou six semaines, voient leur appétit s’accroître et la digestion s’opérer plus facilement. On les recommande dans la plupart des maladies de l’appareil digestif, dans la gastralgie, l’embarras muqueux de l’estomac, l’engorgement du foie, de la rate, la constipation, la suppression des flux hémorroïdal et menstruel , etc. Elles sont nuisibles dans les maladies de poitrine.

Mode d’ administration. Non-seulement on boit les eaux de Marienbad, mais on s’en sert aussi en bains d’eau minérale, en bains de gaz et de limon. La source destinée aux bains contient principalement de l’acide carbonique , qui, de l’immense réservoir du sol qui en est imprégné, s’élève et arrive sans cesse en grande quantité à l’eau contenue dans le bassin, s’y incorpore et la traverse par masses ; cette eau contient en outre les principes des autres sources, mais en moindre proportion. Ces bains, riches en acide carbonique, sont fortifiants, et pris à une chaleur tempérée, iis secondent utilement la boisson de l’eau minérale. On fait à Marienbad un usage trèsétendu des bains de boues^ qu’on prépare avec la terre limoneuse qui se trouve dans le voisinage des sources, et qui est composée de matières végétales , de soufre , d’hydro-chlorate de soude, de sulfate de magnésie, d’oxyde de fer, de silice, etc. On les emploie dans les ulcères anciens, les dartres, les raideurs d’articulations.

Conservée dans des bouteilles et transportée au loin, cette

356 EAUX minfIrales

eau dépose une grande partie du fer et des principes salins qui la caractérisent.

De l’usage des eaux viinéroles de Carlsbad , Marienhad ^ etc., par Fréd. -Louis Kreysig. Paris , 1829.

DESGHIPTION SUCCINCTE

DES EAUX MINÉRALES FERRUGINEUSES QUI SONT PEU FRÉQUENTÉES , OU DONT NOUS NE CONNAISSONS PAS D’ANALYSE RÉCENTE.

Pour éviter des répétitions fastidieuses touchant les propriétés physiques et les propriétés médicales des autres eaux minérales ferrugineuses dont il nous reste à parler, nous allons nous borner à indiquer par ordre alphabétique les sources qui sont peu fréquentées, ou dont nous ne connaissons pas d’analyse récente.

Alais ( département du Gard). — Ville à 14 lieues de Montpellier ; à un quart de lieue de la ville , on trouve deux sources ferrugineuses désignées sous les noms de la Comtesse et de la Marquise.

Aleth (département de l’Aude). — Petite ville sur l’Aude, à 6 lieues de Carcassonne et 3 de Quillan. Il y a près de cette ville trois sources minérales ferrugineuses et une chaude.

Amronay (département de la Marne). — Village à S lieues d’Épernay. On trouve sur la montagne d’Ambonay plusieurs filets d’eau minérale ferrugineuse.

Les Andelys (département de l’Eure). — Petite ville h 8 lieues

de Rouen ; à un quart de lieue de la ville, on trouve une source

minérale ferrugineuse.

FERRUGINEUSES PEU FRÉQUENTÉES

Attancourt (département de la Haute-Marne). — Village à une demi-lieue de Vassy , 2 de Saint-Dizier. On trouve dans les environs une source que Navier dit ferrugineuse.

Aumale (Seine-Inférieure). — Petite ville à 14 lieues de Rouen. Dom Malion ^ religieux bénédictin, découvrit en 1755 près de cette ville trois sources minérales qu’on nomme : 1° la Bout bonne; T la Savary; 3" la Maton. Analysée par M. Dizengremel, Peau d’Aumale a fourni par litre:

lit.

Acide carbonique . 0,201

Acide hydro-sulfurique . 0,037

gr.

Chlorure de calcium . 0,3426

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