SO
Alexandre,
quantité indét.
ut.
gr-
EAUX MTNÉKALES
Propriétés médicales, M. Dufau recommande l’usage intérieur des eaux de Barbotan dans les irritations chroniques de l’estomac et des intestins, la suppression des flux menstruel et hémorroïdal , les fleurs blanches, les engorgements des viscères, les maladies des voies urinaires. Ces eaux sont nuisibles aux personnes dont la poitrine est irritable , aux individus bilieux, sanguins.
Les boues, qui font la célébrité de l’établissement de Barbotan , sont employées avec avantage dans les rhumatismes chroniques, les dartres, la gale , l’œdème, les ulcères atoniques , l’atrophie des membres et la gêne des mouvements qui résulte de fractures ou de luxations. Elles sont pernicieuses dans la goutte, les migraines , les obstructions des viscères, et aux malades disposés à l’apoplexie. On ne les fréquente que pendant les chaleurs de l’été. ( Fuyez Saint- Amand. )
Les sources appartiennent à un particulier; on peut évaluer à 4 ou 5,000 francs le produit des eaux, et à 25,000 francs l’argent laissé dans le pays.
Discours et abrégé des 'verti/s et propriétés des eaux de Barbotan , par Nicolas Ghesneau; 1629, iîi-8-
Recherches théoriques et praticjues sur les eaux minérales de Barhotan, par A. -J. Dufau ; 1784.
ÉVAUX (département de la Creuse ).
Petite ville à 9 lieues de Guéret , 80 de Paris. L’établissement thermal, assez élégant, contient au rez-de-chaussée vingt-quatre baignoires, quatorze douches, une étuve, et dans les étages supérieurs quarante appartements fort propres. Deux autres petits établissements en mauvais état possèdent chacun huit baignoires et une douche. La saison commence le 15 mai et finit le 1*"*’ octobre. Il y a un médecin inspecteur.
SALINES THERMALES
Sources. Elles sont au nord et à un quart de lieue de la
ville , dans un vallon peu spacieux ; il y en a trois connues sous les noms de Puits de César, Fontaine du Jai^din et Petit Cornet; leurs eaux sont réunies dans deux vastes bassins ^ pour être ensuite distribuées dans les baignoires des édifices thermaux.
Propriétés physiques. L’eau minérale est limpide ^ a un goût fade^ nauséabond quand elle est chaude, et un peu salé quand on la boit froide. Elle a une odeur d’œufs couvis très-marquée quand elle est chaude , et insensible quand elle est refroidie. La température du Puits de César est de 58% 75 cent. ; celle du Petit Cornet , de 45“ ; celle de laFontaine du Jardin varie de 30 à 45°. Cette variation doit être attribuée à l’infiltration des eaux pluviales, xiinsi ^ le lendemain d’une pluie abondante , la température de l’eau minérale baisse, en hiver surtout , de 10 à 12“.
Jnalyse chimique. M. Baraillon , dans une notice qu’il a publiée sur les eaux thermales d’Évaux, les dit chargées de sulfate de soude. Il résulte de l’analyse citée par M. Gougnon et faite sur l’eau transportée à Paris qu’un litre d’eau minérale contient :
Acide hydro-sulfurique. . , quantité indét.
lit.
Acide carbonique libre. . . . 0,090
gr-
Carbonate de soude . 0,678
— de chaux . 0,035
— de magnésie. . . 0,030
Sulfate de soude . 0,706
Chlorure de sodium . 2,100
Silice . 0,053
Propriétés médicales. Les eaux d’Évaux sont employées dans les gastralgies, les engorgements des viscères abdominaux, la gravelle , les scrofules , les alfections nerveuses , les dartres ,
les rhumatismes chroniques, les fausses ankylosés, et les vieux ulcères. Cependant nous lisons dans un rapport (1835) de M. Tripier, médecin inspecteur, que les eaux thermales d’Évaux ont été sans succès dans neuf paralysies, dans huit affections nerveuses ; que les gastrites , les catarrhes , les affections utérines ont été également réfractaires , tandis que les rhumatismes chroniques , les maladies cutanées ont été sensiblement améliorés par Tusage des bains et des douches.
Mode d' administration. On boit les eaux d’abord à la dose de deux ou trois verres jusqu’à deux litres. On a recours avec succès aux bains et aux douches dans les rhumatismes chroniques, qui sont, dit M. Tripier, comme endémiques dans le département de la Creuse, à cause des variations brusques de la température atmosphérique. Les habitants d’Évaux emploient fréquemment les bains d’eau thermale comme moyen hygiénique ; ils en sont rarement indisposés , pourvu qu’ils les prennent à S3%7 ou 35“ cent.
Les sources d’Évaux appartiennent à des particuliers réunis en société ; le produit net de la ferme est de 6,745 francs : on évalue à 20,524 fr. l’argent laissé dans le pays par les malades en 1835.
Disserf ation sur les eaux minérales d’ Evaux^ par M. Gougnon. (Thèse, Paris, 1810.)
Dissertation sur les eaux minérales d’Évaux , par François Tripier. (Thèse, Montpelfier, 1830.)
LOUESGHE ou LEUR ( Suisse ).
Village du canton du Valais, situé dans un vallon à 4,600 pieds au-dessus du niveau de la mer, à 2 lieues et demie du bourg de Louesche, 4 de Sierre, 7 de Sion, 40 de Genève , 20 de Berne. Deux chemins y conduisent, l’un par cette dernière ville, l’autre par le chemin du Valais; mais ils ne sont pas praticables pour les voitures, et l’on ne peut se rendre aux bains qu’à cheval, à mulet ou dans une chaise à porteurs. A
SALINES THERMALES
Louesche, l’air est vif et pur, la température variable comme l’est en général celle des montagnes ; aussi doit-on se pourvoir d’habillements chauds. Les environs du village offrent plusieurs promenades agréables et variées. Les hôtels ne présentent que des logements petits , mal distribués; la nourriture est saine et abondante. La saison des bains commence au mois de juin et dure jusque vers le mois de septembre. Pendant ce temps, et principalement aux mois de juillet et d’août, on trouve à Louesche une nombreuse société. Plusieurs médecins des villes voisines viennent à Louesche donner leurs soins aux malades.
Sources, Elles sont nombreuses ; celles qu’on utilise sont : 1® La source de Saint-Laurent , la plus importante de toutes; elle surgit sur la place du village. 2° La source d’ Or, laquelle coule à quelques pas de la précédente. S°Les trois sources du bain des Lépreux, situées au milieu d’une prairie. 4” Au dehors du village, une source moins considérable alimente un fort petit bassin.
Il y a quatre etablissements de bains : V le bain Neuf, construit en 1818, est divisé en quatre bassins qui peuvent contenir chacun 30 à 40 personnes; il est alimenté par la source Saint-Laurent. 2° Le bain des 3îessieurs est une vieille baraque obscure , malpropre , divisée aussi en quatre bassins. 3” Le bain des Zurichois n’est fréquenté aujourd’hui que par des malades dont les infirmités sont repoussantes. 4” I^e bain des Pauvres , composé de deux bassins qui reçoivent chacun 20 à 30 personnes, est réservé à la classe indigente.
Propriétés physiques. L’eau de toutes les sources est parfaitement limpide, inodore et sans saveur; elle communique une couleur dorée aux pièces d’argent qu’on y laisse séjourner pendant deux ou trois jours ; cet enduit, qui est formé par de l’oxyde de fer, se conserve longtemps et disparaît par le frottement. La source Saint-Laurent fournit environ deux millions de livres d’eau par jour ; cette source et celle d’Or se
troublent quelquefois à la suite des longues pluies et par les temps d’orage, mais surtout au printemps; elles déposent alors un sédiment grisâtre et ne reprennent leur limpidité qu’ après 24 ou 36 heures. La température des différentes sources est invariable ; elle est de 51%2 cent, à la source Saint- Laurent; elle est de 33 à cent, pour les autres sources.
Analyse chimique. Les eaux de Louesche ont été examinées par Rouelle, Razoumowsld, qui n’y ont trouvé ni sulfures ni gaz hydrogène sulfuré. Plus tard, MM. Payen et Dublanc firent l’analyse de l’eau de la source Saint-Laurent, qui avait été transportée à Paris dans des bouteilles bouchées avec soin , et y signalèrent la présence d’une petite quantité de gaz hydrogène sulfuré, qui probablement n’était qu’accidentelle et provenait sans doute de la décomposition d’une matière organique, ou de Faction de cette dernière sur les sulfates contenus dans l’eau. En 1827 , sur la demande de la société helvétique des Sciences Naturelles, M. Brunner, professeur de chimie à Berne, et M. Pagenstecher, pharmacien de la même ville, se rendirent à Louesche et procédèrent sur les lieux à l’analyse de l’eau de Saint-Laurent. Voici les résultats des deux analyses :
Eau ( 1 litre).
Analyse de MM. Payen et J.-B. Du- BLANC, faite à Paris en 1828.
Acide carbonique. . . . \
Azote . l quantité
Oxygène . i indét.
Hydrogène sulfuré. ... y
Sulfate de chaux . 1,4020
A reporter. . . 1,4020
Analyse de MM. Brunner et Pagenste- GHER, faite sur les lieux'en 1827.
lit.
Acide carbonique. . . . 0,009
Oxygène . 0,007
Azote . 0,012
Sulfate de chaux. .... 1,2106
A reporter. . . 1,2106
SALINES THERMALES
Report. . .
Report. . .
Sulfate de magnésie. . .
Sulfate de magnésie. . .
— de soude .
— de soude .
Chlorure de sodium. . .
— de strontiane. . .
— de potassium.
Chlorure de sodium. . .
— de magnésium.
— de potassium. .
Carbonate de chaux . . .
— de magnésium. .
— de magnésie.
— de calcium. . . .
traces.
— de fer .
Carbonate de chaux. . . .
Perte .
Carbonate de protoxyde
de fer . .
Silice .
Nitrate .
traces.
Propriétés médicales. Les trois quarts des personnes qui se rendent à Louesche sont atteintes de maladies de la peau, telles que dartres, couperose, boutons, rougeurs du front, de la face, ainsi que toutes les alfectioos de nature psorique. Ces eaux sont aussi fort utiles dans les scrofules, les engorgements glanduleux du cou , des aisselles, surtout du mésentère ; dans les tumeurs blanches des ar ticulations , les fistules , les ulcères atoniques et strumeux; dans l’ozène et le coryza chronique; dans les engorgements du foie , de la rate ; dans plusieurs cas d’irritation chronique de l’estomac, des intestins; dans les maladies qui surviennent aux époques de la première menstruation, du temps critique, et enfin dans les rhumatismes anciens.
Ces eaux doivent être interdites aux individus pléthoriques, disposés à l’apoplexie; elles sont très-nuisibles aux phthisiques, aux névralgiques, aux goutteux, et à tous ceux qui sont doués d’une excessive sensibilité.
Mode d’ administration. On prend les eaux de Louesche eu boisson , bains et douches. On les boit à la dose d’un verre^
jusqu’à six ou huit, pures ou coupées avec du lait, pendant le bain.
L’eau nécessaire aux bains est conduite le soir dans les bassins et y reste pendant la nuit , pour se refroidir jusqu’à 36 à 37“,5 cent, parce que, à une température plus élevée, elle produit des maux de tête. Les baigneurs sont tous ensemble dans le bain Neuf^ le bain des Messieurs et le bain des Pauvres. Quoique les deux sexes ne soient pas séparés dans les quatre bassins des deux premiers, il y règne cependant beaucoup de bienséance et de retenue. Chaque baigneur est enveloppé d’un manteau de flanelle qui est attaché au-dessus des épaules et qui descend jusqu’aux talons. Dans les quatre bassins, qui sont séparés les uns des autres par des ponts munis de balustrades, il y a des bancs, et le baigneur assis se trouve dans l’eau jusqu’au menton ; sur la surface de l’eau, on voit surnager de petites tables couvertes de vases de fleurs ou de fruits, de mouchoirs, de livres, de cartes, de verres, etc., et sur lesquelles on peut déjeuner, jouer ou lire. Dans le bain Neuf, on peut aussi se baigner seul ; il y a plusieurs chambres destinées à cet usage. Le bain Neuf et le bain des Messieurs sont les plus fréquentés; la conversation y est ordinairement gaie et amusante. On y voit des individus de tous les pays.
La cure est communément de trois semaines. On débute ordinairement par un bain d’une heure ; on augmente tous les jours d’une heure jusqu’à ce qu’on soit parvenu à cinq ou six heures de bain; ce maxùnum des heures de bain s’appelle haute baignée ; on la continue , si rien ne s’y oppose , pendant douze à quatorze jours. On commence alors la dèbaignêe, c’est-àdire qu’on diminue graduellement la durée des bains. Au bout de huit à dix jours, il survient ce qu’on nomme la poussée, qui consiste en une éruption de plaques rouges à la peau , semblables à la rougeole , à la scarlatine ou à l’urticaire. Si cette éruption est abondante et très-douloureuse , on suspend les
SALINES THERMALES
bains pendant quelques jours ; mais le plus ordinairement elle se dissipe d’elle-même en continuant les bains. Si elle laisse après elle des démangeaisons^ on a coutume de les combattre par des ventouses scarifiées qu’on applique dans un bain appelé pour cette raison bain des Ventouses,
Il se rend annuellement à Louescbe quatre cents malades.
Essai sur les eaux minérales et thermales de Lo iesche, en Suisse , par M. Payen. Thèse, Paris, 1828.
JYotice sur les eaux minérales de Louesche, par Bonvin. Genève, 1834 > brochure in-8, 104 pages.
Notice sur les propriétés médicales de Louesche, par M. Foissac ; Paris , 1836, in-8. Cette notice est rédigée avec soin.
,BADE ou BADEN (Suisse,).
Petite ville du canton d’Argovie, située à 1,090 pieds audessus du niveau de la mer, à 4 lieues de Zurich ,11 de Lucerne, 5 d’Arau et 11 de Bâle. Chaque jour des voitures particulières vont de Zurich à Bade. On trouve sur les deux rives de laLimmat, à six cents pas de la ville, des bains célèbres dont parle Tacite et qui ont été très -florissants au quinzième siècle, surtout pendant le concile de Constance. — Le climat est doux et sain, surtout en été; sur les deux côtés de la Limmat, on voit de belles promenades et des hôtels où les voyageurs trouvent des logements pour toutes les fortunes. La saison des bains commence vers le milieu du mois de mai et se prolonge jusqu’à la fin de septembre. Les bains sont extrêmement fréquentés pendant les mois de juin, juillet et août; durant ce temps, on y trouve souvent jusqu’à mille personnes; les amusements n’y manquent pas alors : il y a des bals, un théâtre, etc.
Sources, Elles jaillissent sur les deux rives de la Limmat, et en partie même du lit de cette rivière. On en compte dixhuit, savoir : treize sur la rive gauche et cinq sur la rive droite; elles sont peu éloignées les unes des autres. Ces sources ali-
mentent les Grands Bains , qui sont sur la rive gauche de la Limmat, et les Petits Bains, qui sont en face sur la rive droite. On y remarque une vaste piscine , appelée bain de Sainte-Vérène, laquelle a 30 pieds de long, 20 pieds de large, et peut contenir à peu près cent personnes. Sur la rive droite de la Limmat, il y a trois bains publics destinés aux indigents. Dans les hôtels , on trouve des bains particuliers fort propres et assez grands pour contenir une famille de six à douze personnes.
Propriétés physiques. L’eau thermale est claire, transparente; son goût est salé , désagréable ; son odeur est légèrement sulfureuse. Elle rougit le linge ; l’eau du bain de Sainte-Vérène prend ordinairement une couleur laiteuse à l’approche de la pluie ou des orages. La température du bain de Sainte-Vérène est de 52%50 cent.; celle des Petits Bains est de 41 %2.
Analyse chimique. Elle a été faite par M. Pfugger.
Eau ( 1 Ulre ).
lit.
Acide carbonique . 0,094
gr.
Chlorure de sodium. .... 1,053
— de manganèse. . . 0,288
Sulfate de soude . 0,612
— de chaux . 1,019
— de magnésie . 0,462
— de fer . 0,003
Propriétés médicales. Les eaux de Bade sont recommandées dans les irritations chroniques des voies digestives, les rhumatismes^ les paralysies , les maladies des voies urinaires, les
SALINES THERMALES
«ngorgements scrofuleux , les maladies cutanées , la stérilité , les affections nerveuses , etc.
Mode d'administration. Ce n’est que depuis le commencement de ce siècle qu’on boit l’eau de Bade ; on commence par deux verres 5 et on arrive graduellement jusqu’à huit. Il faut la boire à la température de la source ^ parce qu’elle produit alors un effet plus salutaire ^ surtout dans le cas d’obstruction. — Ordinairement on se baigne une ou deux heures par jour ; vers la fin de la cure, on reste pendant plusieurs heures de la matinée et de l’après-midi dans l’eau. Ldi poussée survient après dix ou quinze jours. On prend des bains de gaz à la température de 28%7 cent^, ils réussissent dans les rhumatismes et la goutte.
TJ excursion aux bains de Bade , par M. Hess.
Les eaux minérales et les bains de Baden, par M. Wetzler.
Les cures des bains de Baden , par M. Rusch.
PFEFFERS (Suisse).
Les bains de Pfeffers se trouvent dans l’arrondissement de Ragatz 5 district de Sargans , canton de Saint-Gall , à 2 lieues du bourg de Ragatz, d’où l’on ne parvient aux bains qu’en suivant un chemin étroit , praticable à cheval , en passant par le village de Valens. Ces bains sont situés dans un ravin étroit et sauvage , au fond duquel mugit un torrent furieux , la Tamina ; ils sont comme séparés du monde. Il y a 4 bâtiments de bains qui contiennent soixante-dix à quatre-vingt chambres, munies à peine des meubles les plus nécessaires, ce qui n’empêche pas qu’on rencontre souvent à ces bains jusqu’à trois cents personnes, surtout pendant les mois de juillet et d’août. Il y a un médecin.
Sources. L’eau jaillit d’un rocher par différentes veines et se rassemble dans deux réservoirs ; elle est assez abondante pour faire tourner un moulin.
MÜX MINÉRALES
Propriétés physiques. L’eau est claire^ transparente, onctueuse au toucher ; sa saveur est douce ; sa température à la source est de 37%5 cent, et de 35^ dans le réservoir. Cette eau dépose un limon tenace, d’une couleur jaune clair.
Analyse chùnique. En 1819, M. Capeller, pharmacien à Goire, a fait l’analyse de l’eau de Pfeffers.
Eau ( 1 litre ).
gr-
Sulfate de soude . 0,066
— de magnésie. . . . 0,039
Carbonate de chau;,. . . . 0,036
— de magnésie. . 0,092
Chlorure de sodium. . . . 0,022
— de magnésium et
matière extractive. . . 0,018
Matière résineuse . 0,006
Propriétés médicales. Les eaux de Pfeffers excitent la transpiration, produisent quelquefois des vertiges et rarement la diarrhée; les personnes bien portantes après en avoir bu éprouvent un bien-être et une plus grande facilité à digérer. Ces eaux semblent être une panacée : on les vante dans les maux d’estomac, les vomissements nerveux, les maladies du foie, les affections nerveuses, les rhumatismes, les éruptions à la peau , les lésions du système lymphatique et des voies urinaires, etc.
Mode d’ administration. On boit l’eau de Pfeffers depuis quatre à six verres, jusqu’à quinze ou vingt; quant aux bains , on en augmente graduellement la durée jusqu’à ce qu’on y passe huit à douze heures par jour. On diminue de la même manière le temps qu’on y passe , quand la poussée commence à disparaître. Le traitement dure ordinairement trois à quatre se-
SALINES THERMALES. 469
maines. — 11 faut prendre avec précaution les douches et les bains de vapeur.
On peut consulter sur jCes bains l’ouvrage suivant : Conseils sur le juste emploi des bains docteur Rusch (en allemand).
SAINT-GERVAIS ( Savoie ).
Village dans la province de Faucigny, à 1 lieue de Sallenches^ 4 de Ghamouny^ 11 de Genève; pendant la saison des eaux^ il part trois fois par semaine une diligence de Genève pour Saint-Gervais. Le climat de ce dernier lieu est doux , sain , mais un peu humide ; les environs offrent des promenades agréables^ et des sites pittoresques. L’établissement thermal se compose de nombreuses constructions; il offre des logements bien meublés ^ plusieurs salons de compagnie , une bibliothèque, une salle de billard, etc. Les eaux minérales sont très-fréquentées depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Il y a un médecin inspecteur.
Sources. On en distingue sept : l*' la source du Bonnant; V la source du Bonhomme ; 3° la source Gontard; 4° la source du Mont-Blanc ; 5“ la source du Mont-Joli; 6“ la source de la Bonneville; 7" la source de Bonne foi.
Propriétés physiques. La source Gontard est très-abondante et suffit presque seule au besoin de l’établissement; sa saveur est saline , accompagnée d’une légère amertume ; son odeur est un peu sulfureuse ; des bulles de gaz sortent par bouffées et à intervalles presque égaux du fond du bassin ; la pesanteur spécifique de l’eau comparée à celle de l’eau distillée est
comme 10,043 cent, est à 10,000. La température est de 41° 2 cent.
Analyse chimique. Elle a été faite à la source même par jVJ. Pictet; en voici les résultats:
Eau (1 litre).
Acide carbonique . . quantité indét.
gr-
Sulfate de chaux mêlé de carbonate. 1,21
— de soude. . ........ 2,15
Chlorure de sodium . . 1,04
— de magnésium . 0,35
Pétrole . . des traces.
Propriétés médicales. Il résulte des observations cliniques rapportées par MM. Jurine, Odier, Mathey, médecins distingués de Genève, que les eaux thermales de Saint-Gervais , prises en boisson et en bains , sont très-efficaces contre les maladies de la peau, les dartres particulièrement, et contre les affections rhumatismales , les paralysies , les engorgements des organes du bas-ventre, les catarrhes pulmonaires chroniques , et contre les affections variées du système nerveux , lorsqu’elles dépendent d’un trouble des fonctions digestives , de la suppression de la trasspiration ou de quelque éruption cutanée.
Mode d’administration. En boisson, la dose des eaux minérales de Saint-Gervais est depuis trois verres jusqu’à deux litres. Elles sont purgatives à la dose de cinq à six verres ; certaines personnes, pour aider cette action, y ajoutent quelques
gros de sulfate de soude. Outre les bains d’eau thermale , on
trouve à Saint-Gervais des bains de vapeur, des bains d’air, des bains de lait, des douches écossaises, etc.
Mnatyse de la source thermale de Saint-Gervais . [Bibliothèque britannique^ tomeXXXIY.)
Les bains de Saint-Gervais , près du mont Blanc , par le docteur Mathey, 1818.
SALINES THERMALES
WISHADE ou WIESBADEN ( duché de Nassau).
Ville à 2 lieues de Mayence , 7 de Francfort. On y trouve un établissement thermal , une riche bibliothèque et des promenades fort agréables. Les eaux sont très-fréquentées depuis le mois de juin jusqu’à la fin de septembre.
Sources. Près de l’édifice thermal, jaillissent seize sources, dont deux sont froides.
Propriétés physiques. Les eaux laissent dégager au contact de l’air des bulles nombreuses d’acide carbonique; elles se recouvrent au bout de quelques heures d’une pellicule jaunâtre, ocracée ; leur saveur, légèrement saline, est assez semblable à celle d’un mauvais bouillon de viande; leur température est de 68° cent. Elles sont si abondantes, qu’elles fournissent en vingt - quatre heures 84,092 pieds cubes. Elles forment un dépôt limoneux avec lequel le docteur Peez, médecin du duc de Nassau, a formé un savon vanté contre les affections rhumatismales, cutanées et lymphatiques.
Analyse chimique. Elle a été faite par M. Kastner, qui a trouvé qu’il se dégage à la source un gaz composé d’acide carbonique et d’azote dans le rapport de 54 à 46; il résulte de son analyse que l’eau thermale de Kochbi'unnen , principale source de \Yisbade , contient :
Eau ( 1 litre).
gr.
Carbonate de chaux. ..... 0,170
— de fer . 0,010
Sulfate de soude . 0,0<S0
— de chaux . 0,041
Chlorure de calcium . 0,540
— de magnésium. . . . 0,076
A rejwrter. . . . 0,910
Report. . . . 0,916'
Chlorure de potassium. . . . 0,012
— de sodium . 4,690
Silicate de magnésie . 0,060
Suivant M. Gaventou, il faudrait ajouter à ces principes 0^090 gr. de substance organique qui paraît de même nature que celle contenue dans les eaux de Bade. Plus tard M. Kastner a découvert dans ces eaux une certaine quantité de bromure, et M. Léopold Gmelin a trouvé dans le dépôt spontané qu’elles forment un fluate et un sel de manganèse.
Propriétés médicales. Prises en boisson et en bains, les eaux de Wisbade ont une action si énergique, elles excitent tellement toute l’économie , qu’on doit les prescrire avec une extrême circonspection ; les cas où elles sont réellement utiles ne sont pas encore bien déterminés. Les médecins allemands recommandent ces eaux dans la goutte par atonie, dans les complications de goutte et de scrofule, de goutte et de syphilis, dans les métastases goutteuses sur des organes internes, dans les anciennes cicatrices, les exanthèmes chroniques, surtout ceux qui dépendent du vice strumeux, dans les tumeurs blanches du genou, la gravelle et la cachexie mercurielle, etc. — Les eaux de Wisbade sont nuisibles dans l’état de pléthore, d’éréthisme nerveux, dans les affections du cœur et du poumon, aux individus prédisposés aux congestions sanguines ou aux hémorragies.
M. Kastner assure que Peau de Wisbade , renfermée dans des cruches bouchées et goudronnées, peut se conserver longtemps sans se corrompre et se troubler. Après dix-huit mois , il a encore remarqué une petite explosion de gaz acide carbonique , en ouvrant un cruchon. Cette eau pourrait être exportée au loin sans inconvénient.
Ces eaux sont administrées plutôt en bains et en douches qu’en boisson.
SALINES THERMALES. 473
IVote sur quelques eaux minérales des bords du Rhin, par M. Caventou. [Bulletin général de Thérapeutique , page 284.)
En 1799, M. F. Lehr a publié, à Darmstadt, une monographie sur la nature et les vertus des eaux thermales de Wisbade.
On trouve un article sur ces eaux dans le Journal de Chimie médicale, t. III , p. 137.
Aperçu sur les bains et eaux minérales du mont Tonnerre , par le docteur Heyfelder; Stuttgard, 1834, brochure in-8.
BADE ou BADEN ( grand-duché de Bade ).
Ville à 8 lieues de Strasbourg. On trouve à un quart de lieue de la ville , dans un endroit pittoresque ^ des eaux minérales qui attirent chaque année un grand concours d’étrangers.
Sources. Il existe à Bade deux espèces d’eaux bien distinctes , des eaux salines et des eaux ferrugineuses ; nous ne parlerons que des premières, qui sont les plus abondantes, et presque les seules usitées , soit en boisson , soit en bains et en douches.
Propriétés physiques. Ces eaux sont limpides , incolores , et répandent à la source principale une odeur qui a quelque analogie avec celle de la décoction bouillante de fibrine animale. On trouve sur les bords de la source quelques concrétions salines blanches, d’une grande sapidité , et représentant à un haut degré la saveur de l’eau minérale elle-même. Cette saveur est tout-à-fait celle du chlorure de sodium , qui paraît être le principal minéralisateur de ces eaux. Lorsqu’elles ont éprouvé le contact prolongé de l’air atmosphérique, elles laissent déposer une matière organique verdâtre , que l’on aperçoit sur les bords des ruisseaux par où elles s’écoulent; mais dans le bassin de la grande source , on trouve un dépôt floconneux très-abondant, de couleur ocracée et de nature muqueuse, qui passe dans le pays pour jouir de propriétés émollientes. Cette eau ne laisse dégager aucun gaz d’une manière sensible (M. Caventou). La température des dilTérentes sources s’élève de 45 à 65” cent.
Analyse chimi(jue. L’analyse des eaux de Bade a été faite par MM. Otto et Wolf, Selzer, Kastner et Kolreiiter ; voici les résultats qu’ils ont obtenus :
Eau (1 litre).
Acide carbonique . quantité indéterminée.
OTTO et WOLF. SELZER.
KASTKER.
ROLREUTER.
gr.
gt*.
gf-
Chlorure de sodium. . . .
— de magnésium. .
— de calcium. . .
Sulfate de chaux .
Carbonate de chaux. . . .
Silice .
Fer . .
Propriétés médicales.
Les eaux de
Bade
sont recomman-
dées dans les rhumatismes chroniques
, les paralysies
^ les con-
tractures des membres , les maladies cutanées, les engorgements des viscères abdominaux, les dérangements des règles, les fleurs blanches, etc. On doit les prescrire avec beaucoup de précaution dans les paralysies cérébrales. M. Fodéré a remarqué que les eaux de Bade, pour lesquelles on a une sorte de fureur à Strasbourg , sont tous les ans funestes à quelques hémiplégiques.
Mode d’ administration. On boit les eaux de Bade à la dose de cinq à six verres le matin à jeun ; pour augmenter leur effet laxatif, on y ajoute parfois quelques gros d’un sel neutre. Mais c’est particulièrement en bains et en douches qu’on en fait usage.
lYote sur quelques eaux minérales des bords du Rhin , par M. Gaven- Xow. [Bulletin général de Thérapeutiquey t. IX, p. 284.)
SALINES THERMALES
BATIl (Angleterre).
Ville du comté de Somerset, située au milieu d’une gOVge étroite, à 3 lieues de Bristol, 36 de Londres. Ses eaux minérales, qui paraissent avoir été connues des Romains, sont fréquentées annuellement par un grand nombre de malades, qui y trouvent des bains salutaires et beaucoup d’agréments. On prend les eaux dans toutes les saisons, mais surtout en été. — On y remarque trois sources, qu’on nomme : 1° bain du Roi, T bain de la Croix, 3“ bain Chaud. —L’eau est transparente, sans odeur ; sa saveur est ferrugineuse ; exposée à l’air, elle se trouble et laisse déposer un sédiment d’un jaune pâle. La température des sources est de 44% 4 cent.
Analyse chimique. L’analyse de l’eau de Bath a été faite par M. Philips et corrigée par M. Murray ; voici le résultat de leur travail :
Eau (1 litre).
SUBSTANCES
contenues