‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 2 sur 262 · FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS · texte numérisé non relu

FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS

-!J^— jitJ T«M!«'-a*''

AVEaTISSKMKNT

Nous dédions ce livre aux étudiants de la Sorbonne, parce qu'il a été fait chez eux et pour eux. Ils y trouveront t V un corps âe doctrine sur les questions les plus importantes que soulève l'étude des institutions de droit public, pendant la période féodale du moyen âge français; 2® des indications bibliographiques sur les principaux ouvrages, d'intérêt général et même d'intérêt local, qui ont trait à ces institutions. Nous avons volontairement laissé de côté les institutions relatives au droit privé, aux mœurs et usages, à l'économie politique et sociale, et celles qui touchent a l'organisation intellectuelle de la France d'autrefois. Elles pourront être l'objet de synthèses spéciales, que les limites du présent ouvrage et surtout celles de notre compétence nous interdisaient d'essayer. Les institutions de la papauté, ayant un caractère inlernational, ne rentraient pas davantage dans le cadre d'une exposition qui est consacrée exclusivement à la région française. Ajoutons que, tout en reconnaissant la connexion intime qui, sur le domaine des institutions, relie la science de l'hisloire à celle du droit, nous avons écarté de propos délibéré 1rs questions d'ordre

!i AVERTISSEMENT.

purement juridique, et voulu faire, avant tout, œuvre d'historien.

Si élémentaire que soit noire synthèse, et bien qu'elle s'adresse principalement a ceux qui ne savent pas, nous espérons qu'elle ne sera pas tout à fait inutile à ceux qui savent. Parmi les sujets qui s'imposaient à notre étude, il en est sur lesquels la science a obtenu des résultats définitifs (dans le sens toujours restreint que les historiens doivent attacher à cette expression) : il en est aussi beaucoup d'autres qui n'ont jamais été abordés, du moins au point de vue général où nous nous plaçons. Il suit de là que certaines parties de cet ouvrage ne donnent que la substance de l'érudition d'autrui, tandis que d'autres ont plus de valeur originale et représentent mieux nos propres idées.

Ces différences et cette inégalité tiennent h la nature môme de l'œuvre de condensation que nous avons entreprise. Les institutions du moyen âge français n'ont point été, comme celles de l'antiquité gréco-romaine, l'objet d'innombrables travaux critiques et méthodiques, publiés dans toutes les langues. Elles ne pouvaient donc donner lieu à un manuel proprement dit, c'est-à-dire à un répertoire presque impersonnel, dont les malériaux tout préparés ne demandent qu'à élre réunis et fondus. Chez nous, les institutions de la période féodale ont été étudiées géographiqucment, sous forme de monographies locales, plutôt que par ordre méthodique de matières. Notre manuel, il faut l'avouer, ne sera qu'à moitié fidèle à son litre.

On nous reprochera, sans doute, d'avoir été plus courageux que prudent; on s'étonnera que nous ayons osé généraliser sur une époque qui est, par excellence, Tère du particularisme et des diversités régionales. Nous nous consolerons do cette critique en pensant que les étudiants en histoire nous sauront gré des risques que nous courons pour leur être utile. Les savants qui nous

AVERTISSEMENT. m

désapprouveront, au nom des principes, se laisseront peut-être aller, dans la pratique, à se servir de notre livre, tout incomplet et insuffisant qii^il paraisse. Nous ne souhaitons pas pour lui d'autre avenir, ni pour nous, d'autre récompense d'un long et pénible labeur.

Paris, U mai 1S92.

Page 1