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ont été Vinslrumenl par excellence de l'administration impériale. On les trouve partout : la marée montante de la bureaucratie les insinue dans toutes les fonctions, et les élève pas à pas à un niveau où ils font envie à Tordre sénatorial lui-même. Nous aurons occasion de les dénombrer plus tard, à propos de l'administration provinciale et financière ^ Il suffit, pour le moment, de jeter un coup d'œil sur le monde d'employés qui fourmillent dans les bureaux de la chancellerie impériale.
LA CUANCKLLERIE IMPEIUALL
Jusqu'au règne d'Hadrien, ces scribes étaient considérés comme les domestiques particuliers de l'empereur et pris parmi ses affranchis. Depuis Hadrien, sans avoir rang de procuralores^ ils prennent la qualité de fonctionnaires publics et se recrutent dans l'ordre équestre ; au quatrième siècle, les chefs de bureau ont le titre de magistri. Ils sont partagés en divers bureaux ^, dont le nombre va toujours croissant et dont les principaux sont classés sous les titres de l"* ab epistulis, 2*" a libellis, 3"* a cognitionibuSf A'* a memoria ^.
Le bureau ab epistulis centralise toute la correspondance officielle de l'empereur avec les généraux, gouverneurs, États étrangers; il reçoit les rapports et expédie les réponses. C'est lui également qui enregistre les nominations d'officier jusqu'au grade de préfet de la cavalerie ^
* E. Egger, Hecherches hUioriques sur la fonction de secrétaire des princes chei les Anciens (Mém. d*hist. et de philul., p. ^220-258). Pari», 1863. — L. FriedUnder, De eis qui primis duobus saeculis a rationibus, ab ejiistuliSy a lébellis imperatorum Homanorum fuerunt. Rcgioniont. 1800. Sittengeschichte Homs ^hd. I. Leipzig, 1865 (Anhang I. Die Beamie» a raiiunibuB, a libelliB, ab epistulis. — II. Die Reihenl'olge der Aemter von kaiserlichen Freigelassenen. p. 15^2-174 [cf. la trad. française, inalhcurcusciiient « libre », de Ch. VogelI). — 0. Hirschfeld, Die kaiserliche ..-„-,-.. „„^ .„ a. . ..T. . . . ....... ^. «^'S). -Ed. Cuq,
(Bibl. der Ecole -dessus, p. 152).
des ceiUenarii et des ducenartt, comme au premier siècle de l'Empire . Le traitement est attaché non à la personne, mais à la fonction. Ainsi les procurateurs vice pr&sidis et ceux des provinces les plus importantes ont 200000 sesterces; les autres 100000. La fin de la carrière procuratorienne est VadlecliOy qui fait passer les fonctionnaires émérites dans les rangs de Tordre sénatorial.
1. 0. HiRSCHFELD (op. cit., p. 303-315) a dressé la liste alphabétique des fonctionnaires civils de l'ordre équestre connus en 1876 par les auteur:^ et les inscriptions. Elle contient 611 noms.
3. Le terme technique de k bureau » (scrinium) n'apparaît qu'au qualrième siècle.
3. Sur les bureaux de la comptabilité {a rationibus)^ voyez la partie consacrée aux Finances.
4. Au-dessus de ce grade, les officiers sont nommés par brevet {codiclUus) écrit de la main de l'empereur. D'après Hirschfeld, les employés a codtct^^ts n'ont rien à faire ici : ils s'occupent des legs faits par codicilles.
(iHAP. 5, S «1 I^ES FONCTIONNAIRES IMPÉRIAFX 165
et en général, tous les privilèges octroyés sous forme de lettres (episttUie) *.
Le bureau a libellis reçoit les requêtes et mémoires (libelli) adressés au chef de l'État par les particuliers, et les renvoie apostilles de la main de Tempereur (subscriptiones). Ces apostilles n'étaient pas un jugement en forme, bien qu'elles fissent autorité en jurisprudence. Quand les intéressés faisaient appel au pouvoir judiciaire de l'empereur, celui-ci tranchait d'ordinaire les questions en son conseil privé, ou, pour abréger la procédure ou avoir un supplément d'enquête, il les faisait étudier dans ses bureaux. De là la création d'un bureau spécial (a cognitionibus), dont l'existence est signalée depuis le règne de Claude -, et qui finit par être de nouveau réuni, après Dioclétien, avec le bureau a libellis.
Le bureau a memoria n'apparaît que sous Caracalla, mais il empiète sur les attributions des autres bureaux et prend rapidement le premier rang dans la chancellerie impériale. Au temps de Dioclétien, lemagister memoriœ a un traitement de 300 000 sesterces.
La direction des quatre grands bureaux est alors centralisée, et les quatre chefs {magistri scriniorum) sont placés sous la dépendance directe du magister officiorum ou prévôt du palais. A cette époque, du reste, tous les services de la chancellerie impériale sont notablement agrandis. Le service des brevets et nominations est distrait des anciens bureaux : les nominations des hauts fonctionnaires sont enregistrées sur le latercvlum majus, tenu par le primicerius notariorum, les autres, sur le laterculum minus j au cabinet du qumstor sacri palatii. De même chaque haut fonctionnaire est entouré d'une quantité d'employés {officiales) proportionnelle à l'étendue de sa compétence^.
§ vni
LA HI]^:RARCIIIK après niOCLÉTIKN
L'analyse sommaire à laquelle vient d'être soumise l'organisation du
1. Slace (5i7f'., V, 1, 81-107) di^rrîl pompmisftment Ift» occupations absorbantpa du ROcn*tairft impc^rial Ahascantus. Au cours du deuxirmo siôcle, sous Hadrien probabloment, on si^paro deux services jusque-là réunis et on institue deux chefs de bureau, Pun ah epistulin Latinin^ Tautre ah epistulis (inBciSy celui-ci d'abord quelque peu inférieur î\ son collèjfçue. On rencontre parmi ces scribes des noms célèbres, comme ceux de Narcisse sous (ilaude, de Suétone sous Trajan.
2. Les fonctions de ce bureau sont, du reste, assez mal connues. Vov. Momïsen, Staatitrerht, II', p. 020, 1. On les devine par son titre, eognitio étant le terme technique pour désigner la procédure qui fait trancher directement le litige, m jure et in judicio, p<ir le magistrat. On est encore moins renseigné sur le bureau a ntudiM. Ed. Cvq pense qu'il était chargé des recherches d'érudition parfois nécessaires pour éclairer la jurisprudence de l'empereur.
3. On en peut voir Ténuméralion dans la Notitia dignitatum^ qui date du temps des flls de Théodose. Les employés qui figurent dans la Notitia sont tous des « dignitaires » ; ils ont sous leurs ordres des scribes vulgaires, ordinairement des esclaves publics.
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régime impérial — réserve faite des provinces, des finances, de l'armée — permet d'apprécier ce qu'on entend par carrière sénatoriale ou équestre, et la nature de l'évolution monarchique qui aboutit à la réforme de Dioclétien ou constitution du Bas-Empire. Il a été question à plusieurs reprises, au cours de notre exposé, de cette réforme, achevée par Constantin : il est bon d'en résumer ici les traits principaux.
Tout le système a pour but de consacrer ce qui, depuis longtemps, était déjà un fait accompli, l'abolition des derniers vestiges du régime républicain, la déchéance du Sénat, et la centralisation de tous les pouvoirs au moven d'une hiérarchie de fonctionnaires décorés de noms et de costumes pompeux. Au haut de l'édifice social, le groupe « sacré » des empereurs. Augustes et Césars, dont on n'approche qu'à travers les formalités d'une étiquette servile. Tout ce qui est à leur usage, palais, chambre à coucher, etc., est dit « sacré ». A côté d'eux, les membres de la famille impériale, qualifiés de nobilissimi. Au-dessous, l'ordre sénatorial, composé des hauts fonctionnaires et sénateurs, et subdivisé en trois classes, illustres^ spectabiles, clarissimi. Les deux premiers titres sont des distinctions personnelles et nouvelles greffées sur le troisième, qui est héréditaire et depuis longtemps en usage ^ Au-dessous de l'ordre sénatorial, l'ordre équestre, subdivisé en deux classes : lesperfectissimiy fonctionnaires de l'ordre équestre, et les egregii ou simples chevaliers*. Plus bas, la foule sans nom ou <l plèbe ».
La manie des classifications alla jusqu'à numéroter, dans cette « plèbe » , des couches distinctes. Une constitution de 412 ne fait plus mention de l'ordre équestre, absorbé par le clarissimat, mais elle énumère au-dessous trois catégories nouvelles : l*" les sacerdotales provinciaux, 2» les principales ou « princes » des sénats municipaux, 3° les négociants (mercatores). La plèbe ne commence qu'au-dessous ^ A chaque classe
1. Les titres d*illti8tres et spectabiles sont attachés à la fonction, mais supposent le clarissimat. Naturellement, les fonctions, ayant varié d'importance, n*ont pas été toujours classées de la même façon. — Sont illuxtreSy au début du cinquième siècle, les préfets du prétoire, préfets de la Ville (Rome et Constantinople), les magistri militum, le prapositus sacri cubiculi, le magister ofpciorum, le qusMiùr mcri palatiiy le cornes sacrarum largitionum et le cornes privatarurriy le cornes domesticorum. — Sont spectabiies : le primicerius sacri cubiculif le primicerius nolariorum, le castrensis palatii, les magistri scrinioruniy les vtcartt, les proconsulesy les comités et duces. — Sont clarissimi: les sénateurs en général, les gouverneurs des provinces de moyenne grandeur {consulares^correctores) et les gouverneurs des petites provinces (pr»sides) en Orient. Les titres ou grades personnels peuvent ôtre aussi conférés sans fonction active, à titre de décoration. H en est de même du perfectissimat équestre, qui servait principalement à récompenser les employés subalternes et se distribuait à Tancienneté comme au choix. Les sénateurs avaient pris dès la fin du premier siècle Thabitude de s\ittribuer Tépithète de clarissimi. La plus ancienne inscription qui atteste cet usage est de l'an 101 (Wilmanns, 2853). Mais Tépithète ne devient titre officiel qu'environ un siècle plus tard. Les perfectissimi apparaissent en ^1 {C. 1. L.y YI, 1603).
â. Le perfectissimaty trop prodigué comme décoration, s^avilit et unit par être elassé après Végrégiaty qui appartenait aux chevaliers de fortune et de naissance.