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XI. — La Transpadane, entre l'Adda, le Pô et les Alpes

Il se peut qu'Auguste n'ait pas eu d'abord d'autre but que de faciliter par là les opérations du recensement des personnes et des propriétés, mais la division régionale devint le cadre administratif de l'Italie qui, dépouillée peu à peu de ses privilèges, se rapprocha de plus en plus de la condition des provinces **.

Les municipes italiens, autonomes et pourvus d'une juridiction locale, ne dépendaient d'abord du pouvoir central que par la limite posée à la compétence de leurs tribunaux. C'est par là que commença le travail d'absorption qui devait leur enlever leur autonomie effective. Hadrien partagea l'Italie en quatre circonscriptions judiciaires et nomma quatre consulaires ^ pour trancher les différends soustraits à la juridiction des magistrats municipaux. Cette mesure, qui diminuait l'importance du sénat de Rome autant que celle des préteurs, fut rapportée par Antonin *. Marc Aurèle revint au système d'Hadrien. Tenant compte de l'importance acquise parles préfets impériaux de la Ville et du prétoire, il réorganisa l'administration judiciaire comme il suit : Rome et ses environs, dans un rayon de 100 milles, furent soumis à la juridiction criminelle du préfet de la Ville ; le reste de l'Italie, à la juridiction criminelle du prétoire. Au point de vue de la juridiction civile, le c diocèse urbain» était soumis aux préteurs ; le reste de l'Italie, à quatre juges

* E. Deqardins, Les orne régions cTAuguste (Revue Historique, 1875, p. 184-S02).

** Sur les modifications apportées au régime de Tltalie, voy. Hegel, Geschichte der Stàdteverfasmng von Italien. Leipzig:, 1847.— Th. Mommsen, />ielibricoioniarum, J 2. (Rom. Feldm., II [1852], p. 188-220). —G. di Petra. Condiiioni délie città ttaliche. Napoli, 1866 H. Duméril, De constitulionibus M. Aurelii Antonini. Tolos., 1882. — G. Schurz, De mutationibus in imperio Homano ordinando ab imperatore Hadriano factis. Bonnae, 1883. — G. JuUian, Les transformations politiques de Vltalie sous les empereurs romains, Paris. 1883.

i. Spartian., Iladrian.y 22. Gapitolin., Anton., ±M. Anton., 11. 3. ÂPPIAN., B. Civ.y 1, 38.

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spéciaux, choisis par l'empereur dans Tordre des prsetorii et appelés juridici *.

La création des juridici rapprochait singulièrement la condition de l'Italie de celle des protinces, bien qu'on affectât de ne pas la diviser et que la compétence de chaque juridicm s'étendit théoriquement à l'Italie entière. L'autonomie municipale fut menacée à son tour. Les désordres survenus dans la gestion des finances municipales avaient provoqué d'assez bonne heure l'intervention des princes qui, depuis Domitien, nommèrent des curateurs aux communes obérées*. Cette intervention, oflicieuse d'abord, devint officielle ensuite, et ne s'arrêta pas là. On nomma des légats et despr^po^^^ pour administrer certaines régions, et on finit par appliquer à l'Italie le régime des provinces en lui donnant un curateur général appelé correcteur. Le premier fonctionnaire chargé de ce soin {electus ad corrigendum statum Italiœ) fut G. Octavius Sabinus, coiisul en 214. L'extension du droit de cité à tous les habitants de l'empire, sous Caracalla, enleva aux privilèges de l'Italie toute raison d'être. Dioclétien assimila complètement l'Italie aux provinces en la fractionnant en districts nombreux^ et en la soumettant à l'impôt foncier. Haximien, qui résidait à Milan, partagea l'Italie, au point de vue de la perception de l'impôt, en deux grandes régions : l'Italie du nord (regio annonaria) fournissait à l'entretien de la cour (annona)^ l'Italie du centre et du sud {urbicarise regiones), à l'approvisionnement de Rome.

La division quadripartite de l'empire, instituée en i9i par Dioclétien, entraîna un remaniement dans le tracé des circonscriptions régionales devenues des provinces. L'Italje, augmentée de la Rétie, de la Corse, de la Sardaigne et de la Sicile, constitua l'un des trois diocèses de Isl préfecture d'Italie. Elle était gouvernée par deux vicaires du préfet [du prétoire] d'Italie, résidant l'un à Rome {vicarius [prœfectorum prsetorio"] in Vrbe ou Urbis)^ Tautre à Milan {vicarius Italiœ). Ce dernier administrait l'Italie «: annonaire », devenue l'Italie proprement dite; son collègue avait Rome et les régions <c suburbicaires )). Chacun de ces vicariats était subdivisé en provinces ayant chacune leur gouverneur particulier. La seule concession qui fut faite à l'amour-propre italien fut de conserver l'euphémisme reçu et d'appeler ces gouverneurs des correctores dans les régions de l'ancienne Italie.

1. Sur les juridici, voy. les inscriptions réunies par Marquardt, Staatsverwaltung P, p. 226. Cf. JuLLiAN, op. cit., p. 121 sqq. Ce qui paraît avoir varié, ce n'est pas le nombre des juridici, mais la délimitation de leurs ressorts, chose secondaire, puisqu'ils étaient tous quatre juridici per Italiam. Us disparaissent après les Gordiens.

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