‹ Manuel des institutions romainesChapitre 180 sur 500 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES DÉPENSES

Classilkation des dépenses. — 1° Culte. — Dotations des desservants et des collèges sacerdotaux : revenus des temples ; frais des cérémonies extraordinaires, à la charge du Trésor public. — 2" Travaux publics. — Les travaux publics sous la direction des censeurs. — Réorganisation de ce service sous i*£mpire. — S** Armée. — L'armée civique avant l'institution delà solde : ïses équestre et hordearium. — Solde des légionnaires: entretien des contingents alliés. — Retraites des vétérans. — 4" Approvisionnement de Rome et assistance publique. — Les premiers prsefecli annonse. — Les édiles chargés de Tapprovisionncment de Rome.— Les lois frumentaircs Sempronia (123), Appuleia (100), Livia (90), Octavia (vers 90), ^milia (78), Terentia Cassia (73), Clodia (58). — Le service de l'annonc et des frumentations sous l'Empire. — Les congiaria et donativa. — Les aliénations du domaine public par lois agraires et coloniales ; le Trésor coopérant à Tcxtinction des dettes privées. — Les fondations alimentaires sous l'Empire. — 5" Dépenses administratives. — Gratuité des fonctions exercées par les magistrats sous la République. — Dotation des gouverneurs de provinces. — Les fonctionnaires rétribués sous TEmpire. — La poste impériale (cursus publicus).

Bon nombre de questions soulevées jusqu'ici en passant, à propos de l'office des questeurs, censeurs, gouverneurs de provinces, procurateurs, de la condition des villes stipendiaires, etc., ne peuvent être pleinement élucidées que par une analyse attentive de l'administration financière'* et de l'organisation militaire, sous la République et sous l'Empire. Il n'est pas question ici de faire ni même d'esquisser l'histoire économique de Rome**, mais d'indiquer quelles étaient les dépenses incombant à l'État, les receltes au moyen desquelles il y faisait face, et le mode de perception des divers impôts.

Le budget des dépenses, très restreint à l'origine, peut se ramener, à l'époque de son plus grand développement, à cinq chapitres principaux (1° Culte — 2" TravatLX publics — 3*» Armée — 4" Approvisionnement de Rome et assistance publique — 5° Dépenses administratives)^ que nous allons examiner successivement.

1" Culte. — Rome nous apparaît dès l'origine dotée d'une religion d'État, d'un culte défrayé par le Trésor public (œranwîw)***. L'entretien

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du personnel était peu coûteux. Les membres des collèges n'étaient pas rétribués, et l'État n'avait à pourvoir qu'à l'entretien des desservants proprement dits, c'est-à-dire des curions*, des Vestales*, et probablement des flamines. Ceux-là touchaient non pas un traitement, mais le revenu d'un capital qui leur était attribué lors de leur entrée en fonctions et qui faisait retour à l'État ^. Quant aux employés subalternes, scribes, appariteurs de toute sorte, pullaires, haruspices, hommes libres ou esclaves publics, ils recevaient un salaire fixe. Les dépenses du culte proprement dit n'étaient pas toutes directement à la charge du Trésor. Les frais ordinaires étaient imputés sur les revenus des temples (redittis fani - fanatica) et des collèges sacerdotaux, qui avaient tous une dotation en biens-fonds* et une caisse {arca) alimentée par le produit de certains droits^. La caisse des pontifes notamment était comme une sorte de recette générale des amendes encourues pour transgression de la loi religieuse, elelle subvenait à l'entretien des cultes insuffisamment dotés. Les collèges géraient eux-mêmes leurs revenus, mais ceux des temples étaient administrés par des fonctionnaires civils, par les censeurs à Rome ®, par les édiles ' ou des curateurs spéciaux {curatores fanorum *) dans les municipes. Le Trésor couvrait directement les frais de toutes les fêtes et cérémonies extraordinaires ordonnées par les magistrats. Parmi les plus dispendieuses étaient les jeux publics et les procurations de rite grec ordonnées de temps à autre par les livres sibyllins ^

2" Travaux publics. — La construction et l'entretien de tous les édifices publics, y compris les temples, les travaux de canalisation et de voirie, à Rome et dans les colonies ou municipes ^°, constituaient une des plus fortes dépenses qu'eût à supporter le Trésor. Les sommes allouées

1. Dion., U, 23. Curionium srs dicebatur, quod dabatuT curioni ob sacerdoiium curianiatus (Fest., Epit., p. 49).

S. Liv., I, 20. Les vestales furent richement dotées sous TEmpire. En 23 après J.-C, la vestale Cornelia reçoit 2 000 000 HS (Tac, .Iwn., IV, i6). Cf. Suet., Oct.y 31.

3. Cette disposition est attestée pour les vestales (Gell., I, 12).

4. Gros., V, 18. Appian., Mithrid.^ 22. Dio Cass., XLIII, 47. Voy. les nombreu.Y textes cités par Marquardt, Staaisverwaltung , II', p. 80-81.

5. Tels sont les dons faits par les prêtres au moment où ils entraient en fonctions, les droits payés par les fidèles pour entrée dans les temples et usage du matériel des sacrifices, les peaux des victimes, sans compter les ex-votos de toute nature. Varca ponti/icum avait des sources de revenus assez abondantes. On y reviendra plus loin.

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