Exemples divers dans Val. Max., II
3. Cf. Val. Max., II, 7, 9, 14. Suet., Oct.y 2i. Polyb., VI, 38. Front»., Strateg,, IV, 18, 21. Le désarmement mulctœ nomine s'appelait censio hastaria (Fest., Epit., p. 54, s. V.).
4. Vo.y. les exemples faits par César {B. Afr., 54) et par Octave sur des légions entières (Su ET., Oct., 24).
3. PoLYB., VI, 37. Cf. Liv., V, 6. Cic, P/u/., III, 6, etc. La bastonnade fat rayée du code militaire — pour les citoyens romains, mais non pas pour les alliés — par la troisième loi Porcia (187) : Porcia lex virgas ab omnium civium Romanorum corpore amovit (Cic, Pro Rabir. perd, reo, 4. Cf. Rep.y II, 31, § 54).
6. Liv., IV, 29. XXVIII, 29. Val. Max., II, 7, 6, etc. Les déserteurs étaient punis de supplices horribles, la croix, la mutilation .des mains, — infligée aussi parfois aux maraudeurs (Frontin., Strat., IV, 1, 16), — l'exposition aux botes, etc.
7. Polyb., VI, 38. Liv., II, 59. Dion., IX, 50. Ce procédé fut encore employé par César et les triumvirs (Dio Cass., XLI, 35. XLVIII, 42. XLIX, 29, 38. Sobt., Oct., 24). Frontin cite des exemples de demi-décimation (IV, 1, 35) et de décimation aboutissant à la simple bastonnade (IV, 1, 34).
8. Duplicarii dicti, quibus ob virtuiem duplicia cibaria ut darentur institutum (Varr., L. lat.f V, 90). Il y avait aussi des sesquiplicarii.
290 L'AHMÉE IPart. iv
des chaînes {catellie), des colliers {torques), des agrafes {fibulse)y des médaillons {phalerx)^ des aigrettes {cornictUa)^ des piques sans fer {hastx purœî), des guidons (vexilld), des armures de choix (spolia) prélevées sur le butin, enfin quantité de couronnes, vallaire, murale, obsidionale, navale, triomphale, etc. Les hastes pures, guidons et couronnes ne se donnaient guère qu'aux officiers; la couronne obsidionale et la couronne triomphale, qu'aux généraux ^
La couronne triomphale n'est qu'un des honneurs exceptionnels dont Fensemble constitue le triomphe *. Ce n'est pas ici le lieu de décrire cette cérémonie essentiellement religieuse, qui identifiait un instant le général victorieux avec Jupiter Capitolin lui-même. C'était une apothéose éphémère, mais enivrante. Revêtu du costume de Jupiter, portant avec la couronne de laurier le sceptre du dieu, trônant sur un char à quatre chevaux autour duquel fumait l'encens et retentissaient les acclamations, le triomphateur pouvait oublier un instant qu'il n'était qu'un homme. On avait aussi imaginé des variétés et des diminutifs de triomphe, le triomphe naval, le triomphe sur le mont Albain, enfin VovatioUy qui ne comportait qu'une entrée à pied ou à cheval et une couronne de myrte ^. Le triomphe devint rare sous l'Empire, où le prince ne laissait pas volontiers décerner un tel honneur à un autre qu'à lui-même : il fut remplacé dans la pratique par la collation des c ornements triomphaux»
* A. 6611, De triumphi Romani originey permisnUj apparatu^ via. Schlciz, 1854. — A. lânsmayer, Der Triumpkiug des Germanicus. Munchen, 1875.
** S. Peine, De omamentis Iriumphalibus (Berliner Studien, II (1885), p. 309-397).
1. Le fameux L. Siccius DontaUis, contemporain des Décemvirs, le parfait K grognard » de Tanliquité, avait reçu, dit-on, i^ hastœ pursRy â5 phalerse, 83 torques j 160 armillsey 26 coronsR (Plin., Vil, g 102). La couronne triomphale (triumphalis laurea) et la couronne ovale {ovalis - myrtea) sont conférées par le Sénat aux généraux en chef avec le triomphe ou Tovation : la couronne obsidionale (obsidionalis graminea}y par une armée ou une garnison — ou par le Sénat — au chef qui Va débloquée. Les autres couronnes sont décernées par les généraux à leurs subordonnes. Ce sont : 1* la couronne civique {civica - querna - ilignea)y à qui a sauvé un citoyen sur le champ de bataille; 2* la couronne murale [muralisj en or, à qui a le premier franchi la brèche; 3** la couronne vallaire {vallaris - castrensis) en or, à qui a le premier enfoncé les retranchements d*un camp ennemi ; V la couronne navale {navalis r.lassica - rostrata) en or, à qui est monté le premier à Tabordage; 5" enfin, des ronronnes d'or {aurem - gemmatse) sans épithcte, pour exploits divers.
j. Le triomphe {iriumphus - BpiaL\i.6oç) était un honneur décerné par le Sénat — ou exceptionnellement par le peuple — dans des conditions spécifiées par le droit augurai et les règlements militaires. Le droit augurai exigeait seulement que le candidat au triomphe eût combattu sous ses propres auspices et ne fût pas rentré dans Tenceinte du pomerium avant le jour du triomphe. Les règlements militaires \t)ulaient qu*il eût tué au moins 5000 ennemis dans une seule bataille, terminé la guerre — une guerre « juste », régulîèremcnt déclarée, non civile — et agrandi le territoire. A la fin de la République, le Sénat se contentait volontiers de déclarations non vérifiées. La loi Marcia Porcia (63) obligea les postulants au serment (Val. Max., H, 8, 1), ce qui n*empôcha pas Cicéron lui-même de briguer le triomphe en 50 pour de fort minces exploits. — L'Ovation {ovatio - ite^^^ç, êXccTTcov 6p{a(i6o() ou sacrifice d*une brebis {ovis) au Capitole était accordée aux généraux méritants qui ne remplissaient pas toutes les conditions requises pour le grand triomphe. — Les postulants éconduits suivaient parfois Texemple donné en 231 par le consul C. Papirius Maso (Plïn., XV, § 126. Val.
<:hap. 1. § 3| L'ARMÉE SOUS LA RÉPUBLIQUE -291
Le triomphe, complet ou restreint, n'était pas la seule récompense que pussent ambitionner les généraux en chef. Â défaut de cet honneur suprême, ils appréciaient le titre d'imperator, associé à leur nom par les acclamations de leurs soldats, ou les supplications votées en leur honneur par le Sénat. Enfin, il y avait quelque chose de plus rare, sinon de plus solennel, que le triomphé : c'était la consécration à Jupiter Férétrius des spolia opima enlevées par le chef romain au chef ennemi. On ne cite que trois généraux romains — dont un légendaire — qui se soient immortalisés de cette façon : Romulus, vainqueur d'Acron, roi des Cœniniens ; A. Cornélius Cossus, vainqueur en 437 du roi de Véïes Tolumnius; et enfin C. Claudius Marcellus, qui en 223 tua de sa main Viridomar, roi des Insubres. L'honneur des dépouilles opimes était accordé aussi, mais amoindri et avec un autre cérémonial^, à VotRcier (secunda spolia)^ ou même «lu simple soldat {tertia spolia), qui accomplissait l'exploit exigé, c'est-à-dire qui tuait de sa main le chef ennemi *.
La décadence des mœurs, plus forte que les règlements, se fit sentir 4le bonne heure dans la distribution de ces récompenses exceptionnelles, décernées par le Sénat ou le peuple. On vit triompher en 180 deux •ex-consuls qui n'avaient même pas fait la guerre^, et des vainqueurs de même trempe faire du vestibule de leur maison comme une succursale du temple de Jupiter Férétrien en l'ornant de dépouilles qu'ils étaient <:ensés avoir prises à l'ennemi ^.
* G. B. Hertsberg, De spoliis opimis quaesUo (Philologus, I [1846], p. 331-339).
Max., m, 6, 5) ; ils allaient triompher sans autorisation {sine publica auctoritate. Lvf.y XLII, 21) et à leurs Trais sur le mont Albain. — Le triomphe naval (naualis maritimus), célébré pour la première fois en 260 par C. Duilîus (Plin., XXXIV, ^ 20. Flor., I, 18), n*cst pas une espèce à part, mais une variété du grand triomphe. On -compte environ 320 triomphes de Romulus :i Vespasien, et 350 en tout. Les Fasti triumphales {C. /. L L, p. 453-461. 476-479. Ephem, Epigr., IV, p. 256-258) ne von» que jusqu*en 735 U. G. Sous TEmpire, il n*y eut qu*à remettre en vigueur les règles du droit augurai — souvent violées depuis le triomphe accordé par César à ses légats ^n AS — pour faire du triomphe un honneur réservé au prince, car tous les généraux de FEmpire sont des legaii Augusti et no combattent pas sous leurs propres auspices. Leur autorité leur vient du prince. Il est vrai quVn fait d^auspices, celui-ci n'en avait pas plus que ses légats. Les ornamenta ou insignia triumphalia furent bien vite discrédités par Tabus de cette décoration {pervulgatis triumphi insignibus. Tac, Ann.y XIII, 53).
1. D*après une loi attribuée à Numa, les deuxièmes dépouilles étaient consacrées À Mars, les troisièmes à Janus Quirinus (Fest., p. 186-189, s. v. Opima. Plut., Marc, y 8. Serv., /£n., VI, 860. Valère Maxime cite parmi les Romains qui ont tué des t'hcfs ennemis T. Manlius Torqualus, Valérius Corvinus et Scipion Émilien : sed quia sub alienis auspiciis rem gesseraniy spolia Jovi Feretrio iwn posuerunt consecranda (Val. Max., III, 2, 6).