LA RELIGION [Part, vi
toire qui, aux mains des . haruspices de basse condition, n'était plus qu'un métier*. Ce jour-là, le Sénat fit acte de naïveté s'il crut rendre obligatoire une instruction dont personne, à Rome, n'était capable de contrôler les résultats.
Au temps de Claude, la divination toscane était en pleine décadence. L'empereur, qui avait écrit un gros ouvrage sur les antiquités étrusques, .voulut la ramener aux vrais principes. Comme les Toscans étaient alors citoyens romains, il était possible de créer une corporation officielle d'haruspices. Claude institua donc un groupe de soixante haruspices brevetés qu'on appelle parfois un c collège ' », mais dont le titre officiel est ordo haruspicum Augustorum ^. L'ordre, constitué sans doute sur le modèle des anciennes écoles toscanes, avait à sa tête un haruspex moivimus *,
L'ordre des haruspices pouvait tout au plus aspirer à former une sorte d'aristocratie au milieu de la foule nombreuse des devins de bas étage qui se paraient du nom d'haruspices.^. Il ne joue aucun rôle dans l'histoire. 11 n'est même pas bien sûr que la clientèle privée ait attaché sa confiancfe au brevet imaginé par Claude, qui avait une certaine prédilection pour les réformes inutiles.
1. Senatus,.. decrevit ut de principum filiis sex singulis Etruri» populiê in disciplinam traderentur {Cic. y Divin., 1,41. Cf. Val. Max., 1, 1,1. Tac, Ann.t XI, 15). Les érudite ont discuté longtemps sur le sens de principes. Niebuhr entend par là les grandes familles romaines, et 0. MI^ller les grandes familles étrusques. L'interprétation littérale des textes appuie Topinion de Niebuhr ; ce que nous savons des faits donne plutôt gain de cause à 0. MOller.
2. Tac, Ann,, XI, 15. Le mot est impropre, car il est probable que Tordre ne jouissait pas du droit de cooptation et que le brevet (ordinatio) était délivré par l'empereur.