‹ Manuel des institutions romainesChapitre 71 sur 500 · Liv., XXVI · texte numérisé non relu

Liv., XXVI

Chap. *2, § 8]

DES MAGISTHATURES ORDINAIRES

1^ En prorogeant les pouvoirs d'un magistrat, sans discontinuité dans la fonction ;

2^ En conférant à un magistrat en exercice ou sortant de charge les pouvoirs d'une magistrature supérieure à la sienne^ ;

3"^ En donnant Vimperium à un simple particulier, qu'il eût ou non exercé antérieurement une magistrature.

De ces trois manières, la première, qui offrait moins de prise à l'arbitraire, n'était pas inoffensive; les deux autres, la dernière surtout, ouvraient la carrière toute grande aux ambitions malsaines. C'est de cette façon que Pompée put commander des armées et triompher deux fois sans avoir revêtu aucune magistrature; que, plus tard, il fut chargé de toute espèce de missions avec pouvoirs extraordinaires et à longue échéance, désignés sous le titre élastique d'imperium proconsulaire. Il faut remarquer, en effet que, si les magistratures sont annuelles, les promagistratures n'ont pas d'échéance fixe, à moins que l'acte qui les confère, loi ou sénatusconsulte, ne leur en ait assigné une. L'exemple de Pompée fut suivi par César, qui eut le temps, en huit années de proconsulat, de se faire une armée dévouée à sa personne et de préparer la ruine définitive du régime républicain.

Du reste, à partir de Sylla, qui avait transformé le consulat et la prélfure en magistratures urbaines, le commandement des armées et le gouvernement des provinces étaient exclusivement aux mains des promagistrats. Ceux-ci n'étaient plus les auxiliaires et les suppléants des magistrats, mais, en fait, les plus puissants et les mieux pourvus des fonctionnaires. Ce qui était jadis l'accessoire était devenu le principal, et on ne briguait plus les magistratures à Rome que pour bénéficier, dans Texercice d'une promagistrature, des démarches et des dépenses faites lors des élections. En 52, la loi Pompeia supprima la prorogation, qui rattachait encore par un lien extérieur tout au moins les promagistratures aux magistratures. En décidant que les promagistratures ne seraient plus données aux ex-magistrats que cinq ans après leur abdication*, elles constituaient celles-ci à l'état de fonctions autonomes, conférées à des particuliers sans intervention nouvelle du suffrage populaire. Le procédé que l'on considérait jusque-là comme une ressource exceptionnelle était érigé en règle, sans souci des objections insolubles tirées de la théorie des auspices. D'auspices, les nouveaux magistrats n'en avaient point. Cicéron le constate à plusieurs reprises ^, et Pompée, qui était augure lui-même, ne devait pas

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1. Les préteurs d*Espagne ont eu longtemps Vimperium proconsulaire. Un cas assez fréquent, c'est celui des questeurs de provinces faisant fonction de préteurs (Tpro pra&tore). Il y avait là combinaison d*une magistrature avec une promagistrature. On vit aussi des promagistratures doubles. En 58, Caton d*Utique, qui avait été questeur en 65, fut envoyé à Gypre comme proquesteur avec Vimperium prétorien : c'était un proquesteur-propréteur.

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