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CIRCULATION LYMPHATIQUE

Les vaisseaux lymphatiques naissent dans les lobules, par des gaines péri-capillaires. Cette disposition des gaines péri-vasculaires a fait penser à Toldt et à Zuckerkandl que la cellule hépatique ne tire pas seulement ses matériaux du sang directement, mais aussi de la lymphe. Les canalicules forment ensuite un réseau péri-lobulaire, qui finalement gagne les espaces portes et y rencontre des vaisseaux plus importants, que l'on retrouve facilement dans les coupes d'espaces portes en rapport avec les veines portes, artères hépatiques et nerfs. Les vaisseaux suivent ensuite toutes les divisions des espaces portes. Les réseaux lymphatiques du foie se drainent de deux côtés différents : les uns, nés des lobules périphériques, se portent vers la surface de la glande et cheminent sous le péritoine. Les autres, provenant de lobules plus profondément situés, accompagnent les branches de la veine porte et des veines sus-hépatiques, et émergent avec ces vaisseaux. Ce sont les collecteurs profonds.

Telle est tout au moins la description classique. Mais, d'après Géraudel, il semblerait bien démontré aujourd'hui « qu'il n'y a pas do gaine au manchon lymphatique entourant le capillaire hépatique et l'isolant de la travée cellulaire », de telle sorte que les vaisseaux nommés habituellement vaisseaux lymphatiques du foie, n'auraient rien à voir avec le foie proprement dit et dépendraient exclusivement des voies biliaires. C'est ce qui expliquerait, d'ailleurs, que l'adénopathie n'existe pas dans les inflammations de la glande hépatique

elle-même, alors qu'elle serait, au contraire, constante lorsque les voies biliaires sont atteintes.

En tout cas, il est facile de mettre en relief les lymphatiques des voies biliaires, par le procédé que conseille Géraudel: en injectant par la veine porte « une masse gélatineuse colorée. Si l'on a soin de lier la veine cave inférieure, en aval des veines sus-hépatiques, la masse gélatineuse filtre à travers les parois et remplit les cavités lymphatiques qui contiennent alors de la gélatine incolore, tandis que les vaisseaux sanguins sont injectés par la masse colorée » . On distingue ainsi des lymphatiques profonds et superficiels.

10 Les LYMPHATIQUES SUPERFICIELS forment un réseau de capillaires, se croisant avec le réseau capillaire artériel ; mais en général, les capillaires lymphatiques sont plus larges, et présentent des nodosités au niveau des anastomoses. Les collecteurs qui en partent forment à la face supérieure du foie deux groupes postérieurs, tributaires des ganglions cœliaques et aussi de ceux qui entourent le segment thoracique de la veine cave inférieure.

Les groupes antérieurs et supérieurs naissent autour de l'insertion du ligament suspenseur et gagnent, par ce ligament, soit la région péricave, soit le diaphragme qu'ils traversent. A la face inférieure existent aussi plusieurs groupes de collecteurs superficiels qui se terminent, pour la plus grande partie, aux ganghons du hile. Ces connexions des collecteurs superficiels permettent facilement de comprendre les rapports pathologiques intimes du foie avec les organes voisins, en particulier avec la plèvre.

2° LYMPHATIQUES PROFONDS. — Ils sc présentent sur une coupe transversale de l'espace porte, comme formant une couronne autour des voies biUaires. Ces lymphatiques aboutissent au hile du foie où ils se terminent dans des ganglions situés à ce niveau. D'après Teichmann et Géraudel, contrairement à l'opinion classique, il n'y aurait pas de collecteurs lymphatiques accompagnant les veines sus-hépatiques. En tout cas, les collecteurs profonds aboutissent tous aux ganghons du hile qui forment, d'après Cunéo, deux groupes distincts : l'un suit l'artère hépatique, et ce groupe émet une chaîne secondaire satellite de la gastro-épiploïque droite, chaîne comprenant un groupe ganglionnaire important, sous- et quelquefois aussi rétro-pylorique. A ce groupe aboutissent aussi les lymphatiques de la partie inférieure de l'estomac et de la partie supérieure du grand épiploon. Cette disposition anatomique explique, mieux peut-être que les connexions sanguines, la fréquence des localisations cancéreuses secondaires du foie, au cours du cancer de l'estomac.

La seconde chaîne ganglionnaire, qui draine les lymphatiques du hile, suit le cystique et le cholédoque. Elle comporte un nombre de

ganglions variables, mais il en est un assez constant, d'après Quénu, au confluent du canal cystique et du canal hépatique. C'est ce gan-

Fig. 52. — Coupe pt'aliquée à travers une galerie glissonienne chez le lapin (Géraudel). — Une injection de g(5latine au bleu soluble de Ranvier, a été poussée dans la veine porte. La niasse à injection a rempli la veine porte V et par voie rétrograde les veines biliaires d, v, qui forment couronne au bourgeon biliaire B. — La gélatine a filtré sous pression au niveau des capillaires et, débarrassée du pigment bleu, a rempli les lymphatiques l, l, qui forment une seconde couronne péribiliaire, extérieure à la couronne veineuse.

glion qui, lorsqu'il s'hypertrophie, pourrait devenir susceptible de gêner la circulation biliaire.

Les deux chaînes ganglionnaires issues du foie aboutissent, comme les lymphatiques de tout l'appareil digestif, aux groupes ganglionnaires préaortiques rehés eux-mêmes, directement ou indirectement, à la citerne de Pecquet.

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