Taille vagino-vésicale
Le procédé de M. Clémot est le seul qui convienne pour cette méthode. U s’exécute de la manière suivante : la malade étant placée comme à l’ordinaire, on introduit dans la vessie mie sonde cannelée solide, dont on dirige eu bas la cannelure, et on la fait tenir par un aide. On porte dans le vagin un gorgeret de bois analogue à celui dont on fait usage dans l’opération de la fistule à l’anus. On appuie ces deux instrumens l’un sur l’autre, en leur faisant faire un angle à la hauteur à laquelle on veut faire l’incision du vagin. On confie de nouveau le cathéter à l’aide J on saisit avec la main gauche le manche du gorgeret que l’on abaisse vers l’anus afin d’éloigner la paroi postérieure du conduit vulvo-utérin ; puis, tenant de l’autre main un bistouri droit, on le porte comme une plume à écrire dans la cannelme du cathéter, et on fait d’avant en arrière, aux membranes vagino-vésicales, une incision suffisante pour laisser sortir le calcul. Le gorgeret retiré , on introduit le doigt dans la plaie, afin de reconnaître l’étepdue de la plaie, et on saisit le calcul avec des tenettes.
MANUEL
Tamponnement des fosses nasales.
On a recours au tamponnement des fosses nasales dans le cas d épistaxis rebelle. A cet effet, on prépare un bourdonnet de charpie assez gros poui' boucher exactement l’ouverture postérieure de cette cavité. D doit être traversé du côté qui sera tiré en avant, par un fil ciré, très-fort et double, tandis qu’im lîl simple sera attaché au coté opposé. Le malade étant assis et tourné vers le jour, le chirurgien introduit dans la narine une sonde de Belloc, le long du pbmcher de la fosse nasale. Lorsque l’instrument est parvenu dans le pharynx, il pousse le stylet, et a mesure qu’il l’enfonce, le ressort se déploie sous le voUe du palais, et vient présenter son bouton dans la cavité buccale. Ce bouton étant saisi et amené . au dehors, on y attache le fil double ; on fait rentrer le ressort dans la canule, et, en retirant celle-ci, on fait sortir le fil par la narine. On saisit alors ce fil, et tandis cpi’on le retire de deiTière en devant, les doigts indicateur et médius gauches diligent la marche du bourdonne! , et l’appliquent convenablement contre l’ouverture postérieure de la fosse nasale. Cela fait, on écarte les deux chefs du fil double , et on place entre eux un second bourdonne! qui bouche hermétiquement l’ouverture antérieure de la narine , et sur lequel on fixe les chefs par deux nœuds simples.
Lorsqu’au bout de quatre ou cinq jours on veut enlever le tamponnement, on coupe les nœuds qui retiennent le bourdonnet antérieur, et, après avoir ôté ce bourdonne!, on ramène par la bouche celui qui est en arriéré , au moyen du fil simple.
Au défaut de la sonde de Belloc, on peut se servir d’une sonde de gomme élastique, ou d’une tige de baleine que
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l’on introduit de la même manière par une narine , et qu’on saisit avec des pinces dans le pharynx, poiu’ la faire sortir par la bouche.
Du trépan.
Lorsque le cerveau est comprime' soit par du pus, soit par du sang, soit par des pièces d’os que l’on ne peut relever, l’operation du trépan est l’imiquc moyen de sauver la vie au malade.
Le trépan ne peut être indifFéremment appliqué sur toutes les parties du crâne. On doit l’éloigner des sutures, du trajet des sinus, de la partie moyenne inférieure du front , de l’angle antérieur et inférieur du pariétal. Cependant il n’est aucun de ces points où l’on ne pût opérer dans le cas de nécessité absolue.
Avant de procéder à l’opération , on doit préparer un appareil qui comprend, un trépan complet; un morceau de toile très-fine taillé en rond, mi peu plus grand que l’ouvertiu’e qu’on se propose de faire au crâne; de la charpie, des compresses, une longue bande ou un mouchoir plié en triangle. U faut aussi avoir ime brosse et un cure-dent pour nettoyer la couronne. Toutes ces choses étant disposées, on fait coucher le malade sur le côté opposé à celui sur lequel on va opérer , la tête appuyée sur des oreillers , et bien assujétie par des aides. Après avoir rasé la tête, on met à découvert la portion du crâne sur laquelle on doit trépaner , soit en agrandissant la plaie , s’il y en a une , soit en faisant aux tégumens une incision cruciale ou une incision en T, dont on dissèque les lambeaux, en ayant soin de détacher le péricrâne en même temps que les autres parties molles. S’il en restait quelque portion adhérente à l’os, on la séparerait des lambeaux, et on la
manuel
détacherait avec la rugine. L’os étant Lien dénudé , on couvre les lambeaux relevés avec de petites bandelettes de linge, afin de les garantir de l’action des instrumens. Le ebirmgien prend alors la couronne dont il a fait choix, observant qu’elle soit armée de sa pyramide; il la porte sur l’endroit où il veut exécuter la térébration, et tourne deux ou trois fois cette couroime , de manière que la pyramide fasse un petit trou qui marque le point où le trépan perforatif doit être porté. Cela fait, il monte cette pièce du trépan sur son arbre, prend rinslruraent dé la main droite comme une plume à écrire, et place la pointe du perforatif dans le trou qu’il vient d’ébaucher avec la pyramide. Redressant ensuite le trépan pour lui donner une direction pcipcndiculairc à la surface de l’os, il forme avec le pouce et l’indicateur de la main gauche, appbqucs sm- la pomme qui le termine en haut, ime espèce de cerceau dans lequel il appuie le front ou le menton ; il saisit avec le pouce et les deux doigts suivans de la main droite la petite pomme qui est au mibeu de l’arbre, et fait faire à l’instrument plusiems tours de droite à gauche, jusqu’à ce que le perforatif ait fait un trou assez profond pour recevoir la pyramide. Alors il ôte l’instrument, monte sur l’arbre la couronne dont il s’est servi d’abord , et la reporte sur le crâne, de manière à ce que la pyramide soit reçue dans le trou qui vient d’être fait. Le trépan étant tenu et assujéli comme précédemment, le praticien le tourne d’abord très-doucement, ensuite plus vite, sans l’incliner d’aucun côté , et sans trop appuyer sur le pommeau. Lorsque la couronne a fait une rainure circulaire assez profonde pour s’y maintenir, sans le secours de lapjTamide, on dévisse celle-ci avec la clef destinée a cet usage, on replace la couroime , et on la fait tourner dans le meme
rcns. Il est indispensable d’interrompre fréquemment l’opération pour examiner si la section est partout également avancée, tandis qu’un aide enlève avec la brosse ou le cure-dent la sciure qui est engagée entre les dents de la couronne^ Des que l’on s’aperçoit que la plus grande partie de l’épaisseur de l’os est sciée, on procède avec beaucoup de lenteur, et on n’appuie que très-légèrement. Enfin, quand la pièce est devenue mobile sur presque tous les points, on l’cidève avec une spatule qu’on fait agir comme im lévier du premier genre. Cette pièce d’os enlevée, on coupe avec le couteau lenticulaüe les petites aspérités qui peuvent exister à la circonférence de l’ouverture; on relève les esquilles et les fiagmens enfoncés; on favorise la sortie du fluide épanché , soit en donnant à la tête une position favorable , soit en faisant une incision cruciale à la dure-mère soulevée par les liquides, soit en plongeant le bistomi dans la substance du cerveau. Si l’épanchement, trop considérable, ne peut être évacué par ime seule ouverture, on en pratique une autre à une distance convenable.
L’opération terminée , on place sur l’ouverture faite par le trépan le morceau de toile fine, nommé sindon, sans l’engager entre la dure-mère et les os du crâne ; on la recouvre de charpie, et de compresses que l’on fixe par des tours de bande ou par le mouchoir en triangle. Le malade sera ensuite placé dans une position favorable à l’écoulement des humeurs.
Trichiasis.
Le trichiasis se présente sous deux formes distinctes : dans l’une, les cils sont renversés en anière pendant que
a34 MANUEL DES OpÉbATIONS CHIRURGICALES, le cartilage tarse conserve sa direction naturelle -, dans l’autre, il y a inclinaison vicieuse du tarse, et par conséquent des cils contre le globe oculaire.
La première variété de la maladie , très-rare , n’affecte jamais que quelques cils. On y remédie efficacement en arrachant les poils déviés à l’aide de pinces à dissection, et en cautérisant ensuite leur bulbe avec le nitrate d’argent fondu , taiUé en manière de crayon. Cette cautérisation doit être répétée un certain nombre de fois, à quelques jours d’intervalle, jusqu’à ce que les cils soient complètement détruits.
La seconde espèce de trichiasis exige que l’on emporte un lambeau elliptique des tégumens près du bord libre de la paupière. Cette opération, d’une exécution facile, se pratique de la manière suivante : le malade étant assis, si c’est mi adulte , ou bien étendu sur une table d’une hauteur convenable, si c’est un enfant, la tête soutenue par nn aide placé derrière lui, le chirurgien fait avec les extrémités du pouce et de l’indicatenr de la main gauche , un pli aux tégumens de la paupière , au niveau de la portion du tarse qui est renversée et très-près de ce cartilage. Ce pli étant relevé autant qu’il le faut pour que le cartilage tarse se renverse convenablement en dehors , l’opérateur, ayant la main droite armée de ciseaux courbes sur leur plat, excise d’un seul trait la portion de peau soulevée. Cela fait, on rapproche les lèvres de la plaie, et on les maintient avec des bandelettes agglutinatives; on place une petite compresse sm le somcil, une autre sur la région de la pommette, et on maintient le tout avec le bandage coimu sous le nom de monocle.