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L’Hisroie de l’Église, depuis les premiers siècles jusqu’à nos jours, présente à celui qui l’étudie bien des faits remarquables, bien des choses étonnantes et dignes d’admiration. Rien pourtant n’y doit faire davantage le sujet de nos remarques et l’objet de nos consolations, que la manière toute spéciale dont nous voyons Dieu veiller sur son Eglise et sur les peuples qui en suivent la doctrine. Car à chaque nouveau danger, à chaque lutte nouvelle, à chaque erreur ou impiété naissante, on voit que Dieu a suscité, au sein de son peuple, des hommes aux fortes convictions et aux profondes pensées, qui, soit par leurs écrits, soit par leurs paroles, n’ont pas craint d’affronter ces périls, de combattre le combat de l'Eglise, et de ramener courageusement dans la voie droite les fidèles qui s’en étaient écartés un instant.
Ce que Dieu a fait autrefois, il le renouvelle aujourd’hui. Aux sophismes et prétensions des érudits de l’ancienne Rome, à une philosophie altière et insolente, et plus iard au génie d’un moine. perverti et hérésiarque, l’Eglise protégée d’en haut a pu avec confiance opposer un Paul, des Grégoire, des Chrysostome, et finalement l’immortel Bossuet. De nos jours, pour les grands maux de l’époque, il s’est trouvé encore dans l'Eglise de puissants remèdes. Des Lacor-
daire, des Ravignan, des Mathieu ont paru comme par enchanteiment, et devant eux, et sous le coup de leurs fortes paroles l’ennemi a dû succomber ou du moins s’avouer vaincu. Il en est de même parmi nous,
Le sort des armes avait fait passer le Canada sous la domination anglaise. Les Canadiens peu nombreux pouvaient eraindre dès lors pour leurs Tnstitutions, pour leur Langue, pour leur Religion; mais on veil- Jait là haut. Trois quarts de siècle après, ce petit peuple a grandi, il compte plus d’un demi million d'hommes; sa langue et ses mœurs ne périront pas. Mais un danger plus grand le menace: cette fois, il ne s’agit plus d’anglification ; c’est le chancre de l’Intempérance qui le dévore, et qui, en lui ravissant la dignité de l’homme raisonnable, tend à lui faire perdre sa foi religieuse. Devant un si grand mal, les moyens humains semblent faibles, inutiles, impuissants. Personne ne se sent la force de l’affronter, et c’en est fait de nous si la Providence ne vient encore au secours de son peuple. Mais l’œil de Dieu est aussi vigilant, Ja miséricorde de Dieu est aussi grande, les ressources de Dieu sont aussi étendues que jamais. Pour ce chancre hideux, pour ce cancer infect, pour cette plaie dégoûtante, le ciel nous réserve un grand médecin ; et... desseins adorables !.. c’est au milieu de nous qu’il le trouvera, c’est au sein même du pauvre peuple qu’il viendra le chercher. Ille nommera son Envoyé, son Représentant, son Messager de Paix ; et les hommes l’appelleront le Prêtre du Seigneur, lApôtre de la Tempérance, le RÉVÉREND PÈRE CHINIQUY.
M. Chiniquy est né à Kamouraska, District de Québec, le 30 Juillet 1809 ; ila quarante ans. Ilreçut au Baptême le nom de Charles, qui était aussi celui de son père, Notaire du même endroit. Dès l’àge de douze ans, il dut quitter les joies et les douceurs
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du toit paternel, pour aller à plus de 60 lieues, à Nicolet, recevoir son éducation collégiale. Il s’y fit bientôt remarquer par sa piété et ses succès; mais la Providence lui ména geait de suite une bien rude épreuve: Personne ne saurait mieux en parler que M. Chiniquy lui-même, qui, bien des années après, ne fit que se convaincre davantage que la reconnaissance l’empêchait de céler plus longtemps cette circonstance de sa vie. Il la racontait donc comme suit, il n’y a que quelques mois, devant une nombreuse assemblée des citoyens de Longueuil ;
“Ily a 24 ans, un enfant de 14 ans disait à ca bonne et pauvre mère éplorée un adieu qui pouvait être éternel. Forcé de quitter le collëge faute de ressources pour continuer ses études, il entreprenait un voyage de 300 lieues pour aller gagner sa vie, chercher les moyens d’être un jour utile à son pays. L’âme de ce pauvre enfant était navrée de douleur, et chaque pas qui l’éloignait des lieux et des personnes chers à son enfance était comme un dard qui lui perçait le cœur. Cet enfant n’avait pour toute fortune qu’un désir ardent de s’instruire. Il marchait seul dans cette route si longue de l’exil ; et, pendant que des larmes brulantes coulaient sur ses joues, il priait le Dieu des orphelins d’avoir pitié de lui et d’envoyer son Ange pour l’accompagner. Sa prière etses larmes furent exaucées. Sur la route, il est arrêté par un jeune prêtre, qui avait été son premier maître au Collége. Mon enfant, lui dit ce digne ministre du Dieu de “ Charité, je sais les malheureuses circonstances de ‘“ famille qui vous font interrompre vos études; “ mais voilà que deux de vos amis, qui ne veulent ‘ pas être connus, ont mis ensemble leurs petites res- ‘“ sources pour payer votre pension ; retournez donc au & Collége.”’—Vous aimerez sans doute, Messieurs, à connaître le nom de ce pauvre enfant si malheureux et si heureux tout à la fois ? Je vais vous ie dire: Cet enfant, c’est moi ! Et je vous dirai qu’ivre de joie, lors-
que je repris le chemin du Collège, je formai dans mon cœur d’ardents désirs de connaître les noms de . ces deux anges tutélaires qui me tendaient la main, au moment où des dragons, plus dangereux que le poisson monstrueux qui allait dévorer Tobie, pou: vaient m’arrêter à chaque pas et briser mon avenir. J’ai eu enfin le bonheur d’être exaucé ; et je viens vous révéler les noms de ces généreux et modestes bienfaiteurs, afin que vous vous joigniez à moi pour les aimer et les bénir, Le premier est déjà au Ciel ; son nom est Joseph Onésime Leprohon, alors Directeur du Collége de Nicolet. Le second de ces anges tuan est M. Louis Moïse Brassard, aujourd’hui votre uré !
M. Chiniquy put ainsi reprendre son cours d’études, qu’il termina avec succès en 1829, et durant lequel il ne cessa de se signaler par sa douceur et ses excellents principes religieux. Aussi, en 1844, un journaliste traçait-il les lignes suivantes à l’occasion de la publi: cation du Manuel! de Tempérance: “ M. Chiniquy ne ‘“ fait là que couronner son apostolat de Tempérance, ‘ avec la sainte et ardente ambition de caractère “ dont il donnait déjà de visibles preuves dans sa vie “ de collége, où nous avons si longtemps été témoin “ de sa piété d’enfant, quand il était le modèle de ‘ tous ses compagnons qui l’avaient surnommé le % Louis- Gonzague de Nicolet.” (1)
Avec une piété et des inclinations aussi remarquables, il n’est pas étonnant qu’il ait embrassé l’état ecclésiastique. C'était d’ailleurs pour lui en quelque sorte un moyen de témoigner sa reconnaissance à Dieu qui semblait avoir présidé d’une manière si spéciale à son éducation. Aussi, après ses quatre années de théologie, le voyons-nous entrer avec joie parmi les prêtres du sanctuaire, et devenir, pour nous servir de
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l'expression si énergique d’un de nos prédicateurs, comme le chien de la maison de Dieu. Cette dénomination n’a rien que de raisonnable ; car, selon l’appellation même des saintes écritures, ‘le Prêtre catholique est un de ces anges que le Seigneur a preposés à la garde d’unroyaume, d’une contrée, d’une ville, le Dieu tutéhaire, la sentinelle avancée placée aux avant-yostes du salut, le père spécial d’une portion de l’héritage du Christ, l’ami-né de tous les infortunés, le conducteur de tant d’aveugles, la providence visible de tout ce qui souffre, de tout ce qui gémit ici-bas.”?
Dès ce moment, commence pour l’abbé Chiniquy sa vie réelle de travaux et de lubeurs. Il y débute par le vicariat de St. Charles, Rivière Boyer, sons la direction et les soins spéciaux du vénérable M. Perrus, Curé de cette Paroisse. L’année suivante (1834), il est transféré au vicariat si laborieux et si pénible de St. Roch de Québec, où nous le voyons tour-à-tour offrir les consolations de son ministère de charité aux :nfortunés cholériques de la paroisse de Charlesbourg et aux nombreux malades de |’ Hopital de la Marine. Les: soins empressés qu’il portait ainsi avec ses confrères dans le sacerdoce aux pauvres malheureux, dont les plaies dégoûtantes et le mai contagieux ne pouvaient ralentir son zèle et son assiduité, étaieut bien propres à rappeler à chacun l’éloge fait du clergé par un publiciste français, qui n’hésitait pas à proclamer que “le
| clergé est la plus imposante de nos institutions, ?”?
C’est ainsi que M. Chiniquy préludait aux travaux plus longs, plus nombreux et lus laborieux encore, que devait luiimposer sa mission d’Apôtre de la Tempérance. Ajoutons que, durant tout ce temps, le jeune Prêtre nourrissait au fond de son cœur la pensée, qui Pavait frappé dès son plusjeune âge, du moyen de retirer ses compatriotes de l’abîme de maux où les précipitait sans cesse l’Intempérance. Ce moyen il crut avec raison l’avoir trouvé au moment où, en 1838, ses
uns
supérieurs ecclésiastiques lui confiaient l’importante Cure de Beauport. Il pensa qu’il ne pouvait mieux faire que de commencer, au milieu de son nouveau troupeau, une sainte croisade contre l’Ivrognerie, dont les affreux résultats n’étaient que trop visibles. C’était aussi dans ce but que, l’année précédente, il avait suivi à Québec un cours régulier d’anatomie qu’il
|! compléta en 1840,
Il se mit donc énergiquement à l’œuvre, malgré les préjugés nombreux et les obstacles presque insurmontables qu’il ne rencontra que trop souvent. Ses peines ne furent pas inutiles. Dieu bénit ses travaux entrepris pour le seul bien moral et matériel de ses compatriotes. À peine en effet quelques mois s’étaient-ils écoulés, que déjà la religieuse ct intelligente population de Beauport accourait en masse autour Ce son digne pasteur, et promettait devant Dieu et devant les hommes de s'abstenir de toute boisson forte. Ce résultat magnifique et presque incroyable, quand on considère la force d’une habitude enracinée, devait être bientôt (1841) récompensé et béni de la main même d’un pieux et saint Pontife.
L’Evêque de Nancy, ce Prélat-missionnaire dont la mémoire est si chère au cœur des Canadiens, venait d'arriver parmi nous. Dans ses longues et pénibles missions d'Amérique, il 1’avait pas oublié l’ancienne colonie de la France, colonie qui, plus heureuse que sa Métropole, avait conservé paisiblement la foi de ses pères. [Il voulait adresser lui-même la parole sainte à ce peuple privilégié, de l’hospitalité et de la foi duquel il parla plus tard avec tant d’éloges et de bonheur, Il arriva donc, et de suite son adhésion fut acquise à la belle cause de la Tempérance. Il entrevoyait dès ce moment le bien immense qu'était appelé à faire l’humble Curé de Beauport ; et il l’encouragea dans son œuvre, et il le seconda puissamment dans sa mission, et ia Colonne de Beauport est là pour
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Cette espèce de consécration de l’œuvre de la Tempérance ne contribua pas peu à sa réussite. Toute la Côte de Beaupré et bon nombre de paroisses au sud du fleuve arborèrent le même étendard que les habitants de Beauport, et appelèrent M. l’abbé Chiniquy à planter au milieu d’elles arbre de la Tempérance. Il n’y eût pas jusqu au vénérable Evêque actuel de Montréal qui n’invitât spécialement l’Apôtre”de la Tempérance à venir se fixer dans son Diocèse pour y prêcher sa croisade si sainte et si patriotique. its la Providence en décida autrement.
M. Chiniquy, aprèsavoir administré pendant quatre ans et avec tant de succès la Cure de Beauport, fut envoyé à celle de Kamouraska, son lieu natal. Ce changement de localité ne lui fit pas perdre de vue le but de sa mission, et, dès son arrivée dans sa nouvelle Paroisse, le jeune prêtre reprit le cours de ses instructions de Tempérance, fondu une association pour le méême objet, et, durant les quatre années qu’il eut la charge de cette cure, il convertit à la sobriété au delà de vingt Paroisses doni les Pasteurs l’avaient prié d’y annoncer l’heureuse nouvelie de la Tempérance. Mais des demandes semblables arrivaient si nombreuses et d’une si grande variété d’endroits que, malgré tout son zèle et son patriotisme, M. Chiniquy vit qu’il lui était impossible de s’y rendre tant qu'il desservirait Kamouraska. Il savait en effet que, comme curé, il avait entre ses mains les destinées éternelles de son troupeau, qu’il en était responsable à Dieu. Aussi, sentit-il de suite que sa, mission d’Apôtre de la Tempérance exigeait qu’il se retirât de l’administration d’une Cure. Il offrit donc sa démission à son Evêque qui l’accenta, et il partit pour le noviciat des Pères Oblats à Longueuil. Il quittait ainsi la position si honorable et si consolante de curé, et, comme disait Rous-
sean, ce qu’il y a de plus beau duns le monde,” pour se | m0 é vouer à Ja vie errante, si luborieuse et si pénible du | (ner :
missionnaire. Mais sa résolution était prise. er çois Xa
A Longueuil, il demeura quatorze mois, afin d’ÿfS0rur à r \ s Atriotes,
retremper son âme dans la solitude, méditer davan-|
tage le sujet qui devait être l'occupation de sa vie, [voulu : approfondir encore ses études religieuses, et obtenir 18° nde de Dieu les forces nécessaires pour accomplir son | œuvre, sur laquelle il le priait de répandre ses plus] Pour
abondantes bénédictions. que, du jchaque
ivobr, de rance, des tér bonheu royait hilant| Da prem ontles
Cette longue retraite terminée, le Père Chiniquyÿ voulut faire l’essai de ses forces appuyées de la grâce si puissante d’en haut ; et comme pour témoigner sa reconnaissance à son protecteur le Rév. M. Brassard, c’est par la paroisse de Longueuil qu’il commencera son apostolat dans le Diocèse de Montréal, et ses prédications seront suivies de la conversion à la Tempérance des 2300 habitants de cette religieuse Paroisse.| Varennes, Boucherville, Chambly et Laprairie l’ap-f LE pelleront alors à grands cris, et cédant à la conviction£" ” pu inspirée par ses chaleureuses improvisations, elles imi-fPPrés, | teront Longueuil, et la grande œuvre comptera 10,000F*$ ac nouveaux défenseurs.
Des t sUCCÉS « onstitu et muni orts de
Nous ne suivrons pas M. Chiniauy dans toutes ses pérégrinations, dans toutes ses courses évangéliques, dans tous ses immenses succès. Qu'il nous suffise de dire que, dans le court espace de 18 inois, il a parcou-
ru 120 paroisses, pronencé au moins 500 discours, se converti à la Tempérance au delà de 200,000 per-pu ts Fr} U e
sonnes! (C’est là un succès prodigieux et presque inouï. Il nous rappelle les triomphes de St. Frunçois Xavier sur l’infidélité. Ce grand saint écrivait enp effet: “ J’espère, cette année, faire pour ma part jus- “ qu’à cent miile chrétiens !”’ Qu'on n’aille pasf” : ‘ croire pour cela que nous voulions égaler l’Apôtre delf° J018n la Tempérance à l’Apôtre des Gentils, Telle n’a ja-ft P'êse
inion e 1e peuf nulée Tem
de, pour se | mais été notre pensée, et d’ailleurs on peut être bien e cher : l'Eglise et bien cher à son pays, et demeurer si pénible du | dE endont d bee de dé pe id encore bien endeçà des mérites du grand saint Fran- , çois Xavier. Nous avons seulement voulu faire ressortir toute la miséricorde de Dieu enveiïs nos compatriotes, afin qu’ils connûssent instrument dont il a voulu se servir et qu’il a comme préparé pour cetto gre nde régénération.
sois, afin d’ÿ diter davann de sa vie, s, et obtenir!
complir son idre ses plus
Pour compléter la suite des faits, nous devons ajouter que, durant tout ce temps, après chaque retraite, après ichaque mission, le Père Chiniquy n’a cessé de recevèr, de la reconnaissance des associés à la Tempérance, des adresses de félicitations et plusieurs fois des témoignages éclatants de leur estime et de leur bonheur. De son côté, l’Apôtre de la Tempérance ne royait pas faire encore assez pour avancer son œuvre hilanthropique, et dès 1844 rous le voyons publier da première édition de sen .Manuel de Tempérance, Hont les 4000 exemplaires furent placés en moins de six Lois. Une seconde édition devenait donc nécessaire ; I. Chiniquy l’entreprit er 1847, et, dix-huit mois après, les 6000 exemplaires avaient déjà tous trouvé , des acheteurs.
re Chiniquÿ | es de la grâce témoigner sa M. Brassard, commencera al, et ses prén à la Tempéuse Paroisse.
aprairie l’ap-| la conviction ns, elles imimptera 10,000
Des travaux si constants et si bien couronnés de succès durent attirer l’attention spéciale des autorités onstituées. Aussi vit-on juges et jurés, co:porations et municipalités rivaliser de zèle pour seconder les eforts de l’Apôtre de la sobriété. jusqu’à ce qu’enfin la égislature, pressée par les requêtes d’un grand ombre de citoyens, crut devoir faire quelque chose | dans le même sens Espérons qu’à sa prochaine ré- 1 inion elle complètera ses travaux sur ce point. Elle be peut reculer devant l’opinion du pays, si bien foraulée ians la manifestation des 18,000 associés de. Tempérance à Montréal, qui, le 15 Juillet dernier, e Juignirent à tous ceux de la Paroisse de Longueuil t présentèrent à M.Chiniquy une médaille d’or, com-
évangéliques, ous suffise de is, il a parcou- 500 discours, 200,000 per- 1x et presque e St. François t écrivait en£
me témoignage de leur reconnaissance et en même temps comme protèt contre l’usage des boissons eni- { 1 de cœu {suis pa { déclin
vrantes.
Si nous ne devions nous renfermer dansles bornes étroites qui nous sont prescrites, nous présenterions
maintenant M. l’abbé Chiniquy, dans la chaire de!
vérité, aux prises avec son ennemi l’Intempérance ; ou plutôt, reproduisant quelques extraits de ses discours, nous le montrerions, lorsque, l’onction de Dieu
sur les lèvres, il déroule le tableau des misères que] l’homme s’impose par l’ivrognerie en sus du travail]
auquel il a été condamné en expiation de la première faute de ses pères. Mais l’espace nous manque. Con-
tentons-nous de dire que M. Chiniquy ne s’appliquel
pas tant à faire de belles phrases et de rondes périodes, qu’à faire passer au cœur de ses auditeurs la conviction ferme qui se trouve an fond du sien avec
éprouv cetter
‘ Père ‘ qui v ‘ cœur qu’il se sait cor
un désintéressement et une charité immense ; et ill
y réussit si bien que chacun de ses discours est un succès, un triomphe.
En terminant, nous devons exprimer l’espoir que l’homme providentiel, qui a pris en main dans la Tempérance lacause de l’Eglise et de l’humanité, nous soit longtemps conservé, pour jouir de son succès et affermir dans le bien ceux qu’il a ravis à l’Intempé rance. Nous devons le prier en même temps de nous pardonner si nos éloges ont pu blesser sa modestie et son cœur de prêtre. Nous avons pensé que ce quo nous ressentions profondément ne pouvait revêtir un forme plus humble. Notre bonne intention sera au près de lui notre excuse ; et il ne nous refvsera pas alors de terminer lui-même cette notice par un extrait d’une de ses lettres, dans laquelle il nous raconte sor entrevue récente avec son illustre devancier :
‘ Jai eu le bonheur, dit-il, de rencontrer le Pèrë
Mathieu à Boston. Je ne vous dirai pas ce que j'a
éprouvé, lorsque j’ai pu presser contre mes lèvres cette main qui a essuyé tant de larmes, consolé tant { de cœurs, donné du pain à tant de malheureux ; je n’en jsuis pas capable... En abordant, je n’ai pas voulu lui je net pres nom ; je me suis contenté de lui dire : : re Mathieu, voici un de vos disciples du Canada, sam vient réchauffer son cœur de Prêtre contre votre
cœur d’Apôtre!*? Je n'avais pas fini de parler qu’il se jetait entre mes bras, me nommait, et me pressait contre son cœur avec la bonté, la tendresse d’un père... Le père Mathieu a environ 60 ans ; mais, si ce n’était sa belle chevelure qui commence à blanchir on ne lui en donnerait pas 40, tant sa figure est fraiche et radieuse de vie. Le regard du Père Mathieu est plein de douceur et de suavité. Il a sur ses lèvres le sourire gracieux q'ie les pcintres donnent aux anges que Dieu envoie comme messagers de paix sur la terre. Il parle peu et l’on voit que la paralysie, dont il a été frappé il y a deux ans, gène encore chez lui les organes de la voix ; mais ce qu’il dit est plein d’àpropos et de gracieuseté. En un mot, tout dans le Père Mathieu dénote le vrai gentilhomme Chrétien et le bon Prêtre. Sa mission aux Etats-Unis est appelée à faire faire un pas immense au Catholicisme...Il m'a promis de venir en Canada l’été prochain, et nul doute que son passage parmi nous ne soit accompagué des plus abondantes bénédictions.”?
et en même!
boissons eni- À
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tempérance ; s de ses distion de Dieu | misères que) us du travail] e Ja première janque. Conne s’applique] e rondes pés auditeurs la du sien avec mense ; etil ars est un SUC-
r l’espoir que main dans la e l’humanité, de son succès s à l’Intempé emps de nous sa modestie et sé que ce qué Ait revêtir un tion sera au is refusera pas par un extrait us raconte soi ncier :
Hector L. LaAncsvin.
Montréal, 1er Décembre 1849,
ontrer le Per pas ce que j'ai
NOGIERE<- AVIS.
Le soussigné a acquis du Révérend Mr. Chiniquy la propriété de son ManuEL DE T'EMPÉRANCE, et il en
est actuellement le seul propriétaire. ‘Ila cru que les| progrès rapides de la Tempérance en Canada exi-! geaient une nouvelle édition du Manuel, et il la pré-
sente aujourd’hui au public, avec l'espoir de recevoir de celui-ci un accueil bienveillant.