ÉPITRE DÉDICATOIRE
te il ne s'amuse pas à considérer si les sons, qui ont frappé son oreille, sont aigres ou suaves ; il détourne son chemin, en bénissant la Providence qui a protégé ses jours.
Jeunes amis, la religion et la patrie ont également à. souffrir des boissons fortes ; elles versent également des larmes sur les milliers de leurs enfans que ces détestables et dévorantes liqueurs entraînent, tous les jours, dans l’abîme de tous les maux.
Regardez autour de vous : en mille endroits, vous verrez que la boisson a passé comme la foudre, a ravagé comme l’incendie. Ce n’est pas seulement sur quelques points de notre malheureux pays, c'est partout : non seulement dans l’enceinte de nos villes, mais au mili eu de nombre de nos campagnes ; non seulement dans les classes les plus humbles, mais encore dans les rangs les plus élevés de la sociéié; c’est enfin au sein de mille familles qu’elle porte la désolation, qu’elle engendre le déshonneur et le crime !
Tl est peu de Canadiens qui puissent dire que parmi leurs parens ou leurs amis les plus chers, il ne se trouve personne que la boisson ait ruiné, flétri, dégradé !
Si ce funeste cl redoutable ennemi de votre bonheur ne vous tient pas encore dans ses chaînes, s’il ne vous a pas encore frappé dans votre personne, toujours, devez-vous craindre ses coups, puisqu’il en a renversé d’aussi forts, et peut-être de plus forts que vous ; vous devez le haïr, puisqu’il vous a déjà mille fois, blessés, sinon personnellement, du moins dans vos affections les plus chères : car, quel est celui, parmi vous, qui n’ait eu souvent devant les yeux le hideux et désolant spectacle d’un parent ou d’un ami ivre 'î
Les efforts faits pour établir partout le règne heureux et mille lois béni delà Tempérance, ont été, dans plusieurs lieux, couronnés d'un succès bien consolant, sans doute. Mais l’ennemi est loin d’être chassé de toutes ses forteresses ; et la boisson fait encore d’affreux ravages.
C’est la boisson qui remplit nos prisons de malheureux: c'est la boisson qui peuple les colonies pénales d’infortunés exilés : c’esî elle qui éteint la foi et fait oublier les devoirs les plus sacrés au milieu de notre patrie, comme elle arrête constamment les progrès de l’Evangile chez les nations lointaines. Couvertes des plaies profondes que la boisson leurfait tous les jours, \a patrie et la religion tournent v : rs vous des mains suppliantes, et vous conjurent de faire cesser la cause de leurs larmes et de leur deuil, de panser et fermer les plaies qui les défigure*)1! , an yous enrôlant sous les bannières de la Société de Tempérance.