TOTAL
l,8te,493 4^00,000
Voilà six millions six cent cinquante-huit mille quatre cent quatre-vingt-treize gallons de boissoas en esprit que l'on dépense en Canada dans le éourt intervalle de trois ans !
En supposant que chaque gallojï de cçrs boissons en esprit ne coûte qu'une piastre, (et il est certain qu'en grande partie il coûte davantage) voilà six raillions six cent cinquante-huit mille quatre ceàt quatre-vingttreize piastres dépensées pilr ies Canadiens en trois ans, pour cet unique objet ! Par conséquent, depuis vingt ans, voilà plus de mngt mUliona de piastres dépensa en Canada pour la bmsêon ! ! !
Vingt millions de piastres dépensées pour se procurer une chose qui n^fi pas contribué au bonheur d'une seule famille^ qtii tf^apa» inspiré à un seul individu, une pensée, une aiétion honorable à son auteur, utile à la patrie, gtorieuiib à Dieu ! Sans compter les blasphèmes, les discordés, les désordres de toute espèce, les meurtres, les vqb^ntla boisson a été la source féconde parmi mmi», d^jgniis vingt ans, l'efirayante dépense qu'il a fallu ùÀtty pour nous procurer les dangereuses jouissancTes que (es boissons donnent, n'est-elle pas un crime qui pdse 0ltr notre malheureux pays î S'il y a de&crUnes pour lesr nations comme poBr4«i«id» y id t i s,<f s u rément oeîui'là en egt un. Si on eul ^e\fe Ci^XXa v©\seKsk ^''^ mer, en aqgtfbMMaMnuit coiaxcôsi >xù^ ^^d^A^^ v^x^s^
I5d XAKUVL Bl LÀ
mais notre &ute n'est elle pas raille fois plus grave d'avoir employé une si prodigieuse somme d'argent à l'acquisition d'une chose qui a produit des milliers de crimes, sans produire un seul acte de vertu ; qui a cauné la perte éternelle d'une foule de malheureux, sans avoir jamais contribué au salut de personne ; qui à ruiné de fond en comble de nombreuses familles,
, sans avoir jamais ajouté au honneur d'aucune ; qui a abrégé la vie à une foule innombrable de nos frères, sans avoir jamais ajouté un jour à l'existence de per-' swne!
Ne mériterait-il pas l'exécration de Dieu et des hommes, le peuple dont tous les chefs de familles, d'un commun accord, ariacheraient, tous les vingt ans, vingt millions de piastres à leiurs pauvres eufans, pour les jeter à la mer ? Une pareille action ne serait-elle pas au$si criminelle qu'insensée ? Et sommes-nous moins coupables, moins insensés, que ceux-là le seraient, nous qui, depuis vingt ans, avons arraché des mains de nos enâins, de nos neveux, cette énorme somme, non pas pour la jeter à la mer, où elle n'aurait fait de mal à personne, mais pour en acheter un breuvage destructif de tout ce qu'il y a de bon dans l'homme ?
Quel bien n'uurait-on pas pu faire si on eut voulu utiliser un pareil caj^ital ! Que de jeunes gens auraient pu être établis ! que de forêts encore incultes et sauvages, auraient été converties, depuis vingt ans, en champs fertiles et couverts de moissons, avec vingt mil* lions de piastres ! Que de terres habitées encore aigour-id'hui par les ours et par les loups, seraient couvertes de jeunes familles devenues le soutien, la force de la pa^ trie, l'honneur et l'espoir de la religion !
Voyez-vous ces terres immenses et fertiles, vers lesquelles se dirige, tous les ans, de toutes les parties de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande, une population frugale et laborieuse 1 Pourquoi les Canadiens n^ont'Hs pas été les premiers i acquérir ces terres^
a/Sij dy établir leurs enfansi po\\tc^\xo\>\.o\x^\«ry»3it*^ fie laisseat'ila cerner ^t absorbai \*8^ï^ utkft ^ço^iaX^tw^
étrangère qni tôt aà tard finira par tomber sur eux comme le vautoar sur sa faible proie ? Ne croyez pas que les moyens ni la force nous aient manqué. Dieu .nous a donné vingt millions de piastres depuis vingt ans : c'était plus qu'il ne fallait pK>ur acheter et cultiver toutes ces terres Mais nous avons trouvé une
voie plus facile, plus douce pour l'écoulement de notre argent : nous avons fêté, traité nos amis, nous avons fait des noces somptueuses, donné de grands repas ; nous avons fait la fortune de plusieurs personnes, qui, à leur entrée dans ce pays, n'avaient en partage que , la mendicité, et qui roulent mai atenant caresse ; ces étrangers ont eu la bonne volonté de nous fournir des boissons de tonte espèce, et, par reconnaissance, nous leur avons sacrifié le prix de nos sueurs et la plus riche portion dea^ biens que nous tenions de nos pères. Nous ne pouvons établir nos enfans: ils ne peuvent rester toujours avec nous, car l'étendue de nos terres ne nous^permet pas de les diviser plus qu'elles ne le sont déjà... Que vont donc devenir ces nombreux jeunes gens, l'espoir de la ]mtrie et de la religion ? Ce qu'ils vont devenir 1 Ah ! si vous en avez le courage, voyezles se séparer tous les ans par milliers de leurs familles, s'éloigner du lieu natal, pour devenir serviteurs, valets d'écurie, travailler comme des mercenaires aux pêches du Golfe et s'y démoraliser ; ou, ce qui est pis encore, s'enfoncer dans les forêts du Haut et du Bas- Canada, à la siiite de quelques spéculateurs de chantiers, pour en revenir les mains vides, le corps épuisé, mais surtout l'esprit et le cœur gâtés par tous les vices.
Si, au lieu de dépenser ces millions de pisistres pour la boisson, on les eut consacrées à l'établissement de notre jeunesse, quel bien n'en serait-il pas résulté ?....
L'éducation languit encore partout dans notre pays: nos institutions publiques ne s'élèvent que lentement, ne se soutiennent qu'avec peine. Quand on parle aii peuple de la nécessité d'envoyer les ewGa>xs.^^^?te^w^^ on en reçoit cette réponse, \>tesc\yx<&'\»x\.oxsN.\^ xsfe?®^> '' Non» n'en avons pas le mo^eu^^ ^"^^^^ivsû^^"»;
quand un pauvre peuple a dépensé vingt millions de piastres au profit des marchands de boissons, il doit lui en rester peu pour ses écoles... Mais un pareil état de choses îpeut-il subsister longtems î En honneur et en conscience, pouvons-nous ainsi prodiguer *^ pour nous procurer un objet presque toujours inutile, souvent nuisible, et toujours dangereux, les biens que Dieu nous dispense dans sa bonté ? Non, non, c'est impossible ! A moins que nous ne voulions notre ruine, notre dégradation, comme peuple et comme chrétiens, il est tems pour nous d'y prendre garde !
N'imitons-nous pas l'enfant prodigue, qui, après avoir follement dissipé les biens qu'il tenait du meilleur des pères, se trouva bientôt réduit à la dernière misère, et finit par rechercher la nourriture des plus .vils animaux] Le peuple Canadien en est presque arrivé là : après avoir follement dépensé vingt mii- , lions de piastres, on l'a vu (du moins en grande partie,) . descendre à une telle pauvreté, qu'il n'a eu pour se ; nourrir que l'avoine qu'il ne donnait autrefois -qu'à . ses animaux. C'est un fait qu'on ne peut nier, et aans lequel il est impossible de ne pas voir le bras de Dieu qui nous punit. Mais il ne nous châtie que pour nous faire rentrer dans de meilleures voies ; voilà pourquoi . sa Providence nous oôre, dans la Société de Tempé- . rance, un moyen prompt et infaillible de faire cesser . les maux que la boisson a fait tomber sur nous.
Quelques calculs faciles nous aideront à comprendre
. ce que le pays doit gagner, seulement sous le point de
. vue économique, par l'établissement de la Société de
Tempérance. Supposons que les cent mille mem1)res
; qui la composent aient é^é dans, l'usage de dépenser,
. tous les jours, pour la valeur d'un sol de boisson, avant
de s'être joints à cette Société ; ils dépensaient donc,
, tous les ans, la somme de trois cent quatre mille cent
soixante-six piastres, 'qu'ils épargnent aujourd'hui !
Quand on ne considérerait la Soci été de Tem pé rance
/ gue 90US ce point de vue d'èconotaiçi, \.ow\. Cwv^dv^o.
, ami de 0pn paysne, devrait-il pçis 9^ iw^ wxv ^^n^w^v
un honneur d*en deveiiir l'ap6lïè 2.k\^\
On demande souvent, d'une manière pharisaïquey si c'est un grand péché de prendre un petit coup, de tems en tems, seul ou avec ses amis ? A cela nous répondrons : Dans l'usage des boissons fortes, il y a deux péchés à craindre : le premier est le péché de gourmandise, qui est presque toujours ou du moins très souvent le péché de celui qui fait usage de bois- . son forte, sachant qu'elles ne sont propres ni à conserver sa santé, ni à soutenir son corps, et qui n'en boit que parce qu'il les aime ; le second péché, qui se commet, sinon toujours, au moins très souvent par l'usage (même l'usage prétendu modéré) des boissons fortes, est la dépense inutile.
' Par exemple, un homme, qui ne prendrait que pour trois sols de boisson (cela ne ferait pas deux verres), tous les jours, ne serait certainement pas coupable du péché d'ivrognerie, une si petite quantité ne pouvant pas l'enivrer; cependant il aurait dépensé, au bout de l'année, neuf piastres et quinze sols pour cette boisson. Or, nous ne craignons pas de dire qu'une pareille dépense est excessive et criminelle pour la majeure partie de nos habitans, (et nous en donnerons plus bas les raisons); voilà pourquoi un homme, sans pécher ' gravement sous le rapport de la gourmandise, pourra se rendre coupable d'une autre maniéie en buvant ses deux ou trois petits verres par jour. Il en serait autrement si Dieu avait laissé chacun le maître de faire ce qu'il veut de son bien ; mais cela n'est pas, et nous • rendrons compte, au jugement, d'un sol mal employé, ■comme d'une parole dite mal à propos.
i La plupart des cultivateurs canadiens sont endettés ; il sont, ou du moins ils se disent incapables d'envoyer leurs enfans à l'école; ils ne peuvent seconder mie foule de bonnes œuvres qui se feraient tous les jours avec un peu d'aide ; ils ne peuvent établir leurs enfans, ou, s'ils les établissent, ce n'est qu'après avoir donné une partie de leur patrimoine aux marchands de boissons. 'Nous ne croyons pan ei^^çLéx^t e^^^Y^^x^-o^^s. chacun de nos habitans^ (nous vat\o\\» àas/^'^'w^^'^"*^
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a dépensé, année commune, entre quinze et vingt piastres en boissons, tous les ans, ce qui fait environ trois cent soixante piastres sorties de chaque maison depuis vingt ans 5 c'est-à-dire, plus qu'il ne faut pour fonder un bel établissement à un jeune homme ayant quelque industrie. Il en résulte que, depuis vingt ans seulement, au moins cinquante mille jeunes canadiens ont manqué de s'établir et sont restés dans la misère, parce que leurs parens ont fondu leur patrimcnne à l'auberge ! Et si à cela on ajoute les autres dépenses que cette boisson a entraînées, par les visites» les promenades inutiles, le tems perdu, les maladies, les repas, les festins, etc., rien de plus certain que l'usage des boissons fortes ne sera pas pour peu de chose dans le poids des iniquités d'une foule de pères de £imiUes, même de ceux qui ne se seront jamais enivrés.
Nous connaissons deux paroisses, où la Société de Tempérance du second ordre avait été établie, et nous tenons de la bouche de MM. leurs Curés, qu'il n'y avait pas, ou presque pas d'ivrognes parmi leurs paroissiens, c'est-à-dire qu'ils observaient très bien ce qu'on appelle bonnement la petite tempérance ; chose d'ailleurs très-facile. Eh bien ! dans l'une de ces paroisses qui ne compte guères plus de 1000 communiants, il s'est dépensé, en 1843, 84^ gallons de runa, à 2s. 6d. le gallon; 988 gallons de wiskoy, à 2s. 7d., et 60 gallons de brandy à 7s. 6d. : ce qui fait qu^ ces habitans, qui se di^saient et se croyaient tempérants, ont consommé 1,888 gallons de boissons fortes, qui leur ont coûté plus de mille piastres, dans une année où les grains étaient gelés en partie ou restés sous la lieige, sans aompter qu'une grande quantité de patates avaient été détruites pur les froids prématurés. Cette même année, la paroisse dont il s'agit avait peine à soutenir deux chétives écoles, et n'avait pu donner un sol à la Propagation de la Foi !
JL'airtre paroisse compte environ dix-huit cents oom-
muniants: presque tousses habitans étaient aussi de
la petite tempérance : eh bien.^ iia oxiX ^fe^^cefe y*^
SOCIÉTÉ 9E TBMPâRANCS. Idl
^' dix-huit cent quatre- vingt piastres de boissons fortes en 184^3 !»
Les respectables marchands qui nous ont fourni ces détails, et qui ont eux-mêmes vendu ces boissons, étaient désolés du manque de sagesse de leurs co-paroissiens et de voir se dépenser tant d'argent, nonobstant la misère publique, pour une chose si parfaitement inutile, on plutôt si féconde en maux de tous genres.(l.)
Ces deux paroisses réunies (elles sont voisines) ont donc dépensé, dans une seule année, la somme énorme de deux mille huit cents piastres, pour la boisson ; de sorte que, si elles s'en fussent tenues à leur tempérance prétendue modérée, elles auraient dépensé, dans vingt ans, l'effrayante somme de cinquante-sept mille six cents piastres !
Ces calculs sont bien propres à nous démontrer que, si la Société de Tempérance du second ordre n'est pas de nature, comme le disait M. le Curé de Québec dans une assemblée publique, à réformer les mœurs et à faire disparaître l'ivrognerie, elle n'est pas de nature non plus à arrêter un autre crime peut-être plus funeste encore: nous voulons dire le " mauvais usage des biens que Dieu nous donne." En eôet, qui osera dire que chacune de nos paroisses a le droit de dépenser, pour une chose inutile et dangereuse sous tous les rapports, (dans la plupart des circonstances où l'on s'en sert,) les sommes énormes citées plus haut 1 Or, on peut dire que presque toutes les paroisses du Canada,
(1) C'est avec bonheur que, depuis cette époque, nous avons vu la première de ces deux paroisses s'enrôler généreusement sous les bannières de la Tempérance. Et, pour aider leurs co-paroissiens à être fidèles à leurs bonnes résolutions, les principaux marchands ont pris l'engagement solennel et public de ne plus importer de boissons. Aussi, quels changemens admirables n'a-t-on pas vus parmi ce peuple généreux ! Plusieurs belles maisons d'écoles y ont été bâties, soixantesix louis y ont été collectés pour laPTOi^î)La,«.XvoTi^t.\^^^v., ^\.^\s.^
jette en ce moment les fondations d'une tn.a^Tvvtiç^<&^^>afc>^'^^* — *^^
^ Pointeur.)
1^ lt:&WiifLïte%A
-Xexcepté celles oti îft Soôiëté de Teittipèrance parfailea été généralement établie,) font autant ou plus de àèpenses pour la boisson, que cell^ dont nous venons de parler. Après cela nous ta&era^t-on d'outrer nos prin- "cipeis, si nous émettons l'opinion que les chefs de familles, qui dépensent de pareilles sommes, n'en ont jiBs le droit t qn'ils les ravissent d'une manière anoi cruelle quMnsensée à leurs enfans, dont ils diminueiit ou ruinent l'héritage î et qu'ils rendront nn compté 'sévère à Dieu de ces exemples dHtne folle prodigalité î ... Nous blâmera- t-t>n d'élever notre faible voix, pour dire à nos compatrioteis que Dieu leur a donné dn inen pour en fiiire un plus noble usage î que la religion et Ik raison s'unissent pour nous avertir qu'il ea(t tem» d'arrêter ces folles dépenses ? Noils reprocheia-t-ob de conjurer tous nos compatriotes d'employer ee que la Providence lelir laisse à l'instruction de Ibuïb engins, à établir leurs familles, à nourrir et i vêtir leu»s pauvres, à soutenir leurs institutions, enfin à ^ire emploi de ce qu'ils ont poiir le pli» gmnd bi^n de leur patrie, pour la plus grande gloire de Dieu?
Pour l'amour de leur ptfys, que les membres de la Société de Tempérance ise montrent donc en tout tems zélés, coumgeux à détruire autourd'eux, etià bannir de leurs paroisses, toute espèce de boissons fortes ; que, dans ce but^ils s'efforcent d'attirer aous le glorieux étendard de la Société de Tempérance, totti ise qu'il y a dans leurs localités d'hommes généreux, à qui sans doute un faible sacrifice ne coûtera pis quand il s'agira d'éloigner de leur pays un des plus grands fiéaux dont le ciel l'ait jamais visité dans sa colère.
Oui, à considérer les choses sous leur véritable jour, à les peser au poids du sanctuaire, nous pouvons dire qu'un des plus grands fiéaux que Dieu, dans son trop juste courroux, ait fait peser sur nous, a été de laisifer s'introduire parmi nous l'usage des boissons fortes On »e rapj>o]le encore, avec effto\ e^ea ii^^^w^'t^ da deuil où le choléra semait dans Xou^ \^^ xa»^ Na. ^-
SOCIÉIIÉ X>X TXtttPJÉJLANCE. J63
«olatèon et la mort..^.. Mais, depuis vin^ ans, les boissons fortes nous ont causé mille fois plus de mal que le choléra...^. Elles ont abi'égé la vie, et occasionné une mort funeste, prématurée, et souvent plus cruelle, plus prompte que le choléra, à dix fois plus de malheureux : tout ce qu'il y a de médecins respectables en ce pays sont U pour l'attester.
Quel est le canadien qui ne se sente l'âme âétrie, «lisie de douleur en pensant à ceux de nos frères qui ont péri sur l'écha&ud politique ; ou qui n'ait gémi sur le sort de ceux qui ont eu pour partage dernièrement la terre d'exil et les chaînes ? Qui ne déplore en ce moment les malheurs de la guerre civile 1 Et cepeoidant, les :maux de la guerre civile ne sont rien, comparés à ceux que nous ont causés les boissons fortes. La guerre civile, il est vrai, a fait périr sur l'éobafaud plusieufs de nos infortunés compatriote : mais eomfoien plus grand est le nombre de ceux que la boisson a fait périr de la main du bourreau ! . Le nombre des malheureux exilés à la suite de nca lEOubles poditiques futril jamais oompaarable à celui de tant d'infortunés que la boisson a conduits de erimts en crime, de prison en prison, jusqu'à ce qu'enfin la patrie les ait chassés loin d'elle, et les ait condamnés, jiux ftuaâ, à vivre chargés de chaînes pesantes et iguolaiosieuses, et à mourir dans la terre d'exill
Visitez la prison, iiUserrogez les nombreuses victimes qu'elle renferme : presque toutes vous diix>nt que leur premier pas vers l'abîme où elles sont tombées, a été l'usage des boissons fortea
Le plus grand nombre des voleurs vious avoueront que la boisson saule est la cause des vois qu'ils ont commis, et que, sans la liardiesse que la boisson don- Ae, ils auraient été incapables de coHunettre leserimai dont ils sont coupables. Pénétrez an.foud )des. noirs et J^moides ioaichets, et si vous y rencontrez un de ces monstres qui a trempé ses mains dans le san^ d^ ^<^>x 0embJaHe, et qui est à la veiAte de «oààx \& ç5Qà.NA\sN.^v^ J^OQD orime, deœaudea-lui .cotatûftXkVV^ :e. v^^«^ '^^^^
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der à commettre un pareil forfait : il vous répondra presque toujours, qu'un pareil malheur ne lui serait pas arrivé s'il n'avait pas eu l'habitude de boire ; qu'il était échauffé par la boisson lorsqu'il est devenu meurtrier.
Chacun se rappelle la tragique histoire de ces deux jeunes gens qui, il n'y a pas encore bien longtems, se rencontrèrent après une longue absence : c'étaient des amis d'enfance ; ils avaient voyagé chacun de leur côté et ne s'étaient pas vus depuis plusieurs années ; aussi grande fut la joie de se revoir. Ils se pressent cordialement la main... Mais, se trouvant è la porte d'une auberge, ils y entrent pour se traiter en véritable» amis, et célébrer dignement ]a fête ; chacun fait sa politesse, et la reçoit de son ami ; la joie va toujours augmentant, les verres se vident rapidement, et bientôt les voilà à peu près ivres tous les deux. La conversation alors s'anime ; ils se contredisent, ils se fichent, ils s'insultent et se frappent sans pitié ; le plus ivre des deux tombe : l'autre lui donne un coup de pied sur le côté de la tête, et le tue !
Voici ce qu'on lisait, il n'y a pas longtems, sur tous les journaux du pays : " Jean Baptiste Rousseau^ garçon tailleur, entre chez M. Dubois, aubergiste, près du marché, pour s'y faire faire la barbe. Quelques instans après, un nommé Louis Beaucaire, boucher, et père de famille, quoique jeune encore, entre dans la même auberge, échauffé par la boisson ; il se mit aussitôt à engendrer querelle au premier, contre qui il avait conservé du ressentiment par suite de quelqu'altercation qu'ils avaient eue ensemble autrefois. Rousseau, pour l'apaiser, lui offrit de prendre un verre de boisson avec lui ; ce qui fut accepté, et l'accord parut rétabli. Mais, comme le remède était plus propre à exciter les passions qu'à les apaiser, quelques mom en s après, Beaucaire saisit un fer-à-VAète c^\\\ xo\\%\^'Si:\v V ^« porte dn poêle, et en asséna un sv TO^fc ç.oxvç «ax\%.
tète dé Rousseaiiy qu'il Pabattit à ses pieds... Le coup était mortel, et l'infortuné Rousseau expira le lendemain '"
Le (îardien de la prison de Québec, IMr. James M'Laren, nous donnait, en 1840, le tableau des personnes emprisonnées pendant les neuf premiers mois de cette année. Sur 1400 emprisonnements, plus de 1140 avaient été causés par la boisson. Ce Monsieur terminait sa lettre par ces paroles remarquables : " Si la " Société de Tempérance était généralement établie, ** on aurait peu besoin de prisons."
• Si l'on veut avoir une idée des maux sans nombre que la boisson fait à la société, qu'on jette encore un coup d'œil sur les deux tableaux saivans des emprisonnemens qui ont eu lieu à Montréal en 1845 et 1846, où l'on a aussi authentiqué ceux causés par la boisson :
Mois.
Nombre d'empri- Provenant de sonnemens. j l'intempérance.
Inconnus.
Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août,
Septembre, .
Octobre, Novembre, Décembre.
Total.
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MANumu ra tJi
ARREStATiows par laPoliee de Montréal depuis lé ter, JaHTkr jusqn*au 3^ Novembre lB46,.par suite de l'ivrognerie.
Ramasséer ivres dans
Causant do scandale,
et tVoablant la paÙM