A la Bibliothèque impériale
5. On en a fait le moulage en [>làlre qui est aujourd'hui dans le commerce. — M. Voisin, vicaire général de Tournai, a écrit une notice pleine d'intérêt et de science sur un évangiiiaire de la cathédrale de Tournai, qui est renfermé dans un di])fyque en ivoire. Les deux feuilles de ce diptyque, qui doi\enl dater du ix" siècle, oITrent, sur une face, le crucifiement, le triomphe de l'Agneau et la glorification du Sau\eur; sur l'autre face, saint Nicaise, évêque de Reims, un des patrons princi])aux de Tournai, placé debout entre deux membres de son clergé. Ce travail, accompagné de deux planches, a pour titre « Notice sur un évangéliaire de la cathédrale de Tournai »; in-8" de 30 pages. Tournai, 1850.
le martyre de saint Etienne, le premier des diacres, et c'est au diaconat, comme on le sait, qu'est attribuée spécialement la lecture des évangiles.
Au moins voilà des sujets qu'on n'accusera pas de banalité, car ils traduisent, à l'extérieur et pour les yeux, le texte môme du livre qui est à l'intérieur et pour l'esprit. Ici encore le moyen âge nous donne des leçons dont nous devrions faire notre profit, et nous conseillons de revenir à cet ancien usage qui fait de la couverture d'un livre non-seulement une œuvre d'art, mais encore un enseignement religieux.
XI!. — IHllMTRES ET LUTRINS.
Ces beaux livres liturgiques, si riches cà l'extérieur et dans leurs vêtements du dehors, ne sont pas moins splendides à l'intérieur. Ecrits sur vélin teint en pourpre, en argent ou en or, comme à l'époque carlovingienne, ils offrent, surtout aux xii% xiir et xiv" siècles, des miniatures d'une splendeur et d'un art merveilleux.
Immédiatement avant l'office on étale les livres du chœur sur des lutrins en marbre, en argent, quelquefois en bronze ou en bois, richement sculptés , et c'est alors que brillent ces enluminures dont le nom vient de Paris, et dont les artistes étaient encore si renommés à l'époque du Dante i. Ces miniatures, nous n'avons pas à nous en occuper ici, du moins en ce moment, mais nous devons dire un mot des lutrins ou pupitres sur lesquels on les exposait.
En prenant les mots dans leur acception actuelle , et les choses dans leur usage d'aujourd'hui , on peut diviser en deux classes les meubles destinés à porter les livres liturgiques de lecture ou de chant.
1. Lk Dvntiî, chant xi" du Purgatoire, rencontre Oderisi, le célèbre miniaturiste ;
0, dissi lui, non se' tu Oderisi,
L'onor d'Agobbio, e l'onor di quelT arte
Ch'alluminare è chiamala in Parisi?
En répondant au Danle, Oderisi nomme un autre miniaturiste, Franco de Bologne, alors plus illustre que lui :
Frate, diss'egii, più ridon li carte Clie pennelleggia Franco Bolognese :
L'onore è tutto or suo, e mio in parte.
Dans la traduction de la « Divintf Comédie», par son père, M. Léonce Mesnard a mis cette note à ce passage : — « Oderisi d'Agobbio avait tenu un rang distingue parmi les « miniaturistes » du temps, qui employaient à l'ornement des textes sacrés, ces sanctuaires intellectuels de la religion, un art appelé, sous d'autres formes et dans des pro{)ortions différentes, à décorer les sanctuaires matériels du moyen âge.» — «La Divine Comédie », traduction nouvelle, par M ]\Iesnard, membre de l'Institut, vol. n, le « Purgatoire », page 476.