‹ Manuel des uvres de bronze et d'orfévrerie du moyen ageChapitre 113 sur 151 · HAUTEUR TOTALE, 23 CE^^I»1E1I^ES · texte numérisé non relu

HAUTEUR TOTALE, 23 CE^^I»1E1I^ES

J'ai bien des fois parlé de la « divine liturgie », cette cérémonie spéciale à la Grèce et imitée par quelques églises de Fi'ance, notamment par celles de Reims et de Lyon. On y représente Jésus-Christ en prêtre, se disposant à offi'ir le sacrifice divin. Avant d'oiïlcier , des anges viennent apporter successivement au Sauveur les instruments du sacrifice, les chandeliers, croix, encensoirs, calice, patène, burettes, ciboire. En Grèce, c'est une représentation peinte sur les murs, surtout au pourtour des absides et au tambour des coupoles. A la cathédrale de Reims, c'est une représentation sculptée sur les flancs de l'édifice et surtout au pourtour extérieur de l'abside. Mais, à Reims, cette céj'cmonie avait passé de l'image dans la réalité: aux grandes messes, avant l'offertoire, des enfants de chœur, assimilés aux anges, sortaient successivement de la sacristie et apportaient * lentement, à pas comptés, dans le sanctuaire, sur le maître-autel, ou plutôt sur une crédence placée près de l'autel, les diverses instruments, surtout les calices qui allaient servir à la consécration.

Dans les anges d'Aix-la-Chapelle, je vois comme une variété de cette (; divine liturgie » : ce n'est pas un enfant de chœur vivant qui apporte les

\. Je dis « apportaient », car, si l'on m'a dit vrai, on aurait aboli, il n'y a pas bien longtemps, celle antique et admirable cérémonie.

burettes, comme à Reims, ni la représenlation peinte d'un ange comme en Grèce, mais l'ange même est transformé en burette et se verse directement, vin on eau, dans le calice de la consécration. 11 va sans dire que je m'empresse en ce moment d'exécuter des burettes de ce genre, car je ne connais rien de j)liis poétique et de plus gracieux.

Il semble que ce molif ait été inspiré par la buire du trésor d'Aix-la-Chapelle, qui servait , dit-on , au couronnement des empereurs depuis le sacre de Charlemagne. Haute de 19 centimètres et, à la base, large de 13, cette buire se compose du buste d'un homme encore jeune; espèce de Bacchus, qui a la tête nue et couronnée de pampres. Barbe courte et fine, oreilles proéminentes, bouche soui'iante à la façon desSalyres. 11 se drape dans un manteau qu'il assujettit de la main droite. Au sommet du crâne, trou rond pour l'introduction du liquide; au front, petit goulot circulaire j^our la sortie de ce liquide qui devait être da vin, évidemment, et du meilleur, car ce Bacchus est la personnification du vin fin et fort. Ce petit buste semble dater du Bas-Empire: ou il est antérieur à Charlemagne, ou il est de la renaissance ; mais il n'appartient pas au moyen âge, tant sa touriuu'e est antique; il paraît, du reste , qu'il existe depuis bien des siècles et bien antérieurement à la renaissance dans le trésor d'Aix-la-Chapelle. H nous a semblé avoir assez d'intérêt pour le reproduire en bronze, d'après l'original même, et, tous les jours, nous voyons qu'il excite une vive curiosité.

121. — BUIRl!; DU DOUliONNEMENT DES EMPEREURS D ' A L L E M A G X K. EN BRONZE ET DU BAS-EMI'IRE.

DANS LE TRÉSOR D' A I X - LA-C il A !■ E L L E. — IIAUTEIIH, 19 C F. N T I »l È T R t S.

Revenons aux burettes proprement dites.

Le prince Hohenzollern-Sigmaringen en possède deux du xiv" siècle : l'une très-simple, à pied rond, haute de 18 centimètres; l'autre plus riche, haute de 19 centimètres, à pied découpé en six pans, anse en serpent, bec du goulot

en gueule de lion, couvercle fleuronné. Le corps de cette burette est en cristal ; le pied, l'anse, la collerette, le couvercle sont en vermeil. Pour du xiv' siècle, et de la fin, c'est un assez joli modèle, et le voici :

12 2. — BURETTE EN CRISTAL, JIONTÉE EN VERJIEIL. — F.IN DU XIV° SIÈCLE.

AU PniNCE non tNZOLLERN-SIGM AIIING EN.

Une autre burette, également du xiv' siècle et provenant de Cologne, a le pied en trèfle. A l'anse, dragon sans ailes; sur le couvercle, dragon accroupi. Au ventre, légende à peu près illisible sur le moulage en plâtre que je possède. C'est moins élégant que le n° 12â.

La burette suivante, n" 123, est d'une grande simplicité, et elle otTre, pour la prendre, pour en verser le liquide, pour ouvrir ou fermer le couvercle, une facilité très-grande. C'est, à ma connaissance, le meilleur et peut-être le plus joli modèle du xv' siècle. Pied à six pans, de 6 centimètres de largeur, ventre de 7 centimètres de diamètre, hauteur totale, ïli centimètres. Elle est solide et d'mie dimension très-suffisante.

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